<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586</id><updated>2012-02-02T09:51:16.224-08:00</updated><category term='i'/><title type='text'>l'encyclopédie du souterrain</title><subtitle type='html'>ISI - métaphysique de la guerre et guerre     métaphysique</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>81</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-319556647663789280</id><published>2012-02-02T03:53:00.000-08:00</published><updated>2012-02-02T09:51:16.238-08:00</updated><title type='text'>L'extension du domaine de la lutte – ou puissance et impuissance des avant-gardes à exister dans le Système .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-Sur4M7en8Ig/Typ9ifLdxqI/AAAAAAAABYc/JwfDB3QXqIA/s1600/images%2Beshort.jpeg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 504px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5704509909456766626" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-Sur4M7en8Ig/Typ9ifLdxqI/AAAAAAAABYc/JwfDB3QXqIA/s400/images%2Beshort.jpeg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Elisabeth Short)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville. Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s'approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d'excréments, vous l'auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l'exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Baudelaire, &lt;em&gt;le Spleen de Paris&lt;/em&gt;, sur le mur de Tom Winckert .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faute d'imprimerie ou d'éditeur d'avant–garde -possibilité qui serait offerte par l'existence d'une capacité à des liens fiables et à une organisation – les avant-gardes du Système nommé troisième totalitarisme sont entièrement dépendantes, ou presque, des médias modernes sur le réseau . Or, les nuages s'accumulent quant à la liberté d'expression sur le réseau . Même sans aucune autre information, le souvenir de l'expérience des radios libres, ou de la liquidation de la liberté de la presse par l'étau des lois après 1871, devraient suffire à ceux qui savent pour comprendre que l'actuelle période de liberté ne durera pas .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est évident que le Système ne laisse la libre expression sur internet que dans la mesure ou il a besoin de consommateurs, et que tout ce qui ne sert pas la production et la consommation issue de l'oligarchie officielle est sujet à prohibition et à moraline . Le Système diffuse une télévision opium du peuple, et vend alcool et médicaments psychotropes, amiante en certains lieux, et toutes sortes de substances chimiques dangereuses sans frein, mais interdit les « stupéfiants », dont l'oligarchie ne peut contrôler le commerce . Le Système matraque une idéologie libérale matérialiste comme pure expression de la vérité, mais se déclare « laïc » pour toute autre pensée d'ordre du monde . Plus fort encore, le Système interdit la vente de semences végétales non « enregistrées », et de végétaux issus de ces semences, même entre adultes consentants, alors même qu'il autorise ailleurs les échanges d'organes humains . Ortie et pissenlit sont prohibés, puisqu'ils poussent librement, sans payer personne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ce qui n'est pas asservi est sujet à diabolisation, puis à prohibition . Ainsi la prostitution, l'éther comme boisson ou la vente de bière est interdite ou autorisée en fonction des intérêts de l'oligarchie . Dit autrement, les « e-nazis », ou les « monstrueux pédophiles » sont, comme les « mauvaises herbes », les idiots utiles de la prohibition à venir – de la fin des interstices de liberté existants . Un film d'Hollywood traite des « monstrueux pédophiles » avec tout le pathos désirable, et les médias officiels du Système le présentent comme un « objet pédagogique », c'est à dire utile pour préparer à la surveillance et à la prohibition . Il n'est pas de liberté sans risque, pas de sécurité sans prohibition . Définitivement, le matraquage du principe de sécurité est au service de la tyrannie « désenchanteresse »d'un tout petit nombre, voués à maximiser l'expansion des richesses matérielles, ou encore notre esclavage .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne fait pas de doute que les médias et les sites qui fournissent des accès dissidents ne le font pas par conviction, pour ouvrir des espaces d'expression : les espaces d'expression sont des interstices, ils naissent par accident des besoins actuels du Système et de l'état des technologies . Et cet accident sera d'autant plus vite « réparé » que toutes les « tyrannies » auront été « libérées », c'est à dire que les régimes insuffisamment asservis seront remplacés par les valets attendus grâce aux « réseaux sociaux » . Twitter met en place des outils de censure après avoir « permis les révolutions arabes » ; la France signe discrètement des accords au nom de « la protection des auteurs », c'est à dire des grandes sociétés de production, nullement des blogueurs, biens sûr, pourtant tellement « vantés » quand ils parlent de mode ou de cuisine - le temps est à la répression discrète, inavouée, mais d'autant plus insidieuse et puissante .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les réseaux sociaux comme Facebook se dessine un modèle darwinien de l'écrit, la « production écrite », dont il faut décrire lucidement les effets . Un modèle darwinien analogue se constate aux effets dissolvants du « marché du travail » sur les réseaux sociaux effectifs, non médiatisés par la technique . Cette dissolution est réalisée par ceux-là même qui y sont asservis, par la mise en place de règles déterminées par les dominants effectifs, les « employeurs », les maîtres capitalistes des esclaves salariés, associés aux « représentants démocratiquement élus », qui votent les lois qui le permettent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel est l'effet de la mise en place séculaire d'un marché du travail cotant la valeur de l'employabilité de chaque individu rendu atomique, d'un radical isolement quant à toute puissance réelle, c'est à dire impuissant comme tout homme seul face à l'énorme Système ? La pression de la lutte de tous pour l'existence est passée en pression pour la reconnaissance de son employabilité, qui fait de chaque membre de la cité un concurrent potentiel . Rien de tel pour briser les liens sociaux les plus solides, et faire de chaque homme un « individu économique » calculant en tout son avantage, et incapable du moindre engagement supérieur au « contrat de travail » qui ordonne son asservissement « volontaire » . Le calcul en tout points de « l'avantage individuel », comme modèle anthropologique d'humanisation, aboutit à l'incapacité à fonder les liens inconditionnels qui sont le fondement de toute puissance terrestre . Dit autrement, le libre calcul individuel de l'intérêt aboutit à l'asservissement au Système, auquel au nom de sa « liberté individuelle » chaque individu atomique se livre lui-même pieds et poings liés .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité de la dissolution volontaire des réseaux sociaux effectifs, des liens sociaux effectifs, par le Système, mène à souligner deux paradoxes caractéristiques des « bouclages » du troisième totalitarisme, de ces nœuds qui enserrent l'individu isolé . La dissolution des réseaux sociaux effectifs, des nations, des communautés ou des tribus comme des familles a permis l'expansion du marché des « réseaux sociaux » artificiels contrôlés par le Système, depuis les associations fonctionnelles – entreprises ou « associations à but non lucratif »- les sites de rencontre ou de sociabilité des journaux imprimés, jusqu'à ceux du Minitel, puis d'internet . Les réseaux sociaux sur la Zone ne sont rendus possible que par la suppression préalable de la vie « politique et sociale » réelles, à tel point nous ne sommes pas capables d'imaginer la vie sociale d'un romain, aussi pleine à Rome que celle d'un facebookien, mais sans « réseau social » . Facebook, pour une part importante du Facebook des dissidences, c'est comme la communication en morse par les tuyauteries des prisons, l'expression d'un intense enfermement en soi qui trouve un exutoire, enfermement inconscient étendu à l'échelle mondiale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre boucle, la « xénophobie », qui n'est que l'expression passée par les différences « ethniques » de cette concurrence entre les hommes organisée par « l'employabilité », une survivance maladroite et désespérée des organisations anciennes de sociabilité créant un « entre soi » sécurisant et défensif face à la dé-sécurisation, la dé-culturation, la dé-symbolisation organisées parmi les hommes par le Système . C'est à dire que le versement de la moraline de la « lutte contre le racisme et les discriminations » peut être un appel à la soumission au marché du travail fondé sur la concurrence libre et non faussée . Et cet appel à la soumission est mené par ceux là même qui organisent la mise en concurrence universelle des porteurs de force de travail, mise en concurrence « libre » qui renforce anomie et xénophobie . La « lutte contre les discriminations »est instrumentalisée, elle devient une méthode fonctionnelle pour briser les derniers ilots de cohérence sociale traditionnelle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mise en place du marché libre du travail et de l'employabilité est l'écrasement des réseaux sociaux primaires, au fond de toute sociabilité de la solidarité et de l'entraide, ou de l'enracinement dans une culture ou un groupe . De toute langue il ne peut rester que le « langage technique », comme « l'anglais financier », de toute vie du citoyen dans la Cité il ne reste que « l'entreprise citoyenne », de toute solidarité « les sociétés d'assurance privées » .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons aux formes culturelles sélectionnées par la « libre expression de tous » sur les réseaux . De manière exactement comparable au « marché du travail », qui est un « marché des hommes » euphémisés, la libre expression des individus atomiques sur la Zone crée un marché des « producteurs d'art », d'une indéfinité de photos, de textes, de peintures, et de tout ce qui peut être produit par des activités indéfinies de bloom, créature déracinée de l'être, en « quête de sens » . Pour ce qui est de l'écriture, la mise en concurrence des « producteurs d'écriture » se met en place, produisant un très puissant courant de textes courts indifférenciés, un flux qui importe tout, un flux ordonné machinalement par des logiciels de priorité - un flux qui arrache tout sens de tout jardin de signification .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pression de ce flux réduit tout au format identique et à l'éphémère, et nous rend de plus en plus incapable de la lecture suivie d'un livre même court, pour ne pas parler de ruminer, selon le mot de Nietzsche . Tout y est éclat de météore, de la pensée la plus puissante à la fille sexy qui pose à demi nue dans des séries de photographies, à prétention « artistique » . L'égalité tant désirée des artistes sans œuvres, du tous artistes, tous capables de créer, est enfin réalisée sur terre . La cuistrerie y règne, évidemment . Un enfant y discute avec des arguments débilitants un homme de savoir . On écrit avec sa peau une rêverie adhérente à sa vie tels l'exil et le parfum de l'aimée, et on la présente aux frères de sang comme l'écu d'or d'un rêve commun . Et un passant y met les mots de son ignorance, par ce goût de souiller propre aux chiens, cette manie du bloom de marquer son territoire pour exister .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la Zone tout est neutralisé, aseptisé . La « littérature, la « grande littérature », et « l'art » comme activités séparées de la vie sont déjà des neutralisations : mais la proclamation du bloom comme artiste est une apothéose de la censure par le bruit dans le Système . Tout écrit y est également vain, de Goethe, jugé profond mais sans humour, pas assez épicé, des anecdotes à peine pubères, ou des récits des humeurs les plus vides des humanistes, ou des fascistes, ou des animalistes, ou de tout autre abaissement de l'homme . Ce mouvement participe de la censure générale, cette liberté est un moment de l'enfermement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cette sève est toujours déjà morte de trop désirer la vie . La Zone est analogue à la grande ville comme lieu d'illusions et de bûcher des vanités, par exemple dans le féroce &lt;em&gt;Mulholland Drive &lt;/em&gt;de Lynch . La zone est un égout qui emmène toute vie, toute sève et tout souffle vers le fleuve – un tube digestif pour le Système, qui en suce le sang pour sa plus grande puissance – et porte toute œuvre humaine vers la mer de la vacuité . Le démembrement sadique du Dalhia Noir - &lt;em&gt;quelqu'un qui aurait pu être &lt;/em&gt;- femme venue pour devenir quelque chose dans la Ville du Spectacle n'est peut être pas éloigné de la présence contemporaine de Man Ray dans la cité des Anges . Ce démembrement est un emblème des forces de destruction et de jouissance sadique qui porte les maîtres oligarques du Spectacle à fustiger leurs esclaves, jouissance de souiller les rêves puérils, jouissance de l'humiliation des espoirs des dominés, jouissance qu'ils ont appris à partager contre de l'argent avec le peuple dans les mises en concurrence de la télé-réalité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car les oligarques du sous-système culturel sont à l'abri de ces forces d'humiliation . Ils ont accès aux médias de masse qui les posent comme Auteurs, et commentateurs autorisés d'Auteurs, auprès desquels la lie qui erre dans la zone est faite de folie et de prétention un peu ridicule . Ces oligarques de la culture ne sont même pas des auteurs, en vérité, mais des membres de l'oligarchie qui écrivent ou payent chichement des nègres que l'on connaît sur la Zone . Ils ont toute une histoire de plagiat derrière eux, très souvent, mais sans aucune conséquence . D'autres deviennent célèbres quand ils atteignent un niveau d'humiliation qui les met à la hauteur de leur public . Le commerce du livre n'est pas seulement encadré sur les prix . La misère de Baudelaire est un fait toujours renouvelé : les commentateurs d'auteurs morts feront encore fortune au prochain siècle, je n'en doute pas . Et entre ces mondes, il n'est aucune passerelle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est possible d'essayer de ruser avec les règles du Léviathan qui fait de nous tous, dissidents, son plancton infime, avalé dans sa large gueule . Je veux être, par exemple, comme un ténia dans le tube du Système, un être étranger déroulant mollement des anneaux indéfinis . Ces anneaux répliquant un code génétique parasite...Le chevalier des puretés mortes, démembrées sur les trottoirs, l'amant de la Seine dans la pureté de sa source...Il est possible de diffuser des virus intellectuels, des puissances de réplication de codes incompatibles, mais le sous-système immunitaire du Système général est extrêmement puissant . Le sous-système d'enseignement et le Spectacle en sont des voies ordinaires d'un poids indéfini, bien plus que la police . La voix de l'enseignant ou du journaliste, dans le Système, est celle de la police . Debord disait : si l'un de ceux-là dit du bien de vous, demandez vous quelle faute avez vous commise .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même les jeunes « révoltés », « indignés », « dissidents », dans leur immense majorité, sont solidement protégés par l'implantation précoce de logiciels du Système . Ces logiciels idéologiques agissent comme des antivirus et les empêchent, sans de très longues errances, ou sans crises aiguës, de comprendre réellement des pensées authentiquement alternatives, par exemple celle de Tiqqun, celle de Boulgakov, de Bulatovic, ou encore celle de René Guénon, pour ne pas parler de celle encore plus directe dans son extravagance d'Ibn Arabi . Des obstacles qui ferment la compréhension d'un livre comme le &lt;em&gt;Hagakure&lt;/em&gt; . Tiqqun, par exemple, est lu avec une quantité de malentendus qui ne connaît pas de fin . Cette manière de s'exprimer peut paraître très étrange et excessive, mais ce qui est visé existe bien .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car les modernes croient comprendre Guénon, ou un shaman, ou la &lt;em&gt;théorie de la Jeunefille&lt;/em&gt;, alors même qu'ils n'y comprennent rien . La plupart des révoltés sont idéologiquement progressistes et matérialistes, c'est à dire au fond partagent les présupposés idéologiques de l'idéologie racine . Ils ne comprennent pas à quel point le progressisme et le matérialisme sont fonctionnels au Système général . On peut toujours parler indéfiniment, mais c'est un fait que l'échiquier idéologique est un système de positions . De ce fait, les idéologies sont sujettes au temps, comme les hommes, et la même idéologie - même d'un point de vue structural comme d'un point de vue du vocabulaire – peut passer d'idéologie subversive d'avant-garde à une instrumentalisation en idéologie officielle d'un régime autoritaire – voyez l'Empire chrétien, ou encore le sort du marxisme en URSS, le passage de l'esclavage à la dictature du prolétariat . Analogiquement, le matérialisme du XVIIIème siècle, par exemple celui de Sade, est une réaction subversive au pouvoir idéologiquement pseudo-spiritualiste et à ses voies de répression, principalement ecclésiastiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais quand le matérialisme effectif règne, le matérialisme idéologique n'est plus qu'une pseudo-subversion sans contenu – car qu'est ce qu'une « matière » qu'aucun « esprit » », ni aucune « forme » ne vient plus définir, sinon un fétiche sémiotique, une marque de « progressisme » vidé de son sens, comme une croix de fer de la « l'homme révolté » ? - et sans puissance de contestation ou de renversement, puisque son pouvoir est toujours déjà réalisé par le Système . Il peut exprimer soit la rage impuissante et nihiliste du bloom, qui ne le comprend pas dans sa source originaire – un monde chrétien, et une rage luciférienne – soit encore la marchandise idéologique sur le marché pour cadre moyen se piquant de « philosophie » et désireux d' « art de jouir » et de moraline « nietzschéenne » . Dit autrement, dans les deux cas, le « matérialisme » moderne ne peut plus rien signifier de décisif .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ne comprennent pas que Guénon soit sérieux dans ses livres, même pour ce qui peut paraître le plus extravagant, et plus encore sur le plus extravagant au Système . Il n'est d'extravagance, d'errance sur les chemins du désert ou de la forêt, que par relation à une norme, cette norme fût-elle implicite .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ne comprennent pas que l'éternité soit étrangère à toute temporalité effective, et donc n'aie pas plus de durée que l'instant infime . Ils cherchent des filiations historiques aux traditions enracinées dans le centre de la Roue, alors que la résurgence du passé peut, comme la résurgence d'une lave issue du cœur de la terre, avoir lieu à tout instant et en tous lieux . Ils ne comprennent pas que l'existence de hiérarchies célestes ou d'une indéfinité de mondes soit des évidences quotidiennes de la vie d'hommes « authentiquement traditionnels », au sens de Guénon . Ils ne comprennent pas que cela, ce savoir de la multiplicité des mondes, ne puisse être nommé une « foi », et que cela soit bien plutôt la texture, le tissage d'un monde habité par un être de chair et de sang, et du cœur qui le met en mouvement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ne comprennent pas l'irréalité de l'ego, et ils ne comprennent pas du tout le fait que « l'objectivité », par définition même, « le caractère d'être-objet pour un sujet », soit totalement infiltrée de subjectivité, et que la subjectivité soit elle même liée et caution de l'objectivité, c'est à dire que subjectivité et objectivité sont des pôles relationnels fondés l'un dans l'autre, entre lesquels il n'y a pas à choisir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ne comprennent pas que la réalité – ré-alité, le caractère de res, latin signifiant « la chose » - ne soit qu'un ordre des étants, et que le simple nombre soit d'un autre ordre d'être ; ils ne comprennent pas que Dieu ne peut avoir de « réalité » simple sans être réifié, ou plus encore, que Dieu n'existe pas, puis ex-sistere signifie sortir du Principe . Ils prennent la réalité comme mesure des mondes, et en jugent fort justement à partir de cette mesure que rien d'autre n'a de réalité que les choses matérielles, mais sans comprendre le caractère déterminé de la « réalité » - caractère qui en fait une partie de la totalité de l'être, loin d'être la totalité - et sont très fiers de leur jugement aveugle . Ils ne comprennent pas que « marcher sur l'eau », par exemple, n'est pas seulement un symbole, mais bien une existence effective . Beaucoup plus radicalement, ils sont incapables de comprendre que - par exemple dans le tantrisme - ce monde peut être sacrifié par puissance de désir, par haut désir d'extase – et non par puritanisme . Les plus hautes puissances d'extase des fidèles d'amour résident dans leur Gnose autant que dans leur théurgie, leur puissance à mourir comme homme pour redevenir dieu, &lt;em&gt;je suis Dionysos et le Crucifié &lt;/em&gt;selon les mots même de Nietzsche . La gnose est la voie de l'extase et le souffle de la sève, du sang et du souffle – la voie de la puissance . Ainsi le note Goethe, à propos de Hafez dans le &lt;em&gt;Divan occidental – oriental &lt;/em&gt;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;strong&gt;Mystère évident&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Saint Hafiz, ils t’ont nommé de la langue « mystique », et ceux qui mettent dans les mots leur science n’ont pas compris la valeur de ce mot.&lt;br /&gt;Ils t’appellent mystique, parce qu’à ta lecture ils ont de folles pensées, et qu’ils distribuent leur vin louche en ton nom.&lt;br /&gt;Mais tu es vraiment mystique, car ils ne te comprennent pas, toi qui, sans être dévot, es bienheureux ! C’est ce qu’ils ne veulent pas t’accorder.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De même, ils aspirent avant tout à la reconnaissance, sans en voir les pièges . C'est à dire, ils foncent naïvement dans toutes les portes ouvertes de la libre création que leur propose le Système, puis adoptent un mépris hautain de la foule qui ressemble d'abord une déception amoureuse . Le narcissisme du bloom le plus immature leur semble avoir la profondeur d'Hamlet ; Sade leur semble un modèle de révolté, alors même qu'ils ne peuvent le comprendre . Ils font des mines d'experts devant des écrits qui les dépassent, et avalent tout ce que le Système leur donne avec des mines d'extases . Il n'est pas bon pourtant de faire la fine bouche devant ses frères, de la même bouche qui avale toutes les couleuvres du Système, en se la jouant avaleur de sabre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est même, heureusement rares, des tartuffes qui ne semblent parler que pour entretenir un réseau de maîtresses, et montrent une fourberie sans limites . De tels êtres sont des proies pour le Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos modernes se tournent vers Lacan, ou le pseudo–satanisme de la Vey, en croyant être hyper-subversifs . La Vey, ce « sataniste athée », qui transcrit « &lt;em&gt;Do what thou wilt shall be the whole of the Law&lt;/em&gt; » du &lt;em&gt;Livre de la Loi &lt;/em&gt;de Crowley, en « &lt;em&gt;que ma volonté soit faite &lt;/em&gt;» . C'est à dire &lt;strong&gt;Fais ce que tu veux « deviens ce que tu est» sera le tout de la Loi&lt;/strong&gt; – deviens ce que tu es, que ta volonté soit la volonté de puissance qui passe à travers toi sans restrictions d'aucune sorte – traduit en langage de l'individu narcissique du monde moderne : &lt;strong&gt;je fais ce que je veux &lt;/strong&gt;. L'incompréhension porte sur l'ego : le « thou » de Crowley n'est pas l'ego de La Vey . C'est un modèle de l'incompréhension moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parlons d'Aleister Crowley, par exemple . Il avait une mauvaise réputation, entre le sexe, la drogue, la sorcellerie . Il avait une mauvaise réputation auprès de Mussolini, qui l'a fait expulser de Sicile en 1923 . Il passe pour sataniste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Crowley est un homme spirituel, qui invoque les dieux et les esprits, et qui en toutes choses cherche l'Un . &lt;em&gt;L'amour est le seul lien qui puisse restaurer le divisé&lt;/em&gt; . Il est un spirituel de la main gauche . &lt;em&gt;Il y a la colombe, et il y a le serpent : choisissez bien &lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce fait, il ne peut être compris que d'un petit nombre de gens, ce qui est posé dans le &lt;em&gt;Livre de la Loi &lt;/em&gt;. Le croire athée est une première incompréhension massive qui condamne le lecteur . De tels mots sont dépourvus de tout contenu dans la Voie . Le Dieu de la voie de la main droite est un fantôme, et ainsi Crowley apparaît athée dans cette perspective . Car la main gauche est et n'est pas une négation de la main droite ; est négation dans sa perspective, mais nullement dans l'absolu, car la main gauche se définit relativement à la main droite, et réciproquement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Crowley, comme Blake, comme Wilde, est un Celte . Être Celte est une filiation angélique, nullement un atavisme biologique ; l'inférieur est analogue à ce qui est en haut, nullement un support ou une puissance du haut . &lt;em&gt;Les fils du ciel trouvèrent les filles des hommes désirables et s'unirent à elles&lt;/em&gt;...Telle est la parole de Moïse qui rapporte cette filiation . Héraclite ne suit pas d'autre Voie . &lt;em&gt;Qui est (comme) Dieu &lt;/em&gt;? Demande l'Ange . Le monde est la beauté même de Dieu, belles et désirables, solaires comme Dieu sont les filles des hommes...telle est la réponse de cette filiation depuis l'origine . Le désir pour la beauté de la manifestation est le désir de Dieu pour lui-même, est la puissance même de l'être ; le désir est Dieu ; comme le feu, il se nourrit de lui-même, s'intensifie, se rend toujours plus puissant . &lt;em&gt;Car le pur vouloir sans objet (...) est en tout point parfait &lt;/em&gt;. La manifestation n'est autre que la peau visible et sensible, parfumée de Dieu, homme et femme mêlés indissolublement, le &lt;em&gt;deuxième livre &lt;/em&gt;d'Eriugène . La nature du &lt;em&gt;Periphyseon&lt;/em&gt; est Dieu rendu visible, à l'égal des lettres de l'Écriture . Le corps, l'être auquel je fais l'amour, la femme écarlate, est l'analogue, l'image, la puissance même de Dieu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le désir humain, puissance impersonnelle - &lt;em&gt;ça désire, et je dis que je désire&lt;/em&gt;- est &lt;em&gt;l'expression du pur vouloir ; proche d'un gouffre, et tout entier tourné vers l'abandon à la puissance du Serpent&lt;/em&gt;, non la volonté individuelle, qui peut être contraire au désir par le sens du péché, la culpabilité . &lt;em&gt;L'amour est la loi, l'amour sous la volonté . Le mot du péché est restriction &lt;/em&gt;. Le pur vouloir, le désir, vécu comme étranger au moi, volonté de puissance, l'extase – &lt;em&gt;Mon extase est votre extase &lt;/em&gt;– réside dans la possession par la puissance qui fait germer les mondes, et non la possession du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Délivré de la loi, le gnostique &lt;em&gt;paraît se livrer à un culte transgresseur&lt;/em&gt;, quand il lève en lui les chaînes, les illusions de l'existence, de la puissance, de la liberté individuelle, selon une ascèse qui exige une renonciation aussi sévère que l'ascèse de la main droite . Une ascèse luciférienne qui exige d'affronter l'angoisse jusqu'à la mort, les océans des ténèbres et d'éternités, la destruction nocturne de l'âme . Une ascèse non pour atteindre à l'extinction dans l'humilité, mais à la puissance, à la liberté d'un ordre supérieur, la liberté des mondes, de l'être même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots, les invocations, les poèmes, les œuvres d'art ne sont pas des déplacements symboliques du désir, des sublimations, mais des dévoilements, des invocations destinées à intensifier indéfiniment le désir, pour exténuer la séparation entre l'homme, le divisé, et la Puissance, pour restaurer l'unité . Alors l'homme est puissant non en tant qu'ego, mais en tant que son ego s'exténue . Il est puissant comme identifié à la puissance, et voulant ce qu'elle veut, comme étant devenu destin, et liberté par rapport aux liens de la multitude, qui sont malédiction . Multitude et divisé sont synonymes, car la multitude d'en bas naît de la division indéfinie de l'Un, et non d'une impossible multiplication ou addition de la totalité, ou puissance . Ainsi le gnostique est cinglé d'embruns sur l'océan des désirs, sous l'œil de Sol Invictus .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voie de la manifestation, la voie de la Main gauche passe par les contraires, &lt;em&gt;le combat, père de toutes choses&lt;/em&gt;, et dessine une spirale indéfinie où les pas ne cessent de paraître s'éloigner du centre infini de la Ténèbre, dans la plupart des perspectives . Aussi l'homme du commun ne discerne-t-il le plus souvent aucune continuité dans la Voie, entre vie dans les richesses du monde, exhibition sans mesure, et obscurité et misère . Mais il n'est d'autre continuité que les écarts indéfinis de la spirale, écarts liés à la manifestation, et qui s'impliquent en un point unique, et dont seule l'explication, la manifestation chaotique est visible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout Maître absolu est cependant au même lieu de tous les lieux qu'un autre, et n'est donc qu'implication de sa Voie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes de la voie de la main gauche, les hommes du Serpent - &lt;em&gt;brûle sur leur front, ô splendide Serpent &lt;/em&gt;! - sont des gnostiques, des hommes de la jouissance du visible et du sensible comme manifestations, qui suivent la voie des spirales indéfinies de la Maya : &lt;em&gt;le Soleil, la force&amp;amp;la Vue, la Lumière ; ceux-ci sont pour les serviteurs de l'Étoile et du Serpent &lt;/em&gt;! &lt;em&gt;Je suis le Serpent qui donne connaissance et plaisir &lt;/em&gt;. La division première du divisé est le division des sexes, et un des aspects multiples de l'amour passe par la puissance de l'attraction des sexes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi ils se chargent de la puissance des éléments, puissance apte à briser les fers de la présente humanité pour élever l'alchimie des sons, des couleurs et des mots, la pensée et l'œuvre, pour transformer la vie par l'art, et par l'art secret de l'union des sexes . Tel est la fin de la magie sexuelle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment peut-on sembler croire qu'une telle puissance soit vide, et ne glorifier que Sade comme modèle d'extase ? Sade était au moins sérieux dans son nihilisme, et annonçait les déchainements sadiques au sein du Système . Au delà, on peut toujours parler, mais Raspoutine le Khlysty avait une puissance, puissance de fascination et puissance sexuelle, qui par comparaison fait de Sade un phraseur fils de la superficialité des Lumières . Raspoutine avait des aspects même beaucoup plus démoniaques que Sade, et d'abord sa réelle bonté . On peut toujours parler, mais la vie ne se paye pas que de mots, sous peine de faire des mots des paroles verbales . J'entends proférer des paroles superbes de mépris contre l'esprit – croit-on que la haine de l'esprit effraie la banque et l'oligarchie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'invocation doit se conjoindre à la vie comme le serpent se conjoint à la peau . L'art est la transformation de la vie, la transformation du monde, ou il n'est rien . Là, dans l'aspiration à la puissance transformation se rejoignent les situationnistes et les lucifériens . L'art n'est pas la production de choses, ou de textes fermés comme des choses qui circulent dans les chaînes de production du Système . Il n'y aura, pour l'avant-garde, d'autre puissance que collective, organisée, celle d'un ordre conscient de son destin supérieur . Il n' y aura pas d'autre voie de l'art comme grandeur, sève, sang, souffle et puissance . C'est là, le lieu de l'extase, et de la mue du serpent - la mort des vieux vêtements de l'homme, la mort qui permet le printemps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort, ô mes amis !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Annexe : d'un dialogue sur le néant . J'ai eu ce dialogue avec un jeune poète des plus brillants, un homme de valeur, et il me paraît être l'image de nos difficultés . Tout est parti d'une citation :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;strong&gt;&lt;em&gt;On ne se réveille jamais : les désirs entretiennent les rêves. La mort est un rêve, entre autres rêves qui perpétuent la vie, celui de séjourner dans le mythique &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;» Jacques Lacan&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis : Séjourner dans le mythique = définition de la poésie&lt;br /&gt;Dans un entretien avec C Milot, elle a retranscris les paroles du Maître . Cf. le lien de Patrick Valas .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : Le rêve est un autre mot pour l'illusion, le sommeil pour le mensonge, le mythique pour une œuvre de l'homme. Or le poète vit l'être qui frappe l'illusion de néant, et ne peut aimer cet amour de l'illusion et du sommeil - ce masque souriant du nihilisme et du Spectacle . Lacan se rêve en Maître et ne se réveille pas . Le haut désir fait du néant une bulle d'aurore, un mirage . Quel est ce maître que le néant accompagne comme un chien noir ?Même pas Satan, soleil noir porteur de Révolte. Rien, mais glissant comme un rire de glace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis : J'entends le mythique en lieu de la fable souveraine, et non Spectacle, discursus intégral, être ou pas être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : Le séjour de la poésie n'est pas, ne peut être mesuré par l'obscène d'un signe . La puissance est au delà de l'être. Le poète ne séjourne pas, il est nomade sur le cheval de feu de la puissance. Donatien - saisis ta chevelure à pleines mains, et extrais-toi de cette boue qui vibre d'une lueur d'or. Cet or est tien, non les sables dévorants. Dixit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis : Bien reçu, je suis là où je ne suis pas. Mots pâle indices d'une subsistance ineffable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : La fable contredit la souveraineté. La seule fable souveraine est le Spectacle. Les lacaniens veulent et ne veulent pas y loger le souverain. Mais ils ignorent les Trois mondes, et ne peuvent qu'échafauder sur le néant, et pour rester fidèles à un monde mort. Ils sont le nihilisme . Tu n'es pas où tu n'est pas, et c'est là où tu dois te chercher. Parce que tu n'est pas là ou tu te cherches. Nietzsche a dit : l'homme est quelque chose qui doit être dépassé. Alors Lacan doit l'être, par le haut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis : Que sont les trois mondes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : Il est plusieurs mondes, une infinité. Trois est un chiffre symbolique. Le poème est comme un vent chargé du parfum des mondes-d'être caché, non de fable, de mythe ou de rêve. Les rêves sont une manifestation de la vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis : Le poème n'est que l'écho d'une voix plus haute et plus profonde qui parle une autre langue et qui se tait. Tu l'inscris ou tu ne l'inscris pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : C'est la réalité bornée de ce monde, qui doit être frappée de néant par la foudre du rêve. C'est pour cela que l'artiste est puissance de monde, et non un impuissant qui réside dans le mythique, un ensommeillé en fuite . La voix du Maître ordonne le monde. La parole du sage crée de l'être. La poésie est transformation, vie, ou rien. C'est pourquoi elle est si rare-et que sa saveur est amère à l'homme timoré. Non, la poésie n'est pas le lieu du sommeil, mais de la veille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis : Mais "le myhos" ne signifie que parole, c'est une puissance, un éveil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : Le mythos originel est "éveille-toi, même si tu dois mourir", mais pas les mots de Lacan : "on ne se réveille jamais » . Ce n'est que sirène...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis : Mais peu importe que cette phrase soit de Lacan ou d'un autre. On peut la dévier et la réinterpréter de façon Nietzschéenne . Le rêve comme le mythe est chargé de vie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : Ce n'est pas si simple. Au pli du néant un jour il faut décider. Même si tu l'oublies, la décision sera prise. Ne te défend pas, je n'attaque pas. Pense-y, rumine. C'est tout. Le poids de la parole est le poids de l'homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis : Lacan doit certainement entendre autre chose par "séjourner dans le mythique", moi j'entends la souveraineté du désir l'accomplissement hiérophanique du poète . « Le poids de la parole est le poids de l'homme" l'homme pèse ce qu'il dit, et dit ce qu'il pèse, et parfois plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mythos-logos de la grande Grèce, d'Héraclite et d'Anaxagore dont toutes les divinités sont dionysiaques, la Grèce de Nietzsche, celle qui précède l'effondrement socratico-platonicien dans la logologie dianoïaque, dégénérescence dont la traces sont visibles dans le freudisme, EST le séjour mythique. Vincent Chapin j'approuve votre vision guerrière, gnostique et hiérophanique du poète guerrier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : Non, Donatien. La parole vaut l'homme. Si dans le vide tu reconnais l'écho de ton désir, il est illusoire de remercier le vide. Le poids que tu donnes à des paroles est aussi tien. Le plus haut désir anoblit le maître le plus vil ; mais le vassal à la fin ne vaut que ce que vaut le Maître .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis : C'est un posture. J'aurais tendance a penser que l'homme n'est pas tout entier la parole qu'il dit. Une part lui échappe . Le livre est écrit mais nul ne sait le déchiffrer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : Tu as bien qualifié cette vision qui n'est pas mienne. Souviens toi : il n'y a aurore que parce qu'il y a regard, et soleil qui regarde . Il n'y a hiérophanie que parce qu'il est d'autres mondes qui se manifestent en ce monde - et que l'homme noble est un voyant . De tous les organes des sens, l'œil se rapproche le plus du soleil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme noble est justement celui qui apprend à voir et à lire le deuxième livre - le poète entrelace les mots de la tribu et les mots de la langue solaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis : cette vision est la Vision clouée dans l'œil du soleil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : Et le poète est l'homme au marteau . Le forgeron.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis : l'ouvrier du Désir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : Voilà !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donatien Tanjis ‎"Et j'ai VU quelquefois ce que l'homme a cru voir"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Chapin : Il y a plusieurs mondes. Les choses ne sont pas la mesure de l'être. Le signe est, et est un pont entre des mondes. Le signifié, de n'être pas une chose, n'est pas néant. Lacan est un obstacle à la percée des mondes - un casuiste de l'ontologie de la chose en décomposition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il en est de même des épigones lacaniens, Legendre, Zizek, Michéa : ils spiralent dans la toile d'araignée de l'idéologie racine, la rendent subtile voire tragique. Mais ils s'enferment dans les choses, les individus comme des choses, une inévitable dialectique de la chose et du néant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le néant est ainsi le deuxième monde effectif, nié, occulte, du lacanisme. Le prix à payer exorbitant pour, en conservant l'unité positiviste du monde héritée de Freud, se croire rationaliste. Mais la physique même n'y croit plus!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'héritage de Lacan est ainsi une réaction désespérée au nihilisme, et l'ultime vestige du nihilisme. Anéantir le néant est aussi l'anéantir avec le nihilisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fait de parler ne fait pas de moi un corps parlant, mais un porteur de lumière . Le choix ontologique des mots de Lacan pointe vers le bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-u8oHcGnGPvk/Typ-Lt7K9kI/AAAAAAAABYo/B-ZulPiQ9bI/s1600/Black%2BDahlia.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5704510617789593154" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-u8oHcGnGPvk/Typ-Lt7K9kI/AAAAAAAABYo/B-ZulPiQ9bI/s400/Black%2BDahlia.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Elisabeth Short)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-319556647663789280?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/319556647663789280/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=319556647663789280' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/319556647663789280'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/319556647663789280'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2012/02/lextension-du-domaine-de-la-lutte-ou.html' title='L&apos;extension du domaine de la lutte – ou puissance et impuissance des avant-gardes à exister dans le Système .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-Sur4M7en8Ig/Typ9ifLdxqI/AAAAAAAABYc/JwfDB3QXqIA/s72-c/images%2Beshort.jpeg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-9089778974100717657</id><published>2012-01-28T03:02:00.000-08:00</published><updated>2012-01-28T03:35:30.057-08:00</updated><title type='text'>De l'essence de la liberté, II . Lucifer, la transgression qui accomplit .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-cQNUl3s8xT4/TyPdRYTBiOI/AAAAAAAABYQ/LAMFGeh_IoQ/s1600/nicola_samori-X_I_I_I-2010-olio_su_carta-cm_54_x_36.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-cQNUl3s8xT4/TyPdRYTBiOI/AAAAAAAABYQ/LAMFGeh_IoQ/s400/nicola_samori-X_I_I_I-2010-olio_su_carta-cm_54_x_36.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5702644843830937826" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;(Nicolas Samori : http://www.nicolasamori.com/)&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que peut-on dire des exigences de la liberté de base de la liberté humaine ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est dit traditionnellement que les exigences de la liberté humaine sont posées par la justice . Cette question – comment poser, écrire les exigences fondamentales de la liberté, de la justice - ne peut avoir sans doute de réponse univoque . Elle est pourtant les racines de l'arbre de la vie libre que souhaitent les révoltés de ce temps . En effet, un mouvement, aussi décousu soit-il, ne peut exister sans de courts textes fédérateurs qui posent des bases, des fondements de leurs actions : Que ce texte soit les béatitudes, la &lt;em&gt;Déclaration des Droits&lt;/em&gt;, la &lt;em&gt;Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen&lt;/em&gt;, le &lt;em&gt;Manifeste du Parti Communiste&lt;/em&gt;, le programme du C.N.R, et j'en passe . Toujours, il s'agit de poser des limites au processus de pouvoir des puissants, en montrant à tous que ce processus menace des domaines vitaux des êtres humains qui, en définitive, se défendent d'un arraisonnement inacceptable . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est juste, la justice, n'est pas le lieu de débats et de théories, mais d'une évidence partagée dans la revendication collective de justice . La chanson, la poésie populaire, qui peuvent être chantées sur les rues, sur les marchés, les chantiers, dans les champs, véhiculent plus de justice que  toutes les théories de la Justice qui apparaissent souvent dans les périodes de troubles . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que des hommes jouent plus d'argent que n'en peut gagner un homme qui passe dans la rue voisine, et dont l'enfant malade ne peut avoir de traitement, ce n'est pas bon . Qu'un homme mette tout l'argent de sa vie et de toutes ces journées de travail dans un logement laid et exigu pendant des dizaines d'années, et qu'il finisse par en être expulsé à vil prix pour faire un immeuble pour riches, ou parce qu'il est saisi, ce n'est pas bon . Qu'un homme narcissique et immature, incapable de la moindre empathie, soit cadre dirigeant protégé de son incompétence notoire par son origine sociale et ses diplômes, ce n'est pas bon . Qu'un capitaine de navire abandonne son bateau, et laisse mourir des passagers sans aide, ce n'est pas bon . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Ecclésiaste dit :&lt;em&gt; « parmi les mauvaises choses que j'aie vu sous le soleil... »&lt;/em&gt;. Pascal dans ses pensées ne dit pas autre chose, quand il montre que l'homme passe beaucoup de temps à justifier beaucoup d'injustices, quand ce qui est juste, comme l'égalité des biens, est au fond connu de tous . Qu'un collectif d'êtres humains se révoltent et attestent de cette injustice manifeste à tout homme dans son cœur, cela suffit à la faire exister, et bien plus que toute théorie de la Justice . Dit autrement, la protestation de la Rose Blanche fut plus puissante contre les injustices du IIIème Reich que la lecture des œuvres morales de Kant . Ou encore, la vie même des troubadours et des parfaits Cathares était un dévoilement de l'injustice trônant sur le siège de Rome plus puissant, et donc plus dangereux, que n'importe quel traité de théologie ou de politique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut vivre selon l'ordre de la révolte avec l'exigence la plus haute . Il n'est de plus haut Gai Savoir que la vie du fidèle d'amour, ni de révolte qui puisse ne vivre que d'indignation . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une tyrannie, l'oppression, l'injustice sont une règle quotidienne, une normalité qui se déroule sans heurts, sans rien qui ne puisse plus choquer une population désabusée . Souvent les actes les plus violents sont dissimulés, dissimulés par la nuit et le petit matin pour les arrestations en URSS, ou par la nuit et le brouillard . Nos prisons et nos centres de rétentions sont écartés des lieux publics, et les arrestations d'enfants de clandestins devant les écoles n'est pas recommandé par les autorités . Le spectacle qui provoque une forte émotion est une force pour toutes les révoltes, même chez les partisans du Système . Ainsi le spectacle de la violence des arrestations fit intervenir la femme de Baldur Von Schirach, chef des jeunesses hitlériennes et gauleiter de Vienne, auprès de Hitler . Par ailleurs, globalement, le spectacle de la régularité consentie, d'ailleurs résignée, visible dans toutes les grandes villes des « pays développés » est le signe de puissances de coercition, occultes, mais à l'oeuvre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Système est fait de règles et de cycles qui se veulent au fond immuables et sans surprises . Les discours fonctionnels au Système correspondent à ces exigences . De manière analogue, une idéologie, une théorie se posent en paroles, dans une langue . La langue est un média de communication socialement généralisé, en gros la forme dont le monde des individus est matière . La pensée logique, ou la grammaire, sont des systèmes de sélection, de réduction de l'incertitude ou des possibles . Quand une phrase, un raisonnement sont initiés, leur suite est déterminée dans des cadres de plus en plus étroits, par la grammaire comme par la sémantique . Au delà des déterminations « purement linguistiques » si tant est que cette pureté soit réelle, s'ajoutent les déterminations plus étroites de la conformité idéologique . Ainsi fonctionne fonctionnellement l'idéologie racine, comme une matrice de répétition infinie de propositions fonctionnelles, sans surprises, qui ordonnent fonctionnellement l'interprétation du monde par les hommes dans le Système . Quand on entend ce qu'on entend, c'est normal que l'on pense ce que l'on pense .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les médias eux-même sont ordonnés sur cette forme cyclique . Ainsi la radio, la télévision ne cessent de se répéter indéfiniment . Le journal quotidien, disait Marx, est la messe de l'homme moderne . Le journal moule, forme « l'actualité » sur sa structure de classification, soit par échelle spatiale, d'ici à plus loin, soit par « thèmes », informés par l'idéologie dans leur principes mêmes, comme par exemple la séparation complètement artificielle entre « politique intérieure », « économie », et « social », et encore « culture », séparation qui empêche fonctionnellement d'avoir une vue globale de la société comme sous-système local de domination et de répartition des richesses, dispositif dont font partie tant les impôts que le P.I.B, la bourse que les syndicats, les élections, et j'en passe . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour être précis, le travail de digestion des médias consiste à déstructurer les éléments du Système global en « évènements », à hiérarchiser et classer ces évènements selon la structure du grand récit de l'idéologie – par exemple : le récit du déficit de l'État comme « vie à crédit » sur le modèle d'un particulier doté d'une carte de crédit – et enfin à répéter indéfiniment ce récit pour en faire une grille partagée d'intelligibilité du monde . Il n'est absolument pas besoin d'inventer de faux évènements, il suffit d'ordonnancer des fragments isolés selon la grille d'intelligibilité de l'idéologie – Debord disait : &lt;em&gt;le vrai est un moment du faux général &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les images qui se multiplient indéfiniment dans le Spectacle sont des « photos d'illustration », elles ne sont rien de plus que les illustrations de la matrice du récit ou de l'idéologie . Quand on voit une photo d'hommes armés en tenue léopard à côté d'un pick-up, et que la légende indique « déserteurs de l'armée syrienne à Homs » vous savez que vous pouvez aussi bien voir des hommes de l'armée syrienne, des hommes vu en Lybie, et que cela n'a d'autre importance que de vous convaincre que la version que l'on vous sert de « l'insurrection syrienne » est la bonne, puisque c'est vu, «vu à la télé », hein, c'est tout vu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les médias fonctionnels sont une immense répétition cyclique, où « l'actualité »résulte du démembrement de tout ce qui permettrait d'avoir une vision globale et lucide de l'exploitation, pour le restructurer comme image du discours qui se veut « éternel » de l'idéologie racine . Par exemple, le discours progressiste se veut par essence au dessus des transformations affectées par le progrès, à moins de pouvoir penser son remplacement par un discours réactionnaire comme un « progrès », ce dont je doute . Le discours de la mode, ou la figure du créateur de mode se veulent à l'abri du temps, icônes immuables de la transformation générale, comme Karl Lagerfeld . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce fait, nous ne parlons pas, et aussi ne pensons pas les sauts, aléatoires ou non, les sorties de l'idéologie racine, avec aisance . Bien au contraire, ces sauts, ces sorties, apparaissent au plus grand nombre des jeux de l'esprit sans réalité, ou encore d'une complexité incompréhensible, comme une langue étrangère ; ou encore, quand les heureux "citoyens libres" commencent à comprendre, des facteurs d'angoisse, puisque le monde ordonnancé du Système est comme tous les mondes ordonnancés qui vous placent au centre du monde de l'intelligibilité et en mesure du monde : il est un puissant renfort du narcissisme et de l'ego les plus vils . Adhérer au Spectacle est en soi stupide, mais vous place illusoirement en être supérieur . Par cet asservissement consenti et dénié, vous voilà en puissance de juger tous les étrangers, musulmans, religieux, dissidents, militants d'ultra-gauche, « fascistes », comme des imbéciles, des malades ou des criminels ne méritant que caricature, ou justifiant l'usage de n'importe quelle violence, même illégale . Le narcissisme de l'idiot est le plus sûr garant de son asservissement à la &lt;em&gt;weltanschuung&lt;/em&gt; du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe des théorie des catastrophes et des théorie du chaos, mais cela n'est pas du domaine de l'exercice quotidien de la pensée – elles sont des sciences de l'exception, de la singularité . Dans le quotidien, le langage, comme le lever du soleil et le coucher du soleil, les lieux, le travail, les heures sont comme le cadran de la montre, un sempiternel retour . Et dans une tyrannie, la revendication ou la pratique de la liberté est un état d'exception fondé sur une cause, une cause fondée sur rien de tangible dans le monde de la tyrannie . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Stirner dit justement : &lt;em&gt;j'ai fondé ma cause sur rien &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est rare d'entendre une parole puissamment nouvelle en tous lieux, et plus encore en temps de tyrannie . La vérité du monde, et celle du monde moderne tout particulièrement, monde qui atteint une telle complexité qu'il exige un fonctionnement ordonné, est la répétition massive des cycles . Le chaos n'est pas la vérité du monde . Dans les systèmes humains, tout change pour que tout reste pareil . Les changements sont des adaptations ou des réparations . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela reste vrai dans le Système – nombre de penseurs, comme Marx, restent actuels dans la vision globale et les problématiques de la pensée du Capital . Le XIXème siècle a eu ses guerres coloniales et ses guerres de libération, dominées par les intérêts du Capital ; et nous avons nos guerres coloniales, dominées par les intérêts du Capital . Les guerres d'Orient sont des guerres coloniales, avec de légères variantes dans l'idéologie qui les légitime . Les manuels de guerre coloniale peuvent changer, mais ceux du XXème siècle restent en usage au XXIème . Toutes les générations qui ont cru, depuis 1789, établir une vie différente de leurs parents, ont reconduit finalement les structures familiales, et les rapports de production d'avant, avec ou sans e-phone . La faute de notre monde est de se vouloir un ordre capable de générer et de se nourrir de la différence, et donc capable d'absorber toute différence sans changer fondamentalement, sans se changer soi-même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pensée moderne est une pensée de neutralisation des différences, parce que le Système est globalement organisé pour neutraliser les différences, pour que tout change pour que tout reste pareil – ce qui est le résultat de toute ère de sécurité, d'ère où la sécurité devient une valeur de premier plan, comme la nôtre . Par principe, la liberté authentique est incertitude, aléa, donc risque aux yeux du Système . Faire du « surgissement de la différence »une règle de notre monde, c'est nier la réalité, qui est la rareté, l'extrême rareté de surgissement d'une différence significative, la rareté magique et violente de l'apparition de ce qui va changer l'ensemble de ce monde . Changer l'ordre du monde est une épreuve de force, un déchirement, une souffrance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une souffrance, parce que ce qui en général détermine un changement de grande amplitude chez un être humain, ce n'est pas simplement le désir ou la joie de changer, mais l'impossibilité où il se trouve de ne pas changer – le fait d'atteindre comme un fond impalpable du désespoir . &lt;em&gt;Eli, Eli lama sabachthani&lt;/em&gt;...&lt;em&gt;Seigneur, Seigneur, pourquoi m'as-tu abandonné &lt;/em&gt;? Les situations extrêmes sont très révélatrices des tréfonds de l'homme . Sans nul doute, le danger, la peur, la terreur organique qui fait craindre la mort, sont des passions positives . Face à de telles situations, certains hommes s'effondrent jusqu'à la psychose, au déni de la réalité ; mais d'autres combattent comme le chat qui, acculé par le chien, se défend et le déchire de ses griffes . Il ne s'agit nullement pour autant de valoriser la tristesse : pour Boccace, l'épreuve de la Peste est un éclaircissement de la vie essentielle – et elle n'est nullement une ascèse . Et c'est un fait que les grandes présences de la mort – même si certains sont « machines partout » - conduisent d'aucuns à l'ascèse, mais d'autres à la puissance d'abandon des routines pour les passions de l'amour – à la voie des fidèles d'amour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est définitivement absurde de détruire indéfiniment son présent dans le travail dur et forcé, pour construire un avenir radieux, le progrès de l'Homme, dont le caractère mythique apparaît de plus en plus en pleine lumière . Il est absurde pour le vivant de vivre pour l'avenir, puisque l'avenir du vivant est le plus assuré dans la mort . Il est absurde de courir après un avenir qui ne cesse de fuir devant les hommes . Et pourtant la masse des hommes continue cette course du déploiement maximal de la puissance matérielle, course que nul ne peut prétendre avoir la puissance d'arrêter .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'impact est probable, très probable, mais imprévisible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première puissance à développer chez l'homme dissident, c'est la capacité à attendre indéfiniment, comme une baudroie au fond de la mer, et à veiller, à être prêt . A Sparte, lors d'une revue militaire, un jeune homme qui cachait un renard sous son manteau se fit mordre à mort dans les entrailles plutôt que de montrer ses désirs souterrains à la Cité . Comme par les crocs de l'animal sauvage, cette attente dans la vacuité du monde est une manière d'être dévoré de l'intérieur, une ténèbre et une mort . Car la vacuité du monde est un reflet de la vacuité de l'ego – un lieu d'angoisse et de ténèbres . La mort s'approche inéluctablement dans la répétition éternelle de l'exil, dans la reproduction d'un Système qui fait vivre le dissident dans une étrangeté radicale à lui-même . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Que faire ? » est pour le dissident une question de tous les instants qui se prononce dans le silence et qui n'a pas de réponse, sinon que le foyer qui rend cette question urgente, brûlante, inavouable et insoluble doit être entretenu à son maximum d'intensité, quand bien même ce feu ne trouve pas de bel exutoire . Le dissident est ce démon qui brûle de l'intérieur de questions sans solutions, mais pour qui l'abandon des questions et du feu déchirant qui les élève vers le ciel comme des trainées d'incendies est la mort – la mort, et rien d'autre . Cette fascination pour la mort, la sienne, et la rage massacrante qui peut l'accompagner, est éclatante le plus souvent . Cela ne rend ni particulièrement lucide, ni intelligent en soi, voyez la rage délirante des pamphlets de Céline . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette nudité du désespoir et de la puissance enchaînés dans l'Enfer hallucinatoire de l'intérieur est la racine d'une puissance de lucidité et de désabusement, d'une libération des illusions idéologiques de ces temps chaotiques . Il est hors de doute que le Bulatovic de &lt;em&gt;Gullo Gullo&lt;/em&gt;, ou le Céline du &lt;em&gt;Voyage&lt;/em&gt;, ou encore Lautréamont sont des figures d'une dissidence radicale, et des hommes d'une lucidité supérieure sur l'esprit du temps et sa réalité crue, saignante . Mais il est ainsi fondée une étincelle de l'âme qu'aucune puissance du monde ne peut atteindre . Un homme destiné à la dissidence ne peut se soumettre que mort, parce que le feu de son désespoir dépasse tout désir sincère de devenir comme les autres – il sait par expérience que le souffle de la liberté est le souffle de la vie, et qu'il mourra &lt;em&gt;étouffé comme un poisson au fond d'une barque &lt;/em&gt;en jouant le jeu . C'est cette puissance infinie d'infini, au delà des noms et des formes, qui fait le courage des martyrs, courage que l'humanité normale ne peut atteindre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les anciens bardes celtes valorisaient les chants de tristesse et de nostalgie, comme favorables à la manifestation de la puissance guerrière . Une chanson de Belgrade dit : &lt;em&gt;la rivière charrie les grandes eaux, pourquoi ? Et ainsi je suis triste jusqu'à la mort, et nul ne le sait &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dire que « le surgissement de la différence » est une règle, selon les formes communes de la pensée moderne, c'est dire que toute croissance et toute corruption est production de différence, ce qui est à la fois vrai au sens le plus simple de la différence, et faux dans un perspective systémique, où la différence n'existe que significative, comme puissance de transformation . Pour prendre un exemple dans le langage, la substitution d'un synonyme à un nom dans une proposition est une différence, mais cette différence peut n'être pas significative, si le contexte de la communication n'est pas modifié . Dans un système, divers sous-systèmes peuvent remplir des fonctions analogues, sans provoquer de transformations globales . De telles différences sont des spectacles de différences significatives .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La floraison d'un cerisier au printemps est une différence par rapport à l'hiver, une Splendeur, mais n'est pas une différence éternelle . Et seule l'éternité compte . L'apparition d'une pensée, d'un art complètement nouveaux – l'apparition d'un Éon, du commencement d'un nouveau cycle du monde, tel l'Empire Romain que chante Virgile ne relève pas de l'ordre de la différence entre un hétérosexuel et un homosexuel dans le Système, une différence indifférente à toute transformation effective – et l'exaltation indifférenciée de toutes les différences est identique à l'étouffement de tous les germes du monde par le laisser aller de toutes les ronces possibles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faire du « surgissement de la différence » un bien en soi, attitude progressiste idéologique typique, est également une neutralisation de toute réflexion sur ce surgissement . Pourtant, les progressistes ne vantent guère le surgissement du vieillissement ou le surgissement du cancer . Ce dernier est pourtant un surgissement de la différence dans les cellules, et le surgissement de la différence parmi les hommes exige que les vieux meurent et laissent la vie se réinventer . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce « surgissement de la différence » n'est pas chanté par les apôtres du Système, non . Le progressisme médical se trouve mis au service de la domination oligarchique des vieillards, propriétaires du monde . Voilà un autre trait de la forme moderne du Capital, sa tendance à l'oligarchisation, au vieillissement, à la retraite comme but de la vie, à la rente, à la monnaie forte, à la sécurité, à la surveillance, son effroi pour la mort en soi, et son mépris absolu de la vie humaine, ses guerres coloniales faisant des morts par milliers, ses trafics d'organes d'enfants pauvres pour des riches vieillards, toutes ces laideurs massives qui se passent dans l'oubli du Spectacle . Le Spectacle montre les laideurs qu'il veut montrer, celles qui sont par principe non significatives dans les formes de théorisation admises par le Système . Le monde du « surgissement de la différence » est envahi de signes d'un monde dominé par des vieillards égoïstes et stupides se la jouant le Spectacle de l'adulation de la jeunesse – et de la peur du jeune de classe populaire . C'est par exemple le fond inavoué de la « lutte contre le harcèlement chez les jeunes » . Et cela, ce n'est pas bon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté de la différence dans le Système est la liberté de la porte dans ses gonds . La porte peut avoir une infinité de positions dans ses gonds, et se croire libre, tant qu'elle ne peut imaginer sortir de ses gonds . La liberté fonctionnelle de l'acteur dans le Système est à l'image de celle de la porte . Un homme qui fait ses courses dans un supermarché peut choisir indéfiniment ses produits dans les gonds de son budget, lié à sa place dans le processus de production . Il est des produits plus ou moins adaptés à son rang, des produits de cadre et des produits d'ouvrier . Mais cet homme exerce sa liberté de consommateur . Il en est de même de l'automobiliste et de ses déplacements, de l'internaute et de son surf – de toute liberté fonctionnelle dans le Système . La liberté dans le Système est étroitement liée à l'abondance de marchandises, de services et de déclinaisons du Spectacle général - et cette abondance est étroitement liée au « surgissement de la différence » au sens deleuzien, parmi les marchandises . Le surgissement de la différence dans les marchandises et les services est d'ailleurs étroitement lié au surgissement de la différence dans la société des consommateurs .  Par exemple, la communauté LGTB doit aussi sa reconnaissance officielle à la différence au fait qu'il s'agit d'un marché effectif plus porteur et plus prescripteur de tendances que CNPT . Il va de soi que le surgissement de la différence parmi les marchandises n'est pas significatif de surgissement de la différence affectant le cadre du troisième totalitarisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'ordre des faits ou des actes, comme pour les chemins de forêt, le simple acte d'être crée une mémoire qui va augmenter la possibilité qu'il se reproduise le même acte d'être . Si je passe à travers les ronces, je trace un passage, et un homme suivant aurait intérêt à le prendre, et ainsi se forme un passage qui peut ensuite être institué, marqué comme passage, tandis que les autres passages possibles sont envahis de végétaux de plus en plus épais . Il en est souvent de même de l'ensemble des actes humains : la répétition traditionnelle renforce la répétition traditionnelle . Il est évident, par la pratique de la vie humaine dans le Système, que sa règle est la régularité, et pas « le surgissement de la différence » . La tyrannie ne cesse de se perpétuer d'elle même, et de se poser comme normalité à chacun de nos pas dans les voies du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté effective, comme surgissement effectif de la différence significative, décisive, est rare, extrêmement rare . Dans la théorie du chaos, elle est nommée singularité . Une singularité est la pensée d'un moment extrêmement singulier . Elle est le moment où les déterminismes divers du temps s'annulent, et où la prévision devient impossible . Un modèle simple serait une aiguille en équilibre vertical sur un cadran horizontal, qui peut partir dans n'importe quelle direction du plan . Dans la plupart des cas, le mouvement de l'aiguille est déterminé par son mouvement antérieur, sauf si elle s'arrête absolument en équilibre . Ce modèle est unidimensionnel ; il faut penser à une singularité plus grande, plus puissante, qui détermine les directions de l'avenir pour des jours, des années, des milliers d'années . Une singularité de faible amplitude est une analogie des singularités plus puissantes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une singularité est un moment qui s'affranchit du passé ; un moment où tout est en puissance, sans aucun héritage d'acte . Un tel moment peut être nommé pardon, ou rédemption . Il est un moment de renouvellement des puissances, un moment puissant par excellence . Il a reçu le nom de kairos chez les grecs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une naissance, une rencontre, une grande bataille sont un kairos . Une révolution est un kairos . Après ce moment, les mondes se dérouleront à nouveau avec leur part épaisse et collante de déterminisme . Le kairos est comme la lune qui chevauche les lourds nuages indifférents, comme l'étoile qui brille à la surface de la boue des chemins indéfiniment repris . Le kairos est l'éclair de tes yeux noirs, uniques au milieu des plus grandes foules, et dans l'indéfini des temps de l'histoire des hommes . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;David était promis à Bethsabée depuis le septième jour de la Genèse&lt;/em&gt;, dit Joseph Gikatila, reprenant le mystère du Gai Savoir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas de kairos permanent ou de déterminisme permanent . Le surgissement de la différence significative n'est pas constant, n'est pas identique au flux du temps . Le temps passe infiniment, le renouvellement du temps n'a lieu qu'au terme de mondes ou d'empires, dans les saisons éternelles des Éons . Aussi le Hagakure ordonne-t-il au samouraï de se préparer indéfiniment à l'instant crucial . Le kairos est un instant, l'alliance du temps et de l'éternité . Il est probable que de nombreux instants de ce genre ne soient pas saisis, ni même entrevus . Ainsi, il n'est pas impensable qu'un homme et une femme se croisent dans un train, une rue, un navire, soient destinés l'un à l'autre et ne se retrouvent pas avant des vies indéfinies . Baudelaire le dit dans à une passante : &lt;br /&gt;(...)&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Un éclair...puis la nuit ! - Fugitive beauté&lt;br /&gt;Dont le regard m'a fait soudainement renaître&lt;br /&gt;Ne te verrais-je plus tard que dans l'éternité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ailleurs ! Trop loin d'ici ! Trop tard ! Jamais, peut être !&lt;br /&gt;Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,&lt;br /&gt;Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais &lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les périodes de boue, les hommes, le plus souvent, ne sont pas assurés dans l'être, ne sont guère plus que des ombres – les hommes sont à peine . Ils sont quelqu'un qui aurait pu être, ils cherchent leur homme de Destin ; celui qui va insuffler la vie dans l'argile informe et l'ennui à mourir . C'est Amadou Kourouma qui use de cette expression . L'homme de destin, celui qui va passer de la puissance à l'acte les puissances indéfinies dont la manifestation individuelle n'est que la partie émergée de l'iceberg . Alors dans un être misérable et mortel l'esprit se manifeste – à la grande colère, à l'amertume de ceux qui ne sont pas, qui désirent mortellement être . Que seraient devenus Napoléon Bonaparte ou Murat sans la Révolution ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté consiste en ce chaos qu'est l'homme, et en la répétition de singularités dans ce chaos . La liberté de l'homme n'est pas l'absence de pesanteur, l'absence de sève, de sang, de chair : La liberté de l'homme n'est permise que par l'équilibre de forces contraires, par la tendance à la dislocation qui torture la conscience . L'homme est comme la Neva à la fonte des glaces, un lieu où se creusent des fissures vers des profondeurs glacées . Mais l'homme n'est qu'être en puissance, et non pas être en acte – l'être en acte est ce qu'il doit conquérir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe en Cévennes une roche tremblante, comme il en existe d'ailleurs dans l'Himalaya, où elle a été entièrement recouverte d'or . La masse énorme de la roche est en équilibre, et peut être déplacée sur son axe par le doigt d'un homme . Les forces qui écraseraient la chair vivante comme un insecte sont domptées par leurs contradictions internes . Voilà l'ego, ce doigt entre des puissances qui peuvent surgir, l'écraser et l'étouffer . L'ego est un spectacle et un acteur, un masque est un voile sur les puissances déchirantes et terrifiantes de l'âme et de l'esprit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La simple conscience de l'abîme indéfini des puissances de l'âme est une marque de l'homme appelé à veiller sur le kairos . L'homme qui a vu en un éclair les abîmes de l'homme ne désire plus être le maître de lui-même, ne joue plus le jeu de dupe de l'ego, cet être gonflé de vide qui ne cesse de proclamer sa toute puissance illusoire : il sait qu'il ne peut rien désirer de plus qu'être le suzerain de ses puissances après Dieu – car quand Dieu passe à travers lui, son ego est balayé comme une feuille morte au vent, comme l'écume sur la mer déchirée par l'ouragan – ou encore comme la fleur de pissenlit au souffle de l'enfant . Celui qui ne désire pas être le suzerain de ses puissances est le jouet de puissances sans nom – il est déjà un esclave .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que la puissance se déchaîne, qu'une des puissances en équilibre dépasse l'autre, et l'ego s'absente dans le regard, et la mélancolie caniculaire laisse s'évaporer la raison au grand Midi . Comme Lear, l'homme frappé par cette foudre devient errant, et terrassé par une ivresse faite de larmes et de gémissements . L'homme frappé par cette foudre devient Hölderlin ou Nietzsche, ou encore un sage, selon le jugement et la Science . Le déchaînement de la puissance dans l'homme est aussi l'ouverture de l'abîme – enfer et paradis coexistent . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dépassement de l'homme qui s'accomplit dans le kairos, ce passage de la puissance d'acte à l'acte de la puissance, est normal pour l'homme, normal au sens de mesure légitime de tout homme – le sens authentique de la norme, qui est aussi la cime de l'humain . La norme, car tous sont appelés, même si peu sont élus . Le dépassement de l'homme est l'homme . La liberté authentique se moque de tout ce qui lui parait mort : elle parait spontanée, imprévisible, désinvolte et sauvage. Elle est la transgression qui accomplit ce qui doit être. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà si peu d'hommes peuvent creuser en eux-même la discipline – une discipline de méditation sur la mort, de renoncement à l'ego – qui est comme l'eau pure et la rosée ruisselante, quand elles creusent les prisons obscures et immémoriales des roches, pour y tailler les chambres des palais . Si peu d'hommes peuvent être prêts, si peu d'hommes savent veiller . En vérité, celui qui est prêt passe à l'acte au jour du kairos – le demi sage le reconnaît et y échoue parce qu'il est un timoré, sans nier la douleur que doit surmonter le passage à l'acte au jour des destins . Et enfin, comme le jeune Perceval face au cortège du Graal, l'ignorant échoue à le reconnaître, par respect des règles originelles – dans le cas de Perceval, les règles de politesse qui enjoignent de ne pas poser de questions . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme libre ne peut se fixer sur le respect d'aucune loi universelle, mais sur l'obligation d'être à la fois le Reflet et le Rebelle, d'être analogue à la figure de Lucifer, l'étoile du Berger . La liberté est comme un royaume, elle se conquiert sur l'horizon de règles et de déterminations qui enserrent la vie humaine, comme d'autres règles enserrent le trajet des étoiles fixes, hors l'étoile du berger, Vénus, et ses transgressions excentriques . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le kairos est un instant d'exception, et donc de souveraineté – une théophanie à travers la chair . Il est l'essence même de l'État d'exception, de la transgression des lois humaines qui est la manifestation destinale de la Loi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Telle est le mariage du Ciel et de l'Enfer . Car la liberté est ambivalente par essence, ce que manifeste la légende du Grand Inquisiteur .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-9089778974100717657?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/9089778974100717657/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=9089778974100717657' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/9089778974100717657'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/9089778974100717657'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2012/01/de-lessence-de-la-liberte-ii-lucifer-la.html' title='De l&apos;essence de la liberté, II . Lucifer, la transgression qui accomplit .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-cQNUl3s8xT4/TyPdRYTBiOI/AAAAAAAABYQ/LAMFGeh_IoQ/s72-c/nicola_samori-X_I_I_I-2010-olio_su_carta-cm_54_x_36.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-5293869745724131775</id><published>2012-01-25T09:04:00.000-08:00</published><updated>2012-01-25T09:33:37.486-08:00</updated><title type='text'>La recherche de la liberté - se tenir dans la vérité .</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-44x9uJyF2fo/TyA8tcj-kMI/AAAAAAAABX4/DAXMywh_iAU/s1600/easy_rider_1969_995x550_47247.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 221px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5701623879709921474" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-44x9uJyF2fo/TyA8tcj-kMI/AAAAAAAABX4/DAXMywh_iAU/s400/easy_rider_1969_995x550_47247.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Easy Rider)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu'est la liberté est pour la pensée un mystère et pour la vie une évidence vécue . Il en est de même pour le regard de l'Aimée - &lt;em&gt;comme si nous nous étions élevés jusqu’à Celui qui nous a conçus&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un mystère pour la pensée, encore aujourd'hui, parce qu'il est de la nature de la pensée cohérente d'être linéaire et continue, d'avoir une logique, c'est à dire une causalité interne en acte qui en fait une partie d'une sphère . La ligne de la phrase est la manifestation temporelle d'une cohésion idéale éternelle . Si même il était possible en théorie une pensée d'évolution libre, cette pensée serait incohérente, à la limite inintelligible, un cadavre exquis . Elle ne serait pas, d'ailleurs, nécessairement puissante, mais reflet de l'incohérence insaisissable de l'éphémère, et pourrait être vacuité et image de la vacuité . La pensée, dans la forme du Verbe, est le logos commun vu déjà par Héraclite – elle n'est pas le lieu de l'individuation humaine, mais de la communauté et de l'union construite par la communication même . Cette fonction de média de communication généralisé de la langue est évidente, mais pourtant contraire à certaines idéologies modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce point mérite d'être approfondi . Il est évident qu'une pensée de la nature de la langue comme lieu de formulation indéfinie de systèmes du monde différents et individuels – une utopie moderne disons deleuzienne - présenterait deux écueils au moins : tout d'abord, elle rendrait si elle était sincère dans sa finalité la communication extrêmement difficile, voire impensable, par manque de réduction de l'incertitude par l'implicite partagé de tout acte de communication ; mais surtout elle est, dans sa pratique effective en acte, l'oubli ou le voilement volontaire de son caractère matriciel, à savoir que comme matrice unique de production de sous-systèmes communicants, elle ne serait rien d'autre qu'une figure de l'ancienne métaphysique cachant la forêt derrière les arbres – ou la nouvelle Église universelle de la différence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les pensées qui peuvent être nommées comme deleuziennes par idéal-type plus que par lecture effective sont des sphères organisant un voilement de la vérité – les formulations d'une idéologie, et non d'une pensée . Elles évoquent la diversité dans une unité matricielle effective, selon une double contrainte typique . Cette double contrainte est évidente dans &lt;em&gt;mille plateaux&lt;/em&gt;, quand il s'agit d'établir un mode de classification qui n'ait pas les contraintes unificatrices et hiérarchisantes des classifications par arborescences, tout en classant ce mode de classification, le rhizome, au sommet hiérarchique des modes de classification – c'est à dire quand la finalité explicite du travail sur les classifications hiérarchiques est nié par la pratique effective de la classification des classifications qui s'effectue dans le discours . Dire : le rhizome est le seul mode de classification non-fasciste est en effet dire le rhizome est le meilleur mode de classification, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéologie du « surgissement de la différence » a donc deux faces : un explicite hétérophile, et un implicite de normalisation et de neutralisation de la différence qui fonde une unité matricielle, la matrice de toutes les différences légitimes . Unité matricielle au nom du Bien – le vivre ensemble, le respect des différences - qui ne cesse de se nier comme unité moralisatrice, et donc unification, domination d'un logos idéologique qui désigne toute négation comme fasciste – Cette pensée du « surgissement de la différence » ne respecte-t-elle pas par principe toutes les différences ? Comment pourrait-on sans mauvaise folie typique des hérétiques lui prêter les caractères d'une pensée autoritaire, sinon totalitaire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant ! Cette pensée matricielle du rhizome est le miroir de la société totalitaire matriarcale que met en place le Système au nom de la Diversité hypostasiée . Matriarcale, selon les termes par exemple de Virginie Despentes dans &lt;em&gt;King Kong Théorie&lt;/em&gt;, non selon une réalité historique ou sexuelle . La domination « patriarcale » est basée ouvertement sur la violence et sur une loi explicite externalisée, transcendante, le despotisme éclairé ou non . Le troisième totalitarisme présente lui des formes « matriarcales ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La domination matriarcale, visible chez des mères abusives, est une domination qui se nie comme telle, qui se nie comme violence, donc sans loi explicite autre que « la loi de l'amour » . Fondée sur de multiples dénis – déni de la domination effective, permettant de présenter le dominant comme victime ; déni de l'autorité ; déni de la manipulation des sentiments le plus souvent consciemment effectuée, cette domination par sa nature de mensonge produit un spectacle qui est le renversement fictif de la domination effective . Ce monde renversé se retrouve tant, historiquement, dans la pratique de la « dictature du prolétariat », que dans l'imposition légale de la « parité » par « les femmes dominées dans une société machiste », « classe sociale sexuelle opprimée » capable de fonder des lois créant une discrimination favorable à ses intérêts, ce que les hommes ouvriers ne peuvent obtenir depuis 1936 .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une perspective systémique, la domination « matriarcale » de ce type écrase la liberté de son objet de domination de doubles contraintes et de culpabilisation : par exemple, elle ordonne implicitement d'aimer la source de l'ordre qui étouffe, ou désigne comme méchanceté ou ingratitude (ou complot bourgeois, ou machiste) toute révolte effective . C'est une domination qui se présente comme soin et comme amour – comme prévention, comme hygiène, comme progrès, comme égalité - en étouffant effectivement la liberté de son objet d'asservissement – et le modèle moderne du troisième totalitarisme se nourrit d'abord de cette forme de domination . Le règne du mensonge, le Spectacle, est au cœur de son processus de pouvoir . Elle est en effet une domination étouffante mais masquée, indéfinie, statistique, et contre laquelle il est très difficile de lutter .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car dans la société post-moderne il est toujours possible de trouver des exemples de liberté, et d'abord l'exemple de l'auteur même de la critique . Ne critique-t-il pas librement ? Quels sont les risques de la critique ? Rien de plus que la solitude et l'isolement . Oui, une interdiction brutale démasquerait la domination qui se nie, et permettrait une lutte organisée . Sans interdire, il suffit de laisser la censure par le bruit officier, les millions d'opinions qui s'expriment librement heure par heure, minute par minute, et ce simple flux suffit à lui seul à rendre inaudible la plupart des dissidences . Ce flux, par ailleurs, permet de rendre les expressions les plus grotesques, les propos racistes ou antisémites, équivalentes des expressions dissidentes . Le simple laisser dire permet de rendre la dissidence et le tuning strictement égaux, c'est à dire d'en annihiler toute portée effective de menace envers la domination du Système . La dissidence n'est pas écrasée, elle est engluée, étouffée, usée .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Invoquer l'arbitraire de l'opinion permet de passer sous silence les problèmes posés par la dissidence, de ne pas les traiter : comment vivre, comment penser à côté du monde moderne sans en être exclu ? &lt;strong&gt;Pourquoi la multiplication des moyens d'expression, les centaines de chaînes de télévision par exemple, ne permet aucune expression de différences significatives, par exemple&lt;/strong&gt; ? Pourquoi les personnes qui s'insurgent contre le Système moderne, qui ont une tradition intellectuelle et littéraire indubitable, ne peuvent-elle pas avoir leur chaîne de télévision, quand la plupart des chaînes défendent visiblement des intérêts ? Je ne demande pas de chaîne de télévision, je pose la question : pourquoi est-ce impossible ? Pourquoi n'existe-t-il pas de chaîne régionale en langue autochtone ? Pourquoi les nationalistes corses et les islamistes sont-ils toujours caricaturés ? &lt;strong&gt;Pourquoi ne caricature-ton pas les caricaturistes devenus cadres du Système ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Pourquoi les médias peuvent choisir souverainement qui s'exprime, et comment ? Pourquoi les chiens de garde ne sont-ils jamais mordus ? &lt;strong&gt;Pourquoi l'État de droit, et l'Union Européenne, permettent aux entreprises du Net, qui de fait contrôlent des espaces publics d'expression, de censurer sans préavis, sans droit de défense, sans justification aucune dans les faits – nombreux – des expressions publiques ? Pourquoi le fait de contrôler des espaces publics n'entrainerait aucune obligation de respecter la loi&lt;/strong&gt; ? Le droit ne s'appliquerait plus dans tous les espaces ? Pourquoi les partis représentés à l'Assemblée Nationale, un parlement croupion, ne représentent-ils que moins de la moitié des électeurs ? Pourquoi les sénateurs ? Pourquoi l'Université, par exemple en philosophie, ignore-t-elle &lt;em&gt;la théorie du bloom&lt;/em&gt; et diffuse - t-elle des livres de qualité minable ? Pourquoi une idéologie sectaire comme les Gender Studies, dénoncée tant par Elisabeth Badinter que par Marcela Iacub, par exemple, est-elle en train de conquérir l'Université française après avoir crée un climat d'intimidation dans les Universités anglo-saxonnes ? Pourquoi finance-t-on des masters de Gender Studies et pas de lutte des classes ? Pourquoi parle-t-on tellement plus des injustices frappant les femmes cadres que de celles frappant les ploucs ruraux, tellement plus dures ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi certains hommes condamnés par la justice, et ayant accomplis leur peine peuvent trouver des emplois d'État prestigieux, et d'autres sous-fifres non, avec de grandes déclarations morales des chefs à leur encontre ? Pourquoi Patrick Poivre d'Arvor peut-il passer pour un homme de gauche ou un homme de culture ? Pourquoi un homme politique peut-il proclamer en 2012 « mon candidat a fait inscrire la laïcité dans la constitution » sans être ridicule ? Pourquoi les vies sont-elles si différentes selon votre étoile de naissance ? Pourquoi est-ce que « Liberté Égalité Fraternité » est-il devenu un slogan surréaliste ? Pourquoi paie-t-on moins de huit cents euros un apprenti, deux mille euros un gardien de prison ou un prof, trois mille un retraité moyen, quatre mille euros un commercial, sept mille un officier de police, un million un footballeur, et zéro un poète ? Pourquoi accepte-t-on de voir les routes pleines de campings-cars de retraités quand des travailleurs ne peuvent loger leurs familles ? Pourquoi est-il si difficile de parler de dignité au travail, ou de traiter dignement les gens aux Pôle Emploi ? Pourquoi le monde est-il si massivement laid et prétentieux ? Pourquoi une société aussi riche que la nôtre ne peut être mécène à la hauteur d'Athènes et de Florence ? Quelle sens a la vie des Européens à qui l'on dit que les trente prochaines années seront consacrées à travailler pour rembourser les dettes des États, lesquels États ont distribué au riches propriétaires des réductions d'impôts en empruntant ? Pourquoi la Maison des Poètes de Saint-Malo est tenue par les mêmes personnes depuis trente ans ? Pourquoi un idiot est-il présenté comme un poète sans faire rire ? Pourquoi faut-il entendre tant de mensonges lors des élections ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est aisé de filtrer ces propos à l'échelle du Système en disant : &lt;strong&gt;ah, tu critiques, mais tu ne demandes que du pouvoir et de l'argent, toi aussi &lt;/strong&gt;! Il m'est non moins aisé de répondre : si cela était vrai, si c'était le seul objectif, pourquoi ne pas me reconvertir en commercial ? Je dis simplement : un homme qui ne veut ni être commercial, ni policier, mais écrivain, dire ce qu'il voit et ce qu'il pense sans participer au Spectacle, peut-il vivre dignement dans le Système ? La réponse est très simple : une telle exigence était plus facile pour un citoyen d'Athènes que pour un citoyen de l'Union Européenne . Il est tout simplement extrêmement difficile de ne pas jouer le jeu du Système, et de prétendre vivre sans jouer, sans « penser à son employabilité », sans s'excuser de son parasitisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Penser une politique du crépuscule est refuser le jeu, et donc le gain qu'il semble promettre . Accepter un dépouillement, et non les accumulations de choses . Chercher non des grands projets pour mille ans, mais chercher comment vivre dans la vérité, ici et maintenant . Comment retrouver liberté et dignité, vivre l'instant sans « désirs d'avenirs » frelatés, ou « employabilité » . Vivre cette nudité là, sans se la raconter, vivre le nu, la peau, l'immédiat insaisissable – c'est le radicalisme même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre société, notre tyrannie floue, est une société de répression ouverte, et encore plus de répression masquée . Il y a un processus global d'aggravation de la répression, passant de la répression masquée comme avant-garde, puis vers la répression ouverte, revendiquant sa « justice » et sa « normalité » . Comme Marcela Iacub, je reviens à l'exemple de DSK, quand certains de ses « amis » disaient que même s'il était innocent de violences sexuelles, &lt;strong&gt;il n'avait pas une vie privée lui permettant d'être président&lt;/strong&gt; . Peu on protesté, mais l'expression de telles opinions n'est rien d'autre que de la tyrannie en acte . &lt;strong&gt;Il est des vies privées respectueuses de la loi, mais indignes, et méritant une mise à l'écart sociale&lt;/strong&gt; ? La répression masquée s'ancre, au point de faire oublier la liberté qu'elle étouffe, puis vient la répression ouverte . Herbert Marcuse, parlant de la libération du désir dans la société de consommation, avait parlé de &lt;em&gt;désublimation répressive&lt;/em&gt; . &lt;strong&gt;Il faut parler de nos jours du féminisme punitif, de l'idéologie de la diversité répressive .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Exagération ? L'idéologie moderne du « surgissement de la différence » n'est pas uniformisante ? Il est un autre fait vécu : tous les apôtres modernes de la différence se ressemblent, et répètent indéfiniment des slogans analogues . Les répétiteurs de « la diversité » tendent à dominer les voies du pouvoir intellectuel, la presse, l'édition et l'université, et à dominer l'inspiration idéologique de l'État, par les lois, règlement et « informations » . La domination des superstructures n'a jamais été libératrice ou subversive, sinon pour les ruraux qui y ont cru . Je crois incontestable au contraire qu'il s'agit d'un courant idéologique unique, et unidimensionnel .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'unité matricielle comme « pur surgissement des différences » est aussi un puissant dispositif de neutralisation des différences effectives, c'est à dire qui interviennent dans les classifications de la vie . En effet, cette idéologie est à la fois le culte de « la différence » en soi et le refus de toute distinction, et plus encore de toute distinction qualitative . Pour parler de différence, il faut parler de distinction, de distance avec autre chose . &lt;strong&gt;Et dans cette idéologie distinction et distance sont fascistes, sauf vis à vis des « fascistes » ou des « réactionnaires », c'est à dire de tous ceux qui ne baissent pas la tête devant l'intimidation morale, c'est à dire une expression autorisée de l'idéologie&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, le monde humain est une totalité systémique, c'est à dire que &lt;strong&gt;changer réellement un aspect est enclencher des processus de changement de la totalité . Dit autrement, l'exercice effectif de la liberté individuelle est une puissance de transformation effective des conditions légales d'expression de la liberté de tous&lt;/strong&gt; . Une différence significative est ce quelque chose qui transforme une totalité . Or, le principe libéral est par excellence que l'exercice de la liberté individuelle ne doit pas changer les conditions d'expression légales de la liberté de tous – ou vulgairement, que la liberté de l'un s'arrête ou commence celle des autres . Mais cette limite apparemment large est en réalité susceptible de toutes les interprétations limitatives des des puissants « défenseurs de la démocratie », qui de ce fait défendent des espaces de non-droit au nom de la défense du droit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le « surgissement de la différence »légitime n'est légitime que s'il respecte le cadre posé à l'avance de l'expression des différences . Ce cadre est de fait la domination oligarchique et ses appuis&lt;/strong&gt; . Aucune différence ne doit être de nature à réellement changer les règles du jeu social ou la communauté de manière essentielle . Un tel dispositif n'est pas celui qui permet l'invention de mondes, mais celui qui neutralise l'expression de la différence qu'il prétend soutenir . Une loi nouvelle qui n'est appliquée que par un homme n'est pas un nouvel Éon, mais l'interdiction effective et inavouée de d'appliquer une loi nouvelle, car une loi est un lien régulé entre des hommes, un média de communication . Une loi nouvelle à qui l'on interdit toute contrainte ou toute éducation des enfants dans son cadre n'est pas en position d'égalité par rapport à la loi libérale, mais en position de subordination . Une loi, quand une communauté décide de se l'appliquer, doit aussi s'instituer comme contrainte, même immanente . Enfin, une loi nouvelle plus exigeante que l'ancienne, et reposant sur le strict volontariat, ne peut s'instituer effectivement, sinon de manière rarissime . Très clairement, le « surgissement des différences » et l'idéologie de l'individu tout puissant sont des remparts inexpugnables du modèle libéral .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéologie du « surgissement des différences » est celle de la neutralisation des différences par la stochastique des individus enfermés en eux même, et par la mise sur le même plan de toutes les « différences », depuis une pensée jusqu'à une coupe de cheveux . C'est une idéologie de la bouillie, quoi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'unité de surgissement de la différence significative dans le temps est la communauté humaine définissant des règles nouvelles communes, et puissance de fonder un nouveau monde humain . L'unité du surgissement n'est pas l'individu, mais la communauté, mais la horde, mais le mouvement social et culturel, tellement décrié dans la société des individus, comme les hippies, des rigolos, des mangeurs de fromage de chèvre irresponsables, ces victimes – ce mépris qui n'est qu'une version plus douce de la haine des hommes libres par les ploucs tarés qui se manifeste dans le film &lt;em&gt;Easy rider&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens pour affirmer solennellement : il faut au moins trois hommes pour faire vivre une idée philosophique . La communauté en acte est la vie incarnée de l'idée . Il en est de même de la réalité de l'amour : il n'est pas d'amour pour l'homme seul . Il n'y a jamais eu de surgissement effectif des différences, de surgissement vivant, en dehors des communautés humaines . Il n'est pas de situations puissantes pour l'homme seul .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez les peuples indo-européens comme les autres, Ordre et Souveraineté sont la forme dont les individus sont la matière, même si multiples sont les ordres et les souverainetés . Ordre et Souveraineté sont les unités de la liberté humaine créatrice d'ordre et de mondes . Et des thèmes comme « la laïcité » et le spectacle du renvoi de la transcendance dans le passé obscur ne sont rien de plus que la position impensée de l'Ordre et de la Souveraineté de la "Raison"fictive de l'idéologie racine - la secte de l'ordre "qui n'ordonne pas"dans le Spectacle, et ordonne au plus bas – humilie, méprise - ceux qui désirent ou reconnaissent penser ordonner des mondes nouveaux - autrement dit, "l'ordre qui dit ne pas ordonner" est l'idéologie du Système matriarcal telle qu'en elle-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La conséquence de ce fait certain est qu'une légalité n'autorisant d'expérimentation d'ordres nouveaux qu'individuels ou familiaux, et sans contraintes supplémentaires – le modèle libéral – est, sous tous les masques de liberté que le Spectacle peut proclamer, un ordre de normalisation et de neutralisation de la vie créatrice d'ordre de l'homme, cette puissance de voies indéfinies et d'aubes d'étés .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Cette réflexion nous conduit à chercher à formuler les exigences qui fondent une liberté effective, immédiate&lt;/em&gt; .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-5293869745724131775?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/5293869745724131775/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=5293869745724131775' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/5293869745724131775'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/5293869745724131775'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2012/01/la-recherche-de-la-liberte-se-tenir.html' title='La recherche de la liberté - se tenir dans la vérité .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-44x9uJyF2fo/TyA8tcj-kMI/AAAAAAAABX4/DAXMywh_iAU/s72-c/easy_rider_1969_995x550_47247.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-2029226202866752349</id><published>2012-01-14T07:31:00.000-08:00</published><updated>2012-01-17T07:51:54.150-08:00</updated><title type='text'>ISI : Sur les liens familiaux .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-RqCfCG-vaIs/TxWYxKIdeBI/AAAAAAAABXg/Ptbc61xkYMk/s1600/austin-osman-spare-strange-attractor.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 357px; DISPLAY: block; HEIGHT: 310px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5698628873808082962" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-RqCfCG-vaIs/TxWYxKIdeBI/AAAAAAAABXg/Ptbc61xkYMk/s400/austin-osman-spare-strange-attractor.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Austin Osman Spare - Strange Attractor)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les « débats de société » empoisonnent la pensée bien plutôt qu'ils ne l'occupent . Les « débats de société », sous le masque de l'irruption de la Liberté et de la Tolérance venus dans les Ténèbres des sociétés paternalistes et intolérantes du passé, ne sont pas essentiellement différents des débats sur les « nécessaires réformes de structure » qui ne cessent d'écraser les salariés face au Capital dans le Grand retour en arrière, initié par le renouveau de l'idéologie libérale, et permis par la chute du mur de Berlin – événement ambigu qui marque la fin des peurs du Rouge dans la bourgeoisie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La novlangue de ces « débats de société » est issue directement du champ de l'idéologie racine cultivé dans les pays dit « développés » de culture anglo-saxonne, où l'Université est dominée de manière écrasante par des tenants de l'idéologie racine, qui y prend figure d'idéologie officielle . La liberté intellectuelle dans les Universités des États - Unis est toute relative, pour ne pas parler de la liberté des mœurs . J'invite à lire &lt;em&gt;Disgrâce&lt;/em&gt;, de Coetzee, pour comparer cette atmosphère universitaire avec le &lt;em&gt;Procès&lt;/em&gt; de Kafka . L'ensemble des positions les plus communes produites par le champ de la pensée « universitaire » des anglo-saxons modernes domine le champ français et européen, en particulier le champ de l'éthique, de la justice politique, des Genres, de la diversité, et j'en passe .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces modèles théoriques sont liés à la forme de domination libérale que les États - Unis imposent au monde . Le modèle marxiste qui pose, de manière schématique, une détermination (je dirais une souveraineté) de la structure matérielle (l'exploitation capitaliste, qui passe par l'appropriation du Capital – je ne vous fais pas de dessin sur l'actualité de l'histoire de la « dette publique ») sur la superstructure intellectuelle (l'idéologie racine qui sert de matrice combinatoire à la mise en œuvre des « problèmes de société »), ce modèle marxiste est d'une vérité frappante pour décrire la domination actuelle des productions idéologiques américaines, ou des satellites des États Unis . Sans aller plus loin, la bibliographie est abondante, je dirais simplement que le financement des producteurs et diffuseurs idéologiques en question n'est assuré que par les puissances matérielles du Capital américain . Il est peu probable que ces puissances ne financent de la production idéologique subversive - Engels, industiel finançant Marx a été un écart de l'histoire . Sans oublier que la subversion du Système ne peut pas devenir un produit industriel sur le marché idéologique sans être neutralisée dans son principe même de subversion, selon le modèle visible à tous de l'art contemporain .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parenthèse : Je précise que je suis lecteur de penseurs et d'écrivains anglo-saxons de tout premier plan ; je ne fais pas de mise en cause globale, et je ne pose sûrement pas un « génie de la langue », qui condamnerait toute les cultures de langue anglaise . L'anglais est aussi une langue essentielle de la dissidence et de la subversion du Système . La lecture marxiste exclut par essence la perspective communautariste sur la culture . Ces deux modes d'analyse sont en fait valables dans des temps différenciés – les vérités historiques sont des vérités cycliques . La forme de la langue elle-même, cependant, peut refléter des formes de domination, puisque le langage est le lieu de la construction idéologique des dominations . La construction symbolique de la domination, tel est la fonction des « débats de société » dans le Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les « débats de société » sont à placer dans la perspective de la dynamique du Capitalisme . Pour maintenir sa capacité à extraire du profit du travail des hommes, celui-ci doit sans cesse élargir sa sphère de domination, c'est à dire ordonnancer les mondes humains toujours plus loin de ses foyers d'origine – c'est l'impérialisme, qui n' a rien de nouveau – ce que je nomme l'extensification ; et également ordonnancer toujours plus en profondeur la vie humaine – ce que je nomme l'intensification . Le Système fait des entreprises qui recherchent sans cesse de « nouveaux marchés » ; et ces nouveaux marchés peuvent se trouver dans les « pays émergents » comme dans les « pays développés », le premier temps étant l'extensification de l'exploitation, le deuxième temps étant l'intensification, la recherche de nouveau moyens de profit dans une société capitaliste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi sont investis par le Capital tous les besoins des hommes dans un pays développé : l'eau, la lumière, l'air, l'abri, l'alimentation, et l'enfance, l'âge adulte, la vieillesse – mais aussi la vie intime et les liens sociaux . Et bien sûr, l'art, la musique, la pensée, et la spiritualité . De ce fait, la puissance du Capital crée les formes d'expression de l'art moderne, à tel point que ce qui est nommé art contemporain est de plus un plus un produit du marché de l'art, et non d'une démarche de création autonome, ou d'une esthétique . Et de même, la relation entre les sexes est également investie – c'est l'extension du domaine de la lutte . Ceci posé, de manière schématique mais pas moins globalement exacte, il est aisé de comprendre que le Système investit tellement en profondeur la vie humaine – vie que la théorie économique banale voit comme la base biologique que la production de richesses sert à préserver et à améliorer, alors que de plus en plus c'est la forme de l'économie qui met la vie humaine à son service - qu'il est inévitable, et c'est déjà le cas, qu'une forme de dérive totalitaire apparaisse . Vaclav Havel notait, dans &lt;em&gt;la force des faibles&lt;/em&gt;, que &lt;strong&gt;la tyrannie à laquelle s'opposaient alors les dissidents de l'Est n'était plus la tyrannie stalinienne, mais une forme de la société de consommation &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette dérive totalitaire est celle d'un nouveau totalitarisme, beaucoup plus difficile à caractériser de manière incontestable que les modèles schématiques de l'histoire officielle, le Nazisme et le Stalinisme . En effet, il n'y existe pas de lois aussi violentes explicitement, ni de pratiques aussi violentes dans le Spectacle ; dans la forme actuelle du Système, comme dans le Capitalisme anglais étudié par Marx, une part considérable du travail de police est dissoute dans toutes les fibres de la société, par la surveillance de tous par tous et la peur de la désocialisation, du « chômage », de l'exclusion . &lt;strong&gt;Le Système n'a pas besoin de conformer par la violence la totalité des comportements : il lui suffit de s'assurer d'une domination statistique, par les masses &lt;/strong&gt;. Il lui suffit de conserver le monopole de la violence légitime, y compris symbolique – voyez, à la suite de Marcella Iacub, la violence de la désignation juridique et médiatique de DSK par les apôtres de la tolérance, ou encore la qualification de « terrorisme » appliquée à toute forme de résistance armée, même dans un pays militairement occupé – le monopole des formes d'organisation humaine, le monopole de la satisfaction des besoins primaires ( voyez l'interdiction incroyable de vendre des semences, ou de vendre des légumes sur le marché issu de semences non référencées )et par le remplacement en cours des modes de communications non-contrôlables ( la parole humaine) par des modes contrôlables (réseaux sociaux et téléphone), remplacement qui élimine les formes non-contrôlables par sa puissance de diffusion spatiale bien supérieure . Ajoutons que le Système s'assure aussi le monopole de la légitimation et de la diffusion de masse de l'idéologie, le Spectacle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au sujet des réseaux sociaux, qui sont une forme d'intensification appliquée au marché des liens, il est certain qu'assurer le respect du droit individuel par les États et les Entreprises géantes du secteur est un champ de problématique qui n'est pas encore abordé de manière courante . Bien au contraire, la puissance des réseaux leur permet de faire peser un champ de menaces vague sur la liberté de tous, par la possibilité de surveiller et garder indéfiniment en mémoire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Résumons : les « débats de société » sont le lieu de la production idéologique de la domination et de l'intensification de la mise en forme de l'humain par le Système . Les « gens de gauche » du Spectacle sont aussi fonctionnels que « les gens de droite » ; les catholiques intégristes par exemple jouent le rôle d'idiots utiles depuis des décennies, en présentant un repoussoir caricatural des thèses des « bons » . &lt;strong&gt;Les intégristes en général sont les Dark Vador du Spectacle . Plus ils crient, plus ils sont féroces, plus le Spectacle les aime &lt;/strong&gt;. Regardez comme un intellectuel musulman rigoureux, policé et organisé comme Tariq Ramadan est facilement désigné comme illégitime . Si Ben Laden n'avait pas existé, les États Unis et le Spectacle auraient pu l'inventer . Sans parler de ceux à qui on ne donne jamais la parole .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute mon enfance et mon adolescence, j'ai regardé à la télévision et entendu à la radio des « débats de société » ; je n'ai jamais entendu sur les sujets comme l'avortement ou la peine de mort, comme opposants à la doxa médiatique, que des gros menaçants, en sueur, avec une bandeau sur l'œil, ou des maigres, glacials, à lunettes . Je n'ai pas soupçonné, en près de vingt ans, que la démarcation entre les bons et les méchants était si douteuse . Je n'ai pas appris par exemple que sur la modernité, il existait des positions variées, comme par exemple celle de Guénon . Je n'ai pas appris la diversité, mais j'ai adhéré à la mise en scène du bien progressiste luttant contre le mal archaïque, et j'ai aussi assisté au glissement, à l'usage de plus en plus répandu de cette mise en scène par la droite pour délégitimer les syndicats « archaïques » et présenter comme un progrès tous les tours de vis du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le terrorisme et la terreur d'État sont les deux faces d'une même mâchoire&lt;/em&gt;, écrit Manchette dans &lt;em&gt;Nada&lt;/em&gt;, au nom d'un terroriste que le désespoir rend lucide . Les pôles des débats de société dans le Spectacle sont les deux pôles d'une même mâchoire . Si les gens qui aspirent à transformer cette société comprenaient cela : les « débats de société » ont besoin d'être regardés non avec bienveillance, mais avec la même méfiance critique que les débats sur les « nécessaires réformes de structure » qui doivent adapter la France, l'Europe, le Monde, à une économie moderne, c'est à dire à la domination sans partage et décomplexée du Système sur les civilisations humaines . Les « débats de société » œuvrent à la mise au pas des droits familiaux ou de la sexualité humaine à la société de marché, là où la destruction du droit du travail, ou la dissolution des Droits de l'Homme, ou encore la destruction des systèmes collectifs de sante ou de retraite des salariés œuvrent à la mise au pas de la vie publique au Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les « débats de société » sont produits par les mêmes groupes sociaux qui pensent la gestion des ressources humaines du Capital . Ils visent à créer le marché du travail libre des individus atomisés, mobiles, sans liens, caractérisés uniquement par leur employabilité qui est l'utopie interne du Système dans son application sociale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La société des individus et de la diversité est la société capitaliste, et il revient à la dissidence de produire une contre-culture, et de faire des propositions concrètes en dehors des cadres étroits de l'idéologie officielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enjeu de ces « débats de société » n'est pas d'arriver à une position juste commune, mais de s'approprier la place des bons dans le Spectacle, de posséder la position juste . C'est à dire, de dominer . Pour les universitaires, d'avoir des postes et des crédits . Regardez comme se construisent comme victimes dans le Spectacle les groupes qui revendiquent l'universel, et aspirent à la domination . Marcela Iacub note que les "féministes punitives" veulent permettre de considérer comme un viol tout rapport sexuel selon l'avis de la femme qui y a participé . Ainsi victimes par nature, ces féministes dominent de leur hauteur morale tous les êtres humains . Se construire comme victime dans le Spectacle est un signe d'aspiration à la domination : car les positions dans le Spectacle sont exactement inverses de celles de la réalité matérielle . La présidente du MEDEF peut se poser en membre d'une classe sociale sexuelle opprimée grâce aux Gender Studies, et opprimée par exemple par les ploucs ruraux chasseurs qui survivent en vendant leur force de travail à vil prix . Je n'ai pas pitié d'eux, mais ils ne sont pas les dominants de la société réelle, ni en France, ni aux États Unis .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bourdieu a lui-même insisté sur le fait que la formulation d'un universel aboutissait à créer un groupe particulier propriétaire de l'universel, et qui pouvait humilier ou dominer symboliquement les autres . Ainsi les instituteurs républicains francophones vis à vis des paysans bretons celtophones . Devenu des provinciaux, les bretons se définissaient désormais par leur position marginale et inférieure par rapport à une capitale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bourdieu oubliait une chose : ce phénomène est intrinsèque non à l'universel en général, comme par exemple l'universel des anciens Empires, fondé sur la reconnaissance de l'absence de norme supérieure valable pour tous les peuples – sinon la puissance impériale commune à reconnaître . &lt;strong&gt;Ce phénomène de domination d'un groupe particulier par la revendication d'un monopole de l'universel, cette double contrainte formant les tenailles d'une mâchoire unique détruisant les cultures symboliques traditionnelles, c'est la signature de l'idéologie moderne &lt;/strong&gt;. L'idéologie moderne est cette culture qui prétend à des valeurs sur-culturelles légitimes pour toutes les cultures, et qu'elle prétend imposer par la force matérielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle produit de ce fait la délégitimation de toutes les cultures symboliques : elle condamne le voile des femmes dans certaines sociétés, la corrida dans d'autres, les rites ou les sacrifices, les formes d'appariement sexuel, et absolument tout ce qu'elle ne comprend pas . Les hommes produits en série par cette culture de la supériorité morale ne peuvent pas s'empêcher de juger sommairement, sur une image, un texte, une courte vidéo, sur de la désinformation la plupart du temps, des usages extrêmement anciens et liés systémiquement à l'ensemble de la culture et de l'écosystème des groupes humains : le meurtre horrible des phoques par les esquimaux, des chiens par les coréens, des singes par les indonésiens, la coutume indécente de prêter les femmes, les sacrifices d'animaux, les parures de plumes, les paroles immorales de la Marseillaise, la sexualité débridée d'un tel...Cette émotivité à la moraline, absolument coloniale dans son principe, n'est pour ainsi dire jamais condamné dans son arbitraire grotesque . Combien de morts en Europe, de morts d'homme par le fait de guerres occidentales, d'armes occidentales ? Je ne pourrais jamais comprendre que des êtres humains militent contre la corrida, et restent passifs devant des guerres d'appropriation, ou devant la misère des hommes humiliés sous leur yeux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que veulent tous ces hommes de la supériorité morale, ce sont des lois, ou des campagnes d'éducation – bref, davantage de contrôle et de répression . Marcela Iacub dit exactement cela sur le cas DSK : &lt;em&gt;Il a été instrumentalisé par un féminisme d'État, un féminisme punitif qui voudrait élargir les définitions du viol en y incluant des actes consentis et affaiblir les garanties de l'accusé . Un féminisme pour qui le seul remède à la domination masculine est la prison &lt;/em&gt;. C'est à dire un "féminisme" aspirant à la domination violente de la société par son idéologie et ses prêtres . Face à cette surenchère morale, certains hommes demandent que l'on se contente d'un minimum de normes . Mais cette manière de poser le problème est simplement la confirmation de la société libérale morcelée à la puissance maximale de l'atomisation, en prenant l'individu comme repère . Et je le dis et le répète : cette position, l'individualisme méthodologique explicite ou implicite, est absurde, est la négation de la réalité fonctionnelle du monde social, où la communauté n'est pas un tas d'individus sans autres liens que des liens stochastiques, et surtout du fait que l'individu est le reflet et le produit du groupe où il est né et où il a grandi . Car l'homme n'est pas une bête, mais un être qui grandit dans une culture comme dans un milieu nourricier, une langue, des histoires, des mondes, des chants, des modes de relations aux autres .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L'unité de la différence humaine n'est pas l'individu, mais la communauté . Poser l'individu comme unité de base de cette différence, c'est nier tous les processus anthropologiques de différenciation culturelle – c'est poser la société du Système comme norme unique des sociétés pensables et possibles en termes éthiques&lt;/strong&gt; . C'est à dire, c'est confirmer la fonction de monopole des normes par l'idéologie racine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est des normes dans une communauté ; mais entre les communautés, les normes « communes » ne marquent que la domination d'une communauté sur une autre . Le Grévisse, le bon usage du Français, est un outil de domination de ceux qui ont l'accent, ou les formes de langage « incorrectes » . Je ne veux pas un minimum de normes entre les communautés, sinon en ce qui concerne les normes de relations entre communautés, basées sur le respect et le laisser être, la suspension du jugement ; je ne veux poser aucune autre norme . L'idée d'un minimum est une idée rationaliste, un piège . Le jugement n'en sera que plus assuré, de s'être réduit à un minimum illusoire . Et la base de la diversité des normes n'est pas dans la variété des activités commerciales d'une culture, comme les normes de la prostitution opposées aux normes des prêtres – ou encore dans la division des genres, mais dans la diversité combien plus profonde des cultures humaines .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour donner un exemple marquant, j'ai lu dans le journal de Sud-Éducation (gauche militante) un article au sujet de l'Afghanistan déplorant, comme une marque regrettable d'obscurantisme machiste, que les écoles mixtes des missionnaires protestants libéraux américains dans les villages afghans soient victimes d'attentats . Mais comment, dans un contexte d'occupation militaire, voir ces écoles autrement que comme des facteurs de colonisation ? L'armée française n'en a t-elle pas fait autant pour le même but en Algérie ? Je ne me réjouis jamais d'attentats, mais que diraient des militants de gauche sur des évangélistes américains créaient des écoles dans les villages de France, pour nous apprendre l'anglais ? Ou plus clairement encore, des talibans créaient des madrasas non mixtes dans ces mêmes villages, avec l'appui d'armées musulmanes d'occupation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est très rare, chez les gens qui se veulent tolérants, d'accepter de telles expériences de pensée . Normal, ils considèrent leur position comme essentiellement supérieure . Alors que la seule supériorité incontestable en acte de la civilisation européenne est la supériorité de puissance matérielle, et plus encore celle acquise par la violence et l'oppression .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tolérance authentique est l'abstention du jugement, et l'abstention de l'interférence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le monde moderne, le fameux monde du pluralisme des pseudo-sociologues, une simple différence de vêtements ou de mœurs peut suffire, dans un petit groupe humain, à faire enfler l'hostilité et les commentaires . Je mange de la viande crue : c'est insupportable . Je préfère lire seul que de manger avec les autres : c'est bizarre . Je prends un goûter, toujours le même, qui ne leur paraît pas bien – il ne peuvent s'empêcher, même après des années, de s'offusquer . Je suis favorable à l'autorisation de la corrida, je dois accepter de me faire reprendre moralement par des idiots, voire insulter . Alors quelqu'un qui a une vie comme ci ou comme ça, je ne vous dis pas . Quelqu'un qui construit une maison différente des autres, ou qui pratique une agriculture sans engrais chimique . Il se trouve des cas, en Europe, à ce jour, de véritable harcèlement, de mise à mort symbolique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est un mouvement culturel de la contre-culture qui est parti en dehors de ces mentalités modernes sans regrets, mentalités aussi ancrées chez les gauchistes, les libéraux que chez les gens de la droite « traditionnelle », qui est traditionnelle comme une maison en parpaings est une maison « traditionnelle » : c'est le mouvement hippie . Il est devenu courant, à l'amorce des années 70, de se moquer du mouvement hippie, de sa naïveté et de sa crasse . Pourtant, à distance, c'est le seul mouvement contre-culturel qui a atteint une masse critique . Le seul qui a développé des pratiques de vie non matérialistes . Des beatniks jusqu'aux communautés rurales, on y a écrit des livres valables, tenu des journaux, inventé des esthétiques et des musiques . On y a soutenu la cause des noirs, ou lutté contre la guerre du Vietnam . On y a usé de drogues pour regarder Dieu en face, on y a découvert d'autres pays, appris des langues, voyagé . Cat Stevens est devenu musulman, et c'est tout aussi logique que d'autres qui sont devenus hindouistes, ou bouddhistes . Les rares témoins sincères de cette époque sont convaincus de la valeur et de la sincérité de toutes ces quêtes anarchiques, qui ont été tellement moquées, récupérées, déformées .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez les hommes issus du mouvement hippie, il était de règle de ne se formaliser d'aucune façon de vivre qui ne vous créait de gêne . Voir un homme fumer, ou se préparer un fix ne supposait aucune question, approbation ou désapprobation . &lt;strong&gt;Le principe était de poser la confiance, l'absence de peur, comme mode du premier contact &lt;/strong&gt;. C'était une attitude non pas tendre, mais dure, concentrée . On parlait à un homme nu couvert de tatouages comme à un cadre en costume . On pouvait lire Marx sur un canapé au milieu d'une partouze . Nietzsche devant une cheminée où d'autres dansaient en extase, ou au lever du soleil sur la montagne, aux côtés d'un maître en arts martiaux faisant siffler ses gestes, ou encore aux côtés d'un homme en méditation . On pouvait parler de poésie comme la chose la plus importante du monde . On pouvait ne respecter les gens qu'à la mesure de la folie dont ils étaient capables . On pouvait mépriser le froid, la faim, la douleur physique ou la menace de la violence . On pouvait sculpter des pierres en forme de cœur en écoutant &lt;em&gt;Bonnie and Clyde &lt;/em&gt;de Gainsbourg ou Magma . On pouvait aller chercher quelqu'un à la gare pour l'empêcher de partir, pas pour le laisser partir . On pouvait réveiller un inconnu avec un pétard, et se lover contre lui . C'était cool . Ce n'était pas de l'indifférence, mais du respect du principe de refus du jugement d'autrui . C'est une attitude morale, et comme toutes les attitudes morales, elle suppose parfois un effort . C'est une attitude d'accueil du voyageur, d'hospitalité . Ce n'était pas sans problème, mais aussi sans récompense .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je retrouve cette attitude parfois, encore vivante, dans les communautés libertines, par l'accueil fait à toute manifestation déviante de la sexualité comme une chose intéressante, curieuse, excitante, et non pas effrayante ou condamnable . Voir arriver une maîtresse tenant un homme en laisse, encagoulé, et tenant une cravache de velours noir à une soirée, en marchant ainsi dans la rue, peut être une expérience de ses limites . Accepter de voir partout des êtres humains aux physiques difficiles, harnachés de vêtements étranges, de scarifications et de piercings est au fond dire oui à tout ce que l'humanité a de souffrant, de désirant, de fol, comme inséparable de ses beautés et de ses mystères .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On y a aussi expérimenté l'amour et l'éducation communautaires . Cette expérience a été dure, parfois amère . L'amour communautaire crée des souffrances et des conflits en même temps qu'il en apaise d'autres . Mais ces expériences se sont faites dans de petites communautés marginales stigmatisées, sans aucune reconnaissance légale . Voyez &lt;em&gt;Easy Rider &lt;/em&gt;. Échouer à vivre à l'écart du Système, c'est être humain, ne pas résister à son ressac permanent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous allez vivre dans un lieu désert, par définition aux terres pauvres et au climat rigoureux, que les paysans ont quitté, il est normal de souffrir à produire sa nourriture . Si vous voulez vivre en dehors des circuits économiques, il est prévisible que les artisans locaux ne vous aideront pas automatiquement à réparer votre toit après une tempête hivernale . Si vous semblez indifférent aux pouvoirs locaux, les populations restées sur place parfois vous soutiendront avec humanité, mais parfois s'amuseront de vos échecs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il convient de considérer tout ces facteurs quand on parle de l'échec global du mouvement hippie . Il y entre une part de la médiocrité des mouvements de masse, mais aussi une part de la répression masquée des autres mondes qui peuvent naître, dans un Système monolithique, et alors prospère, donc attrayant . Accepter un salaire, pour l'homme d'une communauté, paraît sans conséquences . Mais c'est accepter peut être un jour un meilleur emploi à la ville, accepter d'acheter une maison, se normaliser . Cela ne peut être condamné par ceux qui restent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute la contre-culture ne fut pas au service de la CIA . Je me souviens du livre d'un californien hippie qui qualifiait Nixon et Hoover de Créatures de la Nuit . Et les hommes lucides ne manquèrent pas . La mémoire des expériences et des réussites de la contre-culture ne doivent pas être perdues .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'illustre ces propos par un exemple typique, qui est celle de la forme des liens familiaux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un grand nombre de « problèmes de société » formalisés par le Spectacle ou les « comités d'éthique » ne prennent sens que dans le cadre global où ils sont posés . Ils se présentent comme des questions fermées que les gens affligés d'une mentalité de gauche hyper-socialisé au sens de Kaczinski fixent le long d'un axe séparant rigoureusement le bien du mal . Par exemple : «êtes vous pour ou contre le mariage et la filiation homosexuelle, l'homoparentalité ? » « êtes vous pour ou contre l'euthanasie ? » « êtes vous pour ou contre l'avortement ? » « pour ou contre la peine de mort ? » . Ces questions distinguent les hommes modernes en deux États . Si vous répondez « pour » en général, vous êtes « de gauche », et « contre » en général, « de droite » . Bien sûr, à Sciences Po, on rajoute des critères pour qualifier votre gauche ou votre droite en espèces, droite légitimiste, orléaniste, gauche X ou Y . Facile . Pas de reste, pas de tiers État . Eh bien, le Tiers État veut une fois de plus être quelque chose . Les classificateurs sont, dans l'ordre idéologique, l'analogue des agences de notation financière comme voix officielle du système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soulignons à quel point ces questions sont étrangères aux modes véritables de domination dans le monde où ces questions classificatoires sont posées, modes véritables basés sur l'argent et l'idéologie . J'ai choqué avec joie un questionneur hyper-socialisé en refusant de répondre à la question de l'homoparentalité, ce terme démagogique du politiquement correct : la question ne se pose pas au sens biologique, car il n'existe pas d'homoparentalité biologique chez l'homme . Pourquoi poser des questions sur des choix qui n'existent en rien, sinon pour flatter la tendance idéologique à la toute puissance de l'anthropologie idéologique moderne ? Est ce que je suis pour ou contre le vol des oiseaux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je prends un exemple du caractère artificiel de ces « problèmes de société » . Il est posé que l'homosexualité est une sexualité « comme une autre » ; et que de ce fait, les « homosexuels » doivent avoir une sexualité « comme une autre », et donc pouvoir se marier . En l'absence de mariage homosexuel, il est posé que l'on commettrait une horrible discrimination . Je ne crois pas que cette manière de construire le problème soit une puissance de liberté pour l'homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un point de vue historique, l'homosexualité est connue dans de très nombreuses cultures, japonaise, indienne d'Amérique, culture de l'antiquité classique, et s'avère parfaitement acceptée, voire posée en modèle, ainsi chez Platon . Il convient de souligner que c'est le &lt;em&gt;Code Théodosien &lt;/em&gt;(IVème siècle) qui pose en Europe la pénalisation des relations sexuelles homosexuelles . L'homosexualité moderne se définit encore par réaction a cette interdiction pénale antique . Ce n'est peut être pas nécessaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'en est pas moins que les règles concernant l'homosexualité ne comprenaient pas la filiation, par la force des choses . Cette différence était également parfaitement nette entre la sexualité des hétaïres ou des Geishas, et celle des femmes mariées, celles des hommes adultes entre eux, des femmes adultes entre eux, des guerriers et des adolescents, j'en passe . Le Hagakure pose par exemple des règles concernant l'homosexualité . Pour résumer, chaque forme de sexualité légitime, et ces formes pouvaient être très nombreuses, avaient leur règles spécifiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'existe aucune raison légitime de poser que ces sexualités étaient discriminées, puisque les sujets de ces sexualités pouvaient être identiques : il est normal de s'insérer dans plusieurs réseaux sociaux exprimant une forme symbolique de sexualité . Les différences par ailleurs n'étaient pas univoques . Les hétaïres grecques, par exemple, ne donnaient pas plus de filiation que les homosexuels en droit, mais avaient une liberté, une culture et un statut globalement supérieur à celui des femmes mariées . Il est faux de poser que chaque individu porte une orientation sexuelle unique et définitive . La complexité symbolique de la construction d'une diversité réelle de plusieurs sexualités dans une culture n'est pas une structure de domination en soi - et ne l'exclut pas non plus, bien sûr, mais pas plus que l'imposition forcée d'un modèle unique vendue sur le marché idéologique comme un progrès remarquable .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je trouve pour ma part absurde que des êtres humains se reconnaissant homosexuels considèrent comme un privilège le fait de faire rentrer la sexualité homosexuelle dans les cases de la sexualité hétérosexuelle dans la société bourgeoise – cases issues du modèle de l'Église antique, et ayant une fonction essentiellement répressive pour les catégories dominées, c'est à dire normative et limitative au service de la domination sociale réelle . Il s'agit que la puissance du désir ne remette pas en cause l'ordre de l'exploitation et du travail . Les dominants ne respectent bien sur pas ces normes, à aucune époque .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seule la souffrance du sentiment d'exclusion peut expliquer une telle représentation, alors même que la « communauté hétérosexuelle » (ironie, bien sûr) ne cesse depuis des siècles de chercher des voies de transformation de ce modèle, et que les forces dominantes de la société ne cessent de les réactualiser avec toute leur valeur répressive . A titre d'exemple, il faut citer la matière celtique du conte de Tristan et d'Iseult, le fin'amor des troubadours face à l'ordre seigneurial, complices de la liberté des femmes, le vitalisme de la Renaissance, le libertinage, et les vagues de répression liées au réaffirmation de la puissance ecclésiastique, au XIIIème siècle, au XVIIème siècle, puis sous la forme du pouvoir hygiéniste-médical victorien, et aujourd'hui des Genders Studies, le fameux féminisme punitif – c'est à dire répressif, complice de la domination oligarchique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le communautarisme homosexuel moderne a ceci de particulier qu'il peut enrôler la puissance subversive autrefois de l'homosexualité dans une société la condamnant ( voyez l'exemple d'Oscar Wilde ou de Jean Genet ) au service des forces de répression de la vie du désir . Le marché de dupes est « l'exclusion égale » en échange de l'adhésion aux forces les plus proches du Système : les théoriciens républicains du Genre aux États Unis ou l' »association des gays de l'UMP » aujourd'hui l'illustrent . Dans le même numéro du Nouvels Obs qui parle de Marcela Iacub, il est présenté une école américaine qui accueille dès 11 ans des LGTB (sic), Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres . En soi, une telle école est plus une figure du développement séparé type Apartheid que de la tolérance, mais passe encore . A la fin de l'article, il est précisé que l'école « vient d'obtenir un prix accordé à l'unanimité par toutes les églises de Milwaukee, toutes religions confondues ( parler d'Église pour les non-chrétiens, là encore...) au nom de la tolérance . Tina Owen, (la directrice), rayonne : rien ne pouvait me faire plus plaisir . » N'est-ce pas délicieusement victorien, cette unanimité des prêtres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est hors de doute que nous voyons se dessiner devant nos yeux émerveillés un néo-victorianisme puritain incluant cette fois l'homosexualité, mais dans les mêmes cases étroites que le puritanisme victorien, avec la bénédiction des LGTB . Ce n'est plus l'homosexualité qui va valoir la prison, mais l'abus de sexe hors mariage, cette honte si semblable au viol .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le moment je veux juste montrer ceci : la manière moderne de poser le problème : SOIT le mariage homosexuel et l'homoparentalité SOIT l'hostilité et l'intolérance à « l'homosexualité » pose qu'il n'existe qu'UN modèle de sexualité valable, le modèle hétérosexuel moderne bi-parental : c'est à dire que c'est une manière bornée de poser le problème, qui fournit des réponses stupides .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car ce qui est à transformer, c'est le modèle lui-même, qui amène à poser ce genre de questions . Le modèle qui pose la famille comme formée de DEUX personnes de SEXE OPPOSÉ et de leurs enfants est en effet en crise grave, quand 30 à 50% des mariages finissent par un divorce problématique . Cette crise pose très lourdement le problème de la garde et de l'éducation des enfants – les centres départementaux d'actions sociale (CDAS) sont la première ligne budgétaire des départements, et le profil psychologique des jeunes générations est massivement dégradé (il existe une abondante bibliographie scientifique à ce sujet ) .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le modèle qui pose la famille comme formée de DEUX personnes de SEXE OPPOSÉ ayant des SENTIMENTS et des RELATIONS SEXUELLES régulières (norme légale, une fois par semaine) et de leurs enfants pose en effet deux critères : le nombre de partenaires, et le sexe . Les genres ne cessent d'interroger le SEXE OPPOSE – mais pourquoi entend-t-on si peu interroger le DEUX, les SENTIMENTS ou les RELATION SEXUELLES ? L'histoire, et simplement l'histoire de l'Europe, montre pourtant que ces critères n'ont aucun caractère normatifs en soi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plutôt que de commencer en prenant le modèle dominant comme repère, il me semble préférable de commencer par les exigences collectives que doit respecter un modèle familial destiné à être institué par la loi dans une société libre . Il me paraît pertinent de rappeler le principe qu'il n'est bon de légiférer que négativement, c'est à dire que tout ce qui n'est pas interdit par la loi pour des raisons évidentes doit être autorisé . La loi ne doit pas imposer des modèles sociaux, mais permettre l'existence d'une pluralité de modèles qui respectent des exigences premières explicites .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La loi doit seulement protéger l'intérêt de la communauté qu'elle régit, et pas l'intérêt individuel de chacun . Chaque homme est en charge de lui-même . La loi peut protéger les couples hétérosexuels avec enfants, parce qu'il est l'intérêt de la communauté que sa reproduction biologique soit assurée . De même, il est de l'intérêt de la communauté, et parfaitement légitime, de réduire au minimum les nécessités de l'avortement, en permettant aux femmes concernées de ne pas l'accomplir sans cependant perdre tout contact avec leurs enfants .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est des unions, quelles qu'elles soient, qui n'engagent pas la communauté, il n'y a pas lieu de légiférer . Dit autrement, les liens familiaux n'ont le plus souvent besoin d'être codifiés qu'en ce qui concerne les enfants . Les cérémonies peuvent être la tâche des hommes de Dieu, sans que l'État ne cherche à les singer . Le mariage républicain est une usurpation du pouvoir spirituel, comme le baptême républicain . La loi de l'État doit être minimale, et il appartient à chacun de respecter en plus des règles communautaires selon son origine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le libre consentement est une exigence première en matière de liens et de sexe . Mais il est aussi une exigence première, qui est de garantir aux enfants les conditions d'une enfance sécurisante et régulière, comprenant des figures d'identification adultes stables . Cette garantie implique que l'enfant vive dans un cadre où des règles soient posées de manière continue, et continuelle . Un enfant éduqué sans encadrement adulte et sans règles ne peut se construire de manière sûre la personnalité structurée qui lui permet d'être libre . L'absence de punition pour un enfant qui commet des actes mauvais est une une maltraitance . Un enfant a besoin, sans cesse, de limites et de cadres .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre exigence première est qu'un enfant ait accès à une langue et à une culture symbolique . Une autre est que l'enfant ne doit pas être considéré comme une propriété ; que la vérité et la sincérité ne lui soient pas cachés par la volonté de la loi . Cette condition interdit l'accouchement sous X, et l'idée d'une filiation homosexuelle qui soit présentée comme une fiction . Il faut distinguer la filiation par le sang de la filiation symbolique par la langue . Il faut distinguer la parentalité biologique de la parentalité légale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les exigences fondamentales posées par la loi sont des obligations collectives de la communauté, pas des obligations purement individuelles . La responsabilité des enfants ne peut reposer uniquement sur les parents, ni en termes éducatifs, ni en termes financiers . Il n'est pas nécessaire que ce partage de la responsabilité ait lieu par l'État ou par les collectivités territoriales . Pour un enfant, il est important d'avoir des figures d'identification, et pas un référent fonctionnaire anonyme et changé régulièrement, et pas une famille d'accueil d'abord motivée par le gain . L'ethnologie comme les faits montrent que la plupart des enfants ont reçu une éducation communautaire, et qu'une telle éducation ne crée pas de déséquilibre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sens du refus de légiférer positivement, et de la prime du consentement individuel dans la formation des liens correspond à ceci : il ne doit pas exister de forme du lien imposée légalement . Il ne peut exister que des formes de constat du consentement individuel . En clair, chaque lien doit pouvoir définir sa forme par ses propres clauses, soit dans une tradition culturelle, soit par lui-même . Premier exemple : un tribunal d'État ne peut prononcer une séparation pour faute, que si la notion de faute a été préalablement définie dans le contrat d'union . Deuxième exemple : il n'existe aucune raison pour interdire polygamie ou polyandrie entre adultes consentants et informés . Troisième exemple : un lien respectant les obligations d'éducation peut exister entre un homme homosexuel et une femme homosexuelle pour la conception et l'éducation d'enfants, sans logement commun ni vie sexuelle prévue . Il est scandaleux, au contraire, de pointer du doigt publiquement un cas de polygamie entre adultes pour porter au mépris les masses . Le cas de l'esclavage sadomasochiste consenti ne peut manquer d'être présenté en exemple . De ce fait d'absence de forme des liens, il n'est aucun besoin de définir un mariage homosexuel, puisqu'il n'existe qu'une forme vide d'union que chacun peut ensuite habiter à sa guise .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question complexe des biens et des héritages devra bien sûr être traitée, mais dans l'objectif d'une négociation ouverte des partenaires s'il doit y avoir contrat, et de règles de respect de la libre volonté en son absence . Cette forme est loin d'être la forme la moins forte de lien .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est des enfants, la séparation de la filiation par le sang et de la filiation civile mérite d'être prononcée . Tous les garants d'un enfant peuvent recevoir le statut collectif d'ancêtre . De manière générale, les deux statuts seraient conjoints, mais pourraient être disjoints sans difficulté . Seraient responsables de l'enfant au premier degré les ancêtres au premier degré, et les ancêtres au second degré seraient responsables de participer à son éducation et à son entretien . Cette obligation doit être légale : l'ensemble du groupe familial élargi aurait une obligation partagée entre ses membres au prorata de ses moyens et de la part de son revenu à redistribuer, limitée par un plafond . Le statut universel d'ancêtre, y compris adoptif serait le modèle du lien . Je dirais même que les enfants pourraient avoir une triple filiation : un totem collectif annuel, par exemple ; la filiation par la sang valable pour tous et justifiant d'un droit de lien dans tous les cas . La filiation par le sang serait clairement reconnue, et jamais niée ou occultée ; mais elle serait séparée du poids unique de la charge éducative, et serait modulable par le niveau d'engagement effectif du parent par le sang ; et la filiation civile définissant les responsables effectifs répondant de l'enfant . Ces derniers seraient décisionnaires des orientations éducatives, mais devrait les présenter devant un conseil de famille élargi qui serait réuni lors des grands passages de la vie enfantine, et qui aurait pouvoir de réserves, d'orientation et de conseil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette définition large de la filiation supprime toute difficulté sur la filiation homosexuelle, et même rend inutile d'en faire une problématique particulière . Pas de droit parental des homosexuels en soi, ou de filiation homosexuelle, mais un droit d'ancêtre partagé de manière égale, donc de manière identique et parfaitement légitime, par les couples éducateurs quels qu'ils soient, sans accepter de créer de différence . Pas de droit à l'enfant, pas d'appropriation de l'enfant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lien de filiation doit établir une obligation communautaire et une responsabilité collective ; un ancêtre doit être responsable pour une part de ses petits-enfants . En particulier, elle serait une obligation des retraités . Le choix de sa descendance pour autant ne doit pas être reconnu : avoir des descendants, quand c'est le cas, doit entraîner une obligation légale . Mais la loi n'interviendrait qu'en dernier recours, après constat de l'échec d'un accord collectif . Au lieu de ne verser des impôts pour les services sociaux ou les allocations familiales, les humains actifs verseraient à des personnes connues, et dont ils seraient aussi chargés d'âme . La garde des enfants serait en effet prise en charge par les ancêtres par rotation amiable, ou arbitrée en cas de désaccord . Au lieu d'être remboursés anonymement, les communautés cotiseraient pour les soins médicaux et seraient des forces de discussion avec les métiers de santé ou d'éducation . Il serait sans aucun doute souhaitable de partager les modes de répartition . &lt;strong&gt;Mais la solidarité ne doit pas passer par un État anonyme, elle doit créer des liens effectifs de solidarité&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a lieu de prévoir une progression du libre choix de l'enfant dans ses liens privilégiés, sans autoriser d'exclusive, source de chantage par les adultes ou l'enfant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une éducation communautaire claire, hiérarchique, basée sur des règles écrites simples, avec des instances de régulation et un conseil de famille basé sur le suffrage en cas de blocage, et des droits modulés selon le niveau d'implication et d'ancestralité des personnes . La responsabilité envers l'enfant doit être équitable avec les obligations réellement assumées . Les instances de régulation des liens de famille, les juges civils, seraient variables et culturellement déterminées, choisies avant tout problème par le conseil de famille, afin que le laïcisme apparaisse pour ce qu'il est, une pitoyable secte moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enfant ne seraient plus un enjeu ou une médiation entre des parents en conflit, puisque la séparation d'un couple ne déterminerait pas complètement la position de l'enfant . Les ancêtres naturels ou par alliance auraient l'obligation de partager la garde et l'entretien . Cette garde serait entièrement déductible des impôts . L'effet serait de diluer dans la communauté humaine réelle la charge des enfants, afin que cette charge soit légère à tous, et non écrasante et inaccessible à un cadre sécurisant, comme dans les familles monoparentales abandonnées . Il n'est pas admissible que la société laisse des mères humiliées par leur pauvreté et par leurs enfants .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les instances de régulation seraient responsable du respect hiérarchique des enfants, par refus de l'abandon éducatif . Un ancêtre tuteur serait nommé en cas de carence, et rétribué par un prélèvement sur tous les revenus de la communauté . Les ancêtres tuteurs cadrants pourraient être tuteurs de plusieurs enfants dans une sorte de crèche communautaire étendue . Leur respect collectif serait très clairement affirmé et assumé par les lois .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les droits seraient gradués en fonction des devoirs assumés . Le séparation des parents serait rendue indépendante de la vie des enfants, dans la mesure du possible . Les familles avec enfants seraient aidées dans le logement par la fourniture de logements adaptés, suffisamment vastes et divisés en parties autonomes, et les ancêtres garderaient un droit d'hébergement dans les biens . Le droit de propriété doit lui-même être divisé entre possession, jouissance, et droit, afin de limiter les changements de domicile suite aux séparations, souvent traumatisantes . La stabilité des enfants serait assurée . Les enfants auraient plusieurs figures d'identification, parmi les sages et les solides des communautés .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils grandiraient libres et un peu sauvages, mais en connaissant la valeur de liens tenus par la réciprocité et le don, plus que l'habitude de recevoir sans contrepartie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils grandiraient en partie, sur des périodes, dans des instances collectives aussi autonomes que possibles, tout d'abord à l'école, réformée avec un maximum de responsabilisation collective, y compris au plan économique . Des périodes de vie commune de groupes s'y ajouteraient, apprenant la vie en communauté, une certaine austérité gaie, l'art des jardins, de l'agriculture et de l'élevage, apprenant la mer et les forêts, apprenant l'obéissance et l'autorité . Ces républiques temporaires d'enfants seraient visées avec une distance bienveillante par les instances de régulation ; et ces républiques devraient, à l'adolescence, être pluri-culturelles, et créer des liens d'homme à homme solides entre les communautés culturelles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté des couples serait assurée par l'assurance de la liberté et la sécurité des enfants, et la dilution des charges financières . Plutôt qu'une société égoïste, le droit construirait toutes les occasions d'entraide, de soutien, une société fraternelle et solidaire . Et les instances de régulation veilleraient à l'adoption aimante en cas d'abandon, ou de situation d'orphelin . L'obligation au prorata des revenus serait prélevée à la source en cas de fuite des responsabilités . Des parents pourraient ainsi choisir le nomadisme, ou devenir ermites sans abandonner leurs enfants . Un adolescent lui-même pourrait expérimenter le nomadisme . Une telle société peut respecter l'ascète comme la femme aux larges bras .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est clair que les liens communautaires sexuels seraient régulés par l'accord des parties et leurs tradition, laissant le libre choix de modèles polygames ou polyandres, et la détermination de la nature, de la souplesse ou de la rigidité des obligations réciproques . La possibilité de changer de communauté serait assurée par des échanges réciproques, équilibrés par des ressources partagées . De ce fait, il est probable que les communautés les plus agréables à vivre verraient leur population croître .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Laissez vivre une telle société, et vous verrez que le modèle anglo-saxon libéral obsédé par le travail et la croissance, ou le nôtre, peut différent, seraient considéré comme une grande folie, et réservé à quelque névrosés considérés avec mépris . En effet, des groupes humains ont déjà vécu largement selon des règles similaires, mais ont été détruits par la puissance technique . Or la puissance technique commence à s'essouffler .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'inspire par exemple de George Devereux, &lt;em&gt;ethnopsychiatrie des Indiens Mohaves &lt;/em&gt;. Le but du présent texte sera atteint s'il fait comprendre que n'avoir aucune opinion sur les « débats de société » doit être le but des hommes éclairés . Transformez vous ! Transformez le monde ! Ne vous laissez pas enfermer dans les cases du Système !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Redevenir loup. C'est la puissance de l'État qui fait la liberté du marché, comme celle atomique de l'individu. Hors de l'État, la liberté est puissance de la communauté - liberté des Athéniens et du loup - et non droit octroyé des hommes domestiqués, proférant "l'homme est un loup pour l'homme". L'homme est un loup, et le loup est un frère du loup .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-2029226202866752349?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/2029226202866752349/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=2029226202866752349' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/2029226202866752349'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/2029226202866752349'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2012/01/isi-sur-les-liens-familiaux.html' title='ISI : Sur les liens familiaux .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-RqCfCG-vaIs/TxWYxKIdeBI/AAAAAAAABXg/Ptbc61xkYMk/s72-c/austin-osman-spare-strange-attractor.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-4684058818846820376</id><published>2011-12-24T06:11:00.000-08:00</published><updated>2012-01-05T02:44:18.356-08:00</updated><title type='text'>Appel de la IIème Internationale Situationniste Immédiatiste .</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-zkfaVlhW39M/TvXaiD1i7gI/AAAAAAAABWQ/TyiJ6JhLipc/s1600/araki511.jpg"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 306px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5689693982932790786" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-zkfaVlhW39M/TvXaiD1i7gI/AAAAAAAABWQ/TyiJ6JhLipc/s400/araki511.jpg" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Araki)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;De la neutralisation des liens dans le Système &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Face à la puissance du Système, les dissidents que nous sommes, amis – indignés, errants, révoltés, révolutionnaires en quête de cause, jeunes filles romantiques aux bords des rivières, ou artistes cyniques – ne sommes rien, résolument rien .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour garder cette lucidité du néant, il ne faut pas s'imaginer qu'il y ait de sentiment humain dans un système social . Un système social est analogue à un être vivant, il apprend, mémorise, opère des sélections, analogue donc à l'homme, certes . Mais un système donné ne porte son empathie que vers des sujets presque identiques . L'insecte est un être vivant, et la masse des hommes l'écrase avec indifférence – et il en est de même pour l'individu isolé dans le Système, dissident ou pas . Il n'est ni dessein général, ni vision, ni ouïe unique, ni passion, haine, ou méchanceté poussée dans le Système, comme l'imaginent les conspirationnistes . Cette vision est au fond une projection, la projection du sang chaud, et de la passion, sur l'écran indifférent du Système séculaire né du Capital . Léviathan est un reptile, voire une méduse, un dinosaure carnassier, froid, presque aveugle et sourd, qui ne vise qu'à se grossir et à se nourrir davantage, de notre sang comme de la sève des arbres, indifféremment . Les plus puissantes créatures humaines du Système peuvent être broyées, sang et os, par ses développements de puissance, avec la même indifférence que sa fortune les a posées au sommet .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'oligarchie n'est pas tout le Système – nous même sommes des parties du Système . &lt;strong&gt;Dans le procès d'auto-production de lui-même, l'homme produit de l'étranger à lui-même, il produit des êtres, des systèmes qu'il ne maîtrise plus et qui définissent par auto-position leurs propres finalités, leurs entéléchies . Le Système est produit par l'homme, mais lui est devenu étranger, et même dangereux, hostile &lt;/strong&gt;. Les guerres mondiales, l'accident nucléaire sont bien plus, dans la culture, qu'un cycle de mort et de danger, il sont aussi la manifestation violente, intime, que le Système est étranger, hostile, dévoreur de vies humaines . L'homme peut produire ce qui le dévore et être dominé et détruit par cela . C'est pour cette raison que les guerres, comme les accidents nucléaires, sont de tels nœuds de fixation de l'interprétation, alimentent autant de paroles, de livres, de films, sont de tels enjeux symboliques . La mémoire des guerres mondiales, l'inconcevable réalité des accidents nucléaires majeurs, leur vérité faite d'atrocité et de négation de tout espace de vie humaine, est quasi secrète, et couverte de bavardages indéfinis, car leur message relève d'un scandale public, fascinant par sa vérité crue, dans un monde moderne habitué aux mensonges permanent du Spectacle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et de même que le Spectacle produit le Spectacle de la liberté, c'est à dire que les hommes consommateurs prétendus « libres »obéissent statistiquement à l'évidence à la publicité et à la planification de la production ( voir Galbraith, &lt;em&gt;le Nouveau Système Industriel&lt;/em&gt;), ou dit autrement, ne sont pas libres, mais se la racontent libres, de même les hommes emportés par les vagues de l'histoire, broyés par les nouvelles guerres coloniales, se la racontent l'histoire du progrès, progrès du Système comme progrès de l'homme . Les hommes, et c'était évident déjà dans la révolution française, et relevé par Joseph de Maistre, comme c'était évident au XIXème siècle et relevé par Marx, ne gouvernent pas les vagues de l'histoire, ils sont balayés par elles . En 1929 comme aujourd'hui, la gouvernance conçue comme souveraineté est une mythologie . Nous voyons de plus en plus que les Présidents, les Rois modernes, ne commandent pas, mais jouent le Spectacle du commandement – sont des acteurs ou des imposteurs . Voyez la femme la plus riche de France, passée sous tutelle, être au regard vide et sans discernement : il n'est besoin d'aucune qualité pour posséder un empire industriel . Pour se rassurer, les théoriciens du complot croient que derrière les imposteurs sont encore des êtres vivants, qui se cachent, croient que le monde est comme une poupée russe ; mais en réalité il n'est que le vide, et rien, absolument rien d'humain derrière les imposteurs du Spectacle . Un Système n'est pas un objet, il n' a pas de lieu déterminé absolument - il n'est pas de l'ordre du visible, même s'il ordonne le visible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il semble irréel mais il peut écraser tout homme . Il n'a pas de lieu, mais il a une place dans les cycles du temps – il peut être détruit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'est ce que la gouvernance ? C'est l'idée d'un gouvernement technique . Sur le principe, gouvernance, ou gouvernement technique, sont des noms modernes de la Tyrannie . Implicitement, cela signifie que les décisions d'un gouvernement de tel type sont techniques, c'est à dire les meilleures possibles, simples et vraies, et que toute critique de ces décisions relève soit d'une inexpertise, d'une ignorance, soit d'une perspective partisane, « idéologique » . Bref, toute critique d'un gouvernement technique, en dehors de la critique experte concernant « les modalités d'application », est soit ignorante donc illégitime, soit intéressée, donc fausse . Bien entendu, une telle présentation est un mensonge, très proche de l'idéologie de la fin des idéologies : il s'agit de se rendre indiscutable, pure voix de la réalité incontournable, de la force des choses .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pourtant ce mot de gouvernance est porteur d'une vérité profonde : &lt;strong&gt;les gouvernements modernes n'ont pas le pouvoir de transformer le monde &lt;/strong&gt;comme on veut le faire croire encore – et donc, par exemple, les élections modernes ne sont que des plébiscites du Système, et les partis anti-système des idiots utiles qui légitiment ces plébiscites . Les gouvernements modernes ne peuvent que discuter des « modalités d'application » des transformations fonctionnelles au Système, transformations qui sont nommées « réformes », et racontées par la propagande comme l'histoire d'un « progrès », alors que chacun vivant dans l'économie du Système, dans son cœur voit bien qu'il s'agit de l'histoire d'un asservissement toujours plus rigoureux – et peut accéder par sa raison à des informations quantitatives qui le montrent au delà de tout doute possible . L'oligarchie rétablit lentement un ordre d'exploitation de fer sur ses esclaves, après les atermoiements liés à la peur du communisme pendant la guerre froide . Le pluralisme social est mort, et seule règne la pure logique du Capital . L'État est instrumentalisé comme serviteur des intérêts de l'oligarchie, comme superstructure de coercition du Système, faite essentiellement de forces de police polymorphes . L'effondrement de l'URSS confirme Marx dans les pays capitalistes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme dit Vaclav Havel, nous sommes les sans-pouvoir . Et il ne me semble pas possible d'acquérir une puissance sans un minimum d'organisation, ne serait-ce que celle, notée justement par Havel, d'agir de manière synchrone par le détachement individuel . Si déjà nous savons, ne serait-ce que par des sourires entendus, que nous ne croyons pas au bourrage de crâne du Système, nous savons synchroniser notre présentéisme au Système, notre absence de zèle – la première résistance des esclaves . L'URSS a tout d'abord souffert de cette absence de zèle . Il serait bien fol, l'esclave qui se passionne pour le travail, qui cherche à ex-ister hors de son néant radical de bloom par une activité asservie, et qui croit qu'il va se réaliser au travail ! Ne voit-il pas que son maître applique le principe de Debord : &lt;em&gt;ne travaillez jamais &lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté règne comme jamais dans l'histoire du monde, claironnent dans le vide, et face aux têtes baissées de la foule qui regarde ses pieds, en commençant à sentir que quelque chose ne va pas, entre les dettes et le pôle emploi et l'arrogance des employeurs, les journalistes stipendiés de l'optimisme officiel . &lt;em&gt;Quelque chose est pourri au royaume du Danemark&lt;/em&gt; . Comparable à l'URSS : &lt;strong&gt;la vie est devenue meilleure ! &lt;/strong&gt;, tel est le cri du Système, dans le monde de la crise et de Fukushima .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelque chose est pourri au royaume du Danemark - Pourtant, et comme dans les modèles totalitaires, le stade actuel du Système rend la réalisation d'organisations dissidentes très difficiles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Analogue aux modèles totalitaires, le Système tend a s'assurer le monopole des liens entre les hommes : liens des sociétés anonymes, liens des dettes, lien « contractuel » du droit du travail, lien du mariage et du pacs, qui sont des contrats ; lien des associations, soit innocentes et fragmentaires, et par là fonctionnelles, comme les clubs de sport ou les sociétés de charité, soit clairement fonctionnelles, comme les grands clubs de sports populaires qui produisent de l'unanimité électorale chez les esclaves sur le modèle des jeux romains, liens des réseaux sociaux . Le Système tolère les liens familiaux, et le Rotary Club, mais réprime les ligues dissoutes, l'appartenance à une « bande », l'association de malfaiteurs, encore plus d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, comme l'ANC de Nelson Mandela, ou le féroce Julien Coupat .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Système fait des hommes des individus, des atomes ; puis il veille jalousement à ce qu'ils le restent, au nom de la sauvegarde de leur liberté . Le Système est prêt à s'assurer de ta liberté même contre ton avis – car il définit la liberté indépendamment de ton avis, évidemment . Ce n'est pas être libre, par exemple, de rentrer librement dans une association polygame ou polyandre ; ce n'est pas être libre de se prostituer, et c'est absolument librement qu'on choisit d'être caissière ou agent de surface . Ce n'est pas être libre et ne pas se respecter que de désirer se couvrir le visage en public, pour cacher quoi, hein ? C'est être libre et affirmer son respect de soi que de s'habiller à la dernière mode exactement comme tous les autres . Ce n'est pas être libre de respecter une tradition religieuse en croyant le faire volontairement, si elle est contraire aux cadres du Système . C'est être libre de respecter une tradition religieuse en croyant le faire volontairement, si elle est conforme aux cadres du Système . Ce n'est pas être libre de ne pas croire du tout à la liberté et au progrès dans le Système, c'est être prisonnier d'une idéologie réductrice et inhumaine . C'est être libre de croire librement à l'idéologie racine et au Spectacle . Ce n'est pas être libre de donner trop d'argent à quelqu'un pour des motifs futiles, parce qu'il nous sort d'un ennui mortel, cela mérite la tutelle . C'est être libre d'en donner des valises à un parti politique, pour une élection ; c'est ne pas être libre d'en donner à une secte . C'est être libre, pour un adolescent, d'être un no-life obèse, tu es libre de jouer, &lt;em&gt;merdre&lt;/em&gt; . C'est être au maximum de sa liberté de faire chaque semaine ses courses au supermarché, et ainsi de participer à l'oeuvre salutaire et libre de sélection des meilleurs produits et des entreprises les plus performantes par l'effet magique de la concurrence . Et c'est librement que tu te places sur le marché du travail . Big Brother sait mieux que toi ce qu'est être libre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle belle connerie, quel conte idiot, quand même, que notre monde, dans l'état pitoyable où il se trouve . Le plus fort, c'est que les hommes modernes ont tellement, tellement de liens avec ce Système, qu'il leur est devenu indispensable de croire en l'idéologie racine, parce que sinon leur vie leur apparaîtrait telle qu'elle est au fond, une vie de rats emmurés, emmenés vers une destination inconnue mais menaçante par un Titanic ivre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même la littérature syndicale et politique dite d'extrême gauche – SUD, le NPA - est complètement structurée par les logiciels du Système, entre leur respect maladif et jargonnant des Genders, placés avant la lutte des classes en permanence, la libre circulation des particules humaines, leur incompréhension que la force des sans force est le lien, la force des clans gitans . Le genre, par exemple, n'est pas une qualité individuelle accidentelle à une personne qui la choisit seul, « librement » dans la conception de l'idéologie racine, qui assimile isolement social et liberté . Le genre est le pôle d'un lien ; on est d'un sexe parce qu'il en est un autre, comme on est fils parce qu'il est un père, et non par libre choix individuel . Qui veut choisir son genre doit commencer par trancher tous les liens, ou être effectivement sans liens, devenir de fait cet atome libre de droit, ou encore proie pour tous par une ruse d'inversion classique du Système, que les dispositifs du Système vont ordonnancer pour la bonne gouvernance au service de la production . Pour ceux qui savent, l'individu transgenre, l'atome libre de droit et libre-circulant, est très exactement &lt;em&gt;l'homo sacer &lt;/em&gt;d'Agamben, un intouchable, sans personne d'humain qui réponde de lui – sa « liberté » réside dans la fiction, dans le fait de se la raconter à soi-même – sa « liberté » lui vaut d'être livré pieds et poings liés au Système . Il n'y a pas plus spontanément hostile au Genre qu'un clan gitan communautaire, vous pouvez aller vérifier . Un membre d'un clan est tout sauf un atome qui choisit ce qu'il est, avec personne qui réponde de lui . Il se trouve aussi dans cette littérature d' « extrême gauche » des revendications sans critique ni recul à l'augmentation des « droits », des revenus des salaires et des quantités de marchandise « pour vivre dignement », mesurant la dignité par l'argent et la marchandise, ce qui est justement le message du Système à ses esclaves .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'extrême gauche électorale exprime la vacuité bornée de la classe moyenne dominée des petits employés, enivrés à l'école d'idéologie julesferriste, et qui y ont cru . Ils y croient encore, et se présentent tout propret comme des petits cochons de Tex Avery aux élections . C'est vraiment effrayant de limites – quelle farce, quelle triste farce, là encore .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que même le pauvre Houellebecq, qui sait si bien dépeindre le cauchemar blanc qu'est la vie dans le Système, son manque radical d'enjeu vital, son ennui omniprésent et morbide, et la recherche désespérée d'expédients par les hommes – la drogue, le meurtre, le sexe au plus haut degré comme le héros d'&lt;em&gt;American Psycho&lt;/em&gt;, la violence, les sports esssssstrèmes, la connerie pure et simple du supporter, le délire progressiste des Gender, les mondes imaginaires des jeux de rôle ou en réseau, le conspirationnisme...toutes ces recherches qui sont précisément analogues à celles des hommes exaspérés de l'intérieur, enfermés dans une prison . L'exaspération produit cette surenchère de délire massacreur que retrace si puissamment &lt;em&gt;Gullo Gullo&lt;/em&gt;, roman clef pour le monde moderne de Bulatovic .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(&lt;em&gt;Aparté en passant, pour les Jean Baptiste qui aplanissent les voies du Grand Roman à venir, et regardant la route qui poudroie, et l'herbe qui verdoie, ne voient rien venir : ce grand roman est écrit et publié, nous l'avons vu, mais ce n'est pas le livre qui manque, c'est la capacité de le lire à son niveau de pensée, sans s'y chercher soi-même, sans se placer comme mesure &lt;/em&gt;.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que même Houellebecq donc, cet être veule et faible, en vienne à considérer que le Système est un beau truc libre à défendre contre de méchants terroristes extérieurs, quelle vision de l'âme des hommes modernes, aspirés par le nihilisme, terrorisés par eux-même, se refusant définitivement à la morsure de la lucidité, du désespoir . Ces hommes s'aveuglent volontairement, se percent les yeux et le cœur de poignards pour ne pas renier leur vie, leur humanité pleurarde trop repue pour vivre debout . &lt;strong&gt;Qui peut être lucide sans voir à quel point les ténèbres qui menacent notre monde sont internes à ce monde, sont des cauchemars de ce monde qui ne cessent de percer, comme étant la manifestation tangible du caractère cauchemardesque de ce monde &lt;/strong&gt;? Nous marchons dans les vestiges, dans les ruines d'un monde humain, avec les souvenirs de mondes humains – cela nous protège encore, permet le maintien d'îles de raffinement et de noblesse - mais le monde réel, pratique, dans son organisation globale, n'est déjà plus, insidieusement, une civilisation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se retourner, sortir du chant des sirènes, comme Ulysse, c'est une libération qui passe par les liens – par l'ordre contre sa propre liberté, contre le soi-même qui écoute le chant des sirènes du Système . C'est s'organiser, comme dit le Comité Invisible, « &lt;em&gt;être du côté de ceux qui s'organisent &lt;/em&gt;». Mais comment ? Pourquoi est-ce si difficile, et si décevant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si nous jetons un œil rétrospectif et actuel sur les puissantes organisations existantes, nous voyons les règles suivantes . Tout d'abord, l'organisation, de ce fait qu'elle opère des sélections collectives, est nécessairement une contrainte pour ses membres . Elle n'est évidemment pas qu'une contrainte : elle est aussi une puissance, par exemple . Mais elle est aussi une contrainte . Il existe donc, de manière évidente ou non, des séries de motivations pour pousser un être humain à devenir membre d'une organisation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxième point essentiel, les organisations traditionnelles de manière habituelle motivent par de nombreuses raisons, et non par une isolée . Mais les organisations modernes isolent les motivations, et les plus puissantes s'appuient sur le besoin physiologique, par ce que le monde moderne a isolé sous le nom d'économie, ou ensemble des activités de production ou de répartition de richesses – en considérant que les services sont des activités visant à obtenir des richesses, donc des activités de répartition . En vérité, la chevalerie médiévale est un service du grand seigneur capable de nourrir et de loger les chevaliers, par exemple . Un très grand nombre de liens humains sont liés aux richesses : la clientèle romaine, qui passe par le don de nourriture, le système féodal, qui passe par le fief, ou la mafia, qui passe par le contrôle et la répartition des revenus des activités interdites, donc plus dangereuses, exigeant la pratique de la violence et le secret .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les liens de religion, dans l'Église par exemple, ne sont certes pas essentiellement économiques, pas plus que le lien féodal ; mais les fonctions religieuses sont en général liées à des moyens d'existence, même modestes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que je veux dire, c'est que les liens des organisations traditionnelles s'appuient aussi, comme garde-fou, sur le besoin ; c'est à dire qu'il est de ce fait malaisé d'en sortir . Le chevalier sans terre devient un faidit, un chevalier en fuite, un rônin au Japon ; l'homme de l'honorable société a ses antécédents, ses revenus, ses ennemis ; le curé a peu de chances de trouver un emploi aisément . Dans les organisations traditionnelles, le besoin a une place, mais le besoin n'est pas l'unique motivation d'appartenance . Au contraire, les plus puissantes organisations modernes sont puissantes par l'instrumentalisation du besoin : les besoins vitaux sont une arme d'asservissement dans la société moderne, et l'homme n'en est nullement libéré, sinon dans le Spectacle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une organisation qui partage des biens a des membres sans difficulté ; ainsi la police trouve aisément ses hommes de main, comme toutes les entreprises trouvent leurs salariés, et plus aisément encore les cadres, ceux à qui ont fait croire qu'ils sont du côté du pouvoir pour les porter à pressurer les autres serfs, mais qui découvrent qu'ils ne sont pas du côté du pouvoir quand on les licencie pour leur âge, ou après une faute minime, comme ce préfet qui avait gardé des meubles et des bibelots de sa Préfecture, quand les chefs peuvent tout se permettre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les partis politiques reconnus distribuent des fonctions, des prestiges, et les opulents revenus de la République – comme dit Hollande, &lt;em&gt;si je suis élu, personne de mes amis ne sera à l'écart de la table&lt;/em&gt; ; ou comme le proverbe africain, &lt;em&gt;là où la chèvre est attachée, là elle broute&lt;/em&gt; . Par cette puissance de distribution de gratifications, ils ont énormément de membres ; la motivation est le partage des biens . Il peuvent n'avoir qu'une unité idéologique très lâche, des membres parfaitement stupides ou méchants, des escrocs, il n'en resteront pas moins puissants grâce à l'argent de l'État . C'est à dire que les services de l'État, le Spectacle, les grandes entreprises, les collectivités territoriales, les partis et les syndicats forment une unité systémique – ils sont les sous-systèmes locaux coordonnés du Système mondial – dont les conflits sont très largement valables pour le Spectacle d'abord, et pas du tout essentiels en réalité . Ils s'assurent ainsi le monopole de la redistribution légitime de richesse, donc de la première puissance de création et de maintien du lien social, et le monopole de l'énonciation du droit, de la morale, et de l'exercice de la violence légitime - toutes puissances dont ils ne se privent pas d'user largement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La solidarité globale des différents sous-systèmes fonctionnels du Système, en France ou ailleurs, est assez évidente pour être pas davantage montrée . Au plan individuel, des rivalités impitoyables peuvent naître ; on peut soutenir un homme pour obtenir un place dominante dans une grande organisation financière internationale, puis le détruire avec acharnement s'il menace un pouvoir personnel ; mais toutes ces rivalités restent parfaitement fonctionnelles, ne serait-ce qu'en permettant la prospérité du Spectacle . De plus, le financement légal des partis politiques en fonction du nombre de leurs élus crée l'unanimité des partis existants : aucun parti nouveau ne peut aisément apparaître face à des partis ayant de larges financements à redistribuer . La puissance des hommes politiques et des partis actuels ne tient qu'à ce clientélisme ; si la source se tarit, aussitôt l'homme, le parti sont abandonnés . En 1995, la cohorte infinie des amis de Balladur a disparu en quelque instants à l'annonce de sa défaite . En 2007, la victoire de Nicolas Sarkozy l'a rendu de gauche pour &lt;em&gt;Charlie Hebdo &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Système est puissant de toutes ces clientèles superposées qui quadrillent les villes, les régions, les États, les continents . Il suffit de souligner que pour neutraliser la plupart des puissances d'organisations qui pourraient menacer le Système de domination en place, il a suffit, en 1901, de créer les associations à but non-lucratif . Il existe ainsi deux types légaux d'organisations : les sociétés à but lucratif, strictement définies dans leur organisation pour être fonctionnelles, produire, vendre ou acheter ; et les associations à but non lucratif, dont les formes d'organisation sont aussi définies par la loi sur le modèle démocratique, donc conformes et impuissantes à faire d'importants écarts – la police, ou l'oligarchie, elles, ne sont sûrement pas organisées ainsi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une organisation féodale est par exemple à but lucratif, mais définit ses liens de manière non conforme à ceux internes à une société à but lucratif légale ; il s'ensuit qu'une telle organisation est éliminée d'office, interdite . La liberté d'association est un mensonge dans le Système : les associations ne peuvent expérimenter des ordres de liens non conformes aux modèles pré-donnés, et donner force contraignante à ces ordres nouveaux, car le Système s'assure de la liberté individuelle, même volontairement engagée . A titre d'exemple, la République a pu disperser des communautés monastiques contre la volonté des moines, au nom du caractère inacceptable juridiquement des liens perpétuels . Autre exemple, il pourrait appartenir, dans une optique contractuelle, aux conjoints d'un couple de définir librement leur type de lien, par exemple de poser ce qui leur apparaitrait comme une faute justifiant une rupture – ce qui n'est pas le cas .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, limiter strictement le droit des organisations à distribuer des biens, c'est en réalité s'assurer de la neutralisation complète de toutes les organisations qui pourraient être non-fonctionnelles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ? La question que nous posons est celle de puissances d'organisation existant parmi les serfs salariés, ou chômeurs, atomisés avec soin, ou reliés à des organisations fonctionnelles . Le Système s'assure, de manière stable et durable, que jamais la pression du besoin n'amènera des hommes à s'intégrer dans des organisations qui lui sont hostiles . Il s'assure le monopole de la satisfaction des besoins vitaux et de la distribution des richesses, le monopole de toutes les formes de lien de clientèle ou de rétribution légitimes . Il annule toute résistance organisée de manière somme toute très simple . Malgré le désaveu massif des partis et des syndicats existants, rien de nouveau n'a pu naître et bousculer le Système . Aucune grande pensée de sortie – pourtant, Dieu sait qu'il y en a eu – n'a pu s'affirmer en Europe . Malgré les indignés, l'immense insatisfaction est étouffée, ou canalisée vers le Front National, instrumentalisé en défouloir et repoussoir, permettant de dire « nous ou le chaos », aux dirigeants absolument vides de solutions du Système . Sans besoin, le plaisir devient la principale motivation des organisations et des liens existants en dehors des formes prévues .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelles sont les grandes organisations visibles dans le Spectacle ? La motivation de ces organisations est en général, je le répète, le plaisir, le loisir . Les associations (externes aux entreprises et aux partis établis) les plus puissantes en France de ces dernières années sont les associations sportives, les collectifs gays et lesbiens et les associations de chasse et de pêche . La simple puissance de ces associations leur permet d'obtenir des droits particuliers tout à fait saisissants . Il y a plus d'argent dans les clubs de foot, ces trucs débiles, que dans les Universités ou dans les Musées, et les niveaux de salaires y sont assez copieux ; un footballeur gagne parfois en un mois le salaire d'une vie de chercheur . Les gays et lesbiens sont plus puissants que les catholiques, par exemple, alors qu'une communauté fondée sur l'orientation sexuelle apparaît extraordinairement superficielle et post-culturelle ; enfin &lt;em&gt;Chasse Pêche nature et Tradition&lt;/em&gt;, une communauté basée sur le loisir, sans aucune perspective globale, a pu rassembler plus que les partis nationalistes régionaux . Les teufeurs, ou les surfeurs, sont également aussi visibles que les Indignés, voir plus . Bref, des finalités sectaires et immatures forment des organisations parfaitement fonctionnelles . Qui peut croire que l'unité humaine se suffise de l'orientation sexuelle, du foot et du surf, ou de la distinction entre les vrais et les faux chasseurs, et pas de la langue maternelle, par exemple ? Une telle lacune, une telle immaturité ne peut se comprendre que pour des êtres humains complètement dépendants d'un Système matriarcal, qui s'assure gentiment de la satisfaction de leurs besoins matériels, et leur dit de regarder la télé, de jouer, de vivre leur vie sexuelle librement et de trimer comme des abrutis, pendant qu'il s'occupe de tout le reste, c'est à dire de l'histoire . Un surfeur, c'est un grand enfant qui croit que l'essence de la vie humaine est de jouer indéfiniment tout nu sur la plage . Un jeune gay est un fêtard drôle et original ; un vieux, c'est une horreur de vacuité défoncé à la cocaïne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trop de révolutionnaires ne veulent pas voir l'abrutissement des masses . Si X% d'une population a des croyances d'abruti, croit qu'il suffit de jeter les étrangers à la mer ou de porter le smic à 5000 euros pour résoudre tous les problèmes, cela ne signifie pas seulement qu'il faut apporter au peuple des informations, l'information est disponible depuis des décennies . Cela signifie que les abrutis ont des croyances d'abrutis, et qu'il ne changeront plus facilement . Plus l'abrutissement est ancien, plus il est difficiles de sortir de l'abrutissement, puisque les mécanismes de défense de l'ego défendent l'abrutissement lui-même de plus en plus, pour ne pas permettre de considérer tout le récit de la vie comme une vacuité ridicule et illusoire . Une organisation de masse dans le monde moderne semble condamnée à avoir une propagande simpliste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'ensuit déjà que l'ambition de créer des organisations compactes d'Avant-garde, peu nombreuses mais puissantes, capable de rassembler sans se trahir trop vite, me semble déjà une grande ambition . Et que les 99% des indignés se leurrent sur la profondeur de l'enracinement du Système, sur la collusion des esclaves à leur exploitation, sur les énormes difficultés qui se posent dans la création de liens puissants, capables de balancer le Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donnez à une organisation révolutionnaire européenne les moyens de la police nationale française, et vous verrez que la capacité à financer des recherches, à faire de la propagande, à entretenir un maillage territorial, des écoles de formation à la subversion, aux modes de déstabilisation et à l'action, à entretenir de vastes internats, des flottes de véhicules capables d'intervenir en masse, etc...ferait de cette organisation un danger massif et mortel pour l'Europe de la crise de la dette, et des gouvernements tenus par des employés des banques d'affaires . Équiper les opposants libyens a fait d'une opposition impuissante une force capable de détruire le sous-système local . Mais ces moyens, nous ne les avons pas et nous ne les aurons pas .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lutte contre une tyrannie ne peut se faire sur les points où elle est forte, comme la lutte armée – ce qui illustre que les cas de lutte armée résultent le plus souvent d'une intervention étrangère masquée – mais sur les points où elle est faible . Et je crois que la tyrannie moderne est faible avant tout sur son impuissance de plus en plus manifeste à donner du sens à l'ensemble de la vie humaine . Les perspectives données à la jeunesse – une vie de travail sur des salaires faibles à rembourser une dette fantomatique pour une retraite à 78 ans, en regardant les festins de l'oligarchie – ne peuvent être admises avec résignation que par des générations déculturées et profondément immatures . La masse des hommes peuvent rester ainsi, mais sûrement pas un nombre significatif de gens qui prétendent avoir une vie un peu humaine et découvrent lentement le Système tel qu'il est, derrière le Spectacle et l'éducation reçue : une structure cynique d'exploitation qui se pare des grands mots de Démocratie et de Liberté .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette découverte essentielle, même assortie d'une détermination au combat, ne suffit pas à créer des êtres capables de lien, capable de s'organiser efficacement . Si nous regardons le XXème siècle, la capacité à rentrer dans des liens inconditionnels est une compétence qui s'est toujours forgée dans des luttes très dures, la lutte contre une dictature policière pour les bolcheviks ou les dissidents, les résistants ; la guerre totale pour les anciens combattants, voilà ce que furent par exemple le parti bolchevik de 1917 ou le C.N.R . Le Système se garde bien d'offrir de telles possibilités par une répression excessive, ou collective .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Créer un réseau sans mémoire d'épreuves, je le tiens pour immensément difficile . Nos épreuves ne peuvent être comparées qu'à celles des Lumières, ou à celle des intellectuels des peuples colonisés dans les années d'avant 1945, une grande patience sous un régime à la fois vaguement bienveillant par indifférence et curiosité, discriminatoire et hostile aux moments cruciaux . Nous avons besoin d'une puissance idéologique capable de détacher des hommes de l'idéologie libérale ; nous avons besoin de pratiques collectives de refus ; nous avons besoin d'une réflexion sur le mode de vie individuel qui permette une dissidence consciente et méthodique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons besoin d'espaces de lutte où nous construire comme dissidents . Nous cherchons la voie de la dissidence dans le régime capitaliste, et le pouvoir des sans-pouvoir . Vaclav Havel comme Gandhi la nomment : se-tenir dans la Vérité . Nous devons faire l'effort de penser une alternative aux moyens de communication du Système, et nous n'en avons pas le courage pour l'instant . Il y a tant de choses à faire . Nous sommes vaincu, mais d'une défaite sans sujet .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous devons retrouver un chemin de combat .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes un ordre, et j'invite tous ceux qui le veulent à commencer à penser ce retour, à penser ces retrouvailles avec le combat social, politique et culturel par delà les partis et les idéologies du passé . &lt;strong&gt;J'annonce que l'Encyclopédie va commencer, dans le cadre d'un congrès fondateur de la deuxième Internationale Situationniste Immédiatiste, à recenser les expériences locales des combattants, indignés militants, poètes, artistes, de tous les hommes – êtres humains libres qui ont vécu l'expérience amère des difficultés du combat &lt;/strong&gt;. Un mémorial pour avoir une puissance et une pensée collective de reprise en main du destin de l'homme par lui-même, contre la puissance aveugle du Capital .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'agit de simplement refuser le vide du monde moderne comme étant l'expression de la force des choses, ou encore de crier que la victoire actuel du Système n'a rien d'éternel – les hommes des mondes ont posé tant de mondes, et ils en poseront encore . Tout Empire périra – et Babylone périra , et tout indique que cette chute énorme risque d'être un drame global.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ordre actuel du monde est en soi une crise de l'humanité . &lt;strong&gt;Et si la victoire nous échappe, avoir pu combattre est déjà une victoire de la liberté &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'esprit de résistance doit supplanter toutes nos immondes résignations . Il y a encore tant à vivre, à aimer, à rire, à souffrir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-4684058818846820376?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/4684058818846820376/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=4684058818846820376' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/4684058818846820376'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/4684058818846820376'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/12/appel-de-la-iieme-internationale_24.html' title='Appel de la IIème Internationale Situationniste Immédiatiste .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-zkfaVlhW39M/TvXaiD1i7gI/AAAAAAAABWQ/TyiJ6JhLipc/s72-c/araki511.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-8745316499134838563</id><published>2011-12-17T05:35:00.000-08:00</published><updated>2011-12-17T06:13:07.890-08:00</updated><title type='text'>ISI : De la révolution dans la nature et la culture, ou de Voltaire à Rousseau .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-2i80p6oKI8Y/TuyiTtiv2pI/AAAAAAAABV4/9G_WhaD7rB4/s1600/378552_2006202889441_1674731203_1387241_212196187_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 266px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687098888988646034" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-2i80p6oKI8Y/TuyiTtiv2pI/AAAAAAAABV4/9G_WhaD7rB4/s400/378552_2006202889441_1674731203_1387241_212196187_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Sur les raffinements de la civilisation : estampe japonaise)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des lecteurs malintentionnés, ou simplement trop rapides, pourraient croire que l'Encyclopédie du Souterrain est hostile à la civilisation et à la culture . Mais un tel jugement est une erreur, fondée sur la terreur morale capitaliste qui depuis la naissance du Système équivaut la civilisation au maintien du Système, et accorde généreusement la barbarie à tout homme luttant contre le Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En vérité, c'est le Système qui depuis l'origine détruit la culture et la civilisation . Car la culture et la civilisation depuis toujours reposent sur l'Otium, le loisir, ou encore le détachement des tâches serviles de la survie biologique, alors que le Système ne cesse depuis toujours d'élargir, d'extensifier et d'intensifier, les zones de survie biologique dans la société . &lt;strong&gt;Faire partie du jeu, dans la société moderne, signifie non pas seulement comme dans la Cité antique pouvoir assurer sa vie ; mais entrer pour l'essentiel dans la logique salariale pour pouvoir s'exprimer via internet, se déplacer en véhicule, voir des œuvres d'art, acheter des livres...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;A chaque fois que par la technique est crée un nouveau médium de communication, la fréquentation des anciens média diminue . A moins d'accepter l'isolement, ne se déplacer qu'à pied et ne parler qu'à vive voix aujourd'hui est une forme de mort sociale . Ces médias sont désinvestis par les hommes, comme les chemins de la forêt de Brocéliande, j'en atteste, sont envahis par les ronces en dehors des routes à touristes tracées au buldozer . &lt;em&gt;Nos interactions sont médiatisées par la technique et des services vendus par le biais du marché ; ou encore le lien social est lui-même investi par le marché&lt;/em&gt; . Il convient cependant de voir dans quelle mesure &lt;em&gt;le média est le message&lt;/em&gt;, selon le mot de Mac Luhan afin de s'assurer que &lt;strong&gt;l'homme qui vous parle du marché, contre le marché, dans le cadre du marché, n'agit pas uniquement en fonction de ses intérêts en terme de marché &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème est le même dans une prison ou dans une université partenaire de grandes entreprises : l'homme doit passer par les moments et les passages autorisés pour lutter en faveur de sa liberté . En prison, le parloir, les rites religieux, la bibliothèque, peuvent passer des plans d'évasion cryptés ; et les canalisations peuvent aussi passer des messages, ainsi le morse frappé sur les tuyaux de chauffage . Il est impossible à la direction de faire pleine confiance aux gardiens, de même aux autorités hiérarchiques de faire pleine confiance en la direction . En vérité, le Système et ses cadres peuvent laisser des interstices pour faire naître et germer le négatif dans son fumier ; les racines peuvent lentement, dans les souterrains, faire éclater le rocher .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment s'assurer que le message chuchoté de l'évasion est fou, ou fiable ? Il n'est qu'une réponse . Cette réponse est la même que pour une arme . Ce n'est pas l'arme qu'il faut redouter, c'est l'homme qui la tient, a dit Mesrine . Il en des de même des mots : vous ne pouvez vous assurer que celui qui vous les donne est un homme de parole et liberté, ou un vendu et un espion – sinon qu'en remontant le fil des mots, comme on va vers la source .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le révolté a besoin de faire confiance, comme le résistant : il remet sa vie entre les mains de quelqu'un qu'il n'a pas le temps de connaître dans l'épreuve . La confiance est vitale, et donc l'exigence la plus haute &lt;/strong&gt;. Nous ne pouvons réellement parler qu'a des gens qui comprennent la valeur du fanatisme le plus absolu . Nous ne pouvons accorder aucune importance, aucune valeur, à la parole de quelqu'un qui hésite, ou qui embrouille et complexifie à merci par narcissisme . C'est n'est pas une question de valeurs dans l'absolu, une philosophie, mais la réalité pragmatique la situation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La force du révolté, c'est le réseau, l'organisation ; donc la confiance, la loyauté, le fanatisme, le sacrifice de soi&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rousseau représente le révolté isolé, solitaire, qui croit qu'en se déliant de tous les liens du Système il va vers la liberté . Le Rousseau moderne quitte tous les médias électroniques, quitte l'économie salariale, rêve d'être à lui tout seul une base autonome durable, de revenir à l'agriculture . C'est un rêve qui s'oriente vers la mort d'hommes isolés, car l'isolement est une faiblesse .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fermeture est en cours dans les médias du Système, mais elle est toujours en cours jusqu'à la mort de tous les hommes, car la fermeture absolue est hors de portée de la plus grande force déployable par le totalitarisme le plus radical . Il en est de même de l'économie : les hommes sont contrôlés aussi parce que les aliments sont contrôlés par le Système . Il est possible de parler d'armes médiatiques, ou d'armes alimentaires, quand le fait de sortir des voies du Système devient non seulement très difficile, mais même purement et simplement interdit par la Loi . Oui, la loi républicaine interdit de vendre des légumes dont les semences ne sont pas achetées aux semenciers ; et une énormité aussi incroyable, une telle gifle aux libertés les plus infimes de l'être humain est inaudible dans le monde du Spectacle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Système s'assure par investissement, mais aussi par la violence d'État, le monopole effectif de la socialisation ou de l'approvisionnement . Sortir des liens sociaux du Système est une tentation pour se libérer du système . Mais en vérité, &lt;strong&gt;ce n'est pas un homme seul qui survit dans les hordes d'hommes agriculteurs ou chasseurs : c'est un groupe humain organisé par des liens très forts &lt;/strong&gt;. Une groupe humain, par analogie avec une personne, a une organisation, une mémoire, des modes de décision . Un groupe humain organisé apprend ; il est des apprentissages, des compétences collectives que la tradition du groupe transmet d'homme à homme . Le maintien de la tradition et de l'ordre est comme le sang et le souffle de l'être humain, une nécessité vitale . L'analogie ne va pas trop loin : la mémoire et l'apprentissage collectifs ne sont pas des données objectivables dans l'intérieur du groupe global, au contraire d'un manuel qui enseigne les compétences d'un individu, ou d'un référentiel de compétences d'une profession fonctionnelle dans un Système social plus complexe . Il ne peut exister de manuel individuel des compétences collectives d'un groupe ; les compétences collectives sont véhiculées par les médias eux-même, par les symboles, les mythes, les rites, le droit...Le groupe, son organisation et sa force sont une intelligence collective qui ne peut être consciente complètement dans un individu, sinon dans le pouvoir spirituel du groupe, comme un secret symbolisé, occulté - car ce savoir individuel des sources de la puissance collective est aussi un point de fragilité, un talon d'Achille du groupe . Un groupe organisé historique est indéfiniment plus qu'un homme isolé . Dans un clan traditionnel, celui qui trahi le clan, qui se retrouve seul, est tué par son isolement : il n'est même pas besoin de le tuer par la main de l'homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les groupes humains autonomes ne sont pas comme les hommes asservis par le Système des collections quantifiable d'individus isolés, mais des organisations à la fois souples et rigoureuses, comme l'organisme d'un félin . &lt;strong&gt;Les compétences individuelles ne peuvent se réduire à la maîtrise technique de l'agriculture ou de la chasse : elles comportent des compétences sociales extrêmement sophistiquées, complètement anéanties par la vie dans la société moderne&lt;/strong&gt; . En particulier, ces groupes développent un enseignement de liens humains inconditionnels, d'une loyauté au groupe à toute épreuve, jusqu'à la mort .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or les hommes modernes produits par le Système sont incapables de comprendre la loyauté ; ils ne pensent qu'en terme d'intérêt individuel et de contrat, alors que le lien de loyauté est en dehors de tout compte, est inconditionnel . &lt;strong&gt;C'est à dire que la survie autonome d'hommes passe par la reconquête d'une puissance de lien de fer&lt;/strong&gt;, et ce type de lien ne se trouve aujourd'hui que dans la guerre civile du sous-prolétariat capitaliste, ou dans l'expérience de la guerre . Ce type de lien est valorisé dans les groupes criminels nés de la rue, et il est cette force collective que les anciens combattants des grandes guerres avaient retrouvé par miracle à leurs propres yeux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les groupes vainqueurs, ou qui ont mis en bascule le capitalisme dans le passé avaient justement développé ces liens de fer&lt;/strong&gt;, soit par la résistance bolchevique dans la dictature russe, soit par l'expérience de la guerre – c'est à dire par la résistance collective à la mort . La dureté de l'aristocratie révolutionnaire léniniste n'est pas née de l'embourgeoisement démocratique qui a touché le marxisme démocratique et a fini dans l'impuissance du Spectacle démocratique et des &lt;em&gt;gender studies &lt;/em&gt;modernes&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; ultime dégradation, consternante, de la pensée de gauche demarxisée .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons besoin de cette puissance du lien inconditionnel . Ce n'est pas par hasard que la France a pu modérer fortement le capitalisme par le programme du Conseil National de la Résistance, ou qu'Israël a pu naître au creuset du Kibboutz . La résistance nationale a pu donner à des groupes sociaux, comme les Corses, une telle résistance irréductible ; mais je crois que le temps des Nations, nées du triomphe de la bourgeoisie, et instrumentalisées par elle pour morceler et affaiblir la puissance politique et culturelle des organisations humaines concurrentes de son règne, doit être dépassé . Faisant retour à Dante, nous nous prononçons pour une vision impériale, pluraliste, de la diversité infinie et légitime du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les nations ne donnent plus la puissance de lien qu'elles ont pu donner&lt;/strong&gt; . Les nouveaux penseurs doivent aller vers l'Empire, l'idée d'une puissance impériale capable de refonder une civilisation . C'est bien sûr une vision capable d'unir, le symbole de création de liens inconditionnels . La politique doit reprendre ses droits, et remettre à leur rang subordonné les producteurs de richesses . Le programme du CNR est à ce titre parfaitement actuel .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La société humaine est une grandeur, une jouissance, un ensemble de commodités . Le luxe qui élève vers le Ciel par anagogie est une bonne chose . L'humanité collective fait l'architecture, les jardins, les parfums, les délices des hommes . Elle est à la fois la garantie de la liberté de chacun, et l'orientation collective vers la grandeur, vers la reprise de l'histoire par les hommes, plutôt que par les fourmis libérales, qui accumulent des masses de terre par leurs mouvement infimes indéfinis, et sans direction . Nous renions ce passé de l'humanité pleurarde, avec Lautréamont . &lt;strong&gt;Les sociétés anciennes les plus sophistiquées ne reniaient pas la puissance des liens entre les hommes&lt;/strong&gt; . Comprendre, vivre, c'est relier .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous renions le libéralisme . Renier le libéralisme n'est pas renier tout l'homme : j'admire Unabomber, allé vivre dans une cabane perdue, mais je le trouve d'horizon étroit, nord-américain . Au contraire, &lt;strong&gt;croire qu'il faut renier le lien social pour sortir du Système est rendre service au Système&lt;/strong&gt; . Le Système est cette puissance de destruction des liens et d'isolement des hommes asservis, qui ne renforce les liens que dans l'oligarchie la plus haute . Détruire le Système, c'est détruire l'idéologie individualiste qui toujours autorise l'individu à déconstruire la société au gré de sa fantaisie formatée par l'idéologie et la publicité . Le lien est plus que la personne, la personne est le produit de la société et de la langue, et nul homme ne peut avoir la liberté de détruire le droit ou le langage qui le constituent comme puissance de liberté sous le motif que ce droit ou ce langage le déterminent . &lt;strong&gt;L'homme qui croit se libérer de l'ordre patriarcal du langage par le jargon politiquement correct se formate dans les cases du Système en luttant contre des chimères idéologiques ; car le langage politiquement correct est indéfiniment moins libre, et puissance de mondes, que le langage de la tribu&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ennemi des révoltés, c'est la chimère individualiste qui renvoie l'homme à la bête . Les êtres humains infectés par les &lt;em&gt;Gender Studies&lt;/em&gt;, par exemple, qui évoluent naturellement vers l'antispécisme, sont bêtes à brouter du foin . Tout comme les fanatiques de l'écologie qui ne donnent plus de place à l'homme . &lt;em&gt;On n'a jamais employé tant d'esprit à vouloir nous rendre Bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j'en ai perdu l'habitude, je sens malheureusement qu'il m'est impossible de la reprendre&lt;/em&gt; . C'est Voltaire, en 1755 .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L'Encyclopédie, et la deuxième Internationale Situationniste ne renient pas la civilisation et la grandeur de l'homme&lt;/strong&gt; . Elles se placent, dans la controverse, résolument dans la joie et le rire, aux côtés de Voltaire, quand bien même Voltaire est un penseur bourgeois, mais fort peu libéral . Un fanatique et un homme loyal, peuvent éclater de rire, et jouir de la vie . Car le fanatisme n'est pas seulement réservé au puritanisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Lettre de Voltaire à Jean-Jacques Rousseau Aux Délices, près de Genève (30 août 1755)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain ; je vous en remercie ; vous plairez aux hommes à qui vous dites leurs vérités, et vous ne les corrigerez pas. Vous peignez avec des couleurs bien vraies les horreurs de la société humaine dont l'ignorance et la faiblesse se promettent tant de douceurs. On n'a jamais employé tant d'esprit à vouloir nous rendre Bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j'en ai perdu l'habitude, je sens malheureusement qu'il m'est impossible de la reprendre. Et je laisse cette allure naturelle à ceux qui en sont plus dignes, que vous et moi. Je ne peux non plus m'embarquer pour aller trouver les sauvages du Canada, premièrement parce que les maladies auxquelles je suis condamné me rendent un médecin d'Europe nécessaire, secondement parce que la guerre est portée dans ce pays-là, et que les exemples de nos nations ont rendu les sauvages presque aussi méchants que nous. Je me borne à être un sauvage paisible dans la solitude que j'ai choisie auprès de votre patrie où vous devriez être. J'avoue avec vous que les belles lettres, et les sciences ont causés quelquefois beaucoup de mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les ennemis du Tasse firent de sa vie un tissu de malheurs, ceux de Galilée le firent gémir dans les prisons à soixante et dix ans pour avoir connu le mouvement de la terre, et ce qu'il y a de plus honteux c'est qu'ils l'obligèrent à se rétracter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès que vos amis eurent commencé le dictionnaire encyclopédique, ceux qui osaient être leurs rivaux les traitèrent de déistes, d'athées et même de jansénistes. Si j'osais me conter parmi ceux dont les travaux n'ont eu que la persécution pour récompense, je vous ferais voir une troupe de misérables acharnés à me perdre du jour que je donnai la tragédie d'Oedipe, une bibliothèque de calomnies ridicules imprimées contre moi, un prêtre ex-jésuite que j'avais sauvé du dernier supplice me payant par des libelles diffamatoires du service que je lui avais rendu ; un homme plus coupable encore faisant imprimer mon propre ouvrage du Siècle de Louis XIV avec des notes où la plus crasse ignorance débite les impostures les plus effrontées, un autre qui vend à un libraire une prétendue histoire universelle sous mon nom, et le libraire assez avide et assez sot pour imprimer ce tissu informe de bévues, de fausses dates, de faits, et de noms estropiés ; et enfin des hommes assez lâches et assez méchants pour m'imputer cette rapsodie. Je vous ferais voir la société infectée de ce nouveau genre d'homme inconnu à toute l'antiquité qui ne pouvant embrasser une profession honnête soit de laquais, soit de manœuvre, et sachant malheureusement lire et écrire se font courtiers de la littérature, volent des manuscrits, les défigurent et les vendent. Je pourrais me plaindre qu'une plaisanterie faite il y a plus de trente ans, sur le même sujet que Chapelain eut la bêtise de traiter sérieusement, court aujourd'hui le monde par l'infidélité et l'infâme avarice de ces malheureux qui l'ont défigurée avec autant de sottise que de malice, et qui au bout de trente ans, vendent partout cet ouvrage lequel certainement n'est plus mien, et qui est devenu le leur ; j'ajouterais qu'en dernier lieu on a osé fouiller dans les archives les plus respectables et y voler une partie des mémoires que j'y avais mis en dépôt, lorsque j'étais historiographe de France, et qu'on a vendu à un libraire de paris le fruit de mes travaux. Je vous peindrais l'ingratitude, l'imposture et la rapine, me poursuivant jusqu'au pied des Alpes, et jusques au bord de mon tombeau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, Monsieur, avouez aussi que ces épines attachées à la littérature et à la réputation ne sont que des fleurs en comparaison des autres maux qui de tout temps ont inondés la terre. Avouez que ni Cicéron ni Lucrèce, ni Virgile ni Horace ne furent les auteurs des proscriptions de Marius, de Sylla, de ce débauché d'Antoine, de cet imbécile Lépide, de ce tyran sans courage Octave Cépias surnommé si lâchement Auguste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avouez que le badinage de Marot n'a pas produit la Saint-Barthélémy, et que la tragédie du Cid ne causa pas les guerres de la Fronde. Les grands crimes n'ont été commis que par de célèbres ignorants. Ce qui fait et ce qui fera toujours de ce monde une vallée de larmes c'est l'insatiable cupidité et l'indomptable orgueil des hommes, depuis Thamas Couli Can, qui ne savait pas lire, jusqu'à un commis de la douane qui ne sait que chiffrer. Les lettres nourrissent l'âme, la rectifient, la consolent ; et elles font même votre gloire dans le temps que vous écrivez contre elles. Vous êtes comme Achille qui s'emporte contre la gloire, et comme le père Malebranche dont l'imagination brillante écrivait contre l'imagination. Monsieur Chapui m'apprend que votre santé est bien mauvaise. Il faudrait la venir rétablir dans l'air natal, jouir de la liberté, boire avec moi du lait de nos vaches, et brouter nos herbes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis très philosophiquement, et avec la plus tendre estime, Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voltaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Lettre de Rousseau à François-Marie Arouet de Voltaire (Paris 1755)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;C'est à moi, Monsieur, de vous remercier à tous égards. En vous offrant l'ébauche de mes tristes rêveries, je n'ai point cru vous faire un présent digne de vous, mais m'acquitter d'un devoir et vous rendre un hommage que nous devons tous comme à notre Chef. Sensible d'ailleurs à l'honneur que vous faites à ma patrie, je partage la reconnaissance de mes concitoyens, et j'espère qu'elle ne fera qu'augmenter encore lorsqu'ils auront profité des instructions que vous pourrez leur donner. Eclairez un peuple digne de vos leçons, et vous qui savez si bien peindre les vertus de la liberté, apprenez- nous à les chérir dans nos murs comme dans vos Ecrits ; tout ce qui vous approche doit apprendre de vous le chemin de la gloire et de l'immortalité. Vous voyez que je n'aspire pas à nous rétablir dans notre bêtise, quoique je regrette fort pour ma part le peu que j'en ai perdu. A votre égard, Monsieur, ce retour serait un miracle si grand qu'il n'appartient qu'à Dieu de le faire, et si pernicieux qu'il n'appartient qu'au Diable de le vouloir. Ne tentez donc pas de retomber à quatre pattes, personne au monde n'y réussirait moins que vous : Vous nous redressez trop bien sûr nos deux pieds pour cesser de vous tenir sur les vôtres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je conviens de toutes les disgrâces qui poursuivent les hommes célèbres dans la littérature. Je conviens même de tous les maux attachés à l'humanité, qui paraissent indépendants de nos vaines connaissances. Les hommes ont ouvert sur eux tant de sources de misères que quand le hasard en détourne quelqu'une, ils n'en sont guère plus heureux. D'ailleurs, il y a dans le progrès des choses des liaisons cachées que le vulgaire n'aperçoit pas, mais qui n'échappent point à l'oeil du Philosophe, quand il y voudra réfléchir. Ce n'est ni Cicéron, ni Virgile, ni Sénèque, ni Tacite qui ont produit les crimes des romains et les malheurs de Rome. Mais sans le poison lent et secret qui corrompait insensiblement le plus vigoureux gouvernement dont l'histoire fasse mention, Cicéron, ni Lucrèce, ni Salluste, ni tous les autres n'eussent point existé ou n'eussent point écrit. Le siècle aimable de Lelius et de Térence amenait de loin le siècle brillant d'Auguste et d'Horace, et enfin les siècles horribles de de Sénèque et de Néron, de tacite et de Domitien. Le goût des sciences et des arts naît chez un peuple d'un vice intérieur qu'il augmente bientôt à son tour, et s'il est vrai que tous les progrès humains sont pernicieux à l'espèce, ceux de l'esprit et des connaissances, qui augmentent notre orgueil et multiplient nos égarements, accélèrent bientôt nos malheurs : mais il vient un temps où le mal est tel que les causes même qui l'ont fait naître sont nécessaires pour l'empêcher d'augmenter : c'est le fer qu'il faut laisser dans la plaie, de peur que le blessé n'expire en l'arrachant. Quant à moi, si j'avais suivi ma première vocation et que je n'eusse ni lu ni écrit, j'en aurais sans doute été plus heureux. Cependant, si les lettres étaient maintenant anéanties, je serais privé de l'unique plaisir qui me reste : c'est dans leur sein que je me console de tous les maux ; c'est parmi leurs illustres enfants que je goûte les douceurs de l'amitié, que j'apprends à jouir de la vie et à mépriser la mort ; je leur dois le peu que je suis, je leur dois même l'honneur d'être connu de vous. Mais consultons l'intérêt dans nos affaires et la vérité dans nos écrits : quoiqu'il faille des Historiens, des Philosophes et de vrais savants pour éclairer le monde et conduire ses aveugles habitants, si le sage Memnon m'a dit vrai, je ne connais rien de si fou qu'un peuple de sages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Convenez-en, Monsieur : s'il est bon que de Grands Génies instruisent les hommes, il faut que le vulgaire reçoive leurs instructions ; si chacun se mêle d'en donner, où seront ceux qui les voudront recevoir ? Les boiteux, dit Montaigne, sont mal propres aux exercices du corps, et aux exercices de l'esprit les âmes boiteuses. Mais en ce siècle savant on ne voit que boiteux vouloir apprendre à marcher aux autres. Le peuple reçoit les écrits des sages pour juger et non pour s'instruire. Jamais on ne vit tant de Dandins.[...] Recherchons la première source de tous les désordres de la société : nous trouverons que tous les maux des hommes leur viennent de l'erreur bien plus que de l'ignorance, et que ce que nous ne savons point nous nuit beaucoup moins que ce que nous croyons savoir. Or, quel plus sûr moyen de courir d'erreurs en erreurs que la fureur de savoir tout ? Si l'on n'eût prétendu savoir que la terre ne tournait pas, on n'eût point puni Galilée pour avoir dit qu'elle tournait, si les seuls Philosophes en eussent réclamé le titre, l'Encyclopédie n'eût point été persécutée. Si cent mirmidons n'aspiraient à la gloire, vous jouiriez paisiblement de la vôtre, et vous n'auriez au moins que des adversaires dignes de vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne soyez donc pas surpris de sentir quelques épines inséparables des fleurs qui couronnent les grands talents. Les injures de vos ennemis sont le cortège de votre gloire comme les acclamations satiriques étaient celui des triomphateurs. C'est l'empressement que le public a pour vos ouvrages qui produit les vols dont vous vous plaignez : mais les falsifications n'y sont pas faciles, car le fer ni le plomb ne s'allient point avec l'or. Permettez-moi, Monsieur, de vous le dire par l'intérêt que je prends à votre repos et à notre instruction : méprisez de vaines clameurs par lesquelles on cherche moins à vous faire du mal qu'à vous détourner de bien faire. Plus on vous critiquera, plus vous devez vous faire admirer ; un bon livre est une terrible réponse à des injures imprimées, et qui vous oserait attribuer des écrits que vous n'avez point faits, tant que vous continuerez à n'en faire que d'inimitables ? Je suis sensible à votre invitation, et si cet hiver me laisse en état d'aller au printemps habiter ma patrie, j'y profiterai de vos bontés, mais j'aimerais encore mieux boire de l'eau de votre fontaine que du lait de vos vaches, et quant aux herbes de votre verger, je crains bien de n'y en trouver guère d'autres que le lotus qui convient mal aux bêtes, et le mollé qui empêche les hommes de le devenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis de tout mon cœur, et avec respect, Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Jacques Rousseau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Lettre de Rousseau à Voltaire (17 juin 1760) &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Je ne vous aime point, Monsieur ; vous m'avez fait les maux qui pouvaient m'être les plus sensibles, à moi, votre disciple et votre enthousiaste. Vous avez perdu Genève pour le prix de l'asile que vous y avez reçu ; vous avez aliéné de moi mes concitoyens pour le prix des applaudissements que je vous ai prodigués parmi eux ; c'est vous qui me rendez le séjour de mon pays insupportable ; c'est vous qui me ferez mourir en terre étrangère, privé de toutes les consolations des mourants, et jeté pour tout honneur dans une voirie, tandis que tous les honneurs qu'un homme peut attendre vous accompagneront dans mon pays. Je vous hais, enfin, puisque vous l'avez voulu ; mais je vous hais en homme plus digne de vous aimer si vous l'aviez voulu.[...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Jacques Rousseau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Sur Jean-Jacques Rousseau, vu par Voltaire (1766) &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Cet ennemi du genre humain, Singe manqué de l'Arétin, qui se croit celui de Socrate ; Ce charlatan trompeur en vain, Changeant cent fois son Mithridate ; Ce basset hargneux et mutin, Bâtard du chien de Diogène, Mordant également la main Ou qui le fesse, ou qui l'enchaîne, Ou qui lui présente du pain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voltaire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-8745316499134838563?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/8745316499134838563/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=8745316499134838563' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/8745316499134838563'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/8745316499134838563'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/12/de-la-revolution-dans-la-nature-et-la.html' title='ISI : De la révolution dans la nature et la culture, ou de Voltaire à Rousseau .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-2i80p6oKI8Y/TuyiTtiv2pI/AAAAAAAABV4/9G_WhaD7rB4/s72-c/378552_2006202889441_1674731203_1387241_212196187_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-4577246257728236915</id><published>2011-12-07T08:24:00.000-08:00</published><updated>2011-12-07T08:58:24.790-08:00</updated><title type='text'>Fétichisme de la marchandise,VII : L'enfer de la propriété, ou la marchandise comme vision du monde .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-lVpodEa9Wlk/Tt-anzWkkDI/AAAAAAAABVU/vX8oLebIKwM/s1600/JMW-Turner--Ange-debout-devant-le-soleil.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 392px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5683431263355310130" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-lVpodEa9Wlk/Tt-anzWkkDI/AAAAAAAABVU/vX8oLebIKwM/s400/JMW-Turner--Ange-debout-devant-le-soleil.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Turner : Ange debout devant le soleil - un monde sans limites précises n'est pas un monde appropriable.)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il semblerait volontiers à tout homme vivant dans les cadres du Système que la propriété, comme lien entre un homme et une chose, ou encore le prix d'une chose soit quelque chose d'assez transparent, évident, et qui puisse être étudié à part du monde . La propriété comme lien entre des personnes médiatisé par des choses n'est pas le premier acte du drame de la propriété .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment déterminer le concept de propriété, et le concept de prix ? Disons pour commencer que la propriété se présente comme la forme d'un lien entre une chose, ou une gamme de choses, et des hommes, un lien réel ou en puissance . Je dis une gamme de choses pour parler des produits existant en quantité ou en série, comme le prix des céréales ou des voitures, et en acte ou en puissance pour distinguer le prix né d'enchères publiques, donc de lien de désir réels en acte, du prix fixé par une étude de marché, par exemple, c'est à dire de liens en puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Globalement, il est possible de ne retenir de la propriété, pour commencer, que ceci : &lt;strong&gt;la propriété est le nom, la forme d'un lien particulier entre un homme et une chose &lt;/strong&gt;. Et le prix d'une chose ne peut être déterminé que si cette chose est d'abord appropriée par un être humain ; le prix est le dédommagement du transfert de la relation de propriété de celui qui vend à celui qui achète . Dit autrement : &lt;strong&gt;rien ne peut avoir de prix s'il n'est d'abord approprié&lt;/strong&gt; ; ou encore, le lien de propriété est une condition nécessaire de l'apparition de la marchandise et du marché .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La compréhension critique du lien de propriété comme fondement de la construction du monde est donc le principe d'une compréhension critique de l'univers de marchandise et de marché qui règne à ce jour sur nos vies, et sur l'ensemble du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or un premier point doit être souligné : si quelque chose d'aussi fondamental pour la société du Système que la propriété, ou le prix accordé à des choses, semble être transparent et ne pas mériter de commentaire, ce n'est pas parce que la propriété est un problème transparent qui ne mérite pas de commentaire . C'est au contraire parce que l'imprégnation culturelle-idéologique est très puissante sur de tels points névralgiques, qu'un monde extrêmement construit, et particulier au plus haut point à notre vie dans le Système, l'étrange royaume de Propriété, nous apparaît comme monde de nature, comme aussi évident que l'eau ou le soleil . Pascal a écrit avec raison : &lt;em&gt;la coutume est une seconde nature&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi de telles illusoires transparences peuvent-elles être appelées des natures secondes, des natures illusoires construites par l'activité humaine . J'ajoute que les propriétés relationnelles des objets sont nommées dans certaines ontologies des propriétés secondes, par opposition aux propriétés premières qui leur seraient propres en dehors de toute relation . Par exemple, « un grand rocher »énonce une propriété seconde, puisque ce rocher n'est grand que par relation à d'autres plus petits ; par contre, le fait que ce rocher occupe un volume peut être considéré comme une propriété première, indépendante de toute comparaison ; je dis peut être, je ne me prononce pas . Ce qui est certain, c'est que « ce terrain est une propriété privée » désigne une propriété seconde dans ce sens . &lt;strong&gt;C'est à dire que l'être-propriété est l'objet d'une ontologie des relations .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le deuxième point à souligner est que l'être humain est un objet de son monde, et que l'ensemble du monde est constitué, structuré sémantiquement – ce que Lacan formulait en disant : &lt;em&gt;l'inconscient est structuré comme un langage&lt;/em&gt; . Tout d'abord, les structures sémantiques, celles du sens des mots, sont des constructions par détermination, par négation ; je sais sélectionner « un rocher » dans mon environnement parce qu'il se distingue des arbres, des éléphants ou des hommes . Le clef de construction des ordres sémantiques est la différence, c'est à dire la négation . Toute détermination est négation sur un horizon unique indéfini . &lt;strong&gt;Et les déterminations sont des décisions humaines, tout comme le sens des mots, des décisions humaines sédimentées, accumulées, oubliées comme telles, qui constituent un ego-monde, et qui constituent globalement par communication symbolique l'ego-monde d'un ensemble de personnes, ou encore une culture .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Ensuite, les structures sémantiques ne doivent pas être pensées sous la forme statique de tableaux ou de dictionnaires ; elles énoncent en un sens dynamique l'auto-constitution fonctionnelle de l'homme et de son monde . Partant d'un indifférencié hypothétique dans l'absolu, mais certain dans l'ordre relatif, par exemple les limites floues entre le bois, le bosquet, la forêt, la construction sémantique qui s'opère attribue implicitement le plus souvent, et parfois explicitement, par exemple dans le discours juridique, des positions fonctionnelles à l'ego et à son monde . Autrement dit, &lt;strong&gt;les manières de signifier, les manières de parler ou de penser, sont liées organiquement à des manières de faire&lt;/strong&gt; . Je prends un exemple que j'ai déjà pris ailleurs, le lien de l'homme aux animaux domestiques, et particulièrement aux bovidés .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces liens sont indifférenciés relativement au départ, c'est à dire que les diverses cultures ont construit de tels liens de manières très variées . Dans notre monde, les vaches sont appropriées et exploitées ; autrefois en Inde, et encore de nos jours, il étaient des vaches sacrées . Les européens parlent des croyances des Indiens et les disent superstitieuses ; mais cela n'est pas une perspective juste ; c'était bien plutôt le refus des valeurs européennes par les Indiens qui est en cause . En pratique, au delà des croyances, les indiens avaient une manière de faire : ils ne voulaient pas exploiter leurs vaches, et ne voulaient pas les pousser si elles bouchaient les routes . C'est à dire que ni l'argent, ni la rapidité de déplacement n'étaient pour eux prioritaires . Ne critiquer que les « croyances », les formes symboliques, qui fondent les manières de faire, pour les vaches sacrées, et refuser de voir nos propres croyances pour affirmer la justesse de nos manières de faire : voilà l'approche habituelle, injuste et aveugle, en Europe, des différences entre les cultures .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est parlé d'auto-constitution fonctionnelle de l'ego et de son monde . &lt;strong&gt;L'inconscient et le conscient ne sont tels que parce qu'ils sont conscience et inconscience d'un monde, et de quelque choses dans le monde ; ou encore, l'ego, le monde, les choses naissent dans les plis du tissage invisible du tissu unique de toutes choses humaines&lt;/strong&gt; . L' ego-monde est structuré comme un langage . Pour ceux qui veulent des références, j'invoque le Fichte de la &lt;em&gt;Doctrine de la Science&lt;/em&gt; . Et cet ego-monde devient une ré-alité, un monde vécu de nature dynamique et systémique, comme un village d'agriculteurs de l'âge de bronze, ou une centrale nucléaire moderne, par exemple . &lt;strong&gt;Dit autrement, le fait de construire de vastes usines à viande hachée réfrigérée sous vide à partir des vaches, ou de traiter les vaches en vaches sacrées n'est pas seulement un point de vue sur les vaches, mais un élément fonctionnel d'une constitution générale de l'ego et du monde&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est à dire qu'une détermination générale, une réduction de la complexité, amène une réduction des choix chez ceux qui la partagent, créent une synchronisation des activités qui permettent à chacun d'être fonctionnel au sous-système social auquel il appartient . Et en cas de perturbation du fonctionnement social, de comportement déviant, des modes systémiques de réaction s'emploient à faire revenir la situation à la normale, par purgation et assimilation, ou exclusion du perturbateur . Une unité d'activité sociale humaine s'auto-constitue et produit ses différenciations internes, produit une culture . Dans notre culture, un homme qui tiendrait les vaches pour sacrées serait déviant et traité comme tel, tout comme un homme qui tuerait les vaches sacrées en Inde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fait que la coutume soit une seconde nature signifie que le monde construit par la sémantique des décisions passées est perdu de vue comme ensemble de décisions, comme culture, et vécu et parlé comme nature et donc « incontournable », indiscutable ; dans les processus de communication symbolique, &lt;strong&gt;l'être est l'argument de sortie de l'argumentation, de l'indiscutable – la référence située à l'extérieur du monde humain des signes&lt;/strong&gt; . De ce fait l'être est l'argument d'autorité le plus puissant, qui peut être posé par l'usage de la force dans l'ordre humain . Il est donc de véritable sorties vers l'être, comme le fait de pouvoir tuer quelqu'un dans une relation de force, et des sorties symboliques, comme de pouvoir dire le &lt;em&gt;c'est comme ça &lt;/em&gt;de la coutume et de la morale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sorties symboliques – des apparences de sorties - se dévoilent comme telles quand un dissident ne peut être remis en place par la force ; ainsi il est vain d'interdire aux hommes de voler de leurs propres ailes, puisqu'ils n'en ont pas, et ne peuvent défier cet être réel ; par contre il est utile de punir les atteintes à la propriété, puisque la propriété est une décision et non un être, et qu'une infinité d'ordre sociaux peuvent être pensés en dehors de la propriété .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poser des dissidences de l'ordre de la propriété comme auto-constitution de la société humaine dans le monde, c'est bien la finalité de ce travail .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La propriété est une relation, et l'être-propriété relève donc d'une ontologie relationnelle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le caractère relationnel de l'être d'un pôle doit être bien compris . Je suis père parce qu'il est un enfant, et cet enfant est fils ou fille parce qu'il a des parents . L'être relationnel d'un pôle peut être &lt;strong&gt;prononcé séparément dans l'ordre symbolique&lt;/strong&gt;, mais il n'&lt;strong&gt;est&lt;/strong&gt; pas séparément . C'est le lien qui lui donne son essence . C'est le lien qui est premier, et les mots qui posent l'essence sont seconds . Entrer dans une relation de propriété détermine tant l'être du propriétaire que celui de l'étant- propriété .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ontologie relationnelle est très anciennement connue . Voyez cette phrase de l'évangile gnostique dit évangile de Marie Madeleine :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Pierre lui dit : « Puisque tu nous a expliqué toutes choses, dis-nous encore ceci : Qu’est-ce que le péché du Monde ? »&lt;br /&gt;Le Sauveur dit : « Il n’y a pas de péché, mais c’est vous qui faites exister le péché lorsque vous agissez en conformité avec la nature de l’adultère que l’on nomme «le péché»&lt;/em&gt;. Dit autrement, le mot « péché » désigne un être relationnel, qui n'existe que par relation aux actes des hommes . C'est pourquoi le Sauveur dit ensuite : &lt;em&gt;N’imposez aucune règle hormis celle que je vous ai fixée et ne donnez pas de Loi à la manière du Législateur afin que jamais vous ne soyez dominés par elle&lt;/em&gt; . Il se retrouve ce renversement déjà présent chez Paul : la transgression n'existe qu'à cause de la loi ; et de même &lt;strong&gt;il faut penser que la propriété, les marchandises, le marché n'existent que par la loi qui les fonde, et non en eux-même&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La propriété étant un lien entre un homme, le maître de la chose, et une chose soumise à la puissance du maître, il s'ensuit que &lt;strong&gt;tout étant objet d'une propriété devient de facto une chose, est assimilée à une chose&lt;/strong&gt; . Prenons l'exemple bien connu de la définition de l'esclave par Aristote (&lt;em&gt;Politique&lt;/em&gt; A, Ch. 4, Belles-Lettres p. 1).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;De même &lt;strong&gt;un objet de propriété est un instrument utile à la vie, et la propriété, c'est un ensemble d'instruments ; l'esclave est un instrument animé&lt;/strong&gt; et tout serviteur est comme un instrument précédant les autres instruments. En effet si chaque instrument pouvait, par ordre ou par pressentiment, accomplir son œuvre propre, si, pareilles aux statues légendaires de Dédale ou aux trépieds d'Héphaïstos, qui, au dire du poète, « pouvaient d'eux-mêmes entrer dans l'assemblée des dieux », les navettes tissaient d'elles-mêmes et les plectres jouaient de la cithare, alors les maîtres d' œuvre n'auraient nul besoin de manœuvres ni les maîtres, d'esclaves&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette définition est étroitement liée à la notion de propriété : puisque l'esclave est une propriété, l'esclave &lt;strong&gt;est &lt;/strong&gt;un instrument, un objet utile, une chose . En clair : tout étant approprié, quel qu'il soit, est réduit à la chose : il faut entendre par là non pas une réduction d'essence, mais une réduction de statut pensée et posée dans le langage comme étant l'attribution d'une essence . Il est dit : l'esclave EST un outil animé, non REÇOIT LE STATUT d'outil animé . Le texte d'Aristote s'interroge d'ailleurs sur la légitimité de ce EST ; l'esclave doit ÊTRE esclave par nature pour que son STATUT soit juste . De même nous disons sans nous troubler : le bois, l'eau, cette œuvre d'art SONT une marchandise .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Plutôt qu'interroger l'esclavage, le texte d'Aristote interroge la propriété&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'exemple de l'esclavage sert à éclairer sur ce point aveugle de la culture : l'appropriation d'un étant est l'attribution d'un statut d'asservissement de cet étant aux fins de celui qui devient son propriétaire . La propriété est un lien de domination « &lt;em&gt;de manière la plus absolue&lt;/em&gt; » (Code civil napoléonien) d'un homme sur une chose, permettant l'usage, la perception des revenus, la consommation ou la commercialisation de la chose . Le trafic des esclaves est la réduction de l'homme au statut de la chose, et le caractère étrange de ce trafic dévoile le caractère arbitraire du lien de propriété en général, comme le trafic des animaux à ce jour, qui réduit l'animal à la chose .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notons en passant que les défenseurs des animaux anglo-saxons articulent leurs réflexions sur des bases aristotéliciennes non critiquées : ils cherchent à montrer que l'appropriation des animaux traités comme des choses n'est pas légitime, puisque les animaux ne SONT pas des choses – bref, ils veulent montrer que les animaux ne SONT pas des choses appropriables par NATURE . Ils ne comprennent pas que le problème est un problème de STATUT, et dépend de la puissance souveraine de la législation, non d'une essence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, dans l'étroitesse de la mentalité moderne, où la réduction de la complexité est extrême – nous vivons dans une société complexe qui produit une pensée de plus en plus simpliste – les anti-spécistes ne voient qu'une solution à leur problème, c'est de rendre les animaux EGAUX au hommes, sans voir qu'ils posent le problème des liens sous la forme binaire la plus plate : soit l'animal est une chose appropriée, soit l'animal est maître absolu en tant que propriétaire en puissance, puisque tout homme libre est propriétaire ne puissance – alors que ce dilemme simpliste est tout à fait idiot . Nous n'avons aucune raison de créer un statut juridique égal entre le chien et l'homme pour protéger les chiens des excès de la réduction du chien à la chose dans le lien de propriété ; &lt;strong&gt;nous avons juste à défaire la propriété comme matrice des liens entre homme et non-homme, à comprendre qu'il en est en puissance une indéfinité d'autres&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car en vérité, et c'est ce qui doit nous inquiéter : &lt;strong&gt;il n'est aucun étant existant qui ne soit en puissance appropriable : être humain, animal, montagne, planète, ressources en eau, air respirable, lumière du soleil...Il n'est aucune existence qui soit par nature protégée de devenir la proie du Système, qui soit en soi protégé d'être assimilé et consommé comme marchandise&lt;/strong&gt; . Pas même la nôtre, car la réduction des relations sociales à un marché du travail sans autre règle que le contrat entre personnes morales et individuelles – &lt;strong&gt;la réduction de la force de travail à la marchandise est la réduction de notre vie à l'ordre de la marchandise&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui compte pour nous à ce stade est ceci : &lt;strong&gt;le lien de propriété comprend une réduction de l'étant approprié à une totale domination – en clair, tout étant devenu marchandise a toujours déjà subi un violent jugement de valeur, une réduction à la mesure du statut d'objet de propriété&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lien de propriété est une réduction brutale de la complexité des liens humains entre humains et reste des mondes, et entre humains . Le lien de propriété est une violence rarement perceptible, car seul celui qui connait ce qui est tranché par l'appropriation le reconnaît comme tel, comme l'homme libre réduit en esclavage . Si les rives du fleuve sont interdites et clôturées quand j'arrive, je ne reçois pas la violence de l'enfant qui allait s'y promener librement, ou du paysan qui allait y pêcher depuis son enfance, et qui découvrent des clôtures de fer . Marx et Engels, dans le &lt;em&gt;Manifeste du Parti communiste&lt;/em&gt;, l'ont parfaitement noté, même si leur interprétation de cette réduction est unidimensionnelle, progressiste :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La bourgeoisie (...)Partout où elle a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissent l'homme féodal à ses supérieurs naturels, elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme, que le froid intérêt, les dures exigences du «paiement au comptant». Elle a noyé les frissons sacrés de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l'exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'illusion de Marx est de croire que la diversité réelle des liens humains masquait la simplicité du lien d'exploitation éternel de la lutte des classes . Mais une telle croyance platonicienne chez un historiciste comme Marx est une contradiction en soi-même . Les classes sont aussi des exemples de réalité relationnelle ; &lt;strong&gt;il n'existe pas de lien d'exploitation ou d'appropriation si ce lien n'est pas effectif &lt;/strong&gt;– il n'existe pas d'esclave sans esclavage effectif, et &lt;strong&gt;une dictature du prolétariat est un oxymore, est immédiatement la négation du prolétariat lui-même&lt;/strong&gt; . Toute la difficulté de la pensée de l'ultra-gauche a été de reconnaître et de comprendre que toute lutte contre l'exploitation capitaliste avait pour visée la fin du prolétariat en tant que classe, et que toute défense des intérêts du prolétariat en tant que tel avait pour fonction non accidentelle de soutenir le fonctionnement du Système reproduisant l'exploitation du prolétariat – ce fut le choix du PCF de soutenir l'industrialisation de la France, et d'être pour la croissance, c'est à dire de soutenir le lien d'exploitation du prolétariat pour soutenir le prolétariat, paradoxe qui fut celui de l'industrialisation à marche forcée de l'URSS .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réalité, dans les sociétés différentes du Système, les liens d'exploitation avaient été très fortement euphémisés et rabotés dans l'ordre des privilèges locaux, qui protégeaient de l'invention de nouvelles règles par le plus fort . Il ne s'agit pas pour moi de nier la violence des rapports sociaux et la violence de la mise en place du système féodal, vers l'an mil, et la contre violence des « villes libres » pour échapper à l'asservissement à un seigneur, par exemple . Il s'agit de violence à chaque fois qu'un ordre se met en place, et cela est sans doute inévitable . Mais justement toutes ces violences avaient abouti non pas au triomphe univoque d'une classe, mais à un ensemble très complexe d'équilibres que la coutume et les privilèges étaient venu finalement garantir . &lt;strong&gt;Et nous voyons, nous, que quand le rapport de force devient outrageusement favorable aux propriétaires, ni la démocratie moderne, ni la loi ne peuvent protéger le faible&lt;/strong&gt; . La sacralisation du privilège était devenu un obstacle à la puissance des riches – et même les révolutionnaires de 1789 n'ont pas voulu abandonner, dans la &lt;em&gt;Déclaration des Droits de l'Homme&lt;/em&gt;, ce caractère &lt;strong&gt;&lt;em&gt;inaliénable et sacré&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; – non appropriable – des droits ; mais ces droits n'en ont pas moins été piétinés, et le sont encore dans l'ordre libéral du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est appropriable est aliénable, susceptible d'être vendu ; il ne faut jamais oublier que la liberté est aliénable, que le prêt personnel d'argent a toujours entraîné l'esclavage pour dettes dans l'antiquité . C'est à dire que le prêt à crédit peut être interprété comme la vente d'un droit sur les revenus d'un homme, ou encore que l'activité du banquier peut être pensé comme l'achat d'une dépendance des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La société féodale était violente, il n'en reste pas moins que la propriété féodale par exemple est très éloignée de notre concept de toute puissance du propriétaire . Toute terre était tenue d'un seigneur par un vassal ; le propriétaire final de la terre était le seigneur, mais ses droits n'étaient que les droits du seigneur éminents codifiés dans l'hommage ; par exemple, le vassal avait le devoir de le défendre en cas de guerre, mais ne payait pas de loyer, et transmettait la seigneurie à ses descendants . Par ailleurs, le vassal lui-même avait des droits étendus mais codifiés sur ses terres ; ils ne pouvait pas lever sans précaution de nouveaux revenus . Le vassal se devait de protéger ses hommes . Il ne pouvait pas chasser les paysans pour exploiter les terres autrement, par exemple, sans bouleverser le droit par la violence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Angleterre, le &lt;strong&gt;mouvement des enclosures&lt;/strong&gt; est ainsi une brutale révolution sociale au profit des propriétaires, comparable à notre crise de la dette dans cette perspective . Je cite Wikipedia :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le mouvement des enclosures fait référence aux changements qui, dès le XIIe siècle mais surtout à partir de la fin du XVIe et au XVIIe siècle ont transformé, dans certaines régions de l'Angleterre, une agriculture traditionnelle dans le cadre d'un système de coopération et de communauté d'administration des terres (généralement champs de superficie importante, sans limitation physique) en système de propriété privée des terres (chaque champ étant séparé du champ voisin par une barrière, voire bocage). Les enclosures marquent la fin des droits d'usage, en particulier des communaux, dont bon nombre de paysans dépendaient.&lt;br /&gt;On peut trouver plusieurs raisons à ce mouvement d'enclosure : une raison juridique : les potentats locaux souhaitaient conserver l'exclusivité des terres mais l'absence de cadastre nécessitait de matérialiser les limites foncières ; mais la raison fondamentale est la suppression des droits d'usage (vaine pâture, communaux) qui permet la liberté des assolements, &lt;/em&gt;&lt;strong&gt;c'est à dire l'exploitation maximale de la production de richesse de la terre au service exclusif des plus riches&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mouvement des enclosures a commencé en Angleterre au XVIe siècle. Des champs ouverts et pâturages communs cultivés par la communauté, ont été convertis par de riches propriétaires fonciers en pâturages pour des troupeaux de moutons, pour le commerce de la laine alors en pleine expansion. Il s'est ensuivi un très fort appauvrissement de la population rurale de l'époque, entraînant parfois des mouvements de révolte, comme dans les Midlands en 1607. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Selon l'historien Patrick Verley, « l’historiographie a longtemps centré son attention sur le phénomène des enclosures et sur ses conséquences sociales, mais elles ne constituent pas une révolution agricole, elles n’en constituent qu’un préalable, qui n’entraîne pas automatiquement un progrès de la production et de la productivité ».&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;La révolution agricole est d'abord une révolution sociale.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;« &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Vos moutons, que vous dites d'un naturel doux et d'un tempérament docile, dévorent pourtant les hommes&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;… »&lt;br /&gt;— Thomas More, &lt;em&gt;Utopia&lt;/em&gt;, 1516&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'existait auparavant ni droit unilatéral d'aliénation sans discussion, ni droit de propriété qui ne soit pas assorti d'importants devoirs . L'interdiction du prêt à intérêt relevait de l'interdiction de créer de la dépendance par l'argent . Il en était de même dans l'Empire romain : être riche signifiait entretenir une vaste clientèle, et assumer de lourdes obligations civiques, à tel point que la fin de l'Empire voit une fuite des élites des cités, les décurions, ruinés par leurs charges . &lt;em&gt;Nous n'avons pas le choix en vérité, entre propriété univoque individuelle et propriété univoque d'état ; une indéfinité de types de liens est possible&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si nous reprenons des pensées de « la propriété » comme mélange complexe et variable de liens personnels, de liens de personnes à des ressources, garantissant à chaque homme une reconnaissance et le droit de jouir du monde lié à la vie, alors &lt;strong&gt;nous pouvons penser des modèles de sociétés solidaires sans bureaucratie excessive&lt;/strong&gt; . La plupart des sociétés connues sont des sociétés fortement solidaires sans État, pourquoi faudrait-il choisir ? – je répète, par exemple, qu'il est délirant pour la raison que les enfants de l'Europe, quand ils naissent, ne puissent accéder à un toit comme « propriétaires », c'est à dire aient un lieu libre pour vivre, soient délivrés du loyer, que s'ils héritent, où s'ils payent la banque de quinze à trente cinq ans, pendant que des vieillards peuvent posséder plusieurs logements . &lt;strong&gt;Un homme qui naît ne peut naître avec des dettes aussi lourdes aux propriétaires du monde&lt;/strong&gt; . Avoir un lieu pour vivre libre me paraît relever du droit du vivant . Voilà la raison du mot de Proudhon, &lt;em&gt;la propriété, c'est le vol&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'obsession de la lutte contre l'inflation, qui se manifeste depuis si longtemps en Europe, tout comme le caractère monolithique de notre conception de la propriété, et les niveaux énormes d'endettement collectif et individuel sont les signes sans équivoque d'une société dominée, verrouillée par les riches propriétaires, jusqu'au plus profond de son idéologie . Les banques sont le bras armé de cette appropriation du monde par le Capital . L'histoire de l'appropriation du monde est très ancienne, tout comme la lutte contre cette appropriation – et connaître ses héritages n'est pas s'affaiblir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notons une dernière chose : dans la &lt;em&gt;déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen&lt;/em&gt;, la rupture de l'Égalité n'est permise que pour la propriété, et pour la vertu et le talent : &lt;strong&gt;la société de l'égalité en droit est la société de l'inégalité des propriétaires par la propriété &lt;/strong&gt;. Il est indispensable de sortir de l'obsession de l'Égalité en droit pour penser une société solidaire non bureaucratique – là est la racine de la complicité entre libéraux de droite et libéraux de gauche : la défense d'un modèle de l'appropriation du monde, avec pour alternative un modèle social solidaire bureaucratique, avec une classe dominante de gestionnaires bureaucratiques de la propriété « commune », en réalité de la propriété effective de la nomenklatura ; ou un modèle non bureaucratique de propriétaires absolus ne communiquant plus que par l'argent, post-culturelle, avec une classe dominante oligarchique formée par les mécanismes d'accumulation capitaliste . Le passage de l'un à l'autre en Russie a été très simple, puisque la Nomenklatura est devenue oligarchie en se vendant à elle-même à vil prix les biens dit collectifs . C'est dire à quel point &lt;strong&gt;cette alternative est le masque d'un modèle commun d'appropriation du monde&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La propriété n'est pas un fait social anodin, mais l'opération sociale de base de la constitution de la société du Système ; et ce n'est pas la propriété individuelle ou collective qui compte, mais la logique de l'appropriation&lt;/strong&gt; . Ainsi l'homme est dans le monde, ainsi il est avec les autres hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous arrivons au point le plus lourd de conséquences, et donc le plus difficile à comprendre d'une étude sur la propriété moderne . Non que ce soit soit complexe, mais il est profondément étranger aux mentalités modernes : aussi recevoir cet enseignement est aller contre des habitudes de pensée profondément ancrées . La propriété est le fondement de notre culture, de notre lecture des mondes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tant que lien entre l'homme et toutes choses, le lien de propriété est aussi un ordre symbolique qui engage l'ordre cognitif – une vision du monde . Tout étant en puissance d'appropriation doit avoir les caractéristiques d'une marchandise . L'être d'une marchandise peut être caractérisé .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une marchandise est une chose qui est en elle-même, fermée par des limites ; une chose sans environnement&lt;/strong&gt; . Si elle est un bien immobilier, elle peut être clôturée ; si elle ne l'est pas, elle est indéfiniment transportable, et ne tire pas son être de son lieu . Dit autrement, l'ontologie des marchandises suppose un espace homogène, l'espace de la concurrence libre et non faussée, l'espace de la &lt;em&gt;Critique de la Raison pure&lt;/em&gt; de Kant . Dans cet espace uniforme, quantité déqualifiée, le monde des marchandises est comme le monde libéral des individus, un monde fragmenté et déraciné, de trucs en circulation indéfinie et de machines désirantes - le monde de Deleuze . En effet, &lt;strong&gt;tous les liens d'un étant au monde doivent être tranchés au profit du lien exclusif de la propriété&lt;/strong&gt;, comme le charbon est arraché de la veine et de la montagne . Dit autrement, le moteur de la fragmentation du monde, de sa réduction à la quantité, est l'appropriation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une marchandise est aussi une chose aliénée et dominée par son propriétaire . Elle est une chose dont toutes les formes naturelles ont été effacées au profit de l'utilité humaine, un reflet de la toute-puissance que s'attribue le bloom sur le monde . Sans liens, et sans puissance, elle est une chose muette en dehors des signes de l'asservissement au Système . &lt;strong&gt;La multiplicité des sens qui se manifestent dans l'être n'est autre que la multiplicité des liens : comprendre, accueillir un sens, interpréter, c'est relier &lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;La rupture méthodique de l'enchevêtrement des liens est la création humaine de l'absurdité du monde&lt;/strong&gt; . C'est à dire que l'ordre de la marchandise est la fermeture d'un des deux Livres, selon Jean Scot Erigène, qui parle des &lt;em&gt;deux pas de Dieu sur le monde&lt;/em&gt;, le Livre et la Nature .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maître Dogen dit : &lt;em&gt;l'inanimé expose la Loi&lt;/em&gt; . Les anciens hommes voyaient dans le monde des enseignements, mais recevoir des enseignements est se poser en silence, contempler et écouter l'exposition de la Loi par les montagnes et par les sources . C'est cette familiarité, cette sympathie pour les formes du monde et pour les signes, qui est perdue dans le règne de la marchandise . Nous soumettons les formes naturelles, nous les détruisons, pour nous retrouver dans le Désert du réel soumis à notre désir inflexible . &lt;strong&gt;Il n'est pas d'autre monde de l'absurde que le monde réduit à la marchandise &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un auteur antique opposé à l'esclavage disait : &lt;em&gt;à chaque esclave réduit à nos désirs, nous gagnons un ennemi &lt;/em&gt;. Nous avons fait des mondes notre ennemi . L'histoire des hommes du Système est l'histoire d'ennemis du monde qui se retrouvent seuls dans une accumulation de marchandises aux couleurs criardes, quand la vrai vie est absente . Telle l'histoire du Roi Midas, qui demanda que tout ce qu'il touche fût or, et mourut de faim . &lt;em&gt;La nature&lt;/em&gt;, dit encore Baudelaire, &lt;em&gt;est un Temple aux vivants piliers&lt;/em&gt; ; et l'exténuation de la compréhension du monde est comparable à l'exténuation de la compréhension du Livre . Les exégètes modernes croient se placer en position de force, et interroger le Livre, repérer des styles, corriger des erreurs, édicter le sens, fermer la roue des interprétations : il ne montrent que leur ignorance complète et leur morale à courte vue . Car le lecteur traditionnel du Livre se place en écoutant respectueux, pas en maître et en propriétaire . Il en est de même pour la contemplation du monde . En vérité, si l'enseignement du Sage te choque, c'est toi qui est à remettre en cause ; et si la vie du monde te paraît à corriger, c'est toi qui est à corriger . Le narcissisme moderne ne fait que l'inverse . Il ne peut accéder à ses mots : l'inanimé expose la Loi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde de l'appropriation est le monde de la réduction du monde à la quantité, ce qui se manifeste par la réduction générale de toutes choses à la mesure du prix . Le prix, en vérité, est une insulte pour ce qui compte . Voyez l'effet de vendre un homme . Dans la mémoire de l'Occident, la mesure d'un prix en échange d'un lien est symbolisé par la figure de Judas, est la trahison même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un prix élevé dissimule l'insulte de la mesure par l'argent . Ce qui est à vendre est une marchandise, que ce soit un mémorial ou une âme . &lt;strong&gt;Il est en effet une autre figure de la vente, qui illustre le caractère traditionnellement démoniaque de celle-ci quand elle sort du strict domaine des objets utiles : c'est le pacte diabolique, qui est un contrat de vente de l'âme&lt;/strong&gt; . Dans notre monde, nous devons appeler ventes d'âme tout échange de la justice, de la grandeur ou de la noblesse pour quelque points de croissance ou quelque pourcentage de l'électorat démocratique – ainsi les chiffres d'étrangers expulsables présentés comme des objectifs quantitatifs à atteindre . Il en est de même de tous ceux qui, pour espérer arriver au pouvoir, excitent des haines xénophobes, ou comptent les morts A mes yeux, il n'est nul besoin de chiffres de victimes pour ressentir la honte ou la colère du Bernanos des &lt;em&gt;Grands cimetières sous la lune&lt;/em&gt;, quand il voit emmener des paysans "rouges" vers l'exécution ; il n'est nul besoin de chiffres pour ressentir par sympathie le dégoût de celui qui devint le secrétaire de Jean Moulin, jeune Maurrassien élevé dans l'antisémitisme, quand il vit un père et son fils avec l'étoile jaune . Guénon le note dans &lt;em&gt;le règne de la quantité&lt;/em&gt; : le fait même de compter, compter les troupeaux, est entaché d'effets sinistres, selon les bergers traditionnels . Compter est le signe même du processus d'appropriation du monde qui commence avec les premiers États . &lt;strong&gt;Nous ne devons pas oublier cela : ce qui compte ne peut être compté ; ce qui compte n'a pas de prix&lt;/strong&gt; . L'homme ne peut pas saisir l'essentiel de la vie humaine . &lt;strong&gt;Il est indispensable, dans la vie humaine et dans toute civilisation où l'on puisse respirer, de poser par force de l'inaliénable – le principe même du marché est à circonvenir comme un incendie&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'ancienne monarchie, le domaine royal était inaliénable, et il était pourtant une possession productrice de richesses pour l'État . Le Roi lui-même n'avait pas de toute puissance sur sa propriété ; et cette limitation était une puissante garantie entre les générations royales . Il me paraît hors de doute que le principe que le domaine royal soit inaliénable a sorti de toute négociation un bien public ; et en vérité, toute limitation juridique de l'appropriation et du marché doit être désormais considérée comme un bien . En empruntant sans mesure dans le cadre de la fiction de la représentation politique, les élus des démocratie ont aliéné la liberté des générations nouvelles, en les enchaînant à un travail productif indéfini, travail duquel ces même hommes ont organisé leur exemption . La démocratie a creusé d'énormes injustices entre les générations, entre des retraités à 53 ans, et des retraites prévisibles à plus de 70 ans . Je dis sans honte : NOUS avons été vendus . Nous ne devons rien à ceux qui nous ont vendu, et nous vendent encore .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ce que nous voulons organiser froidement, c'est notre sécession&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;J'aborderais dans un prochain article les effets du marché de l'art et des œuvres de l'esprit &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Vive la mort !&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-4577246257728236915?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/4577246257728236915/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=4577246257728236915' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/4577246257728236915'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/4577246257728236915'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/12/fetichisme-de-la-marchandisevii-lenfer.html' title='Fétichisme de la marchandise,VII : L&apos;enfer de la propriété, ou la marchandise comme vision du monde .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-lVpodEa9Wlk/Tt-anzWkkDI/AAAAAAAABVU/vX8oLebIKwM/s72-c/JMW-Turner--Ange-debout-devant-le-soleil.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-1818665182882614752</id><published>2011-11-30T07:38:00.000-08:00</published><updated>2011-11-30T08:56:34.788-08:00</updated><title type='text'>Les contradictions des valeurs dans le Système de production, ou la faillite de l'ivresse progressiste dans la productivité .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-gcoHZVQgcxM/TtZRwU6W7_I/AAAAAAAABU8/P7QtQ7Xo7mI/s1600/C.B.G.B%2B-%2B1976%2B%2528Ramones%2Bconcert%2529.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 276px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5680817870663512050" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-gcoHZVQgcxM/TtZRwU6W7_I/AAAAAAAABU8/P7QtQ7Xo7mI/s400/C.B.G.B%2B-%2B1976%2B%2528Ramones%2Bconcert%2529.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(C.B.G.B - at Ramones concert (FB Peppino Margiotta))&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet excellent article est issu du blog &lt;em&gt;Nouvelles de l'humanité&lt;/em&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;http://nouvellesdelhumanite.over-blog.com/article-l-innocence-perdue-de-la-productivite-claus-peter-ortlieb-90674468.html&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On consultera aussi avec profit : http://www.alaindebenoist.com/pdf/dette_publique.pdf&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On nous présente régulièrement le progrès dit technique et l’augmentation constante de la productivité comme une voie censée conduire l’humanité vers le bonheur et la résolution de tous ses problèmes. Attendu que ladite productivité a doublé au cours des trois ou quatre dernières décennies, autrement dit que la même quantité de temps-travail permet de produire aujourd'hui deux fois plus de biens que dans les années 1970, il s’ensuit que nous nous sommes probablement rapprochés du paradis annoncé de quelques bonnes enjambées. Pourtant, évidemment, à l’heure où les crises économique, écologique, financière et énergétique montent simultanément en puissance, quiconque affirmerait une chose pareille se verrait immédiatement taxé de doux rêveur. Il y a donc quelque chose qui cloche dans les calculs et leurs promesses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Où est l’erreur ? Un mot d’ordre qui revient souvent dans ce contexte nous fournit un premier élément de réponse : compétitivité. C’est d’abord et avant tout au moment de la mise en concurrence que la productivité prend toute son importance : l’entreprise jouissant de la plus grande capacité de production, en fabriquant ses produits à moindre coût et en les vendant moins cher que ses concurrents, expulse ceux-ci du marché. La région où règne la plus forte productivité peut devenir la première exportatrice mondiale tandis que les moins productives devront se contenter de regarder dépérir leur tissu industriel. De ce point de vue, il est donc évident qu’en règle générale, l’inégale augmentation des forces productives non seulement engendre des profits inégaux pour les acteurs économiques, mais ruine même nombre d’entre eux. En outre, en situation de concurrence, il apparaît clairement que ces mêmes gains de productivité, loin de conduire à une réduction du temps de travail au bénéfice de tous les travailleurs, mènent plutôt à une situation où un nombre plus restreint d’employés produisent davantage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cela ne nous dit toujours pas quels effets exerce sur l’ensemble du système capitaliste mondialisé cette augmentation de la productivité sur le long terme induite par la concurrence. Selon l'idéologie libérale du progrès, qui cite volontiers la « survie des plus adaptés » chère à Darwin ou le principe de « destruction créatrice » de Schumpeter, la dynamique compétitive constituerait le moteur des avancées techniques, certes, mais aussi sociales. Que cette idéologie ait été discréditée par la tournure des affaires du monde est en ce début du XXIème siècle — si ce n’était pas déjà le cas — un fait patent. Mais les raisons en sont peut-être moins simples à discerner, et cet article se propose de les mettre en lumière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Productivité, valeur et richesse matérielle &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On parle de gain de productivité lorsque la même quantité de temps-travail permet d’obtenir davantage de produits ou — ce qui revient au même — lorsque la même quantité de biens matériels peut être produite pour un coût de travail moindre, d’où il s’ensuit que la valeur de ces biens diminue. La productivité est ainsi le rapport d’une quantité de biens matériels par le temps-travail nécessaire à leur fabrication. Pour bien comprendre la productivité et ses transformations, il est indispensable de faire la distinction entre valeur et richesse matérielle.[1] Quand Marx écrit (dans l'extrait cité plus bas) que le capital pose le temps de travail comme seule mesure et source de la richesse, il entend le mot richesse dans le sens de valeur, cette forme de richesse historiquement spécifique qui n'a de sens que dans une société capitaliste et représente son essence même.[2] La richesse matérielle, quant à elle, est constituée de valeurs d’usage pouvant prendre ou non la forme de marchandises. Cinq cents tables, quatre mille paires de pantalons, deux cents hectares de terre, quatorze conférences sur les nanotechnologies ou trente bombes à fragmentation représenteront ainsi de la richesse matérielle, seule l’utilité pratique du produit ou service en question entrant en considération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui distingue le capitalisme de toute autre forme sociale est le fait qu’une forme de richesse spécifique y règne : la richesse abstraite ou valeur, qui revêt la forme de l’argent et se mesure par le temps-travail nécessaire à la production des marchandises. La richesse matérielle est un accessoire dont, certes, l'économie capitaliste ne peut se passer mais ce n'est pas son but. Celui-ci réside dans le procès de valorisation, l’accroissement démesuré de la richesse abstraite : j’investis de l’argent dans le procès de production dans la perspective de récolter au final davantage d’argent (la plus-value ou survaleur). Une activité économique qui n’aurait pas pour but, a minima, cette augmentation de richesse abstraite est une chose qui ne peut tout simplement pas exister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’y a rien d’intuitif dans cette distinction entre les deux formes de richesse. Elle ne joue aucun rôle dans les transactions quotidiennes où l’on n'évoque guère que la pure et simple « richesse ». Les critiques adressés au capitalisme se focalisent alors pour la plupart sur la question de la redistribution de la richesse. La critique marxienne de l’économie politique, en revanche, s’intéresse avant tout à cette forme précise de richesse, inédite, absurde, excessive, et du bon fonctionnement de laquelle nous avons fait en sorte que nos vies dépendent. Par malheur, ce fonctionnement se révèle, de façon lente mais régulière, de moins en moins bon, même mesuré à l’aune de ses propres critères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La notion de productivité met l’accent sur les rapports quantitatifs entre deux formes de richesse créées lors de la production d’une marchandise. Marx souligne que, bien que déterminées à chaque instant du procès de production, elles participent d’un mouvement incessant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Une plus grande quantité de valeur d'usage représente en soi une plus grande richesse matérielle : deux habits en représentent plus qu'un seul. Avec deux habits, on peut habiller deux personnes, contre une seule avec un seul habit, etc. Pourtant on peut avoir une baisse de la grandeur de valeur de la richesse matérielle, alors même que la masse de celle-ci augmente. Ces mouvements contraires proviennent du caractère bifide du travail. La force productive est naturellement toujours force productive d'un travail concret, utile, […] elle ne peut évidemment plus toucher le travail dès lors qu'on fait abstraction de la forme utile concrète de celui-ci. C'est pourquoi dans les mêmes laps de temps, le même travail donne toujours la même grandeur de valeur, quelles que soient les variations de la force productive. »[3]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut relire attentivement la dernière phrase si l’on veut comprendre qu’un accroissement de la productivité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;● n’altère pas la valeur (mesurée en temps-travail) des biens produits au cours d’une journée de travail donnée,&lt;br /&gt;● accroît, en revanche, la richesse matérielle créée au cours d'une journée de travail donnée,&lt;br /&gt;● et entraîne par conséquent une diminution de la valeur de n’importe quel produit pris indépendamment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les contraintes de la création de richesse abstraite &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les raisons que nous avons vues, la tendance historique (empiriquement constatée) du capitalisme à une augmentation sans fin de la productivité conduit à une dévaluation de la richesse matérielle tout aussi dépourvue de terme. Par ailleurs, on peut démontrer qu’à partir d’un certain point de l’évolution du capitalisme — point que nous avons d’ores et déjà atteint et dépassé —, la contribution apportée à la survaleur sociale totale par une marchandise donnée devient de plus en plus réduite [4]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par cette augmentation sans fin de la force productive, le capital, dont l’unique intérêt réside dans l’accumulation maximale de survaleur, se tire une balle dans le pied puisque la dépense matérielle nécessaire à l’obtention d’une survaleur donnée augmente régulièrement. La question est : comment se fait-il que le capital agisse à l’encontre de ses propres « intérêts » ? Pour trouver la réponse, il nous faut cesser de raisonner en termes d'acteurs économiques. Ceux-ci, à travers le jeu de la concurrence (entre entreprises, entre économies régionales ou nationales), augmentent leur capital et gagnent des parts de marché, ce qui leur confère un avantage par rapport à leurs adversaires. Il en résulte ce paradoxe que les acteurs économiques qui élargissent le plus leur part du gâteau constitué par la survaleur sociale totale, sont ceux-là même qui contribuent le plus à réduire la taille du gâteau. D’où la « contradiction en procès » qu’identifia Marx il y a 160 ans, contradiction en vertu de laquelle le capital, se contentant d'obéir à sa propre logique, détruit précisément la forme de richesse qui se trouve être indispensable à son existence. Quiconque échoue à prendre une part active à l’expulsion du travail hors du procès de production est lui-même éjecté du marché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la mesure où, sous le capitalisme, l’objectif de toute activité économique consiste à obtenir une survaleur, autrement dit à faire en sorte que la somme d’argent investie dans le procès de production ait augmenté au terme de celui-ci, une économie de marché sans croissance est tout bonnement impossible, car sans perspective de croissance personne n’investirait le moindre centime. C’est ce que devraient garder à l’esprit, en particulier, tous ces gens bien intentionnés qui prônent, pour le bien de l’environnement et de l’humanité, des économies nationales fonctionnant à l’avenir avec une croissance nulle… mais qui se gardent bien d’évoquer une sortie du capitalisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'est-ce donc qui s'accroît de façon si compulsive ? Du point de vue du capital, c’est la richesse abstraite qui doit croître, et avec elle la survaleur, qui représente, au fur et à mesure de l’accumulation capitaliste, un stock de capital toujours plus démesuré. Cependant, si la productivité augmente, cela suppose que la quantité de biens produits croisse plus vite que la survaleur. Car pour seulement maintenir la création de survaleur à un niveau constant, la production devra croître au même rythme que la productivité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La création de richesse abstraite est ainsi astreinte à la double nécessité d’augmenter à la fois la survaleur et la productivité, ce qui en retour suppose un taux de croissance encore plus élevé en termes de richesse matérielle. Historiquement, le capitalisme a résolu le problème de sa soif immanente de croissance en se lançant dans deux gigantesques vagues d’expansion[5] :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;● expansion « extérieure » à travers la conquête progressive de tous les secteurs d’activité productive préexistant au capitalisme, la conversion forcée des êtres humains à la dépendance salariale et la conquête de l’espace géographique ;&lt;br /&gt;● expansion « intérieure » à travers la création de nouveaux secteurs de production (et, corrélativement, de nouveaux besoins), le développement de la consommation de masse et la pénétration du royaume « féminin » dissocié de la reproduction.[6]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces espaces conquis sont de nature concrète ; par suite, ils sont finis. Il était donc à prévoir que l’accroissement inconsidéré de la richesse abstraite finisse par en rencontrer les limites. Ce moment est arrivé, et les limites sont atteintes de deux façons :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Limites internes et externes du mode de production capitaliste &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se penchant sur la question de l’expansion du capital, Robert Kurz établit dès le milieu des années 1980 quel sera l’un des impacts de la « révolution microélectronique » :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Les deux principales formes ou moments du processus d’expansion capitaliste se heurtent aujourd’hui à des limites concrètes absolues. La capitalisation atteignit son point de saturation dans les années 1960 ; elle a depuis lors complètement cessé d'absorber le travail vivant. A la même époque, les avancées de la recherche en microélectronique ont fait entrer la transformation du procès de travail concret dans une phase radicalement nouvelle. […] L’élimination massive du travail vivant en tant que producteur de valeur ne peut plus être contrebalancée par la production en masse de produits nouveaux "à valeur réduite", car cette production de masse n'est plus en mesure de réabsorber les travailleurs déclarés "superflus" ailleurs. Ainsi, l’équilibre entre, d’un côté, l’élimination du travail vivant via le procès de rationalisation et, de l’autre, l’absorption du travail vivant via la capitalisation ou la création de nouveaux secteurs de production, est irrémédiablement rompu : désormais, inexorablement, il y aura davantage de travail éliminé que de travail absorbé. »[7]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La reconnaissance du fait que « désormais, inexorablement, il y aura davantage de travail éliminé que de travail absorbé » repose, pour l’essentiel, sur le postulat que le capital ne sera plus en mesure de susciter suffisamment d’innovations de produits pour compenser le ralentissement de la création de valeur et de survaleur induit par les innovations de procédés. Beaucoup soutiennent le contraire, en dépit du fait que — un quart de siècle plus tard — les innovations de produits en question se fassent toujours attendre. Rappelons que nous ne parlons pas simplement de nouveaux produits accompagnés de leurs besoins afférents : les innovations tant attendues réclameraient pour assurer leur production de telles quantités de force de travail que les conséquences de la rationalisation microélectronique en seraient, au minimum, neutralisées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au plan concret, les limites internes de la production capitaliste se manifestent par la concentration des entreprises sous l’effet du principe de concurrence et par un chômage structurel. L’industrie automobile, dont D. H. Lampater décrit bien la situation, en fournit un parfait exemple :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Le nœud du problème : même si les constructeurs allemands parvenaient à maintenir leur taux de ventes de véhicules au niveau actuel, la pression sur l’emploi n’en continuerait pas moins à s’accentuer avec chaque nouveau modèle. Lorsque Volkswagen cessa de fabriquer la Golf V pour passer à la Golf VI, M. Winterkorn, le PDG de la firme, annonça fièrement à l’occasion de la présentation de la nouvelle gamme que la productivité avait augmenté de 10% à l’usine de Wolfsburg et de 15% sur le site de Zwickau. Autrement dit, assembler le même nombre de voitures nécessite désormais 15% d’ouvriers en moins. Il s’ensuit que, si les ventes de Golf VI n’augmentent pas dans les mêmes proportions, les emplois sont menacés. Et le même phénomène se produit lorsque BMW, Mercedes ou Opel sortent un nouveau modèle. Pour certains modèles, on a vu la productivité bondir de 20%. »[8]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La productivité croît-elle de 15% ? Alors les ventes doivent croître en proportion si l’on veut générer les mêmes augmentations — mesurées en temps-travail — de la (sur)valeur, sans parler des profits proprement dits. Si les ventes ne suivent pas, non seulement des travailleurs sont licenciés mais, en outre, le capital investi dans l’industrie automobile, étant donné le manque à gagner en termes de (sur)valeur, n’est plus assuré de croître. Cette chute des profits menace en priorité les entreprises incapables de suivre le rythme de l’augmentation de la productivité, ce qui explique la fierté du PDG de Volkswagen qui voit l’avenir lui apparaître sous la forme d’une plus grande part de marché, voire d'une hausse des bénéfices. Toutefois, à l’échelle d’un secteur industriel entier, le gain de productivité entraîne mathématiquement l'amincissement des profits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A côté de ces limites internes, les limites externes de la production capitaliste s’expriment à travers les limites écologiques à la croissance, lesquelles, comme le montre le fantasme d’une « économie de marché sans croissance » n’ont pas encore été correctement interprétées dans cette optique. Dès le début des années 1990, Moishe Postone établissait pourtant le lien :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Indépendamment de toute considération sur les possibles limites à l’accumulation du capital, l’une des conséquences de cette dynamique particulière – qui produit de plus grandes augmentations de richesse matérielle que de survaleur -, c’est la destruction accélérée de l’environnement naturel »[9]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Le contexte que j’ai dessiné suggère que, dans la société où la marchandise s’est totalisée, il se crée une tension sous-jacente entre les considérations écologiques et les impératifs de la valeur en tant que forme de richesse et de médiation sociale. […] La tension entre les exigences de la forme-marchandise et les nécessités écologiques s’aggrave à mesure que la productivité augmente et pose un grave dilemme, notamment pendant les périodes de crise ans la vie politique, le dilemme décrit ici se manifeste par un conflit entre mesures environnementales et mesures en faveur du développement économique : si, d’un côté, il y a consensus dans les milieux écologistes sur le fait que généraliser à l’ensemble de la planète l’« american way of life », voire simplement le mode de vie ouest-européen, mènerait tout droit à un désastre écologique aux proportions sans précédent, de l’autre, les institutions ayant en charge de favoriser le développement économique sont tenues de poursuivre précisément cet objectif, quand bien même il serait devenu irréaliste. Ou, pour le dire dans les termes utilisés tout au long de cet article : employer ne serait-ce que la moitié de la force de travail disponible sur la planète à un niveau nécessaire à la poursuite de l’accumulation capitaliste, tout en maintenant le niveau actuel de productivité (avec les taux de production et d’engloutissement des ressources qui lui sont liés), se traduirait par un effondrement immédiat de l’écosystème terrestre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute façon, le mode de production capitaliste, par l’action de sa propre dynamique compulsive, est arrivé au terme de ses possibilités de développement. La communauté mondiale se trouve donc confrontée à cette alternative : soit couler avec lui, soit se libérer de la tyrannie de la richesse abstraite et refonder la reproduction sociale sur des critères, cette fois, purement concrets. Le développement des forces productives pourra alors retrouver son innocence : d’une part, la société n’autorisera plus compulsivement la mise en œuvre de n’importe quel gain de productivité (toute tâche n’étant pas forcément plus agréable lorsqu’elle est exécutée plus vite) ; d’autre part, ce développement pourra enfin servir à améliorer réellement la vie des êtres humains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Claus Peter Orlieb &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Traduction française: &lt;strong&gt;Sînziana&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rédacteur de la revue allemande Exit !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Article paru, sous une forme légèrement différente, dans Denknetz Jahrbuch, 2010. Cf. aussi C. P. Ortlieb, « Ein Widerspruch von Stoff und Form » [Une contradiction entre la matière et la forme], EXIT! Krise und Kritik der Warengesellschaft, n°6, 2009. La traduction française de ce texte est parue dans la revue Entropia (automne 2011).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[1] La distinction entre ces deux formes de richesse se complique encore en raison du fait que de nombreux économistes mesurent la productivité comme étant le PIB (produit intérieur brut) divisé par le nombre d’heures travaillées, de sorte que le produit du travail est exprimé d’emblée en termes monétaires. Or, le (véritable) PIB ne doit représenter que la quantité totale des biens produits et des services fournis. Tâchons d’éviter cette confusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[2] Cf. Moishe Postone, Temps, travail et domination sociale, éd. Mille et Une Nuit, 2009 (1993).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[3] Karl Marx, Le Capital, éd. PUF, 1993, tome 1, p. 52.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[4] Car, pour toute marchandise donnée, la survaleur est nécessairement inférieure à sa valeur totale ; cf. C. P. Ortlieb, art. cit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[5] Cf. Robert Kurz, « Die Krise des Tauschwerts », Marxistische Kritik, n°1, 1986.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[6] Concernant le royaume « féminin » dissocié de la reproduction, cf. Roswitha Scholz, « Remarques sur les notions de "valeur" et de "dissociation-valeur" », Illusio, n°4/5, automne 2007. Cf. également le chapitre VII, « Le travail, domination patriarcale » du Manifeste contre le travail, éd. Léo Scheer, 2002. (N.d.l.T.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[7] Robert Kurz, art. cit.&lt;br /&gt;[8] D. H. Lampater, « Notbremsungen » [Freinage d’urgence], Die Zeit, 16 octobre 2008.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[9] Moishe Postone, op. cit., p. 457-458.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[10] Moishe Postone, op. cit., p. 459-460.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-1818665182882614752?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/1818665182882614752/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=1818665182882614752' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/1818665182882614752'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/1818665182882614752'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/11/les-contradictions-des-valeurs-dans-le.html' title='Les contradictions des valeurs dans le Système de production, ou la faillite de l&apos;ivresse progressiste dans la productivité .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-gcoHZVQgcxM/TtZRwU6W7_I/AAAAAAAABU8/P7QtQ7Xo7mI/s72-c/C.B.G.B%2B-%2B1976%2B%2528Ramones%2Bconcert%2529.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-6183568963886753827</id><published>2011-11-26T03:40:00.001-08:00</published><updated>2011-11-26T06:23:20.912-08:00</updated><title type='text'>De l'organisation révolutionnaire, ou le silence des forêts en hiver</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-hA1oKcSkw_o/TtDQRcdYi5I/AAAAAAAABUw/VNX9u48Ms7c/s1600/scott%2Bblack.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 362px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5679268128229985170" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-hA1oKcSkw_o/TtDQRcdYi5I/AAAAAAAABUw/VNX9u48Ms7c/s400/scott%2Bblack.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Scott Black)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut dire la vérité sur ce que peut être un ordre développant la puissance spirituelle d'affronter le Léviathan du monde moderne . Dire la vérité, car il s'agit bien de vérité . Pour être le ciment d'une société humaine, il n'existe que peu de ce que Luhmann nomme des &lt;em&gt;médias de communication symboliquement généralisés&lt;/em&gt;, c'est à dire l'expression de la puissance de l'unification, quand le développement de la complexité sociale, la multiplication des sous-systèmes fonctionnels, est corrélativement le développement de puissances de dissolution, de fragmentation à l'infini . De ces contenants de la guerre civile en puissance qu'est une société humaine, de ces médiations symboliques de l'unification, il n'est guère que le droit, le pouvoir, la vérité, l'argent, le Spectacle, l'idéologie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les média de communication symboliquement généralisés suivent une évolution inverse du développement de la complexité sociale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La complexité sociale renforce les spécialisations, c'est à dire l'isolement des sous-systèmes psychiques . Ceux-ci deviennent de plus en plus impuissants à porter la totalité sociale en image impliquée en eux-même, sous la forme de la vérité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le règne de l'argent, comme média de communication symboliquement généralisé, est le signe de l'abandon du langage et de la vérité comme mode premier et principal de l'unification communautaire humaine&lt;/strong&gt; . Le règne de l'argent est celui de la société post-culturelle, règne évident dans le monde moderne . L'argent est une voie de simplification indéfinie du codage social, du ciment de la société, ciment résumé à la quantité . Le codage s'exténue vers le néant de l'absurde à mesure que la communauté réelle des hommes, dans le processus de complexification et donc de division à l'infini des sous-systèmes, liée au développement des forces productives, s'exténue elle-même vers le néant quantitatif .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant dire que la pensée de Deleuze est parfaitement fonctionnelle à ce processus de décomposition, représenté dans le spectacle du verbe magistral comme une libération - libération parfaitement illusoire, comme si le vol d'un oiseau pouvait être libéré de la résistance de l'air .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le processus du nihilisme, ou désenchantement du monde, est - autrement dit - identique à la transition de la vérité symbolique, comme mode de tissage de l'unité communautaire, vers l'argent et le quantitatif – mode quantitatif d'unification que représente la démocratie moderne comme concept de consensus . Le règne de l'argent et la démocratie moderne sont des miroirs fonctionnels l'un de l'autre . &lt;strong&gt;Comme l'argent, la démocratie moderne ne présuppose aucune autre communication entre les hommes que la quantité comme référence symbolique réduite au plus infime dénominateur commun &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'argent, le vote, la fortune remplacent réellement le langage comme fondement de l'unité des hommes – et ainsi l'absence de toute pensée politique, le solipsisme et les illusions de la toute puissance du bloom se réduisent dans l'individu à une absence de construction symbolique des limites de l'ego, c'est à dire une forme généralisée de ce qui autrefois était considéré comme des formes pathologiques de constitution de la personnalité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la mentalité antique, le temps donné au travail productif, méprisable, n'était donné que comme réserve préalable à la pleine jouissance de la vie liée aux autres hommes, au langage, à l'amitié, la vie de citoyen, à l'amour . Nous nous représentons encore parfois le travail comme étant la recherche de moyens d'existences, et la vie réelle comme le loisir résiduel . Mais ce n'est pas le fonctionnement réel du travail social moderne . Le travail social moderne n'est que le travail comme essence de la vie, puisque la vie communautaire réelle s'exténue indéfiniment ( il n'est que de comparer la vie sociale des temps passés de la fréquence moderne de longues périodes de solitude dans la vie des hommes ) . La communauté humaine moderne ne devient que mesurée à la quantité, à l'argent . L'Union Européene n'a pas d'autre langue commune que sa monnaie . Le travail productif et le service de la quantité deviennent la seule sociabilité résiduelle, sans pour autant pouvoir servir, comme dans la sociabilité ouvrière communiste, de support d'un sens de la vie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est rien à attendre de ce monde que de mourir à la tâche de produire et de consommer . C'est quand nous aurons compris cela, c'est quand nous aurons levé toutes les illusions résiduelles sur le Système, que nous aurons compris que nous n'avons rien à perdre de la chute du mythe libéral . Perdre quoi ? La seule peur du vide, l'absence de tous les cadres du Système – et la dépendance matérielle de tout homme dans le Système, puisque le processus de complexification des forces productives est identique au processus d'hyper-spécialisation des sous-systèmes psychiques, et donc de l'intensification de la dépendance de chaque homme, maintenus dans l'immaturité, incapables de penser leurs emplois dans leur globalité fonctionnelle, de construire leur logement, incapables de cuisiner sans parler de produire leurs aliments, incapables pour la plupart de prendre des décisions simples et vitales - incapables même de s'accorder à leur propre désir, sans immenses efforts – il n'est que de voir l'esprit de troupeau des masses du monde moderne, ou les simagrées des modernes «gender philosophes » sur le consentement sexuel .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce contexte d'exténuation des liens autres que les liens d'argent, de Spectacle et de quantité à travers le sondage et le vote, &lt;strong&gt;comment penser que le préalable d'un mouvement révolutionnaire soient les principes quantitatifs modernes, dit « démocratiques » ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le principe même du vote dans un mouvement d'Avant-garde est de poser que la vérité, comme média de communication symboliquement généralisé, c'est à dire comme principe d'unité d'un mouvement révolutionnaire, ne peut être le plus puissant parmi les hommes du mouvement . Mais au contraire, que l'opinion du plus grand nombre doit recevoir ce rôle de principe directeur de la communauté marginale . Pourtant un mouvement dissident doit s'appuyer sur quelque puissance qui le dépasse et qui l'entraîne, sur une puissance verticale - sur la vérité, analogue dans le verbe des hommes du Soleil invaincu . Telle était la position la plus normative des Avants-gardes de l'Est avant 1945, par exemple . Soutenir le principe électoral dans l'Avant-garde, cela signifie que dans le mouvement les idées les plus aisées, désirables et confortables à soutenir à partir de l'imprégnation idéologique des membres, imprégnation laissée au Système, doivent dominer le marché idéologique crée par le vote dans le mouvement . Le conformisme au Système du résultat est prévisible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, la puissance quantitative, par hypothèse, appartient finalement au Système : le principe démocratique dans une organisation révolutionnaire suppose que le Système doit être affronté avec ses propres principes, et sur le terrain où sa puissance est la plus grande . Autant dire qu'un tel « mouvement révolutionnaire » ne pourrait être ainsi qu'absolument inoffensif .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par définition, des positions d'avant garde ne peuvent naître comme étant celles du plus grand nombre . C'est la puissance de la vérité qui permet au résistant isolé de faire face aux plus immenses puissances de répression, à la torture et à la misère ; c'est la puissance de la vérité qui permet à Marguerite Porète de refuser de se soumettre à ses juges . C'est la vérité encore qui permet à Sophie Scholl, de la rose Blanche, de proclamer que tous ces aryens qui la jugent, qui se vantent d'être forts et sans peurs, sont en vérité terrorisés par un Système policier qui les enchaîne dans des crimes sans noms . &lt;strong&gt;Il n'est ni dissidence, ni résistance sans vérité . La vérité est l'arme infime des temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;La question de la vérité n'est pas une question politique . La politique doit se soumettre à la vérité . C'est l'espoir d'un règne de l'être, et non du Spectacle . Car sans vérité, il n'est pas de loyauté, et donc pas de lien inconditionnel . Un tel renoncement relève des renoncements que le Système voudrait sans gravité . Mais si, c'est très grave . Le vrai n'est pas ce que je veux . Le vrai est ce qui est .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment se nommait la stratégie du Mahatma Gandhi ? Elle s'appelait le Satyagraha, le « se tenir dans la vérité » .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abandonner la vérité pour le vote, c'est donner raison à César, à Ponce Pilate . C'est poser la question préalable : « la vérité, combien de divisions ? » . &lt;strong&gt;La gravité réelle d'un crime ne dépend pas d'un vote, ni d'un nombre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Écoutez ces propos d'un militant "socialiste" sur l'idéalisme dans le P.S : &lt;em&gt;"L’idéalisme militant se heurte à un constat simple : les partis sont des organisations humaines et, en tant que telles, sont travaillés par des logiques et des tensions communes à toutes les organisations humaines. Ambitions. Arrangements. Passe-droits. Combines. Haines personnelles. Cliques et bandes. Oligarchies internes. Etc"&lt;/em&gt;...&lt;strong&gt;Voilà ce qu'est un parti politique : une petite réplique de l'oligarchie dominante, et une réplique de l'idéologie dominante, adaptée à un style de public fonctionnel au Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Quel est cet idéalisme militant, sinon un idéalisme sans affrontement du réel ? Car s'il voyait la vérité, la réalité cruelle sans ses masques du commerce électoral de la représentation, il ne serait pas la victime pitoyable du Spectacle et de ses illusions . Il saurait &lt;strong&gt;qu'il n'y a pas d'idéalisme authentique dans les organes fonctionnels du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Il est deux faces que l'usage nomme idéalisme, parmi tous les visages possibles de ce mot parmi les hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est l'idéalisme débile et impuissant, fils de l'idéologie racine du Système, de l'idéologie moderne . Enflé de ses certitudes vides, il veut à toute force rendre réel un ensemble de représentations de la justice et de la vérité qui sont sans enracinement puissant dans les mondes . Il en est ainsi de &lt;em&gt;la lutte contre les discriminations&lt;/em&gt;, quand elle prétend rendre égaux, par exemple, le Maître et le disciple .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Maître est ce que veut devenir le disciple ; dit autrement, le Maître est en acte ce que le disciple est en puissance . Le disciple est l'image et la ressemblance du Maître ; et les Maîtres Tantrika, comme le démiurge souffle dans l'argile rouge d'Adam, soufflent dans la bouche de leur disciple pour leur seconde naissance . Le maître est la preuve sensible de la puissance de la Voie, l'Orient du disciple . En vérité, le Maître est disciple de son disciple, et le disciple maître secret du Maître ; il y a une rotation permanente des pôles, et des inversions des pôles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les positions hiérarchiques des pôles sont le secret de la puissance de transformation qu'ils véhiculent . Ainsi le fidèle d'Amour rend-t-il un culte à la Dame, car c'est l'écart entre lui et l'objet de son Amour qui crée le Soleil invaincu de la &lt;em&gt;Vita Nuova&lt;/em&gt;, de la Vie Nouvelle . Sans le creusement de ce culte, de cet abîme d'amour hiératique, le feu du Désir ne peut atteindre Celui &lt;em&gt;qui fait mouvoir le Soleil et les autres étoiles&lt;/em&gt; . Mais cet immense amour ne rend pas l'amour désincarné . La rotation des pôles plonge ce qui est en Haut dans l'argile rouge de la chair, et ainsi la forme, le rythme, le souffle s'incarnent, et forment la rose, l'alliance des mondes d'en Haut et des mondes d'en Bas . Il est une alchimie hiératique de la chair que permet l'intensification des contradictions verticales ; mais ceci ne peut être compris que des amants du Fin'amour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les positions hiérarchiques des pôles sont le secret de la puissance de transformation qu'ils véhiculent . &lt;strong&gt;Le caractère unidimensionnel du processus électoral, qui rend le préjugé le plus obtus égal à la perspective la plus profonde, est un processus comparable à la réduction massive des liens à la mesure de l'argent, au fétichisme de l'argent comme langue babélienne des hommes modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Il est un processus d'aplanissement vers le bas, et le miroir du mépris de l'intelligence et de la vérité caractéristiques du Système, qui veut &lt;strong&gt;remplacer le langage comme puissance d'unification de la communauté humaine par l'argent et l'employabilité - accomplir la réduction de l'homme à sa fonction dans le processus de production&lt;/strong&gt; . Réduire les polarités de l'être en acte et de l'être en puissance, qui est la puissance indéfinie du désir dans le monde, est le miroir du caractère fonctionnel du processus électoral dans le processus global du nihilisme – il s'agit d'enfermer les perspectives des hommes, qui s'appuient sur une indéfinité de mondes, dans les perspectives étriquées du développement indéfini du Système – de fermer la dimension verticale pour maintenir dans l'esclavage de la production matérielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est toujours possible, comme la plupart des oligarques, de se la parler local, pragmatique concret, pour faire comme si la perspective unidimensionnelle typique du Système était au fond la seule manière réaliste d'aborder les problèmes nés des contradictions du Système . &lt;strong&gt;Mais les mots sont abstraits, universels, théoriques, même ceux-là, "concret", "pragmatique" &lt;/strong&gt;. Ces discours se la racontent, et mentent . Doit-on avoir honte de penser et de lever la tête ? Les lumières ont-elles été moins concrètes en 1789 de s'être voulues universelles ? Marx a-t-il moins bien compris le Système de se vouloir théoricien, et les marxistes n'ont-ils pas déployé une immense puissance concrète ? Ne voyez vous pas que ce mépris de l'intelligence partagé entre les oligarques et certains « indignés » est un héritage de l'éducation dans le Système – est fonctionnel, est la plus solide des chaînes pour un mouvement révolutionnaire ? Réfléchir, c'est déjà désobéir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéologie racine produit des exigences impossibles, et en particulier la volonté de rigoureusement tout réduire à des perspectives unidimensionnelles au nom de l'égalité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéalisme de l'idéologie racine n'est que le constat de l'impuissance de la volonté des hommes d'or de tout réduire à leur horizon unidimensionnel de mangeurs de poussière, leur impuissance qui les fait mordre Ève au talon . Cet idéalisme ne peut invoquer l'acte de la puissance, la fleur des mondes . Il n'est pas vrai, donc sans aucune justice .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ce qui est faux ne peut être juste - à moins de croire que la justice ne soit que le caprice de la volonté souveraine de l'homme . Ce qui est juste est vrai ; et tout homme le sait, au fond de lui-même, dans le silence de l'intériorité &lt;/strong&gt;. Ce qui est juste n'est pas crée comme juste, mais reçu comme juste dans le cœur de soi, reflet de la justice au cœur du monde . Ce qui est juste s'enracine dans l'expérience, la vie, le souffle de la puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéalisme idéologique moderne, celui de la « lutte contre les discriminations » fonctionnelle, des Gender Studies, des antispécistes, est impuissant, car ses vaines imaginations ne peuvent s'incarner ; jamais le chien ou la crevette ne pourront défendre leurs « droits égaux » à l'homme . Impuissant à s'incarner réellement, cet idéalisme vide finit dans l'amertume et le ressentiment caractéristiques de la psychologie du puritain, qui ne cesse d'appeler au renforcement de la puissance de l'État et à la répression, pour imposer de force son idéalisme frelaté et fonctionnel . &lt;strong&gt;Il relève de la sottise de croire possible le fonctionnement démocratique des institutions démocratiques modernes, qui sont la façade de la domination oligarchique du Système depuis l'origine&lt;/strong&gt; . Il relève de la sottise plus grande encore de croire qu'un mouvement révolutionnaire d'avant garde, minoritaire, affrontant la plus grande puissance humaine de tous les temps dans l'ordre matériel et spectaculaire, peut s'encombrer de mimer l'impuissance politique des sous-systèmes fonctionnels de l'ordre dit « politiques » dans la constitution du monde posée par l'idéologie racine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les États démocratiques eux-même, pourtant si lourdement armés en toutes choses, sont ridiculement impuissants face au Système . Que peuvent peser des organisations d'amateurs narcissiques se dévorant entre eux pour des motifs futiles, émotionnels ? Que peuvent peser des organisations jugeant essentiel d'écrire sur tous leurs documents militant(E)s, citoyen(nE), dépourvus de la moindre formation sérieuse sur le Système ? Comment tous ces fatras spectaculaires pourraient-ils être autre chose que de pures illusions « politiques », des divertissements offerts par le Spectacle à des « idéalistes » dignes d'être publiés dans des reportages de Elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut dire la vérité : de telles « organisations » ne peuvent être que vanité et poursuite du vent . Affronter le dragon du Système doit dépasser, ignorer de tels « idéalismes » .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voulons l'idéalisme radical de celui qui comprend, après le Hagakure, que toute la valeur martiale d'un homme réside dans son fanatisme, et décide de développer méthodiquement son fanatisme pour affronter une situation extrême, la situation du dissident isolé face à un Système mondialisé aspirant à la toute-puissance - l'idéalisme du résistant et de l'aristocratie révolutionnaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ce fanatisme est un fanatisme sans croyance . Cet idéalisme enraciné dans l'Enfer est déconnecté de toute foi, de toute espérance immédiates &lt;/strong&gt;. Il sait que l'objet de son affrontement est d'une capacité à l'écrasement qui le dépasse radicalement en tant qu'individu ; il sait que seul il n'est rien en tant que puissance, et qu'il doit d'abord régner dans son fors intérieur – que &lt;strong&gt;régner dans son fors intérieur est déjà un acte puissant d'exil du monde triomphant de la Bête&lt;/strong&gt; . Dit autrement, il sait que seule la solidarité et la loyauté inconditionnelles à une cause, la foi à une puissance bien supérieure à sa vie misérable, la vérité, la Cause, peut triompher de l'énorme puissance qu'il affronte .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Seul, il ne peut affronter la Bête . Mais par le savoir de sa vacuité, et le recentrement intérieur dans la puissance qui le dépasse et vit à travers lui, il n'est rien qu'il ne puisse affronter, l'incendie dévorant, une vague immense, la chute d'une haute falaise&lt;/strong&gt; . Tous les jours, il faut se penser déjà mort, dit en ce sens le Hagakure . &lt;em&gt;Passé le pas de sa porte, l'homme est parmi les morts&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le Samouraï plonge entre les mâchoires de la mort pour trouver sa propre essence&lt;/em&gt;, dit encore le Hagakure . La méditation pour soi-même, comme celle d'Epictète, &lt;strong&gt;le creusement de l'anéantissement de l'homme dans le Système est la Voie de la puissance des dissidents et des résistants, depuis l'aube de la tyrannie&lt;/strong&gt; . Nous n'avons rien à perdre, et c'est la voie de l'intensification d'une puissance redoutable, de la puissance des loups .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La démocratie est un idéalisme faux et menteur, de force débile, de fin de race et de fin de monde...L'idéalisme militant exige une aristocratie révolutionnaire disciplinée, hiérarchisée, silencieuse, sur le modèle léniniste, plus encore sur le modèle d'un ordre . Aucune grande action n'a été accomplie par une organisation passant plus de temps à débattre qu'à combattre, même dans l'ordre de l'intellect, ou l'éristique développe la puissance idéologique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mieux vaut une horde de chasseurs, une horde mongole, qu'une assemblée générale moderne . Et une telle organisation est aussi souple, adaptable, impitoyable que les muscles et la mâchoire d'un loup . &lt;strong&gt;Aucune organisation de conquête, aucune organisation de résistance, aucune organisation de dissidents, aucune organisation secrète d'une hérésie poursuivie par une police meurtrière n'a jamais été démocratique&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De telles organisations ne sont pas non plus des dictatures, en aucun cas . Elles sont des organisations informelles, basées sur l'honneur, le lien inconditionnel, la parole donnée, la conscience de sa valeur et de ses limites . Dans les partis modernes, des individus médiocres, minables, peuvent atteindre indéfiniment leur niveau d'incompétence ; de véritables incapables peuvent aspirer à de hautes fonctions, et parfois avec succès . Cela est permis par le vote et par la manipulation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une horde, chacun peut parler pour les grandes décisions, mais aussi &lt;strong&gt;chacun parle avec l'autorité de qu'il est, ni plus ni moins &lt;/strong&gt;; chacun parle au nom de la vérité qui réunit les hommes, au nom de l'idéal . Dans &lt;em&gt;Beowulf&lt;/em&gt;, on lit comment un guerrier en fait taire un autre dans le Hall du Roi : &lt;em&gt;« mais tu as tué ton frère, ton proche le plus cher, toi ; c'est pourquoi l'Enfer t'es promis, malgré tes propos retors »&lt;/em&gt; . Dans l'Athènes « démocratique » comme dans la société féodale, le premier qui décide de la guerre doit être le premier à mettre son corps en danger en bataille ; et celui qui emprunte pour l'État garantit l'argent sur sa fortune . Tu veux accueillir des hommes chez toi ? Fais-le le premier . Dans les organisations modernes, les décisions sont déliées des responsabilités ; et je pose que &lt;strong&gt;le principe central d'une organisation dissidente doit être que le pouvoir doit s'accompagner de responsabilités proportionnelles, et directement liées au pouvoir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Chacun ne doit parler que dans le mesure de ce qu'il est, ni plus, ni moins . Quand on ne sait pas, on peut poser des questions avec respect, mais sûrement pas se prononcer . Il est ridicule de voir des hommes ignorants faire des propositions inutiles, vues et revues, naïves, et monopoliser la parole dans des réunions qui se doivent d'être efficaces . Je répète : il faut poser aux hommes des questions de ce genre : &lt;strong&gt;qui est tu, et quelle est ton expérience de ce dont tu parles&lt;/strong&gt; ? A ceux qui protestent de leur droit à l'expression, il faut rappeler le droit de ne pas écouter – tu as droit, frère, d'aller d'exprimer ailleurs . Crois-tu que nous soyons réunis pour permettre ton expression, ton épanouissement personnel, ou pour servir une cause, même si le ressenti de ton épanouissement et ta légende personnelle doivent en souffrir ? Ton estime de soi ne me concerne pas . Avant de parler, montre par tes actes que tu es digne de parler .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que je dis est également valable pour le net, pour les forums, et toutes ces occasions de bavardages inutiles . Je refuse de discuter des arguments naïfs, ou des susceptibilités de personnes . Ce qui est vrai n'a pas besoin d'être défendu – expliqué, rien de plus .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chacun doit savoir se taire quand cela est juste, et chacun doit savoir obéir avec une conviction absolue quand cela est juste, et que la décision est arrêtée . De telles compétences sont infiniment plus essentielles à la dissidence que toutes les proclamations et les manifestes qui pullulent partout&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous autres dissidents, révoltés, rebelles, nous n'avons pas de patrie . Il n'est plus de patrie, de ce corps blanc des amoureuses, de cette terre où planter ses racines, et aimer les hommes, et tout ce qui a le souffle de vie, et le sang, et la sève . Il n'est plus que des causes, et le ciel nu - le bleu de l'abîme vertical au dessus de l'homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerre spirituelle contre le monde postmoderne, la petite guerre, et la grande guerre spirituelle ne sont pas des lieux de débats indéfinis sur les désirs, les rêves vides, ou le narcissisme des blooms, des hommes modernes dans leur déréliction réelle et leur toute-puissance de carton . Il est vain d'argumenter comme le vent se lève . Il n'est plus le temps des débats. Il faut partir, lever les voiles, au souffle des étoiles et du Soleil noir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La parole des Maîtres crée de l'être . Il est noble de ne pas se plier devant la puissance du Système ; il est noble de s'incliner devant un maître . Il est noble de pleurer de reconnaissance . &lt;strong&gt;Dans la guerre, le bavardage qui ne montre pas le plaisir de vivre est une censure de la profondeur par le bruit&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'instant présent peut être le moment crucial . Le moment crucial peut être le moment présent . Le Kairos est la rencontre du temps et de l'éternité, le temps du silence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'instant suprême, l'homme noble sait que s'il faut choisir entre se taire et parler, il est préférable de se taire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ordre est le silence de la fin des cycles, des tourbillons du monde . Le silence des forêts en hiver. Nous devons désirer être des hommes de l'ordre du loup .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence des forêts en hiver est le sourire silencieux des promesses du printemps .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-6183568963886753827?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/6183568963886753827/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=6183568963886753827' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/6183568963886753827'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/6183568963886753827'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/11/de-lorganisation-revolutionnaire-ou-le.html' title='De l&apos;organisation révolutionnaire, ou le silence des forêts en hiver'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-hA1oKcSkw_o/TtDQRcdYi5I/AAAAAAAABUw/VNX9u48Ms7c/s72-c/scott%2Bblack.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-4775731398511433859</id><published>2011-11-25T09:58:00.000-08:00</published><updated>2011-11-25T09:59:03.824-08:00</updated><title type='text'>Les loups, ou le silence de la forêt en hiver : de l'organisation .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-R8aDAkkxaRY/Ts_WHVrcdcI/AAAAAAAABUM/N9OVOowSxPk/s1600/Guido%2BCagnacci.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 309px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5678993076704277954" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-R8aDAkkxaRY/Ts_WHVrcdcI/AAAAAAAABUM/N9OVOowSxPk/s400/Guido%2BCagnacci.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Guido Cagnacci - allégorie de la vie humaine)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Il faut dire la vérité sur ce que peut être un ordre développant la puissance spirituelle d'affronter le Léviathan du monde moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Écoutez ces propos d'un militant "socialiste" sur l'idéalisme dans le P.S : &lt;em&gt;"L’idéalisme militant se heurte à un constat simple : les partis sont des organisations humaines et, en tant que tels, sont travaillés par des logiques et des tensions communes à toutes les organisations humaines. Ambitions. Arrangements. Passe-droits. Combines. Haines personnelles. Cliques et bandes. Oligarchies internes. Etc".&lt;/em&gt;..Voilà ce qu'est un parti politique, une petite réplique de l'oligarchie dominante, et une réplique de l'idéologie dominante, adaptée à un style de public fonctionnel au Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel est cet idéalisme militant, sinon un idéalisme sans affrontement du réel ? Car s'il voyait la réalité sans ses masques du commerce électoral, il ne serait que la victime pitoyable du Spectacle et de ses illusions . Il n'y a pas d'idéalisme authentique dans les organes fonctionnels du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est deux faces que l'usage nomme idéalisme, parmi tous les visages possibles de ce mot parmi les hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est l'idéalisme débile et impuissant, fils de l'idéologie racine du Système, de l'idéologie moderne . Enflé de ses certitudes vides, il veut à toute force rendre réel un ensemble de représentations de la justice et de la vérité qui sont sans enracinement puissant dans les mondes . Il en est ainsi de la lutte contre les discriminations, quand elle prétend rendre égaux, par exemple, le Maître et le disciple .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Maître est ce que veut devenir le disciple ; dit autrement, le Maître est en acte ce que le disciple est en puissance . Le disciple est l'image et la ressemblance du Maître ; et les Maîtres Tantrika, comme le démiurge souffle dans l'argile rouge d'Adam, soufflent dans la bouche de leur disciple pour leur seconde naissance . Le maître est la preuve sensible de la puissance de la Voie, l'Orient du disciple . En vérité, le Maître est disciple de son disciple, et le disciple maître secret du Maître ; il y a une rotation permanente des pôles, et des inversions des pôles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les positions hiérarchiques des pôles sont le secret de la puissance de transformation qu'ils véhiculent . Ainsi le fidèle d'Amour rend-t-il un culte à la Dame, car c'est l'écart entre lui et l'objet de son Amour qui crée le Soleil invaincu de la &lt;em&gt;Vita Nuova&lt;/em&gt;, de la Vie Nouvelle . Sans le creusement de ce culte, de cet abîme d'amour hiératique, le feu du Désir ne peut atteindre &lt;em&gt;Celui qui fait mouvoir le Soleil et les autres étoiles&lt;/em&gt; . Mais cet immense amour ne rend pas l'amour désincarné . La rotation des pôles plonge ce qui est en Haut dans l'argile rouge de la chair, et ainsi la forme, le rythme, le souffle s'incarnent, et forment la Rose, l'alliance des mondes d'en Haut et des mondes d'en Bas . Il est une alchimie hiératique de la chair que permet l'intensification des contradictions verticales ; mais ceci ne peut être compris que des amants du Fin'amour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéalisme de l'idéologie racine n'est que le constat de l'impuissance de la volonté des hommes d'or de tout réduire à leur horizon unidimensionnel de mangeurs de poussière, leur impuissance qui les fait mordre Ève au talon . Cet idéalisme ne peut invoquer l'acte de la puissance, la fleur des mondes . Il n'est pas vrai, donc sans aucune justice .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est faux ne peut être juste - à moins de croire que la justice ne soit que le caprice de la volonté souveraine de l'homme . Ce qui est juste est vrai ; et tout homme le sait, au fond de lui-même, dans le silence de l'intériorité . Ce qui est juste n'est pas crée comme juste, mais reçu comme juste dans le cœur de soi, reflet de la justice au cœur du monde . Ce qui est juste s'enracine dans l'expérience, la vie, le souffle de la puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéalisme moderne est impuissant, car ses vaines imaginations ne peuvent s'incarner ; il finit dans l'amertume et le ressentiment caractéristiques de la psychologie du puritain, qui ne cesse d'appeler au renforcement de la puissance de l'État et à la répression . Il relève de la sottise de croire possible le fonctionnement démocratique des institutions démocratiques modernes, qui sont la façade de la domination oligarchique du Système depuis l'origine . Il relève de la sottise plus grande encore de croire qu'un mouvement révolutionnaire d'avant garde, minoritaire, affrontant la plus grande puissance humaine de tous les temps dans l'ordre matériel et spectaculaire, peut s'encombrer de mimer l'impuissance politique des sous-systèmes fonctionnels de l'ordre dit « politique » dans la constitution du monde posée par l'idéologie racine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les États démocratiques eux-même, pourtant si lourdement armés, sont ridiculement impuissants face au Système . Que peuvent peser des organisations d'amateurs narcissiques se dévorant entre eux pour des motifs futiles, émotionnels ? Que peuvent peser des organisations jugeant essentiel d'écrire sur tous leurs documents militant(E)s, citoyen(nE), dépourvus de la moindre formation sérieuse sur le Système ? Tout ces fatras spectaculaires seraient autre chose que de pures illusions « politiques », des divertissements offerts par le Spectacle à des « idéalistes » dignes d'être publiés dans des reportages de Elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut dire la vérité : de telles « organisations » ne peuvent être que vanité et poursuite du vent . Affronter le dragon du Système doit dépasser, ignorer de tels « idéalismes » .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voulons l'idéalisme radical de celui qui comprend, après le Hagakure, que toute la valeur martiale d'un homme réside dans son fanatisme, et décide de développer méthodiquement son fanatisme pour affronter une situation extrême - l'idéalisme du résistant et de l'aristocratie révolutionnaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet idéalisme est déconnecté de toute croyance, de espérance immédiate . Il sait que l'objet de son affrontement est d'une capacité à l'écrasement qui le dépasse radicalement en tant qu'individu ; il sait que seul il n'est rien en tant que puissance, et qu'il doit d'abord régner dans son fors intérieur . Dit autrement, il sait que seule la solidarité et la loyauté inconditionnelles à une cause peut triompher de l'énorme puissance qu'il affronte .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La démocratie est un idéalisme de force débile, de fin de race et de fin de monde...L'idéalisme militant exige une aristocratie révolutionnaire disciplinée, hiérarchisée, silencieuse, sur le modèle léniniste, plus encore sur le modèle d'un ordre . Aucune grande action n'a été accomplie par une organisation passant plus de temps à débattre qu'à combattre, même dans l'ordre de l'intellect, ou l'éristique développe la puissance idéologique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mieux vaut une horde de chasseurs, une horde mongole, qu'une assemblée générale moderne . Et une telle organisation est aussi souple, adaptable, impitoyable que les muscles et la mâchoire d'un loup . Aucune organisation de conquête, aucune organisation de résistance, aucune organisation de dissidents, aucune organisation secrète d'une hérésie poursuivie par une police meurtrière n'a jamais été démocratique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De telles organisations ne sont pas non plus des dictatures, en aucun cas . Elles sont des organisations informelles, basées sur l'honneur, le lien inconditionnel, la parole donnée, la conscience de sa valeur et de ses limites . Chacun peut parler pour les grandes décisions, mais aussi chacun parle avec autorité de qu'il est, ni plus ni moins ; chacun parle au nom de la vérité qui réunit les hommes, au nom de l'idéal : et chacun sait se taire quand cela est juste, et chacun sait obéir avec une conviction absolue quand cela est juste, et que la décision est arrêtée .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous autres dissidents, révoltés, rebelles, nous n'avons pas de patrie . Il n'est plus de patrie, de ce corps blanc des amoureuses, de cette terre où planter ses racines, et aimer les hommes, et tout ce qui a le souffle de vie, et le sang, et la sève . Il n'est plus que des causes, et le ciel nu - le bleu de l'abîme vertical au dessus de l'homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerre spirituelle contre le monde postmoderne, la petite guerre, et la grande guerre spirituelle ne sont pas des lieux de débats indéfinis sur les désirs, les rêves vides, ou le narcissisme des blooms, des hommes modernes dans leur déréliction réelle et leur toute-puissance de carton . Il est vain d'argumenter comme le vent se lève . Il n'est plus le temps des débats. Il faut partir, lever les voiles, au souffle des étoiles et du Soleil noir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La parole des Maîtres crée de l'être . Il est noble de ne pas se plier devant la puissance du Système ; il est noble de s'incliner devant un maître . Il est noble de pleurer de reconnaissance . Dans la guerre, le bavardage qui ne montre pas le plaisir de vivre est une censure de la profondeur par le bruit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'instant présent peut être le moment crucial . Le moment crucial peut être le moment présent . Le Kairos est la rencontre du temps et de l'éternité, le temps du silence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'instant suprême, l'homme noble sait que s'il faut choisir entre se taire et parler, il est préférable de se taire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ordre est le silence de la fin des cycles, des tourbillons du monde . Le silence des forêts en hiver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sourire des promesses du printemps .&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-4775731398511433859?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/4775731398511433859/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=4775731398511433859' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/4775731398511433859'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/4775731398511433859'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/11/les-loups-ou-le-silence-de-la-foret-en.html' title='Les loups, ou le silence de la forêt en hiver : de l&apos;organisation .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-R8aDAkkxaRY/Ts_WHVrcdcI/AAAAAAAABUM/N9OVOowSxPk/s72-c/Guido%2BCagnacci.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-472395208922013211</id><published>2011-11-16T09:23:00.000-08:00</published><updated>2011-11-19T03:29:00.238-08:00</updated><title type='text'>Fétichisme VI : tombeau de Karl Marx .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-ANTT9OgVzSo/TsPyOQdOctI/AAAAAAAABTc/RHgZETBgV4A/s1600/Jan%2BSaudek.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 347px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5675646282166596306" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-ANTT9OgVzSo/TsPyOQdOctI/AAAAAAAABTc/RHgZETBgV4A/s400/Jan%2BSaudek.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Jan Saudek)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un éloge funèbre est l'invocation du nom d'un mortel . Et si je veux invoquer Marx, c'est que plus que jamais, cette invocation est nécessaire . Marx, ou l'homme &lt;em&gt;démoniaque et faustien&lt;/em&gt; ; l'homme de la liberté invincible face aux déterminations de fer de l'âge de la marchandise . Marx l'homme par excellence du négatif au présent cycle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le négatif n'est pas le négatif photographique, l'image inversée d'une époque, comme un vieux film argentique imprégnée des rires et de la chair des hommes du passé sur ses taches sombres, sur ses abîmes de lumière noire ; le négatif est la puissance lovée que l'acte manifesté du positif suppose comme condition nécessaire d'existence, comme racine, et dont la manifestation inévitable transformera le manifesté en cendres, en passé, en non-manifesté mort, dépourvu de sang et de vie, que le regard cherche sur les chemins tracés par les pas des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le négatif est l'acte de la puissance cachée qui est à venir, l'aube d'été . Il est cette force endormie, comme le dragon rouge sous le château de la dame du Lac, qui annonce les redoutables prophéties de l'avenir, les prophéties de Merlin . Le négatif est cela que nous invoquons, nous autres hommes des souterrains, qui chuchotons dans l'attente de l'embrasement du ciel . Car Babylone a brûlé, alors que tous lui rendaient hommage, comme notre folle idéologie libérale, et &lt;em&gt;le ciel a rougi de la fumée de ses embrasements&lt;/em&gt; . Elle a brûlé, toujours déjà brûlé, et brûlera encore . Si nous ne le voyons pas, des hommes le verront .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie de l'homme moderne est vide – le plus grand qu'elle puisse être en général est l'attente indéfinie d'un monde où vivre soit possible, vraiment et pleinement possible – un monde où vivre ne soit pas conçu comme le labeur dur et forcé de remboursement de dettes contractées par des « représentants du peuple » qu'aucun membre du peuple n'a jamais rencontré . Un monde où l'homme soit assez libéré de la malédiction du travail pour retrouver la puissance de philosopher, comme le disait Aristote il y a plus de deux mille ans – un monde où le loisir, l'&lt;em&gt;otium&lt;/em&gt;, au service des dieux, de la beauté, de la philosophie, de la Cité, de l'amour, de l'amitié, soit à nouveau considérée naturellement comme la vie la plus noble – et non la vie avec une montre au poignet à cinquante ans , la vie du temps de cerveau disponible . La montre est exactement l'équivalent du bracelet électronique pour l'esclave consentant : elle vous dit toujours où en est le Système, et vous demande où vous en êtes . L'imposition de l'heure est l'imposition d'un monde, mais le comprendre est déjà hors de la portée de l'immense majorité des hommes modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Marx travaillait à la British Library, l'heure de fermeture était l'heure où l'on ne pouvait plus lire – l'horloge était encore le soleil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx est l'homme aux neuf erreurs, comme le chat a neuf vies ; mais il est aussi l'homme des grandes vérités . &lt;strong&gt;Et condamner les vérités d'un homme au nom de ses erreurs, c'est faire prévaloir l'erreur sur la vérité &lt;/strong&gt;; de même que faire prévaloir un homme aux vérités banales et vides sur un homme aux vérités profondes et rares, sous le prétexte que l'homme des vérités banales ne fait jamais que de petites erreurs, est une trahison de la pensée et de l'homme . Marx fut un homme des erreurs et un grand penseur, et cela est bien plus qu'un homme sans erreurs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx parle du déterminisme de fer du matérialisme historique dans la forge de l'impérialisme moderne, dans le ventre du Léviathan de la destruction qui s'est manifesté au siècle des catastrophes ; et assurément la cruauté de ses mots, comparable à la cruauté des griffes et des crocs des fauves, n'est que le reflet de la cruauté du monde produit par le travail et par les utopies des hommes de l'ère libérale . Le déterminisme de fer a parlé au dernier siècle, et nous ne cessons d'en voir des effets, ainsi dans le masque atroce d'un dictateur lynché par des hommes couverts de sang, quand des ministres en costume se déclarent fiers d'exporter la Démocratie, la Paix et la Tolérance, à travers des bombardements et des milliers de morts, quand trois saisons auparavant ils se souriaient, se serraient la main et mangeaient ensemble . Je regardais dans les yeux de l'homme torturé, dans les yeux de l'homme de Guantanamo, et je me suis vu moi-même – j'y ai regardé notre visage, mes amis .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les hommes qui disent exporter la liberté enserrent la vie même des hommes de l'Europe et de l'Amérique, des nations industrielles . Ils sont les hommes dont le discours construit cette boucle de l'idéologie racine, ce spectacle vrai, qui est nommé &lt;em&gt;crise de la dette&lt;/em&gt; . Ils ont pris des emprunts colossaux « en notre nom » sur des dizaines d'années, en étant élus pour quelques années ; puis ils se tournent vers nous, d'un air menaçant et culpabilisateur, en nous disant « vous avez vécu sans soucis, maintenant il faut nous rembourser » . Nous rembourser ? Et le montant déjà remboursé est supérieur au capital, mais les intérêts s'accumulent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'est ce qu'un prêt dans la théorie libérale ? Le commerce de l'argent est un service : on vous vend la mise à disposition d'avance d'un capital que vous allez rembourser . Cela peut être tenu si le montant remboursé est raisonnable . Mais sur de très longues périodes, le montant total remboursé devient très au delà du capital emprunté . Alors se manifeste le rôle du prêt d'argent comme construction d'une dépendance et d'une subordination . Une banque qui prête à vingt-cinq ans achète auprès des vivants le droit de prélever une rente sur leur revenus, sur leur vie même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Individuellement, cet achat d'un droit sur la vie personnelle n'est pas complètement significatif . Mais les hommes modernes sont en réalité endettés massivement, collectivement : c'est à dire que les hommes du Capital exploitent les hommes du Travail deux fois, une fois par le travail, et une deuxième fois par la rente sur les revenus du travail . Surtout, le Capital redouble l'asservissement du travail salarié de la dépendance de l'emprunt . Deux exemples manifestes : en Amazonie, le prêt d'argent aux paysans prolétarisés est fait par leur patron-propriétaire de telle manière qu'ils ne peuvent jamais rembourser, créant les conditions effectives d'un travail forcé ; dans l'Apollonide – un bordel - il est manifeste que le prêt d'argent aux prostituées avant pour but de créer une dette rendant leur départ impossible . Dit autrement, « la Crise de la Dette » est effectivement un coup d'État (Michel Drac) – la prise du pouvoir direct, manifestée à ce jour en Europe, par des représentants de grandes banques, du pouvoir d'État, pour « mettre en place des plans de rigueur », c'est à dire des plans d'expropriation massive des peuples .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le prêt et la dette sont l'arme du Capitalisme dans sa nouvelle vague de guerre au travail .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l'on constate, avec une vraie stupéfaction, que ces hommes sont ceux là même qui « nous »ont prêté de l'argent – que les « hommes politiques démocratiquement élus » sont des anciens des grandes banques de prêt, qu'ils font les taux, les règles et les lois...que même sont les « représentants » de Goldman Sachs, de l'Union Européenne, et des États...que des hommes puissants, « représentants du peuple » sont aussi des membres de réseaux de clientèle des États Unis en Europe . Que les exportateurs militaires de la Démocratie sont ceux-là même que la perspective d'un referendum en Grèce scandalise . Bref, on est forcé de constater que l'État, comme structure manifeste de la classe dirigeante capitaliste, se comprend tellement mieux que dans les salmigondis spectaculaires de la théorie de la représentation . Les élections sont des plébiscites libéraux : que l'on vote X ou Y dans le cadre, on fait un plébiscite pour le cadre – et seul le cadre compte vraiment. Et le cadre, c'est le cadre de l'argent et de la concurrence libre et non faussée – l'abandon de la langue et de la culture comme ciment des hommes, au profit de la loi d'airain du paiement au comptant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'exploitation du travail par le Capital, dit Marx, est le sacrifice de la vie à la chose . Quand, en découvrant l'Empire Aztèque, Cortès et ses hommes frémirent devant les sacrifices humains et l'odeur du sang répandu, ils n'imaginaient pas qu'ils sacrifieraient la vie des Indiens à l'Or et à l'argent des mines, qu'ils seraient à l'origine de la traite des noirs, et que secrètement, dans les voiles du fétichisme de la marchandise, du Spectacle, de l'idéologie et du libre contrat de travail, les successeurs de l'Empire espagnol accompliraient le sacrifice de la vie humaine à l'expansion illimitée de la puissance matérielle, a grand Léviathan – sans doute au Veau d'Or .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes encore les victimes aztèques, noires, de l'avidité infinie des sous-systèmes psychiques que sont les hommes de l'or . Pour comprendre l'avidité indéfinie des hommes d'or, il faut penser au caractère indéfini de la jouissance . Il est indispensable de comprendre le caractère marginal de la jouissance du gain supplémentaire pour le capitaliste . Un homme riche ne jouira pas d'un gain qui réjouirait un pauvre ; plus sa fortune s'accumule, plus l'accumulation doit s'intensifier pour qu'il en retire une adrénaline de puissance – le capital accumulé est insatiable, ne peut trouver de satisfaction en lui-même, comme le libertin qui passe à la surenchère est poussé vers des formes de folie – voir en littérature &lt;em&gt;Américan Psycho&lt;/em&gt; ou les &lt;em&gt;120 journées de Sodome&lt;/em&gt;, pour ne pas parler d'exemples historiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La recherche de l'infini du désir, bloquée par le matérialisme de l'idéologie racine à la conquête de la puissance du monde, devient hubris, démesure ; la sainteté de la nostalgie de l'infini devient la puissance de création sur terre des conditions même de l'Enfer . La puissance de la rédemption est transmutée en folie et en naufrage – et la vie même de la Splendeur, la vie du sang et du souffle se perd . Tel fut le message de William Blake, autre londonien du XIXème siècle, montrant le Dieu mesurant le monde comme figure de Satan, et le retour vers le désir infini la voie de la rédemption dans &lt;em&gt;le mariage du Ciel et de l'Enfer&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes sans or ont été réduit à la force de travail, et la croissance est devenu l'objectif officiel du monde entier . Notre Système unique, pluraliste dans le Spectacle qu'il offre à lui-même et où il se mire avec un narcissisme global dont les sous-systèmes psychiques sont les reflets indéfinis, les fractales et les fragments, notre Système unique développe un processus unique déterministe dont la finalité sans sujet, l'entéléchie, est unique : la Croissance, la maximisation du déploiement de la puissance matérielle . &lt;strong&gt;Le pluralisme du Système n'est que l'instrument de l'unification du service de la puissance &lt;/strong&gt;. Une grande constante de Marx est la compréhension féroce de la vanité, de la dialectique des intentions humaines, broyées par les déterminismes historiques – et cette évidence est encore à ce jour perdue de vue .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'entéléchie unique, la maximisation du déploiement de la puissance matérielle passe par la raréfaction des richesses pour les hommes exploités, malgré les masses immenses de richesses produites, et l'excitation du désir par le Spectacle . Il faut faire hurler le désir et le besoin sans cesse pour que la loi d'airain du besoin les asservisse intimement au travail, pour développer la guerre de tous contre tous parmi les dominés, dans le cadre de la libre circulation des hommes et du libre marché du travail . La création du marché du travail suppose l'atomisation des hommes, donc la lutte contre toutes les formes de liens, contre la langue même, et la destruction des corporations de 1791 comme la lutte contre les discriminations aujourd'hui .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maximisation suppose l'extension du domaine de la lutte . La maximisation suppose la confiscation massive de la plus-value du travail par le Capital, le règne du Capital . Car l'abondance des richesses ne favorise pas le travail . La pression du travail doit être maintenue par la peur du déclassement et par la dette, la dette du travail au Capital, construction du Spectacle matériellement fictive, puisque tout le Capital n'est que l'accumulation des efforts désespérés du travail pour sortir de sa propre malédiction, pour se libérer de l'obligation de travailler .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Capital libère le vieux travailleur, pour en faire un consommateur, et un pilier de l'ordre démocratique ; mais pas trop tôt, quand il lui est devenu impossible de se retourner, de se renier comme esclave – quand le Spectacle du travailleur a pris le dessus dans son âme – quand il est mort, en fait, mais non physiquement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le propriétaire &lt;em&gt;people&lt;/em&gt; du Capital livre contre paiement au Travail le Spectacle de la vie de jouissance de l'homme libéré du travail, et le miracle du transfert fait que les esclaves se réjouissent des réjouissances de leurs maîtres, et modèlent leurs actes de consommateur sur des variantes bon-marchés de leurs coiffures, de leur maquillage, de leurs vêtements – en croyant être des rebelles, portant des teeshirts marquées police .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la parole de l'universitaire, du journaliste, de tous ceux qui présentent le Moloch du Capital comme un Dieu bon, bienveillant, qu'il faut laisser libre de s'épanouir et de distribuer des biens aux hommes comme il en a prétendument le désir infini – toutes ces paroles sont celle, unique, de la police du Système . Léviathan a un nombre indéfini de têtes, qui chantent toutes sur des airs différents le grand chant du Système . Oui, la parole du journaliste et de l'universitaire est celle de la police, ami, c'est un thème de &lt;em&gt;l'idéologie allemande&lt;/em&gt;, le sens intime et concret de la détermination de la superstructure intellectuelle par la structure de production chez Marx . Les défenseurs du marché sont les laquais du Système – et rien de plus . Quand Debord dit : &lt;em&gt;quand un universitaire dit du bien de soi, il faut se demander quelle faute on a commise&lt;/em&gt;, il répète Marx .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx croit en la pensée, puisqu'il est un penseur . Il pense la pensée vraie, « scientifique », comme négatif . C'est à dire qu'il pense le règne du Capital comme Spectacle et comme mensonge que la vérité met à nu, dans toute sa cruauté . Le monde du Capital et des usines est pour lui l'enfer de Dante, que le courage de la pensée doit affronter dans un duel à mort . Il cite à la fin de la préface de &lt;em&gt;la Critique de l'économie politique&lt;/em&gt; &lt;em&gt;l'Enfer&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;il convient ici de laisser tout soupçon ; toute vilenie, toute lâcheté, il convient ici qu'elle soit morte&lt;/em&gt; . Marx est déjà, très largement situationniste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un tel monde, quel fut le travail de Marx ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Par cet aperçu du cours de mes études sur le terrain de l'économie politique, j'ai voulu prouver une seule chose : quelque jugement que l'on porte sur mes idées, et bien qu'elles ne soient guère en consonance avec les préjugés intéressés des classes dominantes, elles sont le fruit de recherches longues et consciencieuses (…) au seuil de la science comme aux portes de l'Enfer&lt;/em&gt; (…).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne comprenons pas la « crise de la dette » . Nous ne comprenons pas les démonstrations des économistes modernes . Nous ne savons pas ce qui est un mensonge éhonté (beaucoup) une erreur théorique, ou une triste réalité . Je le répète, l'immense majorité des hommes n'y comprend rien, adhère aux images du Système, et le message des maîtres de banque peut passer pour un appel désintéressée et humaniste de libération des jeunes générations de la dette . Bien sûr ! Autant croire que le loup n'a pas de dents .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le discours et l'idéologie moderne constituent la société qui parle de « la crise de la dette », sont des éléments fonctionnels du Système . La recherche scientifique de la compréhension globale du Système sature de sens un Système déjà extrêmement complexe ; et &lt;em&gt;le Capital&lt;/em&gt; de Marx est ainsi, dans ses innombrables pages, un dédale indéfini .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots qui décrivent notre monde sont des fonctions de ce monde, des fonctions de l'auto-constitution du monde par le Système ; leur fonction pratique est par nature très différente de leur sens explicite qui fait de celui qui y adhère une fonction du Système, un sous-système psychique . Leur fonction est d'être les logiciels qui permettent, en production de série, de faire des personnes des créatures neutralisées, prévisibles et fonctionnelles, ce que &lt;em&gt;la Théorie de la jeunefille&lt;/em&gt; de Tiqqun rend sensible . Cette fonction est remplie par la constitution spectaculaire d'une réalité, par la construction de la réalité sociale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fétichisme de l'idéologie et du Spectacle, étudiés par Debord dans la théorie du Spectacle, est la construction d'une domination par la construction d'une réalité factice qui amène les hommes à obéir aux fins du Système par eux-même, comme librement, et pas en leur donnant des ordres ou des châtiments explicites . Plus exactement, en ne leur donnant de telles menaces ou de tels ordres que le moins qu'il est possible de faire . Il s'agit de rendre les sous-systèmes psychiques autonomes, c'est à dire spontanément – sans besoin de police externe - porteurs des conditionnements adaptés au Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La complexité d'une telle démarche de domination ne se comprend que si l'on admet que ce mode fétichiste de construction de la domination commencé avec le fétichisme de la marchandise, certes complexe à construire, est sinon indestructible grâce à son caractère masqué, du moins susceptible d'une intensification de l'exploitation jamais vue dans l'histoire . Le Capital, ce que Marx avait vu, ne peut s'accommoder de la faible productivité, donc de la faible exploitation du despotisme historique ; il ne peut laisser ses esclaves sans tenter de les « motiver », c'est à dire sans essayer d'obtenir de leur part un engagement total dans la tâche . Le Capital est l'essence cachée de la mobilisation totale, expérience de base et de fondation des systèmes totalitaires . Ces systèmes furent des expériences d'usage de la force et de la domination nue comme mode de maximisation de l'exploitation ; et ils furent de relatifs échecs . En réalité, le désir et l'autonomie individuelle sont les plus puissants leviers, et les moins coûteux, de la mobilisation totale, le &lt;em&gt;travailler plus pour gagner plus&lt;/em&gt; ; et ainsi la démocratie et l'individualisme moderne peuvent-ils être les masques d'un Système d'exploitation dont l'intensité ne cesse de se renforcer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx le premier démasqua des rapports sociaux sous des rapports de choses ; et c'est assurément la distinction de la valeur d'échange et de la valeur d'usage qui fut déterminante de cette lente mise en lumière . La valeur d'échange établit une classification, une mesure commune de la société par l'argent par la mesure commune des formes de travail social de production . L'échange est le creuset de la puissance du Capital, le début de la marche de la symbolisation de la puissance et de l'exploitation . Voyez l'achat de boules de caoutchouc en Afrique dans le &lt;em&gt;Voyage au bout de la Nuit de Céline&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que la mythologie libérale de la justice pense la justice comme un libre contrat entre des parties égales en droit, Marx sait que cette hypothèse pense comme condition nécessaire du droit l'existence préalable d'une communauté de droit qui ne peut être fondée que par l'exercice d'une puissance souveraine d'un homme sur d'autres hommes . Alors que la mythologie libérale de l'échange pense celui-ci comme la découverte de complémentarités et donc d'échanges constituant un marché de production, Marx sait que cette complémentarité et ces échanges ne peuvent émerger que d'un marché existant déjà – voir &lt;em&gt;misère de la philosophie&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le fétichisme est le nom de tous les voilements du Système, un Système fondé sur le voilement des plus laides réalités . Le fétichisme de la marchandise voile l'exploitation . Le fétichisme des images voile l'exploitation . Le fétichisme du droit libéral des liens est aussi un tel voilement . L'égalité en droit est la fiction permanente asservie à l'exploitation, le masque le plus puissant de l'exploitation . Le contrat de travail entre personnes égales, le contrat de prêt entre parties également libres, le contrat d'assistance et d'alliance entre le colonie et le pays colonisateur – tout cela est la construction, voilée dans le Spectacle, des liens asservis d'exploitation matérielle&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx est l'homme du premier dévoilement des mensonges de l'idéologie et de la puissance de la vérité . Dénoncer la domination, ce n'est pas &lt;em&gt;hurler son indignation comme un prophète à des ignorants&lt;/em&gt;, c'est donner à chaque homme les instruments psychiques de libération de l'idéologie et de la mythologie du Capital – et ainsi la capacité de devenir les parties d'une totalité nouvelle, du négatif qui détruira l'ensorcellement et l'exploitation du Capital .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lecture et l'étude de Marx, la compréhension des fins de son immense travail restent plus que jamais le sang et le souffle de la condamnation humaine de l'Enfer libéral .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-472395208922013211?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/472395208922013211/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=472395208922013211' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/472395208922013211'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/472395208922013211'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/11/fetichisme-vi-tombeau-de-karl-marx.html' title='Fétichisme VI : tombeau de Karl Marx .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-ANTT9OgVzSo/TsPyOQdOctI/AAAAAAAABTc/RHgZETBgV4A/s72-c/Jan%2BSaudek.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-5497700687819980445</id><published>2011-11-09T08:42:00.000-08:00</published><updated>2011-11-09T09:06:26.168-08:00</updated><title type='text'>Fétichisme V : le fétichisme de l'idéologie, ou les dialectiques de la libération .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-bBmFlzqw0sI/TrqxE3cD9LI/AAAAAAAABTQ/-1e1dK1CmoM/s1600/Arkady%2Bby%2BJaroslav%2BV%25C3%25A1vra%252C%2B1964.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 338px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5673041377785803954" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-bBmFlzqw0sI/TrqxE3cD9LI/AAAAAAAABTQ/-1e1dK1CmoM/s400/Arkady%2Bby%2BJaroslav%2BV%25C3%25A1vra%252C%2B1964.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(L'idéologie comme fractale - Arkady by Jaroslav Vávra, 1964)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme transition, je répète ce fait essentiel qu'une idéologie, matrice sémantique structurée de discours et de construction du monde, réduction de la complexité du pensable et du dicible donc du faisable et du possible dans la vie humaine, n'est pas émancipatrice par sa structure sémantique elle-même, même si l'axiologie (le sous-système des jugements de valeur reçus comme donnés dans l'idéologie considérée) place le concept de « liberté » au plus haut des « valeurs », comme dans l'idéologie actuellement dominante . Une idéologie est émancipatrice comme levier au service d'une cause d'émancipation, par le jeu des positions générales du Système social où elle s'insère . Une idéologie est émancipatrice à un moment du processus social, puis devient facteur d'enfermement si sa défense s'associe à celle d'une domination sociale – voyez l'évolution du christianisme . Croire à la nature en soi émancipatrice d'une idéologie est un leurre, le fétichisme de l'idéologie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une idéologie est typiquement une médiation voilée d'un rapport social, analogue au fétichisme de la marchandise et au fétichisme des images dans le Spectacle ; et à ce jour, l'idéologie libérale est devenue le support et le voile de la domination du Système capitaliste sur le monde et sur les hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéologie peut être déconstruite par la pensée, et sa puissance d'ensorcellement annulée . La pensée est certes infime, fragile comme une edelweiss sur la neige, mais elle est aussi incomparable puissante pour le révolté : elle n'est pas asservie aux puissances de la terre, et donc libre vis à vis des maîtres de la terre et du capital . Elle est abstraite et désincarnée, et semble sans puissance sur la vie dans un Système qui multiplie les dispositifs pour réduire les écarts significatifs à la norme de la production en série de l'homme moderne, c'est à dire les écarts pensables . Cette impuissance cependant n'est pas un fait de nature, mais une construction fonctionnelle du Système qu'il s'agit de renverser . La puissance du désir et de la pensée peut se manifester, et d'abord pour ce qui est à notre portée immédiate, au niveau de notre propre vie quotidienne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En clair, nous pouvons décider une bonne fois de vivre non dans l'ordre du Système, dans l'ordre idéologique, mais dans l'ordre de notre pensée, prendre au sérieux le Kant qui disait « ose te servir de ta propre raison, telle est la devise des Lumières » . Ce qui empêche le plus de savoir vivre, c'est le manque de désir d'imagination, et cette fermeture si commune au désespoir mortel de l'ennui . Plutôt crever héroïnomane, ou du Sida, ou de possession diabolique, de n'importe quoi que vivre mille ans dans un pavillon de banlieue en regardant la télévision, et en passant les soirées à parler de séries ou de foot, ou d'autres divertissements de l'urgence d'une vie puissante . Le plus grand courage du rebelle s'enracine dans un refus non négociable, un vomissement irrépressible de la sécurité enfantine offerte par le Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu pense vraiment, sérieusement, méthodiquement, plutôt crever que vivre cette vie de sous-système fonctionnel du Système général, alors tu décideras au moins du désespoir absolu de ta vie quotidienne, et tu retrouveras par le désespoir une mobilité dans les interstices et les souterrains . Pense et réalise ton évasion au jour le jour, fanatiquement, et déjà tu fais des pas vers la libération - L'ordre du Système s'acharne à décourager tout espoir, à rendre la pensée impuissante, à rendre vrai les propos des oligarques, qui ne cessent de proclamer être dans l'action, et non dans l'idéologie, pour pouvoir sans cesse imposer l'idéologie pratique de maximisation de la production et confiscation des richesses au profit de l'oligarchie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si un homme se dresse pour interroger sur la justice et sur la justesse d'un principe idéologique effectif, comme par exemple la discrimination positive, il lui sera répondu « qu'il est dans l'idéologie, non dans l'action, et qu'il faut agir » par exemple contre les discriminations, pour l'environnement, pour les enfants malades, pour les femmes victimes, pour les petits chats torturés, etc . Que agir pour agir soit dépourvu de sens, ou encore que le postulat « il faut agir coûte que coûte, et non s'arrêter pour réfléchir » contre les discriminations, ou autre, soit une construction idéologique du Spectacle, éloignée de toute justice effective, c'est ce qui est jeté dans l'oubli, volontairement et consciemment . Les dominés doivent courir sans cesse pour ne pas s'interroger, se retourner, s'organiser, c'est une coutume de tous les camps de prisonniers .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La moraline, de même, paralyse les hommes comme les feux d'une voiture paralysent le renard avant de l'écraser : nous ne savons pas comment répondre, réagir, garder notre liberté face à une affirmation morale massive, abrupte, assénée comme un coup de masse . Il faut agir contre l'injustice, certes . Mais quelle injustice effective doit être condamnée ? Que les pauvres n'aient pas accès à l'ENA, à la technocratie fonctionnelle au Système ? Mais c'est le Système qui est injuste, et nous ne voulons pas que les pauvres aient accès à l'ENA, nous voulons que personne n'ait accès à l'ENA, que cette école du vide soit inutile, fermée . Nous ne voulons pas que des fils et les filles d'esclaves deviennent matons, nous ne voulons plus de prisons . Que des idéologues de 68 deviennent idéologues officiels du patronat, ce n'est pas notre conception de la justice . La collaboration paie, la dissidence se paie . La discrimination positive ou le féminisme sont des leurres du Spectacle pour réaliser les castings dans la populace pour que tout change afin que tout reste pareil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas possible d'agir pour la justice en aménageant à la marge un Système intrinsèquement producteur d'exploitation, et de démesure . En aménageant à la marge un tel Système, on offre des chances individuelles – tant mieux pour eux – pour mieux masquer dans la propagande du Spectacle tout ce qui pourrait manifester excessivement son essence, sa folie de course à une recherche de profit indéfinie et vide de sens pour la plupart des hommes, même les plus riches . Ce qui changerait complètement la vie de Van Gogh est à peine un petit plaisir de l'homme fortuné, pour qui les économies de six mille vies d'un homme parcimonieux de classe moyenne peuvent être données à un clown, ou jouées au casino pour une soirée de petite adrénaline . Dans le vocabulaire économique, on dirait que le profit marginal de l'argent pour l'oligarque devient de plus en plus infime – et que loin de le rendre généreux, cela multiplie son avidité vers l'infini . L'avidité infinie des oligarques fonctionnels éloigne à l'infini le moment où le plus grand nombre des hommes, les salariés, seront libérés de l'obsession de la production pour la production . Cette obsession du Système est dirigée vers le profit certes, mais l'obsession du travail productif est aussi maintenue comme contrôle social, pour occuper les prisonniers, pour les faire courir, les réduire par la fatigue, pour rendre leur temps de cerveau restant disponible à la tombe du Spectacle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le progrès est un conte à dormir debout de fatigue et qui n'aura pas de fin, sinon la mort de ceux qui courent après .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, la pensée est abstraite, fragile, impuissante dans les mondes de l'oligarchie, dans notre monde ; mais un penseur indomptable a peu de besoins, et peut creuser inlassablement la tombe des liens qui l'asservissent – voyez Nietzsche, et ses petits hôtels et sa petite rente, son immense solitude, levant le soleil de Dionysos et du Crucifié ; voyez la misère de Marx à Londres, voyez l'attitude d'Ibn Arabi croisant le Khalife à cheval, et disant à ses élèves : &lt;em&gt;« celui qui le saluera le premier perdra mon estime ! »&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le Système qui se gorge de puissance matérielle jusqu'à l'ivresse, l'assourdissement, l'aveuglement, la pensée est encore moins audible que dans d'autres temps . Même dans le forge de l'URSS, la pensée avait plus de puissance, et le dissident pouvait encore être écouté . La véritable dimension de l'attitude des maîtres oligarques, c'est celle de Staline à propos du Pape : &lt;em&gt;le Pape, combien de divisions ?&lt;/em&gt; - mais sans même que cela puisse être compris comme cela l'était encore pour Staline lui-même, comme un mot d'esprit cyniquement réaliste . Pour nos maîtres, cette pensée n'a même plus besoin d'être formulée, et ne peut évoquer de sourire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le plus drôle, car nous n'avons aucune raison d'être triste, c'est que les mouvements anti-système les mieux intégrés au Spectacle, et soutenus par l'oligarchie elle-même, ou du moins par des fractions importantes de celle-ci, participent des même jugements . Il est plus important pour eux globalement de manifester et de créer des évènements médiatiques, que de fonder une pensée – vous pensez, mais nous voulons agir, disent-ils . Leur bible fait trois pages . Mais penser une pensée de la sortie n'est donc pas agir ? Marx n'a pas agi par &lt;em&gt;le Capital&lt;/em&gt; ? Les lumières n'ont pas agi contre la monarchie par la pensée et sa diffusion ? Et eux, par leurs marches, comme créateurs d'évènements politiques utilisant les mêmes méthodes que les créateurs d'évènements culturels, avec des slogans politiquement corrects créateurs d'unanimité spectaculaire, agissent-ils vraiment au delà du spectacle de l'action ? L'action ainsi entendue est-elle foncièrement différente d'un divertissement face à la puissance effective de l'oligarchie, qui ne peut être remise en cause ainsi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je vois des petits étudiants bien formatés par leurs névroses venir vendre sur les places occupées par les Indignés des bréviaires de l'idéologie des gender-studies, c'est à dire de l'idéologie différentialiste jetant un flou savant sur la réalité de la division sociale par la fortune, de l'idéologie fonctionnelle crée dans les principes de l'idéologie racine et diffusée avec le financement, le soutien, et le pilotage de l'oligarchie anglo-saxonne par les méthodes sectaires des évangéliques – et quand je les vois reçus sans la moindre critique, et que je vois des magazines féminins aussi sérieux que &lt;em&gt;Be &lt;/em&gt;en faire un grand reportage en l'honneur des femmes indignées féministes – je crois que l'impuissance de tout mouvement révolutionnaire qui fera l'économie d'une pensée révolutionnaire sera voilée par sa réussite médiatique, mais que cette impuissance sera certaine . Il en est de même quand le NPA utilise le vocabulaire de la libre circulation (&lt;em&gt;libre circulation des personnes&lt;/em&gt;) ou de la propriété (&lt;em&gt;propriétaire de mon corps&lt;/em&gt;) pour produire ses slogans : les gens du NPA finiront par soutenir des projets de loi libéraux dans une majorité de gauche . Peut-on promouvoir des réseaux sociaux réels fortement solidaires, c'est à dire supposant de fortes dettes réciproques des hommes, et la libre circulation ? Ne circulent librement, hormis les hordes nomades fortement liées, que des hommes sortis des liens sociaux, des particules élémentaires sur un marché du travail libre et non faussé .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est vital pour créer une pensée et une pratique sérieuse, puissante , effective de la sortie du Système, de la penser dans des concepts étrangers aux concepts les plus déterminants du capitalisme, comme la liberté individuelle absolue, la propriété absolue, la libre circulation, et j'en passe . L'inverse du modèle libéral, est pensable . Le modèle libéral des liens entre les hommes et des liens des hommes aux choses est respectivement celui du lien conditionnel contractuel égal entre les hommes, et le lien absolu et radicalement inégalitaire de la propriété entre les hommes et les choses . Il est possible de vouloir des liens inconditionnels entre les hommes, et de poser avec les choses des liens soit conditionnels ( une propriété assortie d'obligations sociales fondamentales, comme dans l'ensemble des sociétés historiques en dehors de la nôtre), soit plus égalitaires (l'obligation de respecter des limites à sa propriété, quand c'est un animal ou une forêt, par exemple) . Ce contre modèle est en réalité le modèle historiquement le plus répandu, face auquel le Système apparaît comme une anomalie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les aspects idéologiques et juridiques du Système, comme l'individualisme, le contrat ou la propriété sont des aspects fonctionnels au même titre que la puissance politique des banques, et il n'est pas sérieux de croire possible durablement de choisir ce qui nous plaît dans le Système et rejeter ce qui nous déplait, comme d'habiter à la campagne, de travailler en ville, et de prendre l'avion pour retrouver des espaces sauvages, et de dénoncer l'usage excessif de l'énergie dans le monde . De telles joies sont des délices, mais incohérents ; les écologistes qui prennent la terre vue du ciel font des belles photos, mais participent des processus de destruction de ce qu'ils photographient, et des processus qu'ils dénoncent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De manière générale, les modernes souffrent de chaos cognitif . Il est légitime d'appeler chaos cognitif une attitude souvent involontaire qui multiplie les doubles contraintes et les oxymores . Un exemple de chaos cognitif est celui des économistes liés aux banques, dans l'affaire des déficits d'États . Les prêts au États prennent en compte les perspectives de croissance, c'est à dire de gains financiers des États ; et demander des politiques d'extrême rigueur est demander, de fait, une récession économique, donc une diminution des recettes fiscales potentielles . Dit autrement, les efforts instantanés de remboursement obèrent les capacités de remboursement à moyen terme, et accentuent les inquiétudes, à l'indéfini . C'est également faire preuve de chaos cognitif de vouloir préserver les environnements naturels inviolés et d'en faire des sources de revenus dans le Spectacle, et indirectement et même directement d'assurer la promotion dans le Spectacle de ces « territoires vierges » . Car cette assimilation économique de « espaces vierges » a pour conséquence la prospérité de l'activité touristique vers ces espaces, et donc à terme leur destruction en tant qu'espaces vierges . Le chaos cognitif ne cesse de prendre de l'ampleur dans une société complexe, à la division du travail sans cesse plus parcellaire, et spectaculaire, qui masque le jeu des causes et des effets . On n'hésite plus à libérer par la force des peuples, sans y voir un problème . Des forces d'occupation instrumentalisent l'éducation comme arme auprès des populations, comme dans les guerres coloniales, et ont lit dans des brochures de syndicats d'extrême gauche des torchons qui se scandalisent quand des méchants résistants dynamitent les écoles des fondations américaines dans un pays occupé . Un exemple de chaos cognitif plus ancien est la bergerie de Marie-Antoinette, fatiguée des contraintes de la Cour, et créant un espace spectaculaire de représentation d'une vie de berger sans contraintes matérielles, propre, parfait . Ce qui est certain, c'est qu'un être humain ou un groupe affligés de chaos cognitif sont impuissants contre le Spectacle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-UrQq0PQgzqI/TrqvojlN24I/AAAAAAAABTE/jQWtbsMUd_8/s1600/18_couverture_002.JPG"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5673039791907527554" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-UrQq0PQgzqI/TrqvojlN24I/AAAAAAAABTE/jQWtbsMUd_8/s400/18_couverture_002.JPG" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Un exemple de chaos cognitif, la couverture de causette, ou un bloom qui manifeste contre la société de consommation avec des jolis vêtements et un porte voix doré trop cool&lt;/em&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette faiblesse de la réflexion amène une autre lacune, qui est la pensée de la libération . Fort légitimement, des hommes issus des indignés défendent l'inorganisation de leur mouvement, en disant que leur objectif n'est pas de penser en terme d'action efficace et évaluable, et donc dans les cadres organisationnels et temporels d'une entreprise . Ils soutiennent avec une parfaite raison qu'ils sont non-violents, anti-hiérarchiques, etc . Par exemple ils soutiennent la pédagogie expérimentale qui pose une stricte égalité entre le professeur et l'élève, etc . Bref, ils ont un comportement individualiste et une incapacité à la discipline qui montre à quel point ils sont formatés par l'idéologie racine . Ces comportements et ces pensées leur garantissent de rester indéfiniment à leur place, à savoir des marginaux indignés .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est la France actuelle qui finance le Lycée expérimental anti-hiérarchique de Saint Nazaire, par exemple...l'idée même d'une égalité stricte et principielle entre maître et élèves est issue de l'obsession de l'idéologie racine pour l'alignement quantitatif, en dehors de toute réflexion sur le fait qu'un collectif harmonieux ne peut être qu'à travers des fonctions différenciées et assumées . Plus gravement encore, le principe d'égalité en acte entre Maître et disciple s'aveugle sur le fait que tout maître a été élève d'un maître, c'est à dire que l'égalité dans l'éducation naît de la condition humaine dans le temps, et non dans l'instant . Le Maître n'est pas ce qu'est le disciple, sinon le désir du disciple pour l'être du Maître serait absent ; le Maître est ce que le disciple peut être, et la relation Maître disciple est une discipline de réalisation, d'incarnation de l'idéal, sur la Terre comme au Ciel .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est essentiel pour un révolutionnaire de comprendre que la relation Maître-disciple est un modèle de réalisation méthodique d'un idéal spirituel, c'est à dire un modèle méthodologique de transformation du monde par la pensée – le maître est à la fois le signe de l'idéal au dessus de lui, et le signe de l'incarnation de l'idéal dans le monde ici et maintenant, le signe d'une pensée affrontant avec la dernière rigueur le monde de mort des hommes du siècle, non par rêverie éloignée de l'action, mais dans une impitoyable discipline de l'action . Une telle discipline forge les hommes comme l'homme du fer et du feu forge le tranchant d'un sabre – pour la guerre à venir, pour la séparation de l'ami et de l'ennemi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le modèle libéral des ressources humaines est basé sur la division méthodique des hommes, au nom de l'invocation de l'égalité, c'est à dire la multiplication des jalousies et l'alignement par le bas ; mais ce processus flagrant de dissolution des organisations et des solidarités de classe, présenté depuis la loi le Chapelier en 1791 comme une libération par la bourgeoisie, s'accompagne d'un durcissement du Capitalisme qui est justement la racine de l'indignation des indignés . Une libération illusoire et sans cesse revendue...La division méthodique des hommes au nom de l'égalité sans cesse élargie vers l'absurde, vers l'égalité avec la grenouille et le ver, en diffusant des virus paranoïaques liés à l'isolement pratique et cognitif des individus – une demande d'amitié sans commentaire sur Facebook assimilée à un viol : &lt;em&gt;pffff tu veux pas une pipe et un mars non plus ? Tant qu'à faire ouvre ta porte aux inconnus, ça pourrait être sympa un bon viol sur ta femme non ? &lt;/em&gt;(sic, d'une défenseuse des loups...) - le culte de l'action présenté comme contradictoire à la pensée, l'assentiment bécassier au politiquement correct : voilà le portrait de tant de révoltés modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette aliénation à l'idéologie racine non-reconnue comme telle, ce formatage cognitif s'accompagne de l'incapacité à comprendre que l'on ne change pas le monde en exhalant de grands sentiments indignés ou de petits ressentiments narcissiques, mais à partir d'une compréhension approfondie de l'aliénation . Un mouvement révolutionnaire doit trouver, évoquer, exalter, canaliser vers l'expression de la force les puissances du négatif de son époque – c'est pour lui de l'ordre du vital . Le négatif d'une époque ne peut pas être, aux yeux de cette époque, entièrement syntone, satisfaisant ou politiquement correct, et susciter l'unanimité, à moins d'une crise aiguë menaçant immédiatement la survie physique du groupe . Un mouvement révolutionnaire doit assumer le couteau dans la bouche, celui du glaive de l'ange de l'Apocalypse comme le poignard bolchevik – il doit être immoral aux yeux du siècle, je veux dire des dominants du siècle . Il convient de comprendre que les révoltés devenus des modèles de correction ont été immoraux et ignobles aux yeux de leur temps, que ce soit Jésus et l'accomplissement de la Loi, ou même Gandhi et ses pratiques tantriques . &lt;em&gt;Maldoror s'est aperçu qu'il était né mauvais&lt;/em&gt;, dit Lautréamont .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En rêvant des transformations en dehors de toutes les contraintes de l'affrontement au monde, les révoltés modernes peuvent garder les mains propres et la tête haute, et rester droits dans leurs bottes . Ils peuvent rester des hommes moraux, aptes à juger de la moralité générale de la marche du monde à partir des trois vidéos du Spectacle qu'ils en voient . Ils peuvent devenir venimeux à force de ressentiment, en constatant avec dépit que la marche du monde ne prend pas en compte leur immense et juste indignation . Ils peuvent se gonfler de vent, et se dire hyper-concrets parce qu'ils ne pensent jamais et cultivent leurs tomates cocktails sur leur balcons, et hyper concernés parce qu'ils trient leurs pots de yoghourt bio en verre, hyper-féministes parce que pour eux celui qui leur est montré comme le méchant notable sensuel par le Spectacle est vraiment trop méchant et indigne et infâme crapule, hyper libres parce qu'ils suivent l'évolution du droit des homosexuels, hyper pour les animaux parce qu'ils sont bêtement contre la corrida, ou anti-spécistes pour les plus demeurés . En tout ou en partie, le Spectacle trouve en eux ses idiots utiles, incapables de voir à quel point ils sont joués par un Système qui ne reconnaît réellement que l'argent et leur donne des hochets progressistes . Qu'une femme ministre, qui ne cesse de servir les intérêts financiers de la manière la plus cynique qui soit, dise en souriant comme un bonze qu'elle est favorable au droit à l'adoption pour les homosexuels, et la voilà porte-parole autorisée de la gauche et femme « sympa et populaire » . L'emblème qui leur plait le plus, l'insigne de leur narcissisme infantile est le porte voix, chic si possible, et la bouche ouverte et le poing levé, et le fait d'être en foule, d'être nombreux, d'être le plus nombreux possible...pour pousser des cris...mais les Jeux Olympiques, les matchs, ces sommets du Spectacle, et les guerres, et les génocides, il y a aussi du monde...Ils ne sont que de petits connards, des petits bourgeois bornés, des Bouvard et Pécuchet modernes . Je ne parle pas des indignés en général, car ce mouvement est puissant et fondateur d'une nouvelle pensée, au delà des nouvelles pratiques ; je parle des blooms qui se la jouent indignés .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La puissance de transformation d'une société verrouillée – verrouillée par la force militaire, par une propagande démesurée et par une organisation complexe et puissante - passe par l'analyse de la guerre dont les dominés sont victimes dans le Système . Sun Tzu dit : &lt;em&gt;tout l'art de la guerre est fondé sur la duperie&lt;/em&gt;, et tout le Spectacle est duperie donc guerre de classe . Seule l'analyse, la lucidité peuvent permettre l'élaboration, et la mise en œuvre de stratégies et de tactiques collectives cohérentes basées sur cette compréhension . Il est également essentiel de comprendre que la forme des organisations éventuelles souhaitables ne peut être définie efficacement qu'en fonction des stratégies à mettre en œuvre – tout simplement parce que dans le cas inverse, c'est la structure de l'organisation, qui existe dans les cadres du Système, qui voudra prolonger son existence - donc le Système - et qui définira la stratégie dans l'intérêt du parti, commençant le processus de fonctionnalisation et d'assimilation des révoltés typiques de l'histoire du Système . C'est en 1912, dans &lt;em&gt;les partis politiques&lt;/em&gt;, que Michels faisait remarquer cette propension des organisations politiques « représentatives » à dériver vers la défense de leurs propres intérêts d'organisation contre celui des « représentés » ; et tant l'histoire de l'URSS que l'histoire des partis politiques français lui donnent largement raison .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la stratégie commande les principes d'organisation, l'intérêt de l'organisation, son évolution organique, sa pente naturelle sera vers l'intensification indéfinie des principes de sa stratégie, du moins pour un temps suffisant pour avoir un impact durable comme pour l'aristocratie révolutionnaire bolchevik . De façon analogue, le capitalisme a une pente naturelle vers l'extensivité spatiale, ou impérialisme, visible au début du XXème siècle comme au début du XXIème, et vers l'intensivité locale, c'est à dire l'élargissement indéfini des pratiques humaines régies par des principes de marché et conçues comme des « espaces de liberté » au sens de la « liberté du consommateur », comme par exemple la forte influence du Système dans la régulation du « problème religieux », ou encore des rapports entre les sexes, par les gender studies, ou l'extension du domaine de la lutte . Pour lutter contre le Système, contre une forme d'organisation sans sujet ayant de si puissants déterminismes, il est déraisonnable et immature pour les rebelles de ne pas chercher des puissances de consistance et de résistance à la dissolution sans cesse reconduite du Système – il n'est pas cohérent de ne vouloir de puissance en aucune manière, et de trouver désirables les divisions et l'impuissance idéologique des actuels mouvements qui se revendiquent de la résistance, sans même atteindre une simple dissidence, du type des dissidents cohérents du Système communiste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des esclaves peuvent-ils se libérer sans se saisir des armes de leurs maîtres, sans se saisir des clefs de leur maîtres ? C'est une question complexe, et non simple, non une question qui peut trouver une réponse aisée . Mais il n'est pas raisonnable de répondre non à priori, et de s'en interdire la possibilité . Gandhi lui-même disait : &lt;em&gt;si le choix réside entre la soumission et la violence, il faut choisir la violence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Pour la part de l'Internationale Situationniste Immédiatiste, les deux axes de travail immédiat des membres non-exclus n'est pas de crier dans les portes voix en habits de couleur, mais de &lt;strong&gt;creuser sans cesse la vie immédiate, le déconditionnement immédiat du Spectacle, la construction d'un soi différent de l'ego spectaculaire qui se la raconte, plus profond, plus méchant, plus consistant, comme on travaille ses muscles dans un art martial&lt;/strong&gt; – de devenir plus étranger au Système en son for intérieur qu'un Hun était étranger à l'Empire Romain, ou qu'un Peau-rouge aux anglo-saxons – d'en décrypter les messages et les pièges, et de prononcer une séparation spirituelle irrévocable .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce travail de méchanceté accomplie doit nous rendre capable de fidélité à une cause comme les anciens hommes avaient une cité, la cause de la remémoration des mondes, de la vie des mondes dans le désert du réel de carton pâte construit par le Système : il s'agit de provoquer notre vie en situations, en moments et en espaces nomades libérés du Système . Nous sommes les dissidents d'une tyrannie floue, statistique, basée sur l'usure des petites contraintes multipliées à l'infini plutôt que la force brutale et manifeste, une tyrannie qui ne cesse de se présenter comme libérations toujours nouvelles et toujours insuffisantes dans le récit progressiste . &lt;strong&gt;Le Système dit : confiture hier, confiture demain, jamais confiture aujourd'hui – et nous disons confiture maintenant . Nous disons que nous n'avons pas de futur dans le monde de Fukushima, et qu'il n'y en a pas . Nous disons que nous ne sacrifierons jamais notre présent vivant à l'avenir mort du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le deuxième axe de travail est de projeter toutes les puissances de dissolution de la pensée issues du Système sur l'idéologie du Système : &lt;strong&gt;il faut non détruire Carthage, mais détruire notre Carthage, notre Empire Perse, qui est le continent de l'idéologie–racine&lt;/strong&gt; . La déconstruction de l'idéologie -et de la sémantique des images qui l'appuie - du Système, de cet ensemble cohérents de logiciels à l'usage des sous-systèmes psychiques, permettant d'en faire par tous les retournements et les tromperies des parties fonctionnelles, des êtres dont l'humanité, cette force d'Enfer et de Paradis va vers l'exténuation et la machine – c'est le travail de l'Encyclopédie du XXIème siècle, qui jettera à terre l'orgueil de l'Empire capitaliste avant la complète mort de l'homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;J'invoque Dante . Maintenir ouvertes pour l'homme les portes de l'Enfer et du Paradis, c'est à dire de l'homme, force qui va, telle est la tâche, la voie, le chemin - &lt;em&gt;transhumanare&lt;/em&gt; - de l'Encyclopédie &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-5497700687819980445?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/5497700687819980445/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=5497700687819980445' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/5497700687819980445'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/5497700687819980445'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/11/fetichisme-v-le-fetichisme-de.html' title='Fétichisme V : le fétichisme de l&apos;idéologie, ou les dialectiques de la libération .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-bBmFlzqw0sI/TrqxE3cD9LI/AAAAAAAABTQ/-1e1dK1CmoM/s72-c/Arkady%2Bby%2BJaroslav%2BV%25C3%25A1vra%252C%2B1964.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-4538827904092689085</id><published>2011-11-05T03:46:00.000-07:00</published><updated>2011-11-05T04:13:24.733-07:00</updated><title type='text'>Le fétichisme de la marchandise, IV . Sur le dévoilement des leurres de leurres - le principe de laïcité .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-e1dM9KzKL-s/TrUZUAk5vAI/AAAAAAAABSc/2X090idBLn4/s1600/Piero_della_Francesca_010.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 248px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5671467137285864450" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-e1dM9KzKL-s/TrUZUAk5vAI/AAAAAAAABSc/2X090idBLn4/s400/Piero_della_Francesca_010.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Piero della Francesca, rencontre du roi Salomon et de la reine de Saba)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Le processus de réduction des liens humains, anthropologiquement si divers, aux liens formatés par le Système est passé en Europe, au XIXème siècle, par les différentes formes de luttes « anti-religieuses » – le mot même de religion, nous le verrons, étant en soi un concept nihiliste – luttes qui ont servi d'instrument du processus de désymbolisation indispensable à la production de la société des individus producteurs, consommateurs et parties contractantes fonctionnels au capitalisme . Si en effet l'hypothèse des idéologues du Système – la « religion » enferme, et la « lutte contre la religion » libère - était juste, il s'ensuivrait que la Terreur en France, comme la période de la terreur stalinienne, devraient être considérées comme d'intenses périodes de libération, car ce sont des sommets de destruction de la symbolique et de l'autorité « religieuse » . Le Mont Saint Michel par exemple devint une carrière de pierre, puis une prison, ce qui est le signe sardonique de la nature de la « libération » moderne . Le caractère émancipateur d'une position intellectuelle ne se vérifie que sur l'échiquier général des positions à un moment historique donné, et n'est pas attaché à la forme de la position . Bien au contraire, les périodes de « lutte antireligieuse » sont des périodes d'intensification extrême de l'autorité de l'État, et d'écrasement général, y compris physique, de la liberté individuelle . Il doit être sans cesse souligné que la suppression d'un pouvoir n'est pas, dans l'histoire, la création d'une liberté, mais son remplacement par un autre . En l'occurrence, le remplacement d'autorités traditionnelles par l'autorité capitaliste et la Sainte Alliance de l'idéologie racine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le principe de laïcité peut avoir plusieurs formulations . A vrai dire, la réalité d'un principe politique ne se pose pas à priori, par une définition rationnelle, mais se déduit de l'observation des ambivalentes pratiques sociales . Il existe deux interprétations principales du principe . L'une est que la puissance politique, créatrice de l'espace public, doit être dégagé de toute « appartenance religieuse » déterminée, et permettre la pluralité religieuse des individus et des communautés, y compris par un financement équilibré des différentes communautés . La puissance politique joue alors le rôle impérial de l'évêque du dehors, et invoque Dieu pour l'ensemble des communautés, pour formuler une idéologie non moins impériale de sa mission au service de la prospérité du monde et de la liberté – la forme sacralisée de l'idéologie libérale . Il semble que le monde anglo-saxon le pratique parfois ainsi . L'autre est que l'espace public, et le processus de constitution d'une communauté politique passent par l'élimination du « religieux », pensé comme facteur de division de la Nation, et un obstacle à la radieuse progression progressive du progrès – autrement dit, cette interprétation s'autorise des pratiques d'éradication par la force, et se montre hostile à la manifestation publique du religieux . C'est semble-t-il celle d'une partie de l'oligarchie française .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le modèle de l'idéologie racine, lié à la priorité à « l'économie » avant même l'individualisme moderne, s'origine dans l'éclatement de la chrétienté médiévale et les guerres de religions qui ont suivi ( voir à ce sujet Michéa) . C'est dans le principe même du libéralisme que le « religieux » doit être écarté du public, de l'État, et renvoyé, pacifié, vers le privé – l'État se réorientant vers la facilitation de la conquête de la vertu terrestre par les individus, croissance et multiplication, ou vers le paradis terrestre de la consommation, sous des formes très diverses, intensification économique, conquête d'un Empire, sécurité des ressources, stakhanovisme de ceux qui se lève et travaillent plus pour gagner plus . La volonté de sécularisation est donc principielle dans l'idéologie racine . Cette sécularisation peut cependant être formulée en termes pompeusement « bibliques », dans le style des péplums ; ou dans le style d'une nouvelle théocratie positiviste, ou encore dans le style moderniste et biologiste du III Reich .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les défenseurs du principe de laïcité voudraient le présenter comme un authentique principe de la pensée, rationnel, universel, vrai de soi . Un tel principe aurait alors une existence par soi, et la société humaine, comme la société de droit divin, seraient ainsi fondées sur la nature des choses, sur l'être, et sur la vérité . Mais c'est la souveraineté, la volonté de puissance qui édifie la société, non la vérité contemplée par une intelligence sans volonté ni désir . Au fondement de tout projet social se trouve une domination – une volonté de puissance qui fonde un devoir être contre l'être effectif . Il est hors de doute qu'une souveraineté peut se fixer comme objectif de créer une société humaine respectant le principe de laïcité ; mais l'imposition par la souveraineté du principe montre ce fait : « l'universalité » et la « rationalité » du principe sont construits dans la culture qui les pose comme tels, et tournés vers l'extérieur, vers des cultures qui ne le posent pas deviennent des instruments d'impérialisme et d'oppression .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'observation historique ne confirme aucune validité de fait à l'universalité du principe . Bien au contraire : la quasi totalité des organisations humaines historiques ignore notre séparation du « religieux » et du « politique », pour ne pas dire du « religieux » et du droit . Les codes de loi sont pour ainsi dire « religieux », que ce soit le Yassaq de l'Empire Mongol, la Torah, la Loi de Manou, ou la Loi musulmane . A Athènes, un modèle pratique de Démocratie antique, l'appartenance à la citoyenneté athénienne est liée au partage des jeux et des fêtes religieuses, sans qu'aucune distinction ne soit recherchée entre des domaines quelconques ; et l'exercice même du pouvoir et de la loi dans la Chine depuis l'Antiquité est liée à des règles « religieuses »...dit autrement, le principe d'une séparation des domaines n'est sûrement pas universel, et la volonté d'application du principe détruirait la totalité des grandes civilisations de l'histoire, Antiquité comprise, mais aussi un très grand nombre d'organisations humaines documentées par l'ethnologie . Adhérer sans critique au principe est typiquement une attitude progressiste, qui pense comme erreur et obscurantisme l'autre, c'est à dire la quasi-totalité de l'histoire ayant eu lieu avant soi . L'universalité du principe de laïcité est une fable mythique : au contraire, l'universalité réelle des grandes civilisations historiques est la fondation symbolique de l'ordre humaine dans le Ciel . Le principe doit être pensé comme une anomalie propre à la civilisation moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puisque l'enquête historique ne peut pas confirmer l'universalité du principe de laïcité, la thèse de l'universalité passe par la défense de la thèse de la transcendance à l'ordre effectif de ce principe par la vérité, et pour tenir compte de l'ignorance flagrante des hommes du passé, par la thèse du dévoilement moderne – en général scientifique – de la vérité de ce principe, et donc par le progressisme : bref, le principe est une partie fonctionnelle de l'idéologie racine, idéologie socle du Système capitaliste . Les premiers défenseurs du principe se montrent souvent les défenseurs plus ou moins conscients de la Théocratie millénariste du Capital .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le principe de laïcité n'est pas rationnel non plus . Il suppose que la « raison » dépasse toute sa propre constitution symbolique, ou encore que l'homme d'État peut se placer au dessus des religions . La première idée est l'expression de l'ignorance effective par la plupart des hommes des conditions de leur pensée – à commencer, comme Marx, par les conditions matérielles – et la deuxième suppose, illusion typique de l'oligarchie moderne, que la domination des hommes amène naturellement une domination des principes spirituels, ou encore que le dominant est par nature « plus intelligent » que les dominés . Dans les jeux de langage d'une situation pratique de domination, l'oligarchie pose les définitions, les règles du jeu, et gagne le jeu ; mais cela n'est pas l'expression d'une supériorité intellectuelle ou spirituelle, juste l'expression d'une domination . Dans l'histoire de l'art, l'art pompier ou la poésie de Sully Prudhomme dominèrent leur temps, mais leurs œuvres tombèrent dans la poussière avec leur gloire dans le siècle, et la gloire de leurs maîtres ; pendant ce temps, des œuvres de Van Gogh servaient à boucher des trous dans des poulaillers . Debord remarque ce phénomène en littérature dans son &lt;em&gt;rapport sur la construction des situations&lt;/em&gt; : il est l'expression de la domination d'une classe disgraciée, la bourgeoisie capitaliste, qui monopolise le Spectacle et veut monopoliser l'expression contemporaine de son temps, mais qui accompagne la reconnaissance souterraine par les artistes d'hommes morts par la puissance de son argent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La laïcité moderne, défendue par l'oligarchie d'État et par des partis que la gauche laïque regardait avec horreur, a fait le saut de la manifestation &lt;em&gt;effective &lt;/em&gt;de son caractère d'arme idéologique des défenseurs de la domination &lt;em&gt;effective&lt;/em&gt; . On peut toujours dire ce que l'on veut sur le respect humain, mais vendre du papier méprisant et moquant radicalement la structuration symbolique et la raison de vivre d'une partie de la population d'un pays ne peut se faire qu'auprès d'une clientèle qui méprise et moque cette partie de la population, c'est à dire en excitant la xénophobie . De même, afficher son mépris pour les idées d'une population n'est certes pas afficher son mépris pour cette population, sans doute . Mais cela n'étonnera personne si un partisan de la laïcité se sent vexé de mon texte qualifiant l'adhésion au principe de laïcité d'illusion du niveau de cannibales trisomiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour conclure froidement, le mépris public de l'Islam, du Judaïsme ou du Christianisme relèvent de l'intimidation sociale des partisans du Système, comme les manifestations religieuses relèvent de l'intimidation des partisans des religions : les laïques n'ont là aucune supériorité . Et toutes les provocations spectaculaires désirent susciter leurs idiots utiles, les méchants qui par leurs actes illustreront dans une action spectaculaire la vérité de l'accusation portée . Le mépris public des religions désire, voire crée, les réactions sectaires qui leur donnent raison .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est essentiel de comprendre qu'il n'existe pas de principe ou de posture idéologique en soi émancipatrices . En effet, le caractère systémique du social fait que des expressions idéologiques analogues peuvent être un temps des facteurs de relâchement de l'ordre établi et de la domination effective, puis devenir des idéologies de l'appareil global d'exploitation ; ce parcours d'ailleurs est souvent aussi celui des hommes, passant de la révolte de rue à la direction idéologique du syndicat des patrons . L'idéologie des lumières est depuis longtemps fonctionnelle au Système et puissamment instrumentalisée – qu'une idéologie soit enseignée par l'appareil idéologique d'État est sans aucun doute un indice puissant en faveur d'une position fonctionnelle de cette idéologie . Le principe de laïcité ne fait pas exception à la règle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'héritage et la sociologie de la gauche moderne, héritage positiviste au plus haut point, et sociologie liée aux intérêts de l'appareil idéologique d'État lui rendent très difficile une amorce de lucidité sur ce point : l'immense majorité des hommes qui s'identifient comme de gauche croient qu'il n'est possible de choisir qu'entre le principe de Laïcité, avec la Science et la Raison, et « l'obscurantisme fanatique des intégristes » de carton pâte construits par l'idéologie et le Spectacle . C'est pour eux leur croyance religieuse, obscurantiste et fanatique . Les hommes qui le défendent aujourd'hui pourraient pourtant les faire réfléchir . Quel saut, pour les hommes de gauche des années 70, les chevelus, barbus, les pattes d'eph, les gauchistes, fumeurs de roulées et de shit, les partouzeurs cools, que de recevoir le soutien des chefs de la police d'État et des porte-voix de l'extrême droite, quel saut que d'humilier des populations en présentant cela comme un droit et une intelligence, quel saut de s'intégrer à une remise en ordre des médias les plus asservis !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'attire l'attention des défenseurs de la civilisation . Si l'on détruisait la totalité des œuvres laïques, les discours de remise des prix dans les écoles dont Lautréamont se moque, les discours colonialistes et racistes de Jules Ferry, les fanfaronnades scientistes niaises dont Claude Allègre est l'ultime néanderthal, pas grand monde ne s'en apercevrait . Prenez Onfray plus Charlie Hebdo, en plus, par exemple, le premier avec son discours délirant sur le grand complot des hommes religieux . Mis à part dans d'honnêtes travaux de sociologie et d'histoire du commerce idéologique, la perte ne serait pas lourde , pratiquement insensible à l'humanité . Les œuvres des saints laïques cumulées ne seraient consistantes que par Marx, entre autres, mais sûrement pas par les idéologues modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'on détruisait la totalité des œuvres des savants, des poètes et des artistes païens, juifs, musulmans, hindous, bouddhistes, taoïstes...etc de l'histoire, la perte serait incalculable, et il faudrait fermer l'essentiel des musées parisiens . Il faudrait détruire Platon et l'art Grec, comme l'art et la pensée musulmanes . Voir des idéologues modernes commenter Dante ou Ibn Arabi dévoile l'incompréhension radicale et l'infériorité intellectuelle frappante des modernes ; ils se croient supérieurs, et capables dire ce que Dante ou la Bible &lt;em&gt;a vraiment voulu dire&lt;/em&gt;, et profèrent des galimatias ridicules, tels un lacanien commentant Dante .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'application du principe de laïcité à l'histoire est une barbarie pure qui dévoile la faiblesse du principe . &lt;strong&gt;De manière générale, toute application forcée d'un principe transcendant unique à l'histoire et relevant de la souveraineté humaine est une barbarie pure, une pensée de Conquistadores imposant leur ordre par l'ignorance et la violence&lt;/strong&gt; . Les fanatiques laïques modernes sont les portraits des colons arrogants des siècles précédant, qui croyaient que l'exploitation cruelle, la mitrailleuse et les canonnières étaient au fondement d'une supériorité spirituelle, comme la domination de l'armée du Reich fut prise par les nazis comme le signe d'une supériorité spirituelle . Mais la domination par la force et l'intimidation n'est que la force et l'intimidation : la supériorité des dominations européennes sur les dictatures orientales est nulle, et toutes leurs distinctions sont vanité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes anciens furent parfois plus sages : le mythe de Babel, comme le Coran, montrent que la diversité des hommes et des croyances et de la volonté de Dieu, et éduquent à l'accepter comme un bien : &lt;em&gt;pourquoi voudrais-tu revenir sur la volonté de ton Seigneur&lt;/em&gt; ? Mais auparavant, il nous faut éclairer le caractère fonctionnel au capitalisme du principe de laïcité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le contenu du Principe doit être analysé plus avant dans son caractère fonctionnel . Ce principe repose sur un soubassement idéologique dont l'application est lourde de conséquences sur la liberté humaine effective .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Première observation fonctionnelle : L'exclusion de l'ordre « religieux » de la constitution des communautés humaines, des Cités, se pose à travers le principe de laïcité . Selon le principe, l'homme ne peut (expression d'ordre moral) constituer l'ordre social à partir de sa spéculation symbolique . La culture humaine symbolique, posant la pluralité des mondes, se voit interdire de penser l'ordre social . Pourtant il existe un ordre social laïque . L'ordre est effectif, nous l'avons sous nos yeux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'interdit n'est pas l'interdiction de la constitution symbolique de la société humaine, puisque cette constitution est de fait . Il est la forme négative du monopole effectif de l'idéologie racine dans la constitution effective de l'ordre social . L'interdit profite à un autre ordre, qui est la constitution symbolique (car complètement spectaculaire, mythique) d'individus libres souverains, c'est à dire le règne de la production . La conséquence positive du principe de laïcité est celle-ci : La production de richesses ou l'exploitation du travail humain est le seul cadre légitime de l'organisation sociale ( point que l'on retrouve dans le communisme, le capitalisme, ou le nazisme) .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxième observation fonctionnelle : la constitution symbolique de la justice (par exemple dans le récit mythique) est considérée comme mensongère, et donc exclue de la fondation de l'ordre social . Mais la narration exemplaire est un mode de pensée ; l'Antiquité savait parfaitement que la fable ment pour dire des vérités – c'est à dire que le genre de vérité d'un récit sacré n'est pas le genre de vérité des vérités physiques ou mathématiques, et que ne pas distinguer les niveaux de vérité est une marque d'ignorance et de barbarie, et non de « progrès des lumières » ce qu'avait noté Simone Weil dans sa &lt;em&gt;lettre à un religieux&lt;/em&gt; . Le mode d'être de la justice dans le récit mythique est légitime, et le &lt;em&gt;Contrat Social&lt;/em&gt; depuis Rousseau n'est rien d'autre que la mythologie des origines du libéralisme, puisque des hommes parlant une langue et capables de contracter ne peuvent être des individus isolés vierges de tout concept . Pourtant le principe de laïcité exige de tous ceux pour qui la justice se trouve définie dans de tels modes de pensée d'y renoncer dans l'ordre public, et de la garder pour eux, alors même que le modèle laïque propose son lot d&lt;em&gt;'exempla&lt;/em&gt; historiques, comme le glorieux récit de la révolution de 1789 .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Troisième observation fonctionnelle : par le principe de laïcité, il est dit à chaque individu : tu peux croire et pratiquer la religion que tu veux, mais dans ton privé . Le principe de laïcité pose l'obligation d'adopter un modèle social non communautaire . Il nie cette vérité que « la religion » est un modèle de constitution communautaire, et non une sagesse individuelle, aussi bien dans l'Athènes démocratique que dans l'Islam ou le christianisme . Il pose que tout homme peut vivre seul son modèle de constitution communautaire, double contrainte typique . Il rend impossible la vie religieuse concrète, étant d'essence totalitaire . En réalité, le principe nie toute expérimentation d'autres ordres sociaux possibles à partir de constructions symboliques . Il rend impossible l'expérimentation communautaire légale de la polygamie ou de la polyandrie consenties entre adultes, quand ces expérimentations s'appuient sur des ordres symboliques identifiés comme religieux, alors même que, pour prendre un exemple, les structures familiales et de filiation amples et lâches des indiens Mohaves – voir Devereux, &lt;em&gt;ethnopsychiatrie des Indiens Mohaves &lt;/em&gt;– peuvent sembler à la fois plus fortes et plus libres que les nôtres . Selon le principe, les règles de filiation ou de mariage différentes issues d'une symbolique identifiée comme « religieuse » sont par nature mauvaises et contraires à la dignité humaine, mais le statut d'intérimaire du nucléaire est lui parfaitement juste . La puissance fonctionnelle des interdictions d'appliquer le droit communautaire est bien sûr de garantir la destruction des communautés, afin de créer un peuple d'individus libres et souverains appropriés au libre marché du travail .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce fait, l'application du principe de laïcité, comme de toute volonté d'universalité et d'égalité des individus, à l'inverse du modèle de la pluralité effectives des lois des cités grecques interdit la multiplication des expériences d'organisation politique communautaire au profit du seul modèle libéral . Il organise l'homogénéisation du monde au profit du Système sous une fausse défense du pluralisme . La diversité humaine individuelle n'est pas ethnologiquement la seule diversité ; au contraire, l'individu est divers par la variété effective des communautés ; et le principe est destructeur de cette variété effective . La variété effective ne peut pas s'appuyer sur un principe de destruction des différences significatives .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pluralité religieuse est parfaitement possible dans un cadre non-laïque . Elle existe dans le monde musulman, comme dans le Christianisme . Nous allons en donner quelques éléments généraux dans un prochain article . Mais auparavant, ils font accomplir la destruction des catégories qui construisent le problème dans l'idéologie moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour analyser ce problème, il faut se débarrasser d'un concept, celui de « religion » . La religion doit être condamnée, en tant que concept . Le concept de religion est une détermination de la culture opérée depuis l'idéologie racine ; il est censé se définir comme un ensemble de croyances, de pratiques et de morale faisant le lien entre les hommes et les dieux . Cela suppose qu'il existe deux ordres de mondes, le monde des hommes et le monde des dieux, déjà distincts et séparés . Les grecs connaissent des cultes, mais non « la religion » . Il existe ainsi des débats pour décider si le bouddhisme est une religion ou non, si l'advaïta est une philosophie ou « une religion » . Mais de tels débats ne concernent pas les gens concernés .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vivre dans un monde parcouru par l'Esprit est-il « avoir une religion » ? Pour un homme des mondes anciens, c'est la totalité de l'existence qui était « religieuse », de l'alimentation à l'hygiène du corps, c'est à dire représentée dans le cadre général du monde de la civilisation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le concept de religion est comme le concept de morale, le projet d'une détermination de l'existence humaine par catégories permettant l'enfermement progressif et l'annihilation des éléments symboliques au profit de l'expansion des éléments fonctionnels . Il est le processus du Spectacle et du nihilisme à l'oeuvre . Le fétichisme de Marx et de Debord montrent que la symbolisation mercantile ou spectaculaire des rapports sociaux n'a pas besoin de « la religion » . &lt;strong&gt;Dans le monde libéral, la dénonciation de la religion comme opium du peuple est devenu l'opium du peuple&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le principe de laïcité construit « les religions » comme un marché superfétatoire, adjacent, de l'individu libre et souverain, l'équivalent spirituel de la gymnastique ou du massage – un « facteur d'épanouissement personnel » . Mais l'expérience spirituelle n'est rien qui soit superfétatoire, encore moins inoffensif . Elle est de l'ordre de la respiration, donc de ce qui est vital à peine de mort .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le principe de laïcité n'est pas une liberté qui m'est offerte, une indétermination initiale qui me permettrait de choisir et de m'épanouir, mais l'imposition voilée de l'ordre libéral, l'asservissement à la matière productive présenté comme libération typique du Système . Je ne peux pas tout choisir, mais seulement choisir que ce qui n'a aucune importance pour le fonctionnement effectif du Système, choisir une « religion » qui me permette de rester pour l'essentiel de mon temps public un sous-système psychique, un rouage fonctionnel .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne répondons pas aux fausses questions du Système : quelle pauvre petite religion consolante vas-tu choisir mon petit être terrifié par la mort et la finitude ? Un peu de ceci, de cela, à la carte, car tes croyances n'ont aucune importance (le fondement de ce vaste champ nommé &lt;em&gt;New age&lt;/em&gt;) . Nous ne répondrons pas à la question POUR ou CONTRE ceci ou cela, ou sans OPINION . Le premier point qui doit être affirmé, c'est qu'on ne choisit pas sa foi, on est choisi par elle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci n'est pas un texte contre le principe de laïcité, mais l'expression d'une extériorité radicale : nous sommes extérieurs à l'ensemble de ses problématiques déterminatives, de ses prérequis idéologiques qui sont de penser initialement de l'intérieur de l'idéologie racine, et d'y demeurer circulairement, dans tous volutes possibles . Nous nous situons hors de l'opinion, hors de la laïcité et de la religion . Il n'existe pas de choix effectif à poser . L'opinion individuelle en soi est aussi vide que l'ego qui la porte .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les bavardages modernes, la question de la liberté de conscience et du choix ou non d'une foi repose sur des croyances modernes, telles que le libre choix par l'ego d'une "religion" comme d'un bien de consommation . Quant au "désenchantement" des sociétés il est la dynamique interne du capital, et l'incroyance commune n'est que l'expression d'une adaptation fonctionnelle et d'une « formation » réussie par la propagande du Spectacle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne demande pas l'avis des Grecs pour régler leurs problèmes matériels, vous croyez que l'on va demander le vôtre pour « la religion »? Vous qui bavardez, comme moi ! Vous êtes là, dans le Spectacle, à vous la jouer maître de vous et du monde, mais votre place est une fonction dans le processus de production. Vous pouvez vous la jouer - nous pouvons - parce que cela n'a rigoureusement aucune conséquence . La « démocratie », « la liberté de conscience », « la laïcité » sont au service du capital, non l'inverse . Nous sommes des rats emmurés qui se la jouent libres dans le Spectacle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les rats doivent passer par le nihilisme de la conscience d'enfer pour devenir dissidents, résistants, guerriers - et poser leurs questions au Système, et non chercher des réponses aux questions du Système dans les répertoires de réponses"libres" programmées en circulation sur le marché idéologique . Le nihilisme achevé dans le microcosme, dans la personne, est la négation de l'illusoire ego libre formaté par le marché - négation accomplie par la prise de conscience de n'être que sous-système psychique du Système : l'amertume de la réalité de l'asservissement extérieur comme prix de la liberté intérieure . Elle est la première expérience spirituelle de dépassement du bloom .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'expérience spirituelle n'est ni liberté ni choix d'un objet par essence, mais désir d'être soi-même tout-autre, liberté d'être et non liberté d'avoir. Elle est une expérience au delà de la personne et de l'individu à partir de l'individu qui se nie - les âmes anéanties de Marguerite Porète. L'individu n'est pas la mesure de cette expérience qui l'excède et le brûle, comme le mouvement du soleil n'est pas la mesure du moteur immuable . Elle est l'expérience pratique de la vacuité de l'ego . Et cette expérience est aussi, dans le même mouvement, expérience de la vacuité du Spectacle et du Système . A ce jour, la porte de l'Enfer du nihilisme est la porte des mondes, et les mondes sont indéfinis .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté humaine, qui pose des principes, peut détruire des principes, fut-il le principe de laïcité, quand ils sont devenus des facteurs d'aveuglement et de mensonge, de perte de la réalité . Le fétichisme de la marchandise et du Spectacle, construction de leurres puissants masquant les rapports de domination effectifs, montrent que la question formatée par l'oligarchie de « la religion et de la laïcité » comme voile de domination est un leurre présenté comme leurre, un leurre de leurre . &lt;strong&gt;La religion voile-t-elle effectivement autour de vous de puissants pouvoirs, à la mesure de l'État ou de la Banque&lt;/strong&gt; ? D'un point de vue structurel, ce leurre de leurre ressemble à « la lutte contre les discriminations », ou aux récits des Gender Studies . L'oligarchie voudrait nous désigner nos ennemis, et nous la raconter, nous monter des fantômes sur la domination effective . Qui domine, qui exploite, qui fait la guerre, qui envahit, qui occupe ? Est-ce les méchants machos, les barbus du Spectacle, les juifs orthodoxes kabbalistes, les catholiques traditionnels dans les ordres religieux ? Votre patron est-il barbu ? Sa femme est sa fille sont-elles d'une classe sociale sexuelle opprimée ? Et le ministre de l'Intérieur ? Et les banquiers, les propriétaires du Capital ? Qu'est ce qui les rend puissants ? Leur sexe, leur religion, ou la propriété du Capital ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela fait bien longtemps que la bourgeoisie comme classe sociale a gagné, que la menace religieuse est éloignée dans le culte de la production et de l'accumulation . Les théories du choc des civilisations, à l'échelle nationale comme à l'échelle mondiale, sont des dérivations pour permettre aux classes dominées de croire avoir quelque chose de commun défendre avec le Système et son oligarchie . L'oligarchie se moque de notre liberté, sauf quand elle est fonctionnelle . &lt;strong&gt;Voyez comment un référendum démocratique peut devenir objet d'exécration des défenseurs et exportateurs de la Démocratie par les armes&lt;/strong&gt; . La défense de la laïcité est un leurre de plus pour nous éloigner de nous approprier une pensée capable de transformer le monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous n'avons pas besoin des mythologies de la laïcité pour rendre humaine et vivable la diversité humaine produite par la mondialisation comme création parfois violente d'un marché mondial du travail, pour le plus grand profit du Capital . Je n'ignore pas cependant que je peux sembler donner peu de pistes pour penser une pluralité des hommes en dehors du principe de laïcité, comme auparavant pour penser un renforcement de la personnalisation des liens humains . Ces questions seront l'objet des articles suivants .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes pour la vie immédiate . Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-4538827904092689085?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/4538827904092689085/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=4538827904092689085' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/4538827904092689085'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/4538827904092689085'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/11/le-fetichisme-de-la-marchandise-iv-sur.html' title='Le fétichisme de la marchandise, IV . Sur le dévoilement des leurres de leurres - le principe de laïcité .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-e1dM9KzKL-s/TrUZUAk5vAI/AAAAAAAABSc/2X090idBLn4/s72-c/Piero_della_Francesca_010.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-5460612919750253965</id><published>2011-10-29T03:26:00.001-07:00</published><updated>2011-10-29T07:34:07.510-07:00</updated><title type='text'>L'enfer de la propriété, I . Le poisson symbolique et le poisson réel comme pont de l'origine .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/--iqx-WGDqCU/TqvTt24UTiI/AAAAAAAABSE/jxhsMCxfCDc/s1600/168090_1539156644167_1392426307_31177300_2605266_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 240px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668857340755201570" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/--iqx-WGDqCU/TqvTt24UTiI/AAAAAAAABSE/jxhsMCxfCDc/s400/168090_1539156644167_1392426307_31177300_2605266_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(poisson...)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ibn Arabi. &lt;em&gt;« une science qui supprime l'oppression de l'âme de l'homme spirituel à cause de ce qu'il perçoit comme limites intérieures dans les âmes des hommes du commun &lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La photographie ici présentée a provoqué des réactions hostiles, exprimant du dégoût, de la plupart des spectateurs ; et une amie s'est déclarée choquée en ce que le poisson était symbole du Christ . De telles réactions méritent une réflexion .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce genre de remarques montre, je le crois, une difficulté structurale de la pensée des modernes . La pensée moderne est syntone à la société du Système, qui est une société de la dissociation, certains comme Jacques Généreux ont écrit une dissociété, non sans raison . La théorie de la société bourgeoise théorisée par elle même, qui considère favorablement dissociation et schizophrénie, a été faite par des penseurs bourgeois comme Deleuze . Mais la dissociation est globalement une lacune et une impuissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que la dissociation rend difficile, c'est de dépasser l'opposition construite entre la théorie et la pratique, entre le concret et l'abstrait – une opposition construite par l'idéologie racine, non une opposition de fait éternelle - qui devient vécue comme une contradiction chez les modernes . Au point que j'ai pu entendre de la bouche d'une jeune femme cultivée, après des jugements d'un froid réalisme sur son mari, que l'excès de passion pouvait rendre difficiles les rapports sexuels, pour prendre un exemple . Cette dissociation est une maladie de l'esprit, puisque concrètement les modernes en viennent à accepter une vie dé-symbolisée (une vie déshumanisée tout aussi bien) comme si une telle vie était la vérité enfin dévoilée par l'histoire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant toutes ces conceptions, issues du processus du nihilisme, ne sont rien de plus en elle même que des constructions symboliques . Les hommes « originaires » dont la naïveté fait sourire les progressistes, non plus ouvertement (politiquement correct oblige, ils s'agit d'humanités premières, attention !) mais intérieurement, n'étaient pas entièrement conscients de la construction symbolique de leur monde . Le caractère construit des visions du monde n'est pas une évidence de la conscience . Mais cette absence de conscience de la construction symbolique du monde n'est pas une exclusivité commode des peuples sauvages, dont seraient exonérés les banquiers ou les syndicalistes modernes . Les hommes modernes sont également inconscients de l'illusion progressiste qui fait croire à tant d'hommes qu'ils en savent plus que les hommes du passé sur l'essentiel par droit de naissance, comme l'ancienne noblesse imbue de son évidente supériorité, et sans aucun effort de réflexion – ils se sont donnés la peine de naître à une époque où les problèmes spirituels sont résolus, pour les hommes comme ils l'étaient pour les bêtes . Chaque génération produit son lot de ce genre de croyances naïvement satisfaites, de l'Empereur obèse de l'ancien Empire du Milieu ( les autres sont assez idiots pour vivre sur les marges) à nos foules de petits et grands Empereurs à nous, sangliers bornés parlant de la défaite de Platon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité est que les hommes modernes n'en savent pas plus que les hommes anciens sur la métaphysique, pas plus non plus sur les constructions symboliques qui les constituent comme sujets interprétants de structures symboliques . L'évidence est que l'ignorance des modernes sur les hommes traditionnels est aussi crasse et stupide que celle des trafiquants d'esclaves sur les sentiments humains des hommes noirs . La vérité intime du nihilisme et des processus de désymbolisation qui l'accompagne n'est rien de plus que l'intensification de l'exploitation de l'homme par le Système, une conséquence de l'effort du Système pour rendre fonctionnelle l'humanité . Cet effort est un processus, parfois par fragments conscients et volontaires, mais globalement une logique sociale auto-produite, qui porte ses acteurs, lesquels s'imaginent parfois exercer une « gouvernance », ou qu'un complot illuminati exerce une telle gouvernance . L'homme désymbolisé, qui croit que l'action est antagoniste de la réflexion, et s'en réjouit en déposant l'intelligence comme un fardeau – il est des sommets d'exemples – est le produit d'une construction symbolique, non un résultat autonome, souverain du monde . Ce souverain autonome est un nain détestable, agité, impuissant . Ce souverain est un aveugle à son propre aveuglement, un ignorant de sa propre ignorance, qui croit avoir des perspectives géniales, en étant enfermé dans un narcissisme à courte vue – voilà la marionnette moderne du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme « désymbolisé », comme l'homme illusoirement souverain du contrat social, n'est pas une origine, une donnée nue, mais un produit, le produit manufacturé de siècles de processus de détermination d'un homme complètement fonctionnel pour ses maîtres bourgeois . L'homme « désymbolisé » est un homme qui s'est détaché des symboles de sa construction psychique comme entité consistante, entité capable d'être pôle de liens et de puissance dans le monde ; mais il n'en devient pas libre, il en devient le jouet et le chien du Système . Le Système produit avec de grandes difficultés des individus isolés, des particules élémentaires du Système, convaincus de leurs droits et de leur liberté souveraine : et ces &lt;em&gt;jeunesfilles&lt;/em&gt; sont des sous-systèmes psychiques du Système général – dit autrement, leur existence s'exténue indéfiniment pour n'être plus que spectaculaire, autrement dit illusoire, au point qu'être reflété par le Spectacle atteint pour certains l'intensité de désir d'une nécessité métaphysique, la nécessité d'être et de ne pas mourir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surmonter ce qu'on est consiste aujourd'hui à se débarrasser des conditionnements de l'éducation du Système,à reconquérir une perspective de totalité vécue,à exiger de soi une vie immédiate, en refusant toutes les médiations, le fétichisme de la marchandise comme celui de la représentation dans le Spectacle . Le poisson et les réactions qu'il suscite enseignent la Voie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons à notre poisson . Le poisson a une puissance symbolique très ancienne et puissante ; le &lt;em&gt;Bestiaire du Christ &lt;/em&gt;de Louis Charbonneau-Lassay signale à ce sujet un article de René Guénon . Le poisson est une image de la divinité dans de nombreuses civilisations anciennes, transcendant les frontières linguistiques ou ethniques connues . Animal caché, mystérieux, donnant des signes de son existence, le poisson est l'image du mystère . Riche en œufs et en laitance délectable, d'aspect et de consistance analogue au sperme, vivant au cœur des eaux, le poisson est aussi associé à la fécondité . Le poisson est un analogue du phallus, et des pratiques magiques de fécondité lui sont consacrées . Il est l'origine, et il est le retour, l'alpha et l'oméga, le symbole du cycle des mondes . Khezr le Vert est figuré les pieds sur un poisson, et le saumon est un symbole des druides, de cet animal d'argent qui revient à contre courant vers la source du monde, vers l'Un .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-5TAoSZubDC8/TqvL9xPp2TI/AAAAAAAABRg/iCbbp7WMAWI/s1600/AlKhidr2.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 285px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668848818027354418" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-5TAoSZubDC8/TqvL9xPp2TI/AAAAAAAABRg/iCbbp7WMAWI/s400/AlKhidr2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Khezr)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le retour vers la source est une puissante image de l'ange du retournement, de la marche spirituelle de l'homme . Il est réputé pur, et pur comme aliment, ainsi réservé à des jours qui doivent être sanctifiés, ou à des personnes comme les Parfaits cathares . La symbolique des eaux est très complexe, mais comprend des notions purificatrices, de déluge macrocosmique, d'ablutions, de baptême .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était dans la nature des symboles que le Poisson soit un symbole du Verbe séminal, et du Fils pur, sacrifié, qui permet le repentir et le retour . Paul lui-même parle de l'union du Christ et de L'Église comme analogue de l'union charnelle de l'homme et de la femme . Le Christ a repris les symboles du Dieu poisson pur, médiateur entre Terre et Ciel, de la Syrie . A l'époque des persécutions, le mot grec &lt;em&gt;Ichtys&lt;/em&gt; fut pris comme acrostiche de &lt;em&gt;Iesous Christos Theon Yios Soter&lt;/em&gt;, Jésus-Christ fils de Dieu Sauveur . Durant les premiers siècles, le symbole du poisson fut le symbole le plus répandu du Christ, et un symbole portant une occultation, une discipline du secret . L'union du Christ et de l'Église s'associait à la sensation fraîche et muqueuse du poisson dans les mains, à l'odeur forte et persistante des mains maculées de mucus, aux puissants mouvements de torsion du poisson entre les mains, aux écoulements de laitance du poisson, aux grappes d'œufs, aux chairs blanches et fermes des meilleurs poissons .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poisson comme symbole du feu divin et du feu érotique est un symbole ésotérique . Le poisson est froid comme le Serpent, comme le séducteur, comme Valmont . Le sang glacé du Serpent est l'implication de l'occultation de son feu dévorant . Il est ainsi une figure des labyrinthes d'éros . Le caractère sexuel du poisson s'affirme aussi dans la sirène, et dans toutes les figures de femmes des sources et des fleuves, liées par l'humidité de leur sexe à l'élément humide du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le corps humain est un microcosme, une image du monde dans les moindres éléments, et planètes . La base traditionnelle de l'acupuncture chinoise est dans cet ensemble de correspondances . Alors que le macrocosme est masculin, le microcosme est féminin, c'est à dire que le corps féminin plus encore que le corps masculin a la puissance de résumer le monde . Le sexe féminin est évidemment l'analogue d'une source, ou d'un puits, c'est à dire aussi au calice déversant les grâces du dieu sur le monde ; analogiquement, la bouche est liée au souffle et à la vie spirituelle, à la parole . De manière très claire, le poisson orienté vers le sexe de la femme est une figure du retour à l'origine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-ZFCbHzZt9YI/TqvM89b8FtI/AAAAAAAABRs/8iJrkh1gG3k/s1600/araki9.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 260px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668849903631865554" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-ZFCbHzZt9YI/TqvM89b8FtI/AAAAAAAABRs/8iJrkh1gG3k/s400/araki9.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Araki)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Araki, pour prendre un autre exemple, n'est pas un artiste contemporain, mais un invocateur d'images symboliques très anciennes, liées à la vie concrète, odeurs, saveurs, textures du sexe réellement pratiqué, et des analogies qu'il développe avec la vie végétale et animale, avec les mollusques, les coquillages, la mer, les fleurs, les lianes, les ronces . L'érotisme concret est le miroir du complexe énigmatique des puissances de jouissance et de douleur blanche comme le métal en fusion, de liberté et d'asservissement, de violence, de cruauté et de dévouement jusqu'à la mort, de transgression et de pardon, d'assimilation et d'abandon le plus radical, de dévoration, de fascination, de sèves infinies et de mort que développe la saveur du sexe posé comme Voie d'expérimentation de l'intensification de la vie humaine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réalité du sexe humain est dangereuse pour l'âme et pour le corps, et c'est pour cette raison que le sexe est un pôle de délices et de transformation, un pôle de folie et de mort et un pôle de reproduction du monde, un pôle d'humiliation et d'immense souffrance comme de fondation et de puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce complexe énigmatique du sexe humain est indéfiniment éloigné de la théorie vide du lien contractuel « respectueux » des Gender Studies . Face à ce miroir qu'est le complexe synesthésique du sexe effectif, ce « respect » des mouvements politiquement corrects apparaît pour ce qu'il est, un puritanisme de la pensée fonctionnelle au Système général, un processus d'éloignement de la vie dans la représentation, en ajoutant que la représentation est celle d'un idéal moral désertique, sans saveur ni odeur, typique du présent cycle . A ce sujet, les « scandales de mœurs » modernes sont plus que des révélations spectaculaires d'injustice, largement illusoires . Ces scandales sont les manifestations d'une inquisition puritaine, et les médiations d'une imposition normative des produits des producteurs idéologiques fonctionnels au Système, de la même manière que les « chasses aux sorcières » de l'âge moderne montrent le renforcement de la domination de la bourgeoisie bureaucrate sur les campagnes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le caractère mobile et muqueux du poisson en fait une allusion crue, odorante et sensible, des sensations de la sexualité qui sont au delà du visible et de la lumière représentables dans le Spectacle, c'est à dire le plus proche du sexe vivant, effectif, concret . La civilisation japonaise, assurément plus proche des sensations matérielles raffinées que la civilisation européenne – ce que la cuisine du cru, et la culture de sensations buccales humides et moelleuses montre, par exemple – manifeste ainsi le lien du poisson, ou du poulpe, avec le sexe humain . Il me semble hors de doute que des poissons ont pu servir de jouets sexuels à des femmes poursuivies par la curiosité du désir . L'oubli relatif de telles pratiques, lié à un refoulement moral, ne me paraît pas un argument . Les frétillement d'un poisson, ou les ondulations musculeuses d'une anguille dans le sexe a pu provoquer d'intenses voluptés, liées aussi à la conscience de la mort du poisson dans le développement de l'extase .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-MafOjXiqXvQ/TqvPS2-uawI/AAAAAAAABR4/J0l5i8fpN4I/s1600/dream_10.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 296px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668852478879099650" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-MafOjXiqXvQ/TqvPS2-uawI/AAAAAAAABR4/J0l5i8fpN4I/s400/dream_10.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Hokusai)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La photographie ainsi associe des contenus psychiques que le Spectacle dissocie ; elle manifeste ainsi nos intériorisations dissociées .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la splendeur visible d'un corps humain quasiment idéal, sans les marques de la graisse ou du temps, sans salissures ni sueur, et donc associé dans les attentes implicites communes - tant par le code culturel que par une programmation réalisée depuis l'enfance par la société du Spectacle – à une odeur de propreté ou de parfum, à une absence d'odeur fortes, musquées, liées à la réalité de la consommation sexuelle – l'image associe donc à cette perfection iconique l'image phallique d'une avidité animale et froide envers la vulve, et les anamnèses de sensations tactiles muqueuses et d'odeurs fortes d'animalité aquatique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la symbolique pure du poisson qui se lève en souvenir chez une personne déjà d'une culture anormale dans le Spectacle, l'image associe ces puissantes odeurs et ce désir, et implique des jeux sexuels que la culture chrétienne dénie . C'est à dire que l'incarnation de l'idée d'origine n'est pas le concept, mais la réalité muqueuse et odorante du sexe, la jouissance aquatique de l'acte sexuel, la saveur et l'odeur puissante des produits sexuels du poisson comme les oeufs précieux – et là encore, l'image permet de rendre manifeste, par nos dégoûts, nos dissociations intimes, impliquées par notre culture . Il est en effet des cultures que cette association éveille délicieusement, et dans laquelle le symbolisme est aussi tactile, et parfumé d'odeurs animales, de musc et de civette . L'esprit a le goût de la cyprine, de la salive et du sang : un hérétique du moyen âge résumait : &lt;em&gt;Jésus a été fait foutant et merdant . &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le corps fonctionnel est devenu cet objet manufacturé sans défauts, épilé, retouché, aux odeurs discrètes et contrôlées, vivable dans un bureau ou un commerce – le corps sauvage est cet objet qui tend à disparaître du champ de la perception comme chair, sang et foutre, comme puissantes odeurs sensuelles, comme désirs, appétits et douleurs . L'anesthésie, qui est la suppression générale des sens au nom de la lutte contre la douleur, en effet est tout autant le signe et le processus d'un refus du spectacle de la douleur que d'une lutte contre la douleur chez ceux qui souffrent – la souffrance silencieuse étant globalement associée à des niveaux de réaction sociale beaucoup plus faibles que la souffrance manifeste . L'anesthésie du monde se paye d'une anesthésie générale de l'esprit, par la perte de l'incarnation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Malheur a celui qui a perdu le céleste pays et la grande amitié&lt;/em&gt; du Ciel et de la Terre , dit Taliésin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'échelle de l'individu construit par le Système, c'est à dire à l'échelle de la plupart des hommes de ce temps, la première sécession d'importance n'est pas la manifestation dans le Spectacle, mais la déconstruction méthodique, par le travail de la pensée sur la vie, de la dissociation moderne . &lt;strong&gt;La première sécession est de poser une exigence : la pensée, pour être conséquente, doit être vécue ; et la pensée, pour être consistante, doit rendre compte d'une expérience vécue au plus intime de l'existence humaine&lt;/strong&gt; . Il ne s'agit pas de penser le monde séparément de la vie . Marx a dit : &lt;em&gt;il ne s'agit pas de penser le monde, il faut le transformer&lt;/em&gt; . Il est possible d'ajouter : il est impossible de se connaître soi-même, ou de connaître le monde, sans le parcourir par l'action, comme Ulysse partant dans le monde . Le savoir ne peut être distingué de l'apprentissage, et l'apprentissage est un parcours, un cheminement effectif . Il est impossible de penser le monde sans le vivre, sans le transformer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La position du détour nécessaire par le tout réel suppose en effet qu'il existe un moi globalement déterminé, et des voies globalement déterminées à connaître, mais qui sont incontournables . Or l'ego et les voies qu'il peut prendre sont des positions auto-constituantes, c'est à dire que ni le pèlerin ni ses voies ne peuvent se connaître avant son parcours effectif – il faut partir avant de tout savoir, il faut partir d'un savoir partiel, d'un savoir énigmatique, ouvert à tous les vents . Le sage ressemble plus au nomade face aux espaces indéfinis qu'au bourgeois qui fait le recensement de ses biens . Il faut partir, car le monde ne cesse de fuir sous nos pas – celui qui attend sera emporté et dévoré par le temps sans avoir plus de protection que celui qui marche au long des falaises &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la guerre de la vie humaine contre son écrasement méthodique par les spires constrictrices du Système, toute pensée qui ne se pose pas comme vécue ne peut que développer les scénarios illusoires, dégoulinants de moraline, du désirable, sans se heurter à la dureté des murs dans lesquels l'homme s'est enfermé . Celui qui s'est éprouvé à ces murs sait que dire le Système totalitaire n'est pas un effet de rhétorique . Les mots des textes écrits par des hommes éprouvés aux prisons du monde moderne – pavillons, appartements des cités, hôpitaux, écoles, prisons – ne sont pas des efforts abstraits d'un romantisme de la révolte, mais les blasons communs d'une expérience commune de l'enfermement, de l'étouffement . Celui qui s'est éprouvé à ces murs – la tête contre les murs, la bête au ventre - sait d'expérience et de douleur que la souplesse de leur surface opposée aux chocs, analogue à un miroir de mercure liquide, n'empêche pas le déclenchement d'une indéfinité de processus d'homéostasie qui font revenir les marginaux et les révoltés dans la voie commune , et les rend assimilables, avec la sûreté et la maîtrise d'un prédateur vis à vis de sa proie . L'histoire lucide des révoltes modernes est l'histoire d'usures, d'échecs et de désillusions, de trahisons désabusées . Le désenchantement du monde est une théorie à succès chez ceux qui prêchent la résignation – le Système est notre Enfer, et le premier pas vers la puissance est d'abandonner tout espoir qui n'est pas cheminement effectif .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sortir de la dissociation moderne par la vie, dans l'ordre de la sagesse, &lt;em&gt;sapere&lt;/em&gt; - dégustation de l'âpre saveur de la vie - &lt;strong&gt;c'est comprendre que le symbole est vivant et concret, et que la vie concrète est d'ordre symbolique &lt;/strong&gt;: bref, de saisir que la dissociation entre l'ordre de la vie et l'ordre du symbolique est une construction symbolique et rien de plus . Ce que j'ai tenté de faire goûter par le commentaire de cette image .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux revenir sur la finalité globale de ce texte . Le nom générique de cette série d'articles est &lt;strong&gt;l'Enfer de la propriété &lt;/strong&gt;. Nous en sommes ici à l'introduction méthodologique, qui pose la démarche et ses fins .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'examen de l'unité concrète du symbolique et du réel dans la vie permet de montrer que la séparation entre la pensée et l'action - construction symbolique artificielle d'un mouvement comme les indignés, qui posent que l'effort de la pensée est de fait moindre dans sa puissance que leurs marches spectaculaires – est la plus sûre garantie de l'impuissance effective dans la réalité . L'effort de la pensée n'est pas un domaine d'activité séparé de l'organisation d'un mouvement, puisque sans une pensée consciente des types de liens, il ne peut être fondé un mouvement réellement étranger au Système dont les indignés dénoncent des effets sans en apercevoir les causes . Dit autrement, les liens entre les hommes sur le modèle d'un lien contractuel entre des individus atomiques, ou les liens entre les hommes et les choses sur le modèle de la propriété – tout comme par exemple la conception du corps comme d'une chose dont l'individu serait propriétaire – sont les briques moléculaires de la construction de la société du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maison a la forme compatible avec ses briques . Et il est des briques, au présent cycle, qui ont des vies plus intéressantes que des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces types formels de liens qui informent tous les liens possibles dans le Système sont le code génétique, la forme fractale de ce Système . Un mouvement politique qui reconduit sans critique ces liens ne peut que former une organisation de facto libérale . Il en est de même d'une pensée politique sans puissance de négatif, sans ténèbres, sans amoralité . Si des hommes dont le logiciel intérieur de construction des liens ne peut être que ceux du contrat et de la propriété sont débarqués sur une île déserte, ils reproduisent le Système et ses effets pervers . Vingt quatre révoltés, anglais et tahitiens, du Bounty débarquèrent sur l'Île de Pitcairn en 1790 avec toutes les compétences nécessaires à la survie alimentaire agricole . Onze mois plus tard Fletcher Christian, chef de la mutinerie, était abattu dans son champ ; quatre ans plus tard, ils s'étaient tous entretués – il ne restait qu'un homme, John Adams, et sept femmes, faute d'une pensée consciente concernant l'organisation communautaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adams a raconté que Christian avait repris, en tant que chef, &lt;em&gt;le comportement inqualifiable du capitaine Bligh&lt;/em&gt;, comportement à l'origine de la mutinerie . Christian a pris de force, contre la volonté de l'homme, une femme à un tahitien, et a voulu s'approprier des terres, déclenchant un cycle de massacres . Je ferais trois remarques : tout d'abord, à l'évidence, les mutins ont repris les structures anglo-saxonnes d'appropriation du monde par la violence, déclenchant une guerre exterminatrice typique de la société moderne, même si les mutins avaient été fascinés par la paix régnant à Tahiti, société communautaire organisée sur des bases régulant beaucoup plus puissamment ces conflits – les anglais avaient été incapables de relier les lois tahitiennes à la paix tahitienne . Deuxième remarque, et même si les modernes sont viscéralement dérangés par ce genre de problème, les règles du lien entre les sexes – comme l'ensemble des règles de lien - ne concernent pas seulement les individus, mais l'ordre social global . Le communisme sexuel de Tahiti a permis aux européens d'aimer des tahitiennes sans conflits majeurs . Une fois la monogamie occidentale imposée (au fond une appropriation de la femme par l'homme, un lien de propriété impliquant une exclusivité), la question des femmes devient une question de ressources, donc une source de guerre entre les hommes d'abord, puis entre les femmes concernées par la vengeance (ce sont les femmes tahitiennes qui ont tués les tahitiens d'abord vainqueurs des européens, pour venger leur maris) . C'est dire combien la polygamie et la polyandrie ne s'opposent pas à l'idée d'une société communautaire . La société de Pitcairn, issue de cette expérience a d'ailleurs mis en place un communisme sexuel fortement incestueux tout à fait contraire aux lois européennes, et qui a fait scandale au XXème siècle, sous l'autorité australienne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dernier élément pour comprendre et accepter le caractère essentiel d'un vécu de liens durables et détachés du Système pour réussir une sécession, le souvenir (dans l'état actuel de mon savoir) que toutes les communautés expérimentales de retour à la terre, les kibboutz en Israël, chez les hippies, en France comme au États-Unis, ont globalement échoué, devenant en France par exemple des Sociétés Civiles Immobilières, c'est à dire se moulant sur les formes juridiques du Système sans critique . Par cette préformation, les communautés se sont trouvées aux prises avec les problèmes de toutes les sociétés légales du monde capitaliste, comme la demande de vente suite à un héritage – c'est à dire que les règles légales ne permettent pas la survie de communautés essentiellement différentes du Système . Par exemple, il n'est pas possible de décider que les biens d'un membre de la communauté reviennent en indivision à la communauté .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les liens sociaux humains sont construits par la culture symbolique . Chaque homme porte en lui, en suffisance, les codes symboliques qui permettent de reconstruire une totalité, de communiquer . Les hommes dans le Système sont construits et posés symboliquement comme individus, comme particules élémentaires déracinées . Partant de ces particules et des codes systémiques des liens issu du Système, il n'est possible de construire que des fractales indéfinies du Système, des avatars de la société macrocosmique, l'ordre mondial de l'impérialisme capitaliste . Comme certains vers, tout fragment du Système comprend l'information suffisante à la production d'un avatar complet . Le Système est ainsi une puissance indéfinie d'assimilation et de cicatrisation, un Léviathan semi vivant dans les marécages de la psyché humaine . La pensée des liens, c'est à dire de l'ordre symbolique de constitution des personnes, est de ce fait non seulement un travail effectif vital d'un mouvement révolutionnaire, mais au delà un préalable souverain à toute possibilité d'ordre nouveau .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail sur le savoir explicite des codes symboliques qui tissent les liens humains, tant entre eux qu'avec le reste de l'être, et qui associent les images et les sens, les odeurs, les saveurs, les souvenirs – ce complexe énigmatique du tissage de l'être humain et de son monde – est la voie de libération intérieure des codes du contrat et de la propriété . Nous ne sommes pas, personne n'est propriétaire du monde . Il n'est rien de tel qu'un « je » propriétaire d'un « corps » une fois sorti des codes de la société capitaliste . La propriété est notre enfer dans le lien au monde . L'isolement est notre enfer dans le lien entre les hommes, faisant des autres l'enfer . Rien de cela n'est donné par le réel, mais tout cela est un héritage de nos pères, que nous ne sommes pas obligés de revendiquer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous continuerons sur l'enfer de la propriété .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-5460612919750253965?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/5460612919750253965/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=5460612919750253965' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/5460612919750253965'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/5460612919750253965'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/10/lenfer-de-la-propriete-i-le-poisson.html' title='L&apos;enfer de la propriété, I . Le poisson symbolique et le poisson réel comme pont de l&apos;origine .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/--iqx-WGDqCU/TqvTt24UTiI/AAAAAAAABSE/jxhsMCxfCDc/s72-c/168090_1539156644167_1392426307_31177300_2605266_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-5149649948650163822</id><published>2011-10-19T09:53:00.000-07:00</published><updated>2011-10-20T03:26:32.818-07:00</updated><title type='text'>Le fétichisme de la marchandise, III . La dépersonnalisation des liens sociaux.</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-cNzu8nEG_Ec/Tp79Lvc3ZGI/AAAAAAAABQw/DjPHOi1yW3A/s1600/Breaking_it.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5665243759436588130" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-cNzu8nEG_Ec/Tp79Lvc3ZGI/AAAAAAAABQw/DjPHOi1yW3A/s400/Breaking_it.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Traci Lord)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons montré qu'un des problèmes d'observation du monde social qu'essayait de résoudre tant la théorie du fétichisme de la marchandise chez Marx que la théorie du Spectacle chez Debord était, en partie, celui d'une disparition progressive des liens de domination des champs du visible ( que l'on pense à la disparition des rituels d'hommage et de cour, des règles de salutation des dominés envers le dominant . Ces règles étaient codifiées dans le droit et la coutume . Quand, en Pologne et en URSS occupée, le Troisième Reich définit des règles de salutation envers « l'officier allemand », il est clair que ces règles sont délibérément pensées comme humiliantes, c'est à dire que l'esprit originaire de ces règles était déjà perdu) . Cette disparition semble faire des chefs du protocole que l'on retrouve encore dans les lieux saturés de problèmes de domination une survivance, et semble encore permettre « un management souple, horizontal et convivial des entreprises » . Le caractère « moderne » des relations sociales, et leur effacement de la domination a été caricaturé sans excès véritable dans le film « les trois frères », où l'on voit une entreprise « cool » où tous les employés portent la même queue de cheval que le patron, patron dont la domination évidente et impitoyable se dissimule sous le tutoiement et une familiarité aussi feinte que les protocoles de la Cour de Louis XIV . Nous développons des comportements et des modes de communication où « le non-codage » et « la spontanéité » sont aussi codifiés que le comportement dans une famille bourgeoise traditionnelle, ce qui provoque des distorsions psychiques évidentes dans les sous-systèmes psychiques . Le Système en effet se la joue la disparition des liens personnels de domination : les hommes ne courbent plus le dos devant des seigneurs, mais devant des machines, devant des marchandises, devant des signes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité est que la dissimulation du pouvoir est une stratégie générale du pouvoir . Dans un livre et dans des articles ont été déjà étudié la contrainte que tente de résoudre fonctionnellement la dissimulation du pouvoir dans le Système : c'est que le pouvoir est censé, pour pouvoir être affiché, montré dans le spectacle, être issu de la « vertu » ou du « talent » . Dit autrement, le pouvoir peut être manifesté s'il est moral, politiquement correct, comme le pouvoir d'un scientifique, d'un médecin, d'un porte parole de minorité correctement présenté, d'un ferme soutien des pauvres ; et il peut être manifesté s'il est issu d'un talent négociable dans le Spectacle, comme de courir derrière un ballon, ou de pousser de grands cris déchirants, amplifiés, avec un corps enduit d'huile et de paillettes – ou encore de faire rire dans les maisons de retraite . Les familles royales, dont le pouvoir est fortement neutralisé, peuvent continuer à jouer à la dynastie, pour des raisons spectaculaires qui là encore tiennent véritablement du leurre : les beaux mariages, les scandales, tout ce tapage spectaculaire permet de parler de choses fraîches et joyeuses, comme la guerre en 1914 . Et une part importante de cette légitimité des familles royales vient de leur soin aux œuvres, de leur intérêt ostensible pour les pauvres et les malades, de leur empathie – permettant ce titre à &lt;em&gt;Diana, princesse du peuple&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un politique peut, et même doit, « se montrer » avec de telles personnes, des personnes de talent et de vertu . Tout politique, ou tout descendant de famille royale, recherche leur compagnie, au point que certains êtres humains ont pris le rôle de l'homme courageux vertueux, drôle, modeste, de service dans le spectacle – je ne donnerais pas de noms, je passerais pour cynique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien d'autres pouvoirs sont dissimulés, c'est à dire absents du Spectacle, et sont indéfiniment plus puissants que ceux qui sont exhibés . Une telle situation, je l'ai dit, est favorable à la diffusion de toutes les théories du complot ; d'autant plus que les pouvoirs dissimulés ont aussi pouvoir sur le Spectacle . Il s'ensuit, de manière générale, que le champ du pouvoir étant auto-constitué en partie par les représentations spectaculaires, et en partie par d'autres puissances, ce champ est toujours soumis à d'intenses distorsions de description . Le pouvoir est le point aveugle non par manque, mais par saturation de messages incompatibles – tout comme la censure moderne n'est pas faite de silence imposé, mais de simple saturation informationnelle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il demeure que le fétichisme de la marchandise, comme la société du Spectacle, visent une disparition volontaire de la relation de domination dans le leurre visible d'une marchandise ou d'une image . La description systémique de la société ne peut admettre cette idée d'une intemédiation entre des pôles réels ; pourtant fétichisme de la marchandise ou de l'image décrivent puissamment la réalité sociale . Il semble possible de poser que le fétichisme des théories marxistes est le nom donné à un processus de dépersonnalisation des relations entre les hommes dans le Système, dépersonnalisation qui se manifeste dans la marchandise ou dans l'image . Dans une vision processuelle du pouvoir, la puissance la plus certaine est celle de la décision, de l'arrêt de la discussion . Les sous - systèmes de contrôle du Système général reçoivent un flux de messages, et doivent prendre des décisions sur ces messages, comme l'éliminer du jeu, le confier à un sous-système approprié, bref arbitrer dans le champ des possibles, procéder sans cesse à une réduction de la complexité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le souverain est le sous-système qui choisit le plus souvent entre les possibles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un État moderne est une organisation humaine martelée d'une indéfinité de messages . La masse de ces messages conduit à des traitements par procédures ; les messages sont classés par genre (problème politique, juridique, économique, financier, du Trésor, militaire, policier...) et soumis à des procédures standardisées par des administrations appropriées . Je nomme procédure la division du travail et la coordination temporelle du traitement de l'information par une bureaucratie, la procédure interne au traitement de l'information et de la décision par l'État, pas la procédure au sens juridique du terme . Ce traitement procédural se prête à l'illusion d'une légitimité technocratique : le pilotage d'un sous-système fonctionnel de l'État traitant des messages par procédures suppose des compétences techniques . Piloter un tel sous-système peut être exécuté avec plus ou moins de « performance » . L'illusion technocratique est de soutenir que le choix d'un dirigeant s'arrête à la plus ou moins grande expérience ou compétence technocratique dont on sait ce dirigeant dépositaire . L'indépendance des banques centrales est justifiée par cette illusion d'une telle légitimité professionnelle . Mais le choix des procédures appliquées, y compris dans les banques centrales, relève de décisions qui dépassent l'ordre technique – ainsi le talent des technocrates comme Maurice Papon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est des décisions qui engagent la somme des procédures, comme par exemple la décision de prendre le risque d'une guerre, la décision de supprimer une catégorie sociale, la décision de légiférer sur les éléments fondamentaux de la vie humaine, la naissance, la filiation, la mort, les liens, etc ; et ces décisions sont lourdes de conséquences, et souvent, dans les sociétés traditionnelles, retirées au pouvoir politique immédiat, soit par une garantie du pouvoir religieux, soit par une notion comme, en France, les « lois fondamentales du Royaume » . La puissance politique réside d'abord dans ces décisions, et non dans le contrôle quotidien des procédures . Dans la logique du Système, tout ce qui ne produit pas pour un marché est une dépense ; ce qui signifie que le respect du droit n'est pas une garantie nécessaire, mais une dépense que des tabous juridiques, comme le traitement contradictoire de l'instruction, amènent à respecter . Une perspective de performance sur le traitement juridique est de le trouver coûteux et lent, et de souhaiter le remplacement par le traitement administratif, voire automatique des transgressions : par exemple, d'associer la vidéo-surveillance à l'identification automatique dans les rues commerçantes, et d'envoyer aux voleurs à l'étalage leur jugement automatisé par mél, accompagné d'un prélèvement sur le compte en banque .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'on élargit la réflexion, il apparaît que le traitement par procédures peut être examiné sous l'angle d'une certaine continuité, du droit ancien, jusqu'à l'usage de l'informatique . Le droit comme les sous-systèmes de communication se développent avec le développement de l'État . Mais il semble aussi qu'il y ait des solutions de continuité, des ruptures . Le traitement juridique des problèmes est quelque chose de complexe et de légitime qui est de l'ordre de la garantie que prend une société contre les dérives et la démesure du pouvoir, garantie existant dans toute société traditionnelle, alors que la bureaucratisation des procédures, dont un cas caricatural est l'usage de dispositifs automatiques de traitement des infractions, est au contraire un développement chimiquement pur de la logique de la bureaucratie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces questions cependant ne sont pas directement celles que je veux aborder . Le nom impersonnel de l'État est en soi une expression d'une organisation comme somme de procédures impersonnelles . Après la mort de Charlemagne, l'Empire fut partagé entre ses fils comme une simple propriété ; et Louis XIV pouvait encore être pensé comme figure personnelle de l'État . C'est dire que la notion moderne d'État fut très longue à apparaître .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au delà du contrôle quotidien des procédures, un autre fondement du pouvoir politique réside dans la puissance, légale ou illégale, de faire des exceptions dans le traitement des procédures . Le droit de faire grâce est un exemple évident de telles exceptions reconnues . Le traitement standardisé, procédural, bien avant la taylorisation, qui implique le développement massif d'une bureaucratie, est par nécessité un traitement rigide et simpliste de l'information .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà un exemple caractéristique . Pendant la guerre 1914-1918, tout homme surpris loin de sa troupe pouvait être considéré comme ayant fui devant l'ennemi ; et de ce fait condamné à mort . Le caporal Henri Floch put ainsi écrire cette dernière lettre :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ma bien chère Lucie, Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé.&lt;br /&gt;Voici pourquoi : Le 27 novembre, vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures, dans une tranchée de première ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés dans la tranchée, m'ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J'ai profité d'un moment de bousculade pour m'échapper des mains des Allemands. J'ai suivi mes camarades, et ensuite, j'ai été accusé d'abandon de poste en présence de l'ennemi.&lt;br /&gt;Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple. Mon portefeuille te parviendra et ce qu'il y a dedans. (...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Le fait, le déplacement de l'homme sur le front, n'implique pas le cas règlementaire d'abandon de poste devant l'ennemi . Il existe de nombreuses circonstances où le fait n'implique pas le cas ; et on peut espérer que des hommes intelligents savent alors, éternellement, ne pas appliquer le règlement . Il est absolument essentiel pour le dissident – c'est le premier pas, et le plus important – de comprendre que le culte du respect du règlement, que l'on retrouve chez Kant, diffusé par les cadres du Système à leur profit – puisque c'est eux qui le posent – est le symptôme certain de l'imbécilité la plus absolue . Quand un individu sans aucune capacité, les supérieurs d'&lt;em&gt;A l'Ouest rien de nouveau&lt;/em&gt; de Remarque, comme Himmelstoss, ou les cadres coloniaux de Céline, sont perdus face aux informations qu'ils reçoivent, ils se protègent par le règlement . Le respect maniaque du règlement est un signe quasiment certain d'un supérieur bureaucratique sot, incapable et inhumain – c'est à dire incompétent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des supérieurs de bas niveau peuvent ainsi prendre des décisions absurdes, dénoncer des hommes, les faire exécuter, que sais-je . Nous savons tous, de manière absolument indubitable, que pendant l'occupation, le policier qui lors d'un contrôle, laissait sciemment passer un juif ou un résistant, et plaçait la supériorité humaine avant la loi humaine, avait raison contre celui qui les arrêtait – et il en est de même aujourd'hui, où le traitement par procédures standardisées est intensifié bien au delà de cette époque .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons là une source de dissidence civile ; mais l'exception est aussi une base de la puissance politique . Ne pas traiter certains messages pendant un temps, voire les détruire, est un puissant pouvoir . Empêcher un contrôle fiscal, gracier d'une peine, accorder un permis sans perdre le temps des procédures, autoriser un médicament par exemple, nommer à un poste, à une promotion hors procédure, ce sont les gratifications qu'un puissant politique peut accorder à ses fidèles . C'est à dire que l'essence du pouvoir est autant le contrôle des sous-systèmes de procédures que la puissance de faire des exceptions qui permettent de constituer un réseau de fidèles . Dans le Système, cette puissance est nommée corruption quand elle atteint un certain degré, ou quand les gratifications demandées par l'homme de puissance sont tarifées, et à leur tour standardisées . Le concept de corruption paraît évident mais il est aussi fonctionnel, c'est à dire que les attentes des hommes moraux-fonctionnels est le strict respect des procédures . Il est possible que les hommes moraux ne soient pas incorruptibles, mais aussi stupides que les hommes de procédure sur le front de la Grande Guerre . Il est possible qu'une pensée politique conséquente considère que l'objet « corruption » puisse être nommé « fonctionnement légitime » et l'objet « traitement procédural standardisé» comme « mal nécessaire », susceptible de devenir tyrannique . J'y reviendrais .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ajouterais que c'est la simplification des procédures de traitement politique des sollicitations qui, je pense, à conduit aux principes égalitaires de la société moderne, qui en prétendant d'abord à respecter chaque individu, en arrive à traiter tous les hommes, en dehors de l'oligarchie, comme des numéros .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De manière générale, les procédures standardisées d'administration des liens entre les hommes excluent toute relation personnelle : par exemple, un policier qui donne une amende à un automobiliste fautif d'un excès de vitesse agit statutairement, comme tout autre « policier » et parle à « un automobiliste » ; l'analyse de la situation ne tient compte de rien d'autre . La communication est extrêmement réduite ; de ce fait, le passage de cette situation simplifiée à l'extrême au traitement mécanique du problème se fait sans véritable rupture . Quand le traitement est mécanisé, comme aussi par le portique automatique du métro, on peut parler de dispositif de domination . Un dispositif est un sous-système de domination fonctionnel au Système général, mais ayant un fonctionnement autonome . Le portique à un fonctionnement autonome, absolument impersonnel, il ne fonctionne que par unité « voyageur » et « titre de transport » .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par exemple, il existe une autonomie de la « lutte contre les discriminations »,et il s'agit bien d'un dispositif - c'est un dispositif fonctionnel, puisque le modèle social posé comme fin désirable de la lutte contre les discriminations est le modèle du marché libéral du travail, où seules les « compétences », à savoir l'employabilité des individus, sont légitimes pour créer des différences socialement reconnues comme hiérarchisantes, et pose par exemple l'illégitimité de l'appartenance culturelle pour créer de telles différences – c'est à dire, interdit la construction nationale comme communauté culturelle, en imposant sa construction comme somme d'individus au service de la performance maximale de production de bien . C'est dire que « lutte contre les discriminations » et « mise en place d'un marché unifié du travail » sont pour ainsi dire, en l'état, presque synonymes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fétichisme de la marchandise – le marché des marchandises – comme intermédiation des rapports sociaux par des marchandises, ou le Spectacle, comme intermédiation des rapports sociaux par des images, sont aussi des dispositifs fonctionnels . Ils participent d'abord de la dissimulation de la domination effective, en permettant une économie des frottements inhérents au maintien de dominations rigides dans une société imprégnée d'une idéologie égalitaire – selon le mot de Sun-Tzu, tout l'art de la guerre réside dans la duperie . Mais aussi, et plus profondément sans doute, ils permettent la réduction fonctionnelle progressive des êtres humains, le passage historique en cours entre la personne et le sous-système psychique fonctionnellement adapté, doté d'employabilité et de temps de cerveau disponible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La multiplication et le renforcement des dispositifs ne sont pas seulement les fruits de l'expansion d'un système d'abord bureaucratique, quand bien même il ne cesse de se présenter comme fluide, pluriel et libéral – que l'on songe à l'invention des « services qualité » sous-sous-systèmes destinés à lutter contre les effets pervers du caractère excessivement procédurier provoqué par la prolifération bureaucratique, et qui ne peut que rajouter tôt ou tard de la complexité . Les dispositifs participent de l'alignement unidimensionnel des hommes sur le modèle du sous-système psychique, alignement indolore, dans le cadre du troisième totalitarisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un dispositif réussi n'est pas seulement vecteur de réduction de la complexité à un niveau qui peut être traité par le Système ; il offre la particularité de se fermer, autant que possible, à tout feed-back des dominés . Une porte automatique ne peut être contournée, attendrie, détournée, comme un portier de boîte de nuit . A ce titre le Spectacle est aussi autiste qu'un radar automatique, ou qu'un physionomiste robotisé . Un dispositif réussi limite au maximum les possibilités d'hostilité directe des dominants envers le dispositif . Donner un coup de pied à un portillon de métro est dépourvu de sens . Se déclarer hostile à la lutte contre les discriminations expose à une hostilité sociale générale . Les dégradations sur les radars automatiques sont les seules réponses trouvées par les dominés qui ignorent totalement l'usage des voies de recours juridique qu'utilisent les hommes moins dépourvus . Les oligarchies, dans le cadre des dispositifs, peuvent se retirer complètement du jeu, ne se réclamer de rien et n'être responsable de rien .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les relations humaines sont de plus en plus codifiées sur le modèle des dispositifs, des procédures et des statuts . Un être humain qui travaille doit se positionner professionnellement, c'est à dire se penser en terme de statut – autrement dit, comme sous-système fonctionnel . Il se pose en « vendeur Mc Donald », en « policier », en « chauffeur de camion » . Il a droit à quelques pauses où il peut redevenir lui-même . Le culte de la performance et le management poussent les hommes à s'identifier à des modèles fournis par le Système, pas à se dire qu'ils sont des personnes qui exercent un métier . Cette « posture professionnelle » est une protection, mais aussi un redoutable enfermement . Un « vendeur Mc Donald » qui parle à une jolie fille sans chercher à lui vendre quelque chose commet une négligence, manque de performance, bref peut être licencié à terme . La posture professionnelle est un arraisonnement total de l'entreprise, c'est à dire des intérêts du Système que porte l'entreprise, sur la personne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le modèle social libéral tend en outre à présenter tout être humain comme un rival potentiel dans une procédure, obligeant à codifier fortement les relations les plus personnelles . On sait qu'aux États-Unis des personnes aisées ne se marient plus sans avoir longuement codifié leurs liens et leur divorce éventuel ; et l'extension du concept de harcèlement sexuel peut être instrumentalisée pour ramener à la posture professionnelle les employés . La codification des relations est une manière de contrôler tous les types de liens possibles entre les individus des masses, et de rendre ces liens inoffensifs pour l'entéléchie du Système – en particulier de rendre impossible, ou tout à fait marginale, l'existence de liens inconditionnels, et pourtant seuls de tels liens sont susceptibles de créer une puissance de renouvellement de la société .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;em&gt;l'insurrection qui vient&lt;/em&gt;, le Comité invisible notait déjà le caractère impénétrable au forces du Système d'un campement tzigane, très éloigné de l'infiltration actuelle des indignés par les services de surveillance . Un groupe d'hommes déterminés tissés de liens inconditionnels personnels, même très peu nombreux, c'est le portrait des oligarchies dominantes, des groupes criminels de puissance redoutable, des plus puissantes sociétés secrètes, ou encore de l'aristocratie révolutionnaire des bolcheviks de 1917 . C'est à dire que le contrôle des liens est une priorité absolue pour le sous-système de contrôle du Système général, sans cesse tenté de criminaliser les rapports personnels trop forts, sous les nom d'association de malfaiteurs, de ligue, de gang – quand bien même les liens très fort, visibles lors des cérémonies familiales, sont exactement ceux de l'oligarchie elle-même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La montée en puissance du Système est une entreprise de dépersonnalisation de l'ensemble des relations humaines . Elle a quelque chose de la réduction générale de l'humain à la fonction du Système, à l'adaptation des ressources humaines aux contraintes du Système, qui suppose le culte de la production et le mépris de tout ce qui ne produit rien de matériel . Or, comme Aristote le note dans l'Éthique, l'amitié est une des grandes sources de joie des hommes ; l'amour une dimension essentielle, vitale de l'existence ; le loisir – le détachement des contraintes de la production, de la survie - un fondement d'une vie pleinement humaine . Loin de permettre une vie humaine, le Système apparaît comme une vaste entreprise de déshumanisation de la vie humaine au présent, au nom d'un avenir qui ne cesse de fuir en avant – que ce soit le moment mythique où toute la production permettra de réduire le temps de travail, ce que plus personne ne croit, ou que ce soit la retraite – mais attendre de mourir pour avoir une vie pleinement humaine est une vanité, et, l'Ecclésiaste le note, un grand malheur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attendre pour vivre, au crépuscule du monde libéral, serait attendre la peste pour commencer à vivre en toute liberté, comme les jeunes gens du &lt;em&gt;Decameron&lt;/em&gt; de Boccace . Il est recommandable de développer au moins sa liberté intérieure, et de cesser de croire un instant à l'importance du respect des procédures bureaucratiques standardisées, quand le respect de ces mécanismes s'oppose à un intérêt majeur de l'être humain . L'amitié, l'amour, la grandeur, la poésie...sont prioritaires sur la production et ses règles . La poésie est la souveraineté . La poésie est souveraine, et de ce fait politique. Vous, hommes du Système, serez vaincus par la poésie, par la martre...la poésie est souveraine, et insaisissable à aucune primaire, vote, ou César...la poésie est l'âme éternelle de la langue, la forme de l'homme et des peuples, qui lui sont l'argile rouge et nue...la poésie est amour, souffle et foutre - que la boue étouffe de s'en parer à faux, comme de plumes piétinées dans la gorge !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne pourrais jamais faire confiance à un homme incapable de faire une exception à ses règles pour moi . Ce n'est pas du narcissisme . Il est rationnel de ne confier de tâches qu'à une personne qui l'exécutera quoi qu'il arrive . De même, si je demande cela à un homme, je suis prêt moi-même à réaliser toute demande de sa part indépendamment de tout règlement, si elle ne me met pas gravement en péril pour des motifs trop futiles . &lt;em&gt;La valeur martiale d'un homme réside essentiellement dans son fanatisme&lt;/em&gt;, note le Hagakure . La foi jurée à une personne - telle la bien Aimée seigneur du cœur - n'est liée à aucune croyance - mais à l'amour, et à l'amour du destin qu'il implique . Ibn Arabi dit : &lt;em&gt;l'amour est ma religion et ma loi&lt;/em&gt; . Paroles rigoureusement synonymes à celles du Hagakure : &lt;em&gt;la mort est l'essence de la Voie du serviteur&lt;/em&gt; - celui qui donne sa vie à son Seigneur . Il est de l'ordre du vital de pouvoir vivre des liens et des fidélités inconditionnelles, puisqu'il s'agit de l'accès à l'inconditionné dans le conditionné . Ne vivre que de liens conditionnés, contractuels sur le modèle libéral, est une honte répugnante . Il est impossible de vivre en acceptant une telle mutilation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Penser un autre modèle social est penser une restauration des liens d'humanité, une sortie du monde quadrillé de la technique bureaucratique et de la croissance à prix d'homme . Je donnerais une suite à ce texte sur les pistes pensables de re-personnalisation des liens sociaux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-5149649948650163822?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/5149649948650163822/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=5149649948650163822' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/5149649948650163822'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/5149649948650163822'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/10/le-fetichisme-de-la-marchandise-iii-la.html' title='Le fétichisme de la marchandise, III . La dépersonnalisation des liens sociaux.'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-cNzu8nEG_Ec/Tp79Lvc3ZGI/AAAAAAAABQw/DjPHOi1yW3A/s72-c/Breaking_it.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-3580157319129251286</id><published>2011-10-12T09:02:00.000-07:00</published><updated>2011-10-13T02:55:27.515-07:00</updated><title type='text'>Le fétichisme de la marchandise, II . Concept systémique et Concept sémantique du lien .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-X5l5kht7gFY/TpW6m2LtioI/AAAAAAAABQM/J6CfBXYoZsU/s1600/Michele%2BAngelo%2B1967.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 326px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5662637283030698626" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-X5l5kht7gFY/TpW6m2LtioI/AAAAAAAABQM/J6CfBXYoZsU/s400/Michele%2BAngelo%2B1967.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;(Michele Angelo 1967 - FB Amélie May Rose d'Hennezel)&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Le premier article de ce travail posait la question des modes de dissimulation fonctionnelle de la domination dans le Système, dissimulation fonctionnelle tant pour en limiter les accrocs que pour en rendre durable et autonome le fonctionnement avec un minimum d'incertitudes pour le Système –ainsi il n'est pas indispensable d'apporter à tous des corrections pour conserver chez chacun un comportement compatible avec le Système . Il est certain qu'il a existé des systèmes sociaux plus coercitifs, basés sur une répression plus violente ; il n'en est pas moins évident que le Système moderne aggrave insidieusement la coercition, en particulier par la menace latente de la surveillance généralisée, et par des interventions destinées à servir d'exemple, dont un prototype est l'affaire Coupat .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l'observation que des corrections plus ou moins marquées sont indispensables au fonctionnement du Système global, il faut inférer que les sous-systèmes psychiques présentent des puissances de développement qui pourraient contrarier le fonctionnement du Système au profit de l'oligarchie, c'est à dire que les liens dans le système social entre les sous-système psychiques et le système social général sont beaucoup plus laxes que dans un organisme . Une raison de cette laxité apparente est la réalité de la discrétisation des communications entre sous-système psychique et système général, comparée à la communication continue de l'organisme avec les organes . Pour limiter les effets de cet isolement relatif de l'homme au Système, l'occupation temporelle continue de la communication spectaculaire est sans doute un facteur important d'unité – l'interruption durable des médias support pourrait avoir à moyen terme des conséquences sérieuses sur l'ensemble de la domination du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sous-systèmes psychiques sont rarement contraints à se mettre dans le flux de la communication issue du Système, et pourtant il le font de manière massive . Le besoin de se placer dans le flux est de l'ordre de l'addiction, c'est à dire que le fait d'en manquer est déjà une angoisse pour un certain nombre, avec la certitude de s'ennuyer ; ainsi le besoin alimente la consommation qui alimente le besoin et la dépendance . Ce phénomène est à décrire sous les termes de la communauté réelle du pôle dominant et du pôle dominé, c'est à dire en dépassant la représentation fonctionnelle d'intérêts radicalement divergents de ces pôles, sur le modèle d'un esclavage sadique fantasmé, pour comprendre les liens existant entre les maitres et leurs serviteurs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Globalement, il est clair que tout lien entre des pôles suppose une communication entre eux, et donc que le lien de domination repose sur une communication du dominant et du dominé . Il doit exister un langage partagé et des comportements coordonnés . Plus clairement, il existe par principe une coopération entre dominants et dominés, et des bénéfices réciproques, donc des bénéfices d'être–dominé, dont un aspect est sans doute nommé masochisme en psychologie . Cet aspect est difficile à décrire, car dans l'ensemble le dominant représente dans la société la figure du désirable, et que le désirable inverse ne peut qu'être obscurci partiellement dans la représentation de la société par elle-même . De plus, une domination dite excessive paraît créer une victime, et il paraît infamant de poser que la victime est complice de son agresseur . C'est pourtant le cas général de la victimisation en criminologie . Je dirais même qu'une agression est d'autant plus traumatisante, perturbante pour l'identité personnelle, que la complicité a été la plus forte et la plus sensible, dans le cas où il est indispensable qu'elle soit niée pour la suite . Un cas douloureux est la participation de notables de la communauté aux opérations du génocide européen des juifs ; un autre est le puissant soutien populaire à Pétain, et l'avilissement de l'admiration devant l'agresseur . Car l'unité de l'image de l'ego est alors la plus atteinte . Le déni est alors une solution courante, le fameux &lt;em&gt;tous résistants&lt;/em&gt;, complètement faux . Le syndrome de Stockholm montre cela : l'identification à l'agresseur, c'est à dire le soutien pur et simple de celui qui est définit comme l'agresseur par la réalité légitime . Il faut être conscient que le soutien des masses au Système peut être la forme générale et banalisée d'un syndrome de Stockholm . Il est probable que la véritable difficulté n'est pas le moment du syndrome vu de l'extérieur, la soumission à l'agresseur qui est alors syntone au moi, mais la violence de la dissociation du passage d'un système social de domination à un autre . Dit autrement, les masses seront aussi violentes – je dirais plus violentes - contre celui qui dévoilerait leur complicité à leur asservissement, que contre ceux qui les asservissent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi tous peuvent être victimes, mais tous ne sont pas résistants ou dissidents .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lien de domination, le rapport entre dominant et dominé ne construit pas nécessairement une identité de victime . Pour qu'il y ait victime, il faut qu'il y ait transgression, un écart au système social qui doit être résorbé par l'homéostasie du système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question est celle de l'écart au système social et aux mécanismes de défense d'un système social . L'écart peut être une faute, et le transgresseur doit être puni ; il peut être une erreur, pardonnable si elle est corrigée, qui devient une faute si l'écart est maintenu ; il peut être une maladie, une passion sans responsabilité, et le transgresseur doit être soigné .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cas de la « victime » est la construction sociale d'une transgression sans responsabilité, où le retour à l'ordre prend la forme du soin . L'exemple des rapports entre les sexes, rapport systémique par excellence, peut illustrer le cas . Une séduction subie, mais sans violence, et fortement associée à une jouissance inconnue jusqu'alors peut être considérée comme une découverte légitime d'une identité nouvelle, ou, si l'entourage social le présente comme une horrible transgression, comme un trauma culpabilisateur . Cette séduction peut être une faute durement punie, une erreur (tu aurais du savoir qu'il ne fallait pas...) ou un événement dont on est la victime innocente . Le récit servi et imposé à la victime est constituant de la gravité de l'offense ; ainsi poser d'entrée la gravité de « l'offense » face à une « victime » qui ne la pense pas comme une offense n'est pas aider la personne identifiée désormais comme victime, mais poser un être comme victime, sacrifier « la victime » par la construction de son identité de victime à postériori, au maintien de l'ordre social . C'est très caractéristique de la propagande féministe-puritaine sur les campus des États-Unis, qui permettent à une femme consentante à un rapport sexuel de découvrir bien plus tard qu'elle a été victime . Pour garantir la coopération des « victimes », les sociétés leur donnent les bénéfices secondaires de la maladie, recherchés parfois dans les névroses, qui sont l'attention, le retrait de l'obligation de travail, le soin, etc...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Soyons très clair : chaque mode de traitement de l'écart est d'abord une réaction de défense du Système social avant tout&lt;/strong&gt; . Ce phénomène est parfaitement net dans les sociétés puritaines qui condamnent très gravement certaines relations sexuelles, en protégeant par exemple les jeunes filles « séduites » tout en les stigmatisant ; ou dans l'interdiction de la drogue ou de la prostitution au nom des « victimes », qui ne se reconnaissent pas toujours telles . L'homme ou la femme rebelle sont alors ceux qui refusent d'être posés en victimes . Rimbaud mineur, séduit par Verlaine, affirme qu'il n'est PAS victime . Telle femme séduite fait de même, et proclame et qu'elle a désiré la chair, et la désire encore, et l'assume . Elle deviendra alors souvent prostituée, par exclusion de son groupe social d'origine, au XIXème siècle . Le désir est ainsi une voie de refus de l'identité octroyée par le système social . Dans l'hypothèse de la lutte des classes, le prolétariat est victime de l'exploitation : c'est à dire que les classes exploitées sont pensées comme victimes d'un écart au système social, et comme n'ayant aucune responsabilité, ni participation à leur exploitation . Cela est globalement une représentation morale, inexacte, du problème de la domination .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La proclamation de la lutte des classes, de l'absence de participation du dominé au lien de domination est une dissociation de la réalité telle qu'elle peut être décrite en termes systémiques . Cette dissociation n'est pas inconnue . Dans le procès de transformation, d'auto-constitution de l'homme en créature fonctionnelle du Système – processus qui est une réduction – de puissants processus dissociatifs sont à l’œuvre au niveau des individus, qui doivent nier des parties d'eux-même pour jouer le rôle fonctionnel attendu dans les théâtres du Système . Ces puissants processus dissociatifs, liés à une intensification de l'éloignement de la réalité immédiate, eux-même liés à une intensification de la nécessité de se la raconter – se la raconter innocent, indépendant du capital - pour maintenir les fictions fondatrices du Système en tant que sous-systèmes nécessaires à l'ensemble de son fonctionnement, provoquent de puissantes tensions intrapsychiques qui peuvent être résolues par des traitements médicamenteux, mais qui sont aussi présentés dans les récits les plus élaborés comme des fictions désirables . Présenter comme un progrès hyper-branché les nécessités du Système est un grand classique du Spectacle ; ainsi le deleuzisme, qui présente la dissociation générale des sous-systèmes psychiques fonctionnelle au Système comme un immense progrès de l'esprit humain, et la schizophrénie née non du refoulement conscient des désirs, mais du déni pur et simple de la réalité des désirs de chaque sujet, comme un modèle de l'homme, est-il en passe de devenir la théologie fonctionnelle des formes les plus avancées dans la dissociation et la décomposition du Système . Ajoutons que, de manière analogue à chaque niveau de développement du capitalisme, les formes les plus avancées se réclament de la révolution contre lui, tout en étant en réalité le produit et le facteur de poursuite de l'intensification du Système . Du point de vue de la description, le conflit se joue entre le récit de soi qui se structure sur la sémantique, et la réalité systémique des liens sociaux concrets .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la constitution des polarités qui gravitent autour d'un lien dans un système, nous devons noter toutes les difficultés qui opposent la constitution systémique et la constitution sémantique du monde . Dans la constitution systémique, les pôles n'existent que par le lien, et celui-ci est prioritaire ontologiquement ; les pôles forment donc une unité de fait, globale, qui doit être comprise globalement pour donner accès aux parties . Dans la constitution sémantique - sémiotique du monde, les pôles sont des unités, encore plus sous l'aspect vocal des mots ; les sèmes s'opposent binairement, comme si les pôles pouvaient être de manière autonome, comme objets suffisants en soi, selon la définition du nominalisme de Goodman, « le refus d'admettre toute entité autre qu'individuelle », ce qui exclut les liens du champ des entités, et fait des organismes soit des collections d'entités individuelles, soit des entités individuelles sans parties réellement existantes – la grande illusion du nominalisme moderne, et ses fausses et illusoires évidences . Le nominalisme est le tronc commun des idéologies politiques des modernes – ce point a été déjà largement argumenté ici, ou par André de Muralt : &lt;em&gt;l'unité de la philosophie politique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Par ailleurs, la stricte opposition qui construit le sens dans l'ordre sémantique rend peu intelligible le lien pourtant nécessaire en systémique entre les opposés, nommés dans l'ordre de la sémantique par nécessité . La sémantique binaire aveugle en permanence sur la réalité systémique des fonctions sociales complexes . L'ontologie nominaliste est incompatible avec une science poussé des modèles systémiques des puissances sociales, pourtant indispensables à leur description réaliste, et non idéologiquement fantasmée, et jouée en continu dans le Spectacle . L'ontologie nominaliste est par nature l'ontologie de la propagande – elle est l'essence du Spectacle . Le nominalisme est en quelque sorte l'ontologie de la sémantique, qui s'oppose à l'ontologie de la syntaxe en croyant ruser avec la langue, et dépasser ses limites, alors que l'ontologie ne peut sortir du sens, dépasser le sens que dans un spectacle fictif de dépassement qui sera encore fait de parole, comme le fait de parler, au singulier, absurdement, d'UN plurivers – le sens ne peut sortir du sens .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fétichisme de la marchandise pense la domination, et dès ce terme de fétichisme le problème de la médiation de la domination est pensé dans l'ordre du nominalisme et de la sémantique, c'est à dire dans la perspective d'une opposition, d'une étrangeté radicale des pôles qui de ce fait sont pensés comme étant en lutte . Cette perspective est également typique du darwinisme et de son principe de la sélection naturelle, qui se pose sur l'horizon, également propre à l'idéologie libérale comme à l'idéologie nazie, d'une lutte universelle basée sur le caractère incompatible des intérêts . Cette perspective est puissance d'illusion extraordinaire, sensible dès le &lt;em&gt;Manifeste du Parti Communiste :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes.&lt;br /&gt;Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car pour un peu que l'on accepte d'y réfléchir à tête reposée, la règle de base de toute société humaine hiérarchisée est la paix, quand bien même des conflits limités ne cessent de naître ; c'est à dire que la lutte est en général bien dissimulée, très bien dissimulée . La vérité est que les conflagrations révolutionnaires sont exceptionnelles, et que l'entente relative est la règle véritable . La thèse de la lutte des classes dissimulée permet de faire de tout conflit le signe de la lutte des classes omniprésente, et efface les immenses périodes historiques sans troubles, que par exemple les historiens de l'Égypte nomment périodes intermédiaires entre le rayonnement des Empires . Les guerres ont été permanentes dans le monde entre des organisations hiérarchisées, infiniment plus que les guerres civiles – et les représentations des civilisations sont de la normalité des guerres étrangères, et de la pathologie des guerres civiles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons sous nos yeux, depuis 1945, l'image d'États extrêmement puissants, exploitant des masses d'hommes au profit d'une oligarchie infime dans une propagande assourdissante et mensongère, mensongère à un point jamais atteint dans l'histoire, au point de produire la réalité virtuelle qui rend légitime à priori le discours de légitimation du pouvoir . Dans ce discours spectaculaire qui éloigne la réalité dans une représentation toujours plus lointaine et insaisissable, les hommes se la racontent vainqueurs des religions, des puissances fantastiques de tromperie de l'homme, alors même que ces puissances de tromperie modèlent l'ontologie culturelle elle-même, le logiciel fondamental de toute pensée de l'être . Ces puissances mènent une guerre d'annihilation à la plupart des héritages des civilisations les plus riches de l'histoire, et on ne compte plus les hommes nobles qui en ont condamné des aspects . Les paroles de ces hommes sont en libre accès de manière universelle . L'exploitation des masses d'hommes détruit à vie allure les ressources de la vie matérielle, symbolique et spirituelles des hommes . Des images de catastrophes inconnues se propagent en masse, certes incomprises, mais horribles à voir . Et il ne se passe rigoureusement rien d'autre que la formation infime d'une dissidence hésitante et complexée .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Loin d'assister à des révoltes communes, que ce soit dans le IIIème Reich, ou ailleurs, que ce soit dans les États Européens actuels, en Grèce ou ailleurs, la vérité est que la révolte est certes souvent visible, mais au fond très faible, inorganisée, et incapable de s'opposer réellement à l'idéologie officielle . La vérité est que seule une dissidence infime tente réellement de s'opposer aux énormes appareils idéologiques d'État . Très souvent, comme les spirituels du Moyen Âge, l'opposition apparemment la plus radicale condamne les temps au nom des valeurs du temps, et donc fondamentalement ne menace pas l'essentiel du pouvoir en place . Plus même, l'opposition apparemment la plus radicale permet au Système de s'approfondir, d'aggraver son emprise, sous les masques de la contestation et de la révolution la plus sincère, à travers les travaux de stipendiés de l'appareil idéologique d'État – voyez la déconstruction, et la réalité du libéralisme radical et orthodoxe d'un Deleuze derrière la pompe progressiste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Théodore Kaczinski, que l'on peut trouver brutal mais qui pose quelque une des questions fondamentales d'une théorie révolutionnaire, le note ainsi :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le gauchiste du type sursocialisé essaye d'enlever sa laisse psychologique et d'affirmer son autonomie en se rebellant. Mais il n'est ordinairement pas assez fort pour se rebeller contre les valeurs les plus fondamentales de la société. En général, les buts des gauchistes d'aujourd'hui ne sont PAS en conflit avec la morale acceptée. Au contraire, le gauchiste prend un principe moral accepté, l'adopte comme sien et accuse ensuite la société de violer ce principe. Exemples : l'égalité raciale, l'égalité des sexes, aider les pauvres, la paix par opposition à la guerre, la non-violence en général, la liberté d'expression, la bonté envers les animaux. Plus fondamentalement, le devoir qu'a l'individu de servir la société et le devoir qu'a la société de s'occuper de l'individu. Tout ceci sont des valeurs profondément enracinées dans notre société (ou au moins sa bourgeoisie ) depuis longtemps. Ces valeurs sont explicitement ou implicitement exprimées ou présupposées dans la plus grande part de ce qui nous est présenté par les médias grand public et le système éducatif. Les gauchistes, particulièrement ceux du type sursocialisé, ne se rebellent normalement pas contre ces principes, mais justifient leur hostilité à la société en assurant (avec un certain degré de vérité) que la société ne vit pas en accord avec ces principes&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poursuivons dans une perspective systémique . Hilberg, dans &lt;em&gt;la destruction des juifs d'Europe&lt;/em&gt;, note à quel point l'encadrement des camps de concentration est d'effectifs faibles par comparaison avec la masse écrasante, accablante des victimes, et la violence des actes commis . Les victimes ne pouvaient même pas partager l'idéologie nazie ; et pourtant il a fallu une immense résolution, et une préparation lente, aux meilleurs cadres du ghetto de Varsovie pour organiser la lutte armée . Encore une fois, je ne veux dire par là que ceci : la règle la plus commune, la plus évidente, n'est pas la lutte entre dominants et dominés, mais bien la soumission . Être résistant ne fut pas le fait de tous, et est une épreuve dure, amère, d'isolement au départ, et même parfois plus durablement . Regardez les gens des zones contaminées de Fukushima : le Spectacle nous a présenté avec faveur leur « discipline », la « discipline japonaise » ; nous avons vu le spectacle d'une politique industrielle capable de prendre le risque de détruire une immense cité de plus de trente millions d'habitants sans provoquer la moindre révolte . Le Spectacle nous présente avec la même faveur des êtres humains continuant une vie quotidienne dirigée vers la mort comme si de rien n'était, comme si les messages rassurants du Spectacle étaient plus vrais que la réalité de la mort insidieuse autour d'eux . Cette faveur pour la discipline, c'était la même que le bourrage de crâne de 1914 pour la discipline des soldats allant à l'abattoir absurde des premiers combats, robe rouge et casque brillant sous le feu des mitrailleuses – c'est encore la même fascination avouée pour les grandes cérémonies de Nuremberg . Dire cela, je le sais, est impossible à admettre par la plupart des hommes de ce temps ; les hommes ne seraient plus aussi crédules qu'au siècle des catastrophes . Mais celui qui sait voit, à l'évidence, que la seule véritable différence est la barrière des défenses de l'ego, ce refus viscéral, atroce, d'être un homme trompé, une victime de l'histoire . Admettre la tromperie réelle du Spectacle est aussi amer qu'admettre la tromperie d'un conjoint au terme d'un lien, ou la tromperie d'un parent à la fin de l'enfance, car la perte, tout le temps de la vie passé dans la créance du Spectacle, est irrémédiable . Les vieux dépourvus de sagesse préféreront y croire jusqu'à la fin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est en effet une autre observation qu'il faut ici apporter . Les hommes activent leur mécanismes de défense de l'ego plus que jamais quand leur monde est menacé . Il n'y a pas eu de nazis plus fanatiques qu'après Stalingrad, et encore plus en 1945 ; il n'y a pas eu de communistes plus fanatiques qu'aux périodes de grandes difficultés de la Révolution, alors que l'érosion de la foi communiste était très avancée dans l'oligarchie de la fin des années 80 ; il n'y a pas de libéraux plus fanatiques qu'aujourd'hui, au moment où les abîmes ne cessent de s'ouvrir sous les pas du monde libéral, au moment où l'absurdité radicale d'un monde de mobilisation totale en temps de paix, qui ne cesse de s'autodétruire, par le fanatisme du travail, dans une course illusoire à la jouissance sans travail – au moment où la conservation de la liberté individuelle amène à encadrer toujours davantage la liberté individuelle, au point de tendre idéalement à standardiser les comportements comme sont standardisées toutes choses, et les âmes encore plus – bref, au moment où se manifeste l'éclatante faillite du monde libéral, bien au delà des faillites financières, on retrouve des catéchismes de doctrine libérale . Écrasé par le poids de difficultés inintelligibles dans son idéologie, l'homme moyen cherche à s'en sortir par davantage d'idéologie, alors même qu'à l'évidence ses difficultés sont causées par l'idéologie qu'il veut conserver jusqu'à la mort . Comme si une idéologie était comme une vraie personne, le pôle d'une fidélité possible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà l'enjeu d'une pensée du fétichisme de la marchandise : c'est l'étude de la manière dont les liens fonctionnels de domination des hommes dans le Système sont constitués dans la représentation du Spectacle et des sous-systèmes psychiques, au point que même une situation aussi ténébreuse que celle du monde moderne – le monde de Fukushima, par exemple - ne provoque aucune réaction sensible . Cette situation est analogue à la léthargie de tant d'européens face à l'identification, la sélection et la destruction industrielle d'être humains opérée devant leurs yeux, alors que toutes les forces de leurs héritages spirituels auraient du leur faire éprouver une honte et une tristesse à mourir – sentiments, réactions, qui furent présents chez quelques hommes, mais simple arrière goût refoulé chez la plupart – sans parler de l'immonde jubilation des autres . Nous devrions être horrifiés de voir des petits enfants aller à l'école avec des détecteurs autour du cou, dans des régions dont le niveau de contamination radioactive avait poussé l'URSS, peu économe de la vie humaine, à évacuer ses propres territoires . Nous devrions être horrifiés de nos vies sans fidélités, sans esprit, sans souffle, de ces cages mornes, horrifiés de la bassesse matraquée du Spectacle, horrifiés de l'arrogance bestiale de la bêtise . Nous devrions vomir ceux qui empoignent les grands mots de noblesse et de liberté pour s'emparer de richesses au prix de vies humaines, et de ceux qui parlent de droit en pratiquant des assassinats ciblés au missile .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour ce mépris de la vie humaine se tournera contre nous-même, à nouveau, tout simplement par hasard de l'histoire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Indignés, encore un effort si vous voulez sortir de votre sommeil théorique !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La guerre est la lutte de l'esprit contre l'esprit, car l'esprit a trahi la vie et l'homme&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le prochain article abordera la question du fétichisme dans la perspective théorique de la systémique sociale et du dispositif de domination&lt;/em&gt; .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6813336068788091586-3580157319129251286?l=encyclopediedusouterrain.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/feeds/3580157319129251286/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6813336068788091586&amp;postID=3580157319129251286' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/3580157319129251286'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6813336068788091586/posts/default/3580157319129251286'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com/2011/10/le-fetichisme-de-la-marchandise-ii.html' title='Le fétichisme de la marchandise, II . Concept systémique et Concept sémantique du lien .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-X5l5kht7gFY/TpW6m2LtioI/AAAAAAAABQM/J6CfBXYoZsU/s72-c/Michele%2BAngelo%2B1967.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6813336068788091586.post-2497985299839236480</id><published>2011-10-08T03:50:00.000-07:00</published><updated>2011-10-08T05:11:18.634-07:00</updated><title type='text'>Le fétichisme de la marchandise comme clef et comme porte de l'espace théorique révolutionnaire .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-jHWYXjpyY2k/TpA47KvNbBI/AAAAAAAABQE/wu3LQ214J6M/s1600/3191454901_f1c65d7aa2.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 300px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5661087320750517266" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-jHWYXjpyY2k/TpA47KvNbBI/AAAAAAAABQE/wu3LQ214J6M/s400/3191454901_f1c65d7aa2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(liens :la puissance de dévoilement du sadisme sexuel comme manifestation de l'essence de la domination)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réflexion théorique révolutionnaire postérieure à Marx rencontre parmi d'autres deux ordres de difficultés . Le premier porte sur la théorie du négatif, sur la conception et la réalité du réservoir de puissance qui peut renverser le Système, quand le prolétariat perd son caractère visible et massif ; le deuxième sur la théorie de la domination et de son lien avec la théorie de l'aliénation, ou spectacle, de l'être-un-autre qui se creuse pour le dominé dans le Système . Tous ces thèmes sont étroitement liés à la notion dialectique de mouvement, puisque le négatif est la production de la puissance d'autre dans le même, et l'aliénation, comme le fétichisme de la marchandise, sont le creusement du spectacle dans la réalité, comme inversion du travail du négatif, le négatif passé dans le spectacle revenant comme puissance asservie au service du Système et puissance d'annihilation des contradictions réelles par la production d'une contre-réalité devenue réalité effect
